Maroc : Les refuges pour les enfants des rues sont des gouttes dans l'océan
2008-03-14
Les enfants des rues au Maroc vivent difficilement, souvent en liaison avec les stupéfiants et le crime. Les efforts déployés pour les réintégrer dans des familles et dans des écoles sont faibles et s'ils réussissent parfois , les experts affirment que le problème est vaste et qu'il prend racine dans la pauvreté et dans des circonstances sociales difficiles.
Par Imane Belhaj pour Magharebia à Casablanca -13/03/08
![]() [Imane Belhaj] Les places publiques servent de lits pour les enfants des rues marocaines, qui ont quitté le foyer familial en raison d'une extrême pauvreté. Le Gouvernement marocain et la société civile ont amorcé des démarches visant à réintégrer les enfants dans les familles et le système scolaire. |
Othmane a quitté son foyer et son école à l'âge de 14 ans pour vivre dans la rue. Il ne voulait plus assister au spectacle de sa mère luttant pour obtenir le pain quotidien de cinq petits enfants, de la voir se battre pour pouvoir louer un taudis et pour payer les dépenses scolaires de son garçon. "La rue n'est pas plus compatissante", dit Othmane. "C'est un mensonge ; mais au moins, elle n'aura plus à penser à mon quotidien à moi. Et entre-temps, je pourrais même peut-être l'aider". Othmane porte des sacs remplis de légumes ou d'autres produits pour les clients d'un marché à proximité. De cette manière, il gagne quelques dirhams par jour, assez pour rapporter un peu d'argent lorsqu'il revient une fois par semaine au foyer maternel. Il peut même encore s'acheter les stupéfiants à bas prix qui l'aident à endurer sa souffrance.
Othmane est l'un des enfant des rues du Maroc, dont le nombre ne cesse d'augmenter. Ils représentent une jeunesse sans toit, marginalisée, sans identité ou famille. Les trottoirs sont leurs seuls refuges, les marches à l'entrée des boulangeries, leurs seuls oreillers.
A Casablanca, les "résidences" principales de ces enfants sont les ruelles de la vieille ville, le port, la gare et le marché en gros de fruits et légumes. Le port peut offrir l'opportunité d'immigrer en clandestinité. Le marché leur donne la chance de travailler comme porteurs, de gagner de l'argent pour acheter de la drogue. A la gare, ils peuvent obtenir quelques pièces de monnaie en aidant les passagers ou en demandant l'aumône aux touristes.
Selon les statistiques les plus récentes du Secrétariat d'Etat marocain pour la Famille, la Solidarité et l'Action Sociale, ce sont 7000 enfants des rues qui vivent dans la seule wilaya de Casablanca. On en dénombre 8800 de plus, dans d'autres grandes villes comme Marrakech, Fèz, et Meknès.
![]() [Imane Belhaj] Les estimations sont peu fiables car les enfants des rues se déplacent entre les quartiers et les agglomérations, en quête d'un refuge temporaire. |
Les chiffres sont périmés et incertains, néanmoins, parce que les enfants sans foyer ne restent pas à un seul endroit. Ils se déplacent d'un quartier à l'autre, ou de ville en ville, à la recherche d'un nouvel abri temporaire. Ils fuient sauvent une pauvreté affreuse, une chambre unique partagée par six à dix personnes.
Une stratégie a été adoptée par la société civile marocaine : construire des centres pour abriter certains de ces enfants des rues, et s'efforcer de les réintégrer dans le système scolaire et dans des familles, mais le défi est immense. Le nombre des enfants excède souvent les portefeuilles financiers de ces structures, et de nombreux enfants sont renvoyés.
"Nous nous efforçons d'offrir de l'aide à ces enfants. Nous ne disons pas que nous allons régler le problème une fois pour toute", dit Al Tahir Skali, de Casbah Association Casbah pour les Efants en Situation Difficile.
Son groupe construit actuellement un refuge pour les enfants sans domicile fixe à Mohammedia, dans le cadre de l'Initiative Nationale pour le Développement Humain. Cet asile offrira l'hébergement, la scolarisation, la nourriture et éventuellement, l'intégration socio-professionnelle. Mais alors qu'il y a des milliers d'enfants des rues dans la seule ville de Mohammedia, le centre ne pourra en loger plus de cent. Même si l'expérience s'avère concluante, elle ne sera qu'une petite goutte d'eau dans la mer.
Skali reconnaît la difficulté de l'intervention dans la lutte en faveur des sans-abris. "Beaucoup de gens ne répondent pas à notre initiative en raison de leur addiction aux stupéfiants", dit-il. "Ils s'enfuient pour revenir dans la rue. Nous avons alors le sentiment d'avoir échoué, à l'exception de cas très rares. Malgré tout, nous n'avons jamais perdu espoir, et nous avons adopté une politique de prévention. Aujourd'hui, nous recherchons dans des familles très pauvres des enfants qui pourraient potentiellement aller vivre dans la rue. Nous appellons ces familles à prendre soin de leurs enfants, à les placer dans un centre, nous les aidons à retourner à l'école ou à continuer leur formation professionnelle".
