Le Maroc met en place une nouvelle stratégie de lutte contre les violences envers les enfants
2009-07-07
Le gouvernement entame ses consultations avec des associations de défense des droits des enfants pour développer une stratégie nationale visant à lutter contre le phénomène des abus sexuels, dont certains estiment qu'il se développe au Maroc.
Par Naoufel Cherkaoui pour Magharebia à Rabat – 07/07/09
![]() [Naoufel Cherkaoui] L'association marocaine "Touche pas à mon enfant" fait partie des organisations de la société civile qui luttent contre les violences faites aux enfants. |
Le gouvernement marocain met en place de nouvelles mesures pour lutter contre les abus sexuels envers les enfants. Au vu d'un récent rapport sur les violences commises envers les enfants publié par l'association "Touche pas à mon enfant", le ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité travaille avec des associations de protection des enfants et des militants pour élaborer une stratégie commune destinée à prévenir la propagation de ce phénomène.
Le rapport "Touche pas à mon enfant", publié le 19 mai, signale 306 cas avérés de pédophilie au Maroc. La présidente de l'association Najat Anwar explique que ce chiffre révèle une "propagation alarmante", avec une hausse de 536 pour cent par rapport aux années précédentes.
Elle suggère également que les abus sexuels sont devenus un phénomène "structurel", par suite du chevauchement entre une industrie touristique essentielle pour l'économie du Maroc et des "réseaux et organisations criminels qui font commerce de la prostitution des enfants".
Des responsables du ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité ont rencontré le 29 juin des associations de la société civile pour discuter avec elles des meilleurs moyens de traiter ce problème.
"La politique nationale pour la protection des enfants se fonde sur une vision commune entre les différents acteurs pour créer un environnement adapté à la protection des enfants", a déclaré Nouzha Skelli, ministre de la Famille et de la Solidarité, lors de cette réunion.
Elle a également souligné l'importance de la création d'une "cellule de suivi" destinée à surveiller la mise en oeuvre de cette stratégie et identifier de nouvelles directions lorsque cela sera nécessaire.
"Cette cellule peut [également] préparer un guide sur les procédures permettant de suivre les enfants victimes d'abus sexuels", explique-t-elle.
Plusieurs organisations de la société civile ont proposé d'autres formes de contributions. "Lors de cette réunion, nous avons présenté plusieurs propositions... comme le respect de certaines règles légales qui ne sont pas appliquées dans les tribunaux", a expliqué à Magharebia Najia Adib, la présidente de l'ONG marocaine "Touche pas à mes enfants". "Ainsi, les victimes ne seraient pas tenues d'assister aux audiences, qui sont, selon nous, une autre forme de violence."
Elle ajoute : "Nous demandons également d'exempter les victimes du paiement de frais de justice estimés à 500 dirhams, et des frais des experts médicaux prescrits par le tribunal."
Une autre demande concerne l'accélération des procédures judiciaires ; certaines affaires attendent en effet toujours d'être réglées cinq ans après les faits.
Les experts demandent également la nomination de juges spécialisés dans les affaires des enfants, et que les avocats des victimes soient autorisés à participer aux audiences préliminaires. La législation actuelle permet seulement à l'accusé, à son avocat et à la victime d'être présents lors de ces audiences.
Mme Adib demande par ailleurs une éducation sexuelle obligatoire à l'école, pour apprendre aux enfants à identifier des traitements ou des comportements suspects.
Said Al Raji de l'Observatoire national pour les droits des enfants, a expliqué à Magharebia que les cas d'abus sexuels ne devraient plus augmenter. Il suggère au contraire que la sensibilisation et le signalement sont devenus plus habituels.
"Dans le passé, le sujet était tabou", explique-t-il. "Aujourd'hui, les gens connaissent mieux leurs droits, et le nombre d'affaires portées devant les tribunaux a augmenté, ce qui laisse à penser que le nombre de cas a augmenté."
Khadija Al-Riyadi, présidente de l'Associaton marocaine des droits de l'Homme, est favorable à un renforcement des sanctions à l'égard des contrevenants.
"De plus, nous devons éduquer et préparer les enfants à ne pas être victimes de violences", a-t-elle déclaré à Magharebia. "Nous devons aussi lever le voile sur le phénomène de l'inceste."







Leila En ligne 2009-07-14
Je vous encourage v pas vivement pour vos actions contre ce phénomène de pédophilie au Maroc. Agissons pour l'avenir de nos enfants au Maroc et que la justice ne soit pas clémente envers ces agresseurs.
Ghina Daylac En ligne 2009-07-23
A l'honorable dame Najia, que Dieu vous protège, salutations distinguées. Je suis une jeune libanaise. J'ai regardé le programme “Bold red” avec M. Malek Maktabi. J'ai été impressionnée par la puissance de votre personnalité, votre volonté et votre audace. Vous avez répété de nombreuses fois devant les personnes présentes que vous étiez une lionne. Je souhaite à toutes les femmes dans le monde arabe, en particulier les islamiques, à présenter cette même force, cette clarté, cette connaissance, cette pensée libre, cette logique et cette intelligence. J'admire et je respecte les femmes intelligentes dont nous manquons dans nos communautés isolées, même si l'Islam a libéré la femme et lui a donné des droits. Les hommes pratiquent encore toutefois la culture de l'époque pré-islamique en ne préservant seulement que l'exercice des cinq prières et en jeûnant pendant le Ramadan sacré... Je vous félicite et je vous souhaite la réussite, de continuer votre oeuvre ainsi qu'une bonne santé. Avec mes voeux chaleureux les plus sincères. J'espère vous rencontrer un jour. Dans la protection de Dieu. Ghina.
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