Aziz Daouda : de nombreux modèles pour les jeunes athlètes marocains

2009-09-03

L'effondrement du Maroc aux Mondiaux de Berlin pourrait bien marquer la "descente aux enfers" pour les stars de l'athlétisme du pays, explique Aziz Daouda, le directeur technique de la Confédération africaine d'athlétisme, mais les jeunes athlètes ont encore de nombreuses légendes marocaines à suivre.

Par Hassan Benmehdi pour Magharebia à Casablanca — 09/09/03

[Hassan Benmehdi] Aziz Daouda, le directeur technique de la Confédération africaine d'athlétisme (CAA), souhaite remettre les stars marocaines en piste.

Le directeur technique de la Confédération africaine d'athlétisme (CAA), Aziz Daouda, n’est pas étranger aux tribulations des athlètes et de l’athlétisme au Maroc. En tant que directeur de la Fédération nationale marocaine d'athlétisme, il a participé à la mise en place d'un programme rigoureux de formation des jeunes talents de l'athlétisme. Même au creux de la vague, comme lors des championnats du monde de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) en 2006 à Moscou, il est resté optimiste quant à l'avenir des talents marocains.

Daouda s'est entretenu avec Magharebia des mauvaises performances des athlètes marocains lors des Mondiaux de cette année à Berlin, ainsi que des causes réelles du déclin de l'athlétisme national.

Magharebia: Quel bilan faîtes-vous de la modeste participation des athlètes marocains aux derniers Mondiaux d'athlétisme à Berlin ?

Aziz Daouda: Effectivement, elle est bien modeste pour employer un terme feutré. Je pense que nous sommes arrivés à un seuil où nous ne pouvons plus parler d’accident. C’est la troisième année successive durant laquelle l’athlétisme marocain est descendu aux enfers. C’est dire qu’il y a un malaise quelque part et qui dure, pour utiliser encore une fois un terme bien feutré.

Magharebia: À votre avis, à quoi est dû cet échec lors de cette compétition internationale ?

Daouda: Quand on perd une fois, on trouve mille et une raisons pour expliquer son échec, alors on l’attribue à ses prédécesseurs. Quand on perd deux fois, on attribue son échec à l’environnement. Quand on perd trois fois, il faut bien tirer les leçons qui s’imposent. Les grands managers connaissent bien la règle des trois enveloppes. Quand on perd de manière successive comme ça, cela ne peut être qu’une affaire de management, surtout quand vous avez une génération d’athlètes surdoués comme c’est le cas actuellement.

Magharebia: D'après votre expérience dans l'athlétisme, comment pouvons-nous dépasser ces résultats décevants ?

Daouda: Je suis de ceux qui aujourd’hui pensent qu’il faut aller en profondeur et ramener les choses sur le droit chemin. On ne peut plus continuer à bricoler et à mettre à chaque fois la responsabilité sur le dos des autres. Même si les autres étaient effectivement défaillants, c’est vous qui les avez mis là, alors vous endossez doublement la responsabilité de leurs échecs. Je pense que seule une réforme profonde de management peut sauver notre athlétisme, s'il y a quelque chose à sauver, et tant que la génération actuelle n’est pas aux abîmes. Sinon il va falloir attendre au moins deux décennies pour s’en sortir.

Magharebia: Que pouvez-vous nous dire sur les cas du dopage observés chez deux athlètes marocains lors de ce championnat ?

Daouda: Je pense que c’est une suite logique des choses. Le dopage est un moyen de contourner sa faiblesse. Les athlètes qui se dopent sont dans un état de désespoir avancé et ne croient plus au système et aux moyens mis à leur disposition, alors ils recourent à des raccourcis pour s’en sortir, mais c’est cause perdue d’avance. Et quand en plus vous percevez des signaux plutôt bizarres autour de vous, alors vous êtes même encouragés dans cette voie. C’est ainsi qu’ils se mettent volontairement dans un cycle vicieux.