Hamid Tachfin, travailleur social à l'association Bayti, reconnaît que la pauvreté a contribué à l'épidémie des enfants des rues. Des situations sociales difficiles peuvent pousser l'enfant à vivre dans la rue et souvent, à chuter dans le monde des stupéfiants et du crime.
![]() [Imane Belhaj] La pauvreté, les disputes conjugales et le divorce sont les principaux facteurs précipitant les enfants à la rue. |
"Nous sommes arrivés à la conclusion que c'est une grande souffrance qui se dissimule derrière la plupart des cas," dit Tachfin. "La pauvreté familiale, l'échec scolaire, la peur de la famille, le divorce des parents [et] les disputes conjugales sont le plus souvent à l'origine de la vie dans la rue, qui fait embrasser un destin inconnu".
Convaincre les enfants de placer leur confiance dans les centres et les associations créées pour leur venir en aide est encore difficile. Les jeunes sans abri ont perdu toute confiance dans la capacité de la société à les aider. Ils ne croient même plus en eux-mêmes. Ils n'ont souvent d'autre désir que de courir librement et de vivre sans le contrôle des adultes.
Une histoire à fin heureuse, néanmoins, pourrait être celle de Noureddine, âgé de 12 ans. Les autres enfants des rues le battaient âprement et régulièrement au nom de leur simple amusement, mais Bayti l'a sauvé des trottoirs.
"J'ai trouvé un nouveau refuge et de nouveaux amis ici," dit-il. La chose la plus importante que j'ai faite, c'est de retourner à l'école, et je ne la quitterai jamais plus, parce que Bayti va me soutenir jusqu'au bout. C'est une occasion qui n'est pas donnée à tous", ajoute le garçonnet.
Najat M'jid, Président de Bayti, dit que les efforts déployés par les quelques centres et associations du Maroc qui s'occupent des enfants des rues commencent à porter leurs fruits. "Lorsque nous faisons le compte du nombre d'enfants qui sont capables annuellement de se réintégrer, que ce soit dans les familles ou les écoles, nous nous aperçevons que nous progressons d'année en année."
M'jit ajoute, malgré tout, que pour pouvoir s'occuper du phénomène dans toute son ampleur, il reste beaucoup à faire. "Nous n'avons pas encore élaboré de plan spécifique pour lutter contre les vrais problèmes qui engendrent les enfants des rues : la pauvreté, l'exode rural, l'école et sa qualité, le taux croissant de chômage et la perte pour les jeunes de l'espoir de pouvoir se construire un avenir dans leur propre pays", dit-elle.







HOUSSIN En ligne 2008-03-16
Eh, les gars - trouvez une solution.
riheade En ligne 2008-03-16
et voilalespauvrespopulations et pouvres enfants marocaines soufre de la miseres des maladies fains etdu froids etle roi m6 achete pour des milliards de dollars des armes etconstruis des et des stades au senigal et ailleures en afriques de l'oueste et lepouvres peuples marocaines creve de fains
Anonymous En ligne 2008-03-21
Une des victimes du régime esclavagiste du Makhzen, et que Dieu le fasse persister pour vous jusqu'à Hassan 4000.
Mina Ait Ahmad En ligne 2008-03-23
ca me brise le coeur de voir la pauvreté des enfants au Maroc; il faut encourager ce domaine et créer des institutions qui peuvent aider ces enfants qui souffrent physiquement et psychiquement; il faut les assurer contre les maladies et leur offrir des places de jeux publique pour se distraire
ahga En ligne 2008-04-04
nn mon cher le maroc ne meurt pas de faim.desolé mais soyez resonnables sinon ne commentez pas. la pauvreté existe bel et bien. mais laissez m6 tranquile. venez voir ce qu'il fait avant de parler...avant il y avait rien. mais l'ouverture du maroc sur le monde à donnez à ces problemes une dimension phénomenale et ce seulement dans vos yeux haineux, parce que je sais que vous etes dans la majorité des algeriens... alors s'il vous plait laissez nous tranquiles et melez vous de ce qui vous regarde. merci
Dune En ligne 2008-04-04
Je suis marocaine je me sens impuissante vis a vis de leurs soufrances comment faire quand nous sommes que de simple citoyen en france ? comment aider ces enfants ou meme parents ? Nous devons combattre CETTE MISERE car commes c'est dit si bien, les enfants son l'avenir de notre pays . Je souhaite plus tard que mes enfants viennes en aide à ceux qui en n'ont le plus besoin. C'est important d'etre solidaire. Alors ACTIVONS NOUS
gol En ligne 2008-04-05
DOIT ON TOUT ATTENDRE DE L'ETAT ? le citoyen a une tendance de plus en plus marquee a s'en remettre a l'etat des qu'un probleme se pose a lui .d'un autre cote ,ceux la-meme qui en appelle sans cesse a lui pour servir leur interets particuliers sont les premiers a en critiquer les contraintes .ainsi on veut des services publics parfaitement efficaces ,voire l'augmentations du nombre de ces services mais en meme temps on repugne a en payer le prix .en d'autres termes on attend de l'etat :le beurre sans l'argent du beurre .la contradiction est flagrante .plus profondement ,on ne peut que remarquer que les etats qui se sont donne pour mission de tout donne a leurs citoyens ,s'ils n'etaient pas de facto dectatures ,on vite tourner aux pires exes .tout attendre de l'etat ne conduit il pas a une impasse ? NE VAUT IL PAS MIEUX AFFIRMER LA RESPONSABILITE DES INDIVIDUS ET RECONNAITRE L'ACTION DE LA SOCIETE CIVILE ?
