Les filles rurales peinent à terminer leurs études
2007-11-23
Pour des raisons tant pratiques que culturelles, de nombreuses familles rurales du Maroc préfèrent investir dans l'éducation des garçons plutôt que dans celle des filles. De nouveaux projets, publics et privés, espèrent aujourd'hui offrir aux filles de nouvelles opportunités de scolarisation.
Texte et photos de Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 20/11/07
![]() Souvent le parcours des études des filles rurales se termine au primaire |
Nombreuses sont les filles dans les campagnes au Maroc qui n’accèdent pas à l’école ou ne peuvent pas poursuivre leurs études secondaires. Le taux national de scolarisation des filles est évalué à 60,3%, mais ne dépasse pas les 16,5 % en milieu rural. Raisons principales : l’enclavement des douars, l’absence de routes, de transports communs, des mentalités rigides traditionnelles.
A cause de l’éloignement, les familles dans les campagnes préfèrent que leurs filles restent dans la maison au lieu de les envoyer chaque jour à un établissement scolaire à des dizaines de kilomètres du foyer familial. Les classes sont fréquemment installées dans des régions d'accès difficile pour les élèves.
Samira Sellami, 12 ans, étudie dans une école à une quinzaine de kilomètres de Témara. Elle rêve de continuer ses études au collège, mais l’établissement le plus proche se situe à une trentaine de kilomètres de chez elle. Elle sait d’emblée que ses parents n’ont pas les moyens de lui assurer au quotidien les frais de transport.
" Il y a un seul bus qui passe par ici et il faut l’attendre pendant de longues minutes. Je suis prête à endurer cette souffrance du transport pour terminer mes études. Mais, vu le manque des moyens de mes parents, mon rêve va se transformer en cauchemar. Pourvu qu’un miracle sauve mon avenir ", dit-elle, les yeux remplis de larmes". Elles sont des dizaines comme elle dans le pays, qui souffrent en silence.
Pour des raisons culturelles et vu l’accès difficile aux établissements scolaires, certaines familles préfèrent investir dans la scolarisation des garçons que des filles.
Jamal Hdidouche, enseignant dans le monde rural depuis dix ans, déclare à Magharebia que malgré le développement que connaît le Maroc, les mentalités ne changent pas. " La plupart des parents estiment que leurs filles doivent se marier tôt et les privent, ainsi, de scolarisation malgré les tentatives des enseignants. Quelques-unes quittent l’école au milieu de l’année scolaire. "
C’est le cas de Touria Farahi, 16 ans qui étudie en troisième année au collège. Ses parents ont décidé de la marier cette année après l’obtention de l’autorisation du juge car l’âge légal selon le code de la famille est de 18 ans. Elle aurait espéré terminer ses études secondaires.
Sa mère Kenza est intraitable. Tout en lavant une grande bassine de linges sales, elle dit à Magharebia que le destin de toute fille de bonne famille passe par le mariage. " Je n’ai jamais souhaité que ma fille soit enseignante ou médecin. Je sais que nous n’avons pas de moyens pour atteindre cet objectif. Ainsi, elle doit se marier le plus tôt possible. C’est en fondant son foyer qu’elle pourra affronter l’avenir ", s’exclame-t-elle en jetant un regard inquiet à l’adolescente.
Celle-ci, les yeux brouillés de larmes, frottait le parterre du hall de la maison familiale avant d’affirmer au bord du désespoir : " laissez-moi au moins obtenir mon bac. Je ne me fatiguerai pas en parcourant les 10 kilomètres qui nous séparent du lycée. ", dit-elle. Mais, la décision est déjà prise. " Même si elle ne se marie pas cette année, je ne lui permettrai pas d’être exposée aux dangers de la route pour aller étudier", précise Kenza.