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Magharebia: À votre avis, le recul de l'athlétisme national est-il définitif ou y a-t-il encore des choses à rattraper ?

Daouda: Je plains celui ou celle qui va prendre la responsabilité au cas où il y aurait un changement. Je ne vois vraiment pas le bout du tunnel. L’espoir est que nous sommes en présence d’une génération d’athlètes très doués et pour certains encore jeunes. C’est dommage, on perd en cours de route une athlète aussi talentueuse que [Mariem Alaoui] Selsouli, mais il en reste d’autres. Alors il va falloir prendre tout ces gens en main rapidement et de manière professionnelle avec un bon programme de préparation pour 2011 et ensuite 2012.

Magharebia: Peut-être un mot pour les jeunes Marocains qui veulent pratiquer un athlétisme de qualité ?

Daouda: Je suis le témoin privilégié de deux ou trois générations d’athlètes qui ont porté haut les couleurs nationales. Ils étaient propres et n’ont jamais eu recours à quoi que ce soit d’illicite pour réaliser des performances historiques. Ceux qui aujourd’hui font croire aux jeunes le contraire sont tout simplement des criminels et doivent être présentés à la justice. Aux jeunes Marocains, je dis que vous avez au Maroc tant et tant de modèles propres et c’est ces modèles que vous devez suivre. Même si actuellement la tendance est de les faire oublier ou de banaliser leurs exploits, ils restent des icônes à suivre.

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comments

غسان علي En ligne 2009-09-05

Salutations sportives. J'ai été étonné par l'interview de M. Aziz Daouda. Il semble très pessimiste sur l'avenir de l'athlétisme national. Il a une vision noire de ce sport, disant dans l'interview : “Je ne vois pas de lumière à la fin du tunnel". La question en suspens c'est : est-ce que la crise est le résultat d'une ou de deux saisons de management ? La crise de l'athlétisme nationale est une crise de type structurel. C'est le résultat des années d'accumulation et de dépôts auxquels M. Aziz Daouda a contribué pendant plus de quarante ans, il était aux postes de commandement et donnait des ordres. Il a créé une certaine forme de favoritisme. Il a combattu les clubs et les ligues sous le prétexte que les clubs ne font pas de champions. Il s'est incliné vers un sport issu du Makhzen. Il a obtenu son pouvoir de “Haj Mediouri” du Makhzen, en tant que président de Ligue. Alors il a exploité les absences continues de M. Mohamed Aouzal... et il a transformé la Fédération royale marocaine d'athlétisme en siège de la Ligue de Rabat. Cela a été l'origine de la crise de l'athlétisme national. L'absence d'un remplaçant. Lors du championnat du monde des jeunes à Marrakech, le Maroc n'a gagné aucune médaille, même si les âges d'un groupe d'athlètes avaient été falsifiés, tout en luttant contre des officiels nationaux qui s'opposaient à la politique de M. Aziz Daouda, et même des membres de la fédération avaient demandé le respect des compétences et de l'engagement de M. Daouda pour les questions techniques. Pendant des années, les résultats ont chuté et se sont détériorés. Les médailles remportées par Hasna Benhassi et Jaouad Gharib ont été comme l'arbre qui cachait la forêt. Ce qui a été dit dans l'interview est drôle, en particulier au sujet du dopage, comme si le dopage n'était apparu qu'au cours du dernier championnat du monde. C'est un manque total de respect. Le dopage a atteint son apogée durant la période d'Aziz Daouda, avec le soutien indirect de la fédération. Il n'est pas raisonnable que lorsque la Fédération internationale d'athlétisme suspend le coureur, la fédération, avec les ordres du staff technique paie encore son salaire durant toute la période de suspension. Les actions menées par Abdeslam Ahizoune, les changements radicaux, la lutte contre les symboles de la corruption et du favoritisme dans la fédération, en introduisant audacieusement des changements, méritent d'être saluées. L'athlétisme est un sport de fondations, il est important d'apporter une attention particulière à ces dernières qui en sont la base. C'est la vraie solution qui permettra de développer l'athlétisme.