slim16 En ligne 2008-04-05
pour ahga : cher frère du Maroc , si l'ouverture de nos pays du maghreb sur le monde, doit donner cette dimension phénoménale de misère et en plus toucher cette couche très importante de la société ( les enfants innocents) alors je me demande sincèrement pourquoi nos gouvernants ne changent pas de politiques ...sont-ils consciemment responsables de leurs actes insufisants ou non existants ? si oui ....pouquoi ne redresse t-il pas la situation d'une façon intelligente ? ont ils des interets personnels ...je crois que oui!!! salut d' Alger
jouhara En ligne 2008-04-05
la misére est partout et parce que au Maroc tout se dit mais en Algerie tout se passe en silence.mais ce qui est malheureux c'est l'esprit de haine et l'arrogance de certains algeriens .c'est vraiment pathetique de constater cette misère morale.
slim16 En ligne 2008-04-08
pour Djouhara : je crois que le thème de la discussion , c'est les enfants des rues au Maroc que je sache et non pas les Algériens... pourquoi vous reportez vos propos sur les Algériens et en plus vous dites n'importe quoi... la misère morale, c'est vous qui en montrez les signes ...pas les Algériens...vous connaissez bien votre pays alors parlez nous des enfants des rues au Maroc SVP ...merci salut d'ALGER
NEUTRE-16 En ligne 2008-04-09
CHEZ NOUS EN ALGERIE C EST BIEN PLUS GRAVE ON VOLE LES ENFANTS ON LEUR ARRACHE LES YEUX LES REINS ...ET PUIS ON LES MET A LA POUBELLE ...ALORS CHACUN DOIT BIEN GARDER SES ENFANTS A LA SORTIE DE L ECOLE ... SVP
DUNE En ligne 2008-04-10
En faite je suis d'accord se sont des enfants en soufrance dont il est question, tout le monde doit se sentir concerné cela peut arriver à n'importe qui, de toute classes social . C'est vrai je n'est pas de réponses a mes questions, mais de l'espoir pour le futur oui . De toute maniere je parle du maroc des pays d'orient, mais la famine, la soufrance, la misère est malheureusement devenu universelle .
Alain En ligne 25 il y a plusieurs jours
Je fais une recherche sur internet ;mots enfants des rues . conclusions: les enfants des rues sont le fruit amère de la pauvreté des adultes pauvres financièrement mais aussi culturelle ment (analphabétismes); il y a toujours eu des enfants à la rue la différence est l'explosion du nombre depuis 10 ans et la mondialisation en précarisant de plus en plus de salariés aggrave les choses limitant par ailleurs les pouvoirs des États dans le social pas rentable! . reste la misère des enfants pas si infantiles que certains crois et qui résistent mieux que les Adultes . pour ma part si je peut je ferais quelques chose ce que les riches ne fonds pas :Aider et Aimer.. Salut oh MArocains!
slim16 En ligne 24 il y a plusieurs jours
pour Alain : je salue ton esprit d'humanitaire ! il y a des concepts que l'homme , quel qu'il soit , devrait profondément s'imprégner au plus profond de son ame et de son coeur, à savoir : aider...aimer...eduquer...instruire...je pense aussi que l'homme doit mettre en valeur toutes ses véritables qualités ,afin de porter à bout de bras, les desseins positifs de la race humaine ,sans préjugés aucuns....C'est pourquoi les enfants , doivent etre "la priorité des priorités" de tous les systèmes et gouvernements du monde entier , parmi les objectifs à atteindre dans leurs politiques....salut d'ALGER.................
nadia En ligne 12 il y a plusieurs jours
pour neutre 16:jusqu'a present rien n'a été prouvé,le kidnapping des enfants est un phénoméne nouveau en algerie et c'est surtout l'oeuvre des pédophyles mais alors rien à voir avec ce que vous avancez ,certes les enfants subissent des actes crapuleux et c'est inadmissible ,la vigilance doit etre de mise dans tous les pays du monde pour eradiquer ce féau .
NEUTRE-16 En ligne 10 il y a plusieurs jours
rep a nadia : JE NE SAIS PAS OU TU VIS ET IL NE FAUT PAS DIRE N IMPORTE QUOI . CES ENFANTS SONT TROUVES SANS CORNEE , NI REINS ... ON ASSISTE VRAIMENT A UNE COLOMBISATION DE L ALGERIE.IL FAUT DENONCER CA AVEC FORCE ET QUE D ESSAYER DE MINIMISER CA ET NOS ENFANTS D ABORD, J ESPERE QUE TU AS COMPRIS... OK
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