![]() Certaines familles préfèrent investir dans la scolarisation des garçons que des filles. |
Pour promouvoir la scolarisation des filles rurales, la société civile essaie autant que faire se peut de jouer un rôle prépondérant. Ahmed Charouf, membre de l’association " Rameaux des oliviers " signale à Magharebia que les militants associatifs parcourent les différentes campagnes du Maroc pour sensibiliser les parents de la plus haute importance de la scolarisation de leurs filles. Parfois, ils arrivent à convaincre quelques-uns. Mais, à plusieurs reprises, ils sont confrontés à des mentalités rigides.
" On a pu persuader plusieurs chefs de famille d’envoyer leurs filles à l’école. Mais, plusieurs ne voulaient rien entendre quoique ces dernières années on ait remarqué un progrès au niveau de la scolarisation des filles ", affirme M.Charouf.
Il ajoute que l’éloignement des établissements scolaires demeure un grand frein plus que les traditions.
Pour parer au problème de l’éloignement quelques associations distribuent des vélos aux écolières pour qu’elles puissent aller à l’école sans trop de peine. A titre d’exemple, suite à un appel lancé par les inspecteurs d’enseignement, les professeurs, les associations de parents d’élèves, l’Association " Juste pour Eux " en partenariat avec la Fondation Décathlon a offert 200 vélos tout-terrain à 200 collégiennes de la province de Tiznit, afin de leur permettre l’accès à l’éducation.
Pour sa part, l’Etat fournit des efforts dans ce domaine. Afin de pallier la déperdition scolaire de la jeune fille, notamment en milieu rural, la Fondation Mohammed V Pour la Solidarité construit et équipe des foyers réservés à l’hébergement et à la prise en charge des jeunes filles scolarisées issues de familles rurales démunies. Cette action est menée en collaboration avec, entre autres, les collectivités locales, l’Ordre National des Architectes, le Laboratoire Public d’Essais et d’Etudes et les ONGs.
Les foyers de jeunes filles soutiennent la lutte contre la déperdition scolaire de la jeune fille rurale. Le programme initial prévoyait la construction de 9 foyers de jeunes filles: Khmis Zmamra, Sidi Ghyat, Azilal, Taznakht, Brikcha, Tazarine, Aïn Leuh et Sid El Makhfi (Taounate). Le neuvième foyer (Adrej) est en phase finale de construction. Un programme complémentaire a été lancé et qui prévoit la construction de 20 autres foyers dans diverses régions du pays.
Selon le ministère de l’Education nationale, l’amélioration de la scolarisation des filles dans le monde rural est l’affaire de tous. Le gouvernement essaie dans le cadre de son budget de construire des écoles partout dans les campagnes pour atteindre l’objectif de la généralisation de la scolarisation que ce soit en milieu rural ou urbain.








moha En ligne 2007-11-26
Je n'ai pas compris lorsque le gouvernement et le monde ont accusé la ville de KHNIFRA d'être numéro un de la prostitution et de la pauvreté. Tandis que certains envoient leurs enfants étudier par-delà les mers au Canada, aux USA et en France en utilisant l'argent des autres. Savez-vous que pendant la saison d'hiver, les enfants emazighen doivent rester chez eux car leurs écoles n'ont pas de toits ? Il y a même des Marocains qui reçoivent des salaires et qui ne peuvent enseigner à nos enfants parce qu'ils ne peuvent pas se rendre dans leurs écoles, et ce qui me surprend le plus c'est que tous les professeurs au Maroc sont ennuyeux car ils détestent leur travail qui ne leur rapporte pas d'argent.
mohamed En ligne 2007-11-28
je t'aims tous les marocien
خالدة مختار بوريجي En ligne 2007-11-29
Salam alaikoum, je suis Khalida Moukhtar Bouriji, journaliste au quotidien algérien Akhbar Al Yaoum. Je suis avec intérêt toutes vos publications à Magharebia et je vous encourage à encore plus de réussite. Continuez.