AIT TAHAR En ligne 2009-09-06

Tout a fait d'accord avec les analyses et commentaires de notre ami Daouda qui est bien placé pour établir ce constat. l'athlétisme marocain vit une crise structurelle au même titre que l'Algérie qui se cherche encore après le départ de ses leaders. Une autre réforme s'impose donc pour offrir une meilleure assise technique et organisationnelle à cette discipline avec une attention toute particulière au développement mais avec aussi un système compétitif adéquat et ouvert au plan maghrébin afin de permettre à des jeunes talents de mieux s'exprimer et surtout multiplier les contacts entre techniciens et managers des pays maghrébins. bonne chance et bon courage.

غسان علي En ligne 2009-09-27

Salutations au cher frère Ait Tahar. Mon cher Monsieur, je voudrais savoir sur quelles analyses vous êtes d'accord avec M. Aziz Daouada. Je ne vois dans l'interview aucune analyse scientifique de la crise de l'athlétisme “qui a été corrompu par M. Aziz Daouda”. Mais si vous souscrivez à ces commentaires, c'est votre affaire et c'est votre droit. Nous avons le droit de ne pas être d'accord. Dans l'interview, M. Aziz Daouda dit " Je pense que seule une réforme profonde du management peut sauver notre athlétisme...”, mais de quel management technique parle-t-il donc ? Les membres de ce management sont les mêmes qui ont travaillé avec M. Daouda, il y a Bouhiri, Kada, Mendili et d'autres. La crise de l'athlétisme est structurelle comme je l'ai dit. C'est une crise qui résulte d'un lourd, lourd héritage, pour des années caractérisée par le manque d'attention et la négligence affichés à l'égard des ligues et des clubs qui représentent la base et l'origine. L'absence d'un remplaçant est le résultat d'une politique élitiste adoptée par Daouda, reflétée par l'absence totale de formation continue du staff technique, par l'absence totale dans le domaine de la recherche de bons talents, une politique d'affaiblissement des clubs, avec l'absence d'encouragements portés aux recherches des jeunes talents par les clubs, le perfectionnement des jeunes par les clubs comme cela se faisait auparavant, le système de compétition qui est vide et obsolète, on l'a copié sur le système de compétitions pratiqué dans les années 1980. Daouda est totalement et en permanence absent des activités nationales de compétition, son seul intérêt se porte sur des problèmes accesssoires comme celui de la construction de l'institut national, dans son décor et sa décoration, il porte un intérêt aux conflits de la ligue, un intérêt total en tant que "manager des athlètes"... Daouda a supervisé l'athlétisme national depuis plus de quarante ans. Ma question, c'est pourquoi n'a-t-il pas mis en oeuvre ce qu'il dit maintenant ? La crise de l'athlétisme nationale trouve son origine dans la crise de ses clubs, de ses clubs et de ses ligues qui ne sont pas structurés, qui sont pauvres financièrement, administrativement et légalement, il y a le staff technique bénévole, dans lequel on trouve d'anciens athlètes, qui doit être formé et formé encore, il y a un manque d'incitations pour les clubs et les staff techniques locaux, et l'une des choses les plus importantes dans cet héritage lourd laissé par Daouada, c'est le manque de compétitivité des coachs dans l'institution nationale ou scolaire. Il y a maintenant des entraîneurs qui ont un poste stable et permanent dans l'équipe nationale. Pertsonne ne peut les changer. Cela les a mené à ne pas faire d'efforts et à ne pas travailler dur. D'un autre côté il y a des entraîneurs locaux désespérés en l'absence de perspectives, d'encouragements, de soutien et de compétitivité.

hussain En ligne 12 il y a plusieurs jours

Salaam mes frères est-ce que quelqu'un peut m'envoyer les détails concernant un bon club à fez ou casa? je cours le 1500 et le 5000 mètres. mes respects à tous les frères ...

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