Les Algériens se rappellent le 11 avril
2008-04-04
Un an après les attentats du 11 avril, qui avaient visé le Palais du gouvernement et un commissariat de police de la banlieue d’Alger, le souvenir et la douleur restent vivaces pour les familles des victimes du terrorisme et les rescapés de ces attentats.
Par Nazim Fethi pour Magharebia à Alger - 04/04/08
![]() [Getty Images] Les attentats du 11 avril 2007 à Alger restent dans toutes les mémoires des Algériens. La douleur de la perte d'un être cher est vive pour les familles des victimes comme pour celles des auteurs de ces actes. |
"Le ciel était gris en cette matinée du 11 avril 2007. Le boulevard Krim Belkacem, surplombé par le Palais du gouvernement, connaissait un embouteillage monstre. Il était exactement 10 heures 45 quand je me suis retrouvé projeté par le souffle de l’explosion sur la chaussée", se rappelle Rachid Bouguerra, tout en nous montrant les séquelles de l'attentat. "En tombant, j’ai reçu les éclats de verre des fenêtres."
Rachid est un double rescapé. En 1994, il avait échappé miraculeusement à l’attentat à la bombe qui avait visé le commissariat central d’Alger. Choqué, il avait quitté l’Algérie pour s’établir en Allemagne, avant de retourner en Algérie, en 2006, à la faveur du retour au calme.
Bouhoui Tahar, 60 ans, était marié et père de sept enfants. Il devait prendre sa retraite dans quelques semaines. Bouirane Fatah, 36 ans, était marié depuis six mois et sa femme était enceinte. Beloud Nabil, 35 ans, avait prévu de se marier durant l'été 2007.
Ces trois pompiers avaient beaucoup de choses en commun. Ils travaillaient dans la même caserne. Ils étaient amis et se rendaient souvent service. Ils moururent ensemble dans la même voiture.
Le hasard a voulu qu’ils soient dans le même véhicule et à proximité du lieu de l’attentat perpétré contre le commissariat de Bab-Ezzouar, dans la banlieue est d’Alger, mercredi 11 avril à 10h55. Le poste de police visé par la voiture du kamikaze se trouvait juste à côté.
La cité du Bonheur, où ils habitaient, a porté le deuil et se souvient d’eux. L’un de leurs collègues se rappelle : "Je dégageais des corps des voitures, juste après l’attentat. Je n’ai pas prêté une attention particulière au véhicule qui était derrière... [Nous] n'avons à aucun nomment pensé que sous l’amas de ferraille qu’était devenu notre véhicule de service gisaient trois collègues. La voiture était méconnaissable. Elle avait même perdu sa couleur rouge distinctive."
Les trois amis furent enterrés le même jour, au même cimetière, à Aïn Taya.
Kamelia, une enfant d’à peine trois ans, se trouvait parmi les victimes. Elle s'en sortit avec des blessures légères. Le matin du 11 avril, elle se trouvait dans la crèche de l'Esplanade, située à une dizaine de mètres du Palais du gouvernement.
Traumatisée par l'explosion, elle n'est jamais retournée à la crèche. Saliha Djouzi, sa mère, n’arrive toujours pas à croire ce qui s’est passé. "Cela faisait une dizaine d’années qu’Alger n’avait plus connu d’attentats à la bombe. Je ne pensais pas qu’on allait revivre les mêmes horreurs."
L’auteur de l’attentat kamikaze ayant ciblé le Palais du gouvernement n’était ni un terroriste notoire, ni un islamiste extrémiste. Merouane Boudina, alias Mouâad Bin Djabel, le seul à apparaître à visage découvert sur les photos mises en ligne par al-Qaida, était un jeune chômeur de 28 ans originaire de Hai El Badr, dans la banlieue d’Alger.
Les habitants de ce bidonville furent surpris de voir le visage du jeune qu’ils connaissaient identifié comme le kamikaze. Merouane "vivait comme nous tous, de petits boulots", expliquent ses amis à Magharebia. "Il vendait de la sardine sur les marchés voisins au quartier et il aimait le foot et l’équipe locale."
Son frère Farid ne comprend toujours pas la transformation subite de son frère : "Il se droguait, fréquentait des voyous et se bagarrait souvent avec les voisins. Ma mère et ma sœur en souffraient énormément. Subitement, il a changé de comportement et s'est mis à fréquenter la mosquée. Je ne comprends pas comment on a pu lui bourrer le crâne en si peu de temps."
