Les départs à la retraite anticipée permettront de créer des emplois en Tunisie

2009-07-06

Le parlement tunisien a adopté un projet de loi visant le départ à la retraite anticipée pour les salariés de la fonction publique. Les responsables expliquent que la vacance des postes permettra d'employer des milliers de jeunes diplômés de l'université.

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 06/07/09

[Fethi Belaid/AFP/Getty Images] Le gouvernement estime qu'une nouvelle législation sur les départs à la retraite anticipée permettra de libérer quelque sept mille emplois dans le secteur public pour les jeunes diplômés.

Pour tenter de lutter contre le chômage dans le pays, le parlement tunisien a adopté le 30 juin une nouvelle loi visant le départ à la retraite anticipée pour les fonctionnaires et devant favoriser l'embauche des jeunes.

La législation actuelle stipule qu'il faut attendre 60 ans avant de pouvoir partir à la retraite, à l'exception des cas de maladies chroniques ou de handicaps physiques. La nouvelle législation permettra aux fonctionnaires de partir à la retraite trois ans plus tôt.

"Cette loi répond aux besoins de l'administration tunisienne en ressources de talents pour, d'une part assurer le développement des performances, et d'autre part résoudre le problème