MOUZALI TOUFIK En ligne 2008-01-21
je suis un cadre algerien bravo trés beau site plain de nouvauté et surtout boucoups d'informations
Amel En ligne 2008-01-22
Réponse à Mr Mouzali Toufik: Tu interviens sur un site c'est bon. Mais je ne vois l'utilité de te présenter comme étant CADRE ALGERIEN. Tu n'es ni l'un ni l'autre et pour cause sur une seule phrase trois (3) fautes. Va revoir ton Français s'il te plait.Merci !
MOUZALI TOUFIK En ligne 2008-02-14
suite a votre comentaire amel de mon intervention sur votre site j'ai le plaisir de t'informer que je ne suis pas un froncophone et mes etudes étaient apart entiere en arabe et que le francais est ma deuxieme langue et je n'avait d'autre choix puisque votre site est en français mais je sais vous n'avez qu'a faire de mon commentaire allez au diable vous et votre site
sami En ligne 2008-03-24
Chère Amel, Monsieur Mouzali a expliqué pourquoi il ne maitrise pas la langue de Moliere. Je pense, à mon avis, que vous lui devez des excuses.
احمد En ligne 2008-04-23
Meilleurs voeux aux visiteurs de Magharebia, où qu'ils se trouvent. En réponse aux commentaires précédents. Vous avez laissé de côté le sujet principal et vous vous êtes focalisés sur ce que nous avons subi durant l'occupation et de la part de la puissance coloniale. Je suis arabe avant d'être (palestinien), algérien ou marocain. Alors nous devrions plutôt aider nos enfants à réussir leurs études (le baccalauréat) au moins. Je vous souhaite les meilleures choses et je remercie l'équipe de Magharebia pour cette excellente présentation.
Dr.Josef En ligne 2008-05-09
Lorsque l'on coupe directement dans le noyau... La seule issue possible pour que notre pays progresse, c'est d'augmenter les fonds pour l'éducation, pas besoin de chirurgie du cerveau pour tirer cette conclusion, il suffit de regarder l'Occident
(17سنة)soukaina صغيرة السن لكنها جد غيورة على بلده En ligne 2008-05-21
En réponse au frère Moha. J'approuve chaque mot que tu as écrit. Notre pays est en perdition, les puissants l'emportent sur les faibles. Leurs fils sont au Canada et en Amérique, et les fils du peuple se tiennent en face du parlement. Mon message à tous les traîtres du Maroc (ministres/officiels) : Ne soyez pas intimidés par qui que ce soit, continuez à piller l'argent du peuple. Mais je m'inquiète de vous le jour du Jugement, lorsque ni l'argent ni une fonction ne vous seront d'aucune utilité (la justice est à Dieu).
مغاربية سكنية SOUKAINA En ligne 2008-05-21
Au frère Mouzali Taoufik et à la soeur Amal. Vous avez montré aujourd'hui à la nation arabe que la cause du sous-développement résidait dans le fait que beaucoup de temps a été perdu à se quereller, et que l'on a du coup négligé les raisons qui auraient exigé plus d'attention.
abd elghafour En ligne 2008-06-12
La paix soit sur chacun de vous.
abdellah En ligne 2008-08-01
slt cava tous moi c abdellah jai 13ans
سارة En ligne 2009-01-13
Sincèrement, les associations comme le gouvernement se battent ensemble contre l'ignorance et l'analphabétisme. Ils essaient d'obtenir un résultat. Je les en remercie très fort.
حليمة En ligne 2009-03-11
Je suis libanaise. J'adore le Maroc fraternel. L'article sur l'association qui s'intéresse aux questions des femmes, et en particulier des difficultés auxquelles doivent faire face les élèves en milieu rural, a attiré mon attention. Je soutiens les idées du président de cette association. Il a une vision forte et des solutions d'avenir pour élever et changer la situation des femmes marocaines. J'aimerais parler avec vous de tout ce qui est nouveau par le biais de mon adresse courriel. Merci de nous donner une opportunité de communiquer avec le Maroc, le pays qui est cher à tous nos coeurs.
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