Merouane n'est pas un cas isolé. Le kamikaze qui s’est fait exploser contre la caserne de la Marine à Dellys le 8 septembre 2007, tuant une trentaine de marins, n’avait que 15 ans. Nabil Belkacem était originaire de Badjarrah, un autre quartier populaire de la banlieue d’Alger, à quelques mètres du bidonville de Merouane. Il s’apprêtait à passer son brevet pour entrer au lycée.
Al-Qaida en avait décidé autrement.
La famille de Nabil n'arrive toujours pas à accepter ce qui lui est arrivé. "C’était un enfant des plus respectueux et des plus calmes. Je l’ai vu grandir et jamais je n’aurais pensé un jour qu’il pouvait faire du mal à quelqu’un", déclare sa grand-mère en pleurs.
Les voisins sont unanimes à vanter l’éducation de Nabil et de ses deux jeunes frères. "Il jouait au ballon et n’avait jamais élevé la voix ou manqué de respect à quelqu'un", explique l'un deux.
"Il faisait la prière", raconte la mère de Nabil, "mais n’avait pas un comportement extrémiste. Il n’avait jamais interdit la télévision ou la musique. Il ne laissait transparaître aucun geste ou acte qui aurait pu exprimer son penchant vers l’extrémisme. Il ne parlait jamais de politique, encore moins du gouvernement", raconte-t-elle.
"Puis il a commencé à fréquenter régulièrement la mosquée, tout en allant à l’école. Il ne s’est jamais absenté, jusqu’au jour où il a passé la nuit à la mosquée, puis il a disparu. Il m’a appelé sur un téléphone portable pour me dire de ne pas m’inquiéter, qu’il allait rentrer. C'était dix jours avant le BEM (le brevet des écoles)", raconte sa mère en pleurs. Elle s'arrête quelques instants, essuie ses larmes, et se force à reprendre une nouvelle fois son histoire.
"Il m'a dit : 'Maman j’ai peur. Je ne sais pas où je suis. J’ai envie de m’enfuir mais j’ai peur qu’ils vous tuent. Ils m’ont averti que si jamais je leur échappais, ils s’en prendront à vous. Mais ne t’inquiètes pas, je trouverai l’occasion de fuir.' Puis il a raccroché... J’ai informé tout le monde. J’ai tout fait pour le sauver, mais ils ont fini par le tuer. Je sais qu’on l’a obligé à aller dans ce fourgon maudit pour tuer autant de marins. Je sais qu’il a voulu s’échapper et que le chauffeur l’a retenu de force."
Elle s'interrompt. "Il était juste un enfant. Ils tuent nos enfants. Pourquoi choisir des enfants ? Si c’était un adulte, je dirais qu’il n’a que ce qu’il mérite, mais ce n’était qu’un enfant que des adultes ont transformé en kamikaze", déclare-t-elle en éclatant en sanglots.
A propos des trente marins tués ce dimanche matin alors qu'ils saluaient les couleurs, elle affirme : "La mort de Nabil n’a pas été plus dure que de savoir qu’il a servi pour déchiqueter une trentaine d’Algériens."
![]() [Getty Images] L'attentat-suicide du 8 septembre 2007 à Dellys a montré qu'al-Qaida recrute des enfants contre leur volonté. "Il était juste un enfant. Ils tuent nos enfants", explique la mère du jeune kamikaze de 15 ans. |
Ces attentats-suicides ont remis sur le tapis les dissensions entre les partisans de la réconciliation nationale et ceux qui militent pour que la justice et la vérité soient faites avant de songer au pardon.
Pour Fatma Zohra Flici, présidente de l’Organisation Nationale des Familles des Victimes du Terrorisme (ONFVT), "La réconciliation nationale est l’unique solution pour bâtir l’avenir de l’Algérie."
"Les familles victimes du terrorisme sont prêtes à d’autres sacrifices pour l’épanouissement de l’Algérie, pour la paix et la stabilité de leur pays."
Ce n’est pas l’avis de certaines autres organisations des familles des victimes du terrorisme. "La Charte pour la Paix et la Réconciliation Nationale nous dénie le droit de chercher la vérité et de défendre la mémoire des victimes", affirme Chérifa Khedhar, présidente de Djazaïrouna.
Et Mme Khedhar d'insister : les victimes ont droit "à la vérité, à la justice, à la mémoire et à la dignité".








Toufik En ligne 2008-04-05
La légende sous la photographie affirme faussement qu'il s'agit là du gamin de 15 ans qui est photographié. C'est faux. Ce sont des criminels. Et quand je pense que Zawahiri SOB considère les victimes algériennes comme des croisés. Tous, unissons-nous pour éradiquer ces vermines frustrées et sans Dieu !
lamia En ligne 2008-04-14
stp ne publier as leurs photo ca fait mal
jicola En ligne 2008-04-17
Je suis un travailleur qui espère travailler très bientôt pour le projet routier algérien. Je prie pour la paix en Algérie, non pas parce que j'ai peur que quelque chose m'arrive, mais parce que comme dans mon pays les terroristes rôdent également, je veux que le peuple algérien et ma famille, tout comme moi-même soyons en sécurité lorsque nous travaillons loin des personnes que nous aimons.
Ibn Sina En ligne 2008-04-18
En fait, devant l'horreur, les saints d'esprits se disent, comment est-ce possible? Un humain, fils, mari, frère peut en arriver là. Se ôter la vie et celles des autres et se trouver une raison à le faire! La perplexité continue pour se dire comment sommes-nous arrivé là? Si c'est l'œuvre d'un croyant, comment croire en Dieu, qui est le seul capable de créer la vie, par l'intermédiaire du vivant, et perpétrer ce genre d'acte? Supprimer sa vie, qui n'est pas sa propriété et celle des autres qu'il l'est moins! La problématique que l'Algérie, mais pas seulement doit résoudre, et cela va prendre des générations, comment éradiquer la violence, la haine, le mépris, le pouvoir de la force de la société?. Si, nous creusons juste à la surface, nous verrons que le civisme, l'éducation et la justice sont des concertes inconnus pour nos sociétés et les pouvoirs qui succèdent y sont pour beaucoup! l'Algérie n'a toujours pas écrit son histoire car, elle est toujours en conflit avec elle-même. Comment sortir de tout cela? LA MATURITÉ! Tant et aussi longtemps que les nations n'ont pas atteint un degré de civisme et de civilisation, leurs sociétés seront tout le temps sous violence!
امين En ligne 2008-04-18
Les terroristes attaquent l'Algérie, la wilaya de Lamssila.
British Ex-Pat In Algeria En ligne 2008-04-20
aslamu alakum /salut un jour très triste qu'a été ce jour pour l'Algérie et ses habitants, je me souvient trop bien de cette journée, cette boule dans la gorge lorsque j'ai regardé les images et les reportages de la chaîne anglaise d'Al Jazeera. Je ne comprenais pas ce qui était en train d'arriver et pourquoi, je ne comprenais pas comment des Musulmans pouvaient tuer tant de Musulmans innocents ? Vivant en Occident, voir là-bas les explosions était déjà suffisamment dur, mais cela l'est davantage lorsque c'est une terre où le peuple est uni sous la bannière de l'Islam qui est attaqué, sans aucune hésitation à l'idée de répandre le sang Allah al must'aan.
baguragool En ligne 2008-04-20
Que la paix, la miséricorde et les bénédcictions de Dieu soient sur vous. Ô Seigneur, fais de ce pays un pays sûr, ô Seigneur de l'humanité. Dites amen, ô Seigneur.
VERITE En ligne 2008-04-21
TOUT CE QUI SE PASSE EN ALGERIE CE SONT CES IGNORANTS ET SANGUINAIRES DE GENERAUX QUI EN SONT RESPONSABLES ...
marocain d'oujda En ligne 2008-04-23
VERITE Ta verite est comme la verite de ton education Il faut avoir au moin un minimum de savoir pour juger ya [injure]
Martin Luther King En ligne 2008-05-03
Tout le monde peut être important car tout le monde peut servir à quelque chose
marocain jusqu'à la mort En ligne 2008-11-12
La paix et la miséricorde de Dieu soient sur vous. Sans le rôle efficace joué par le Maroc dans la sécurité du Maghreb avec ses services de renseignements et de sécurité, l'Algérie aurait été détruite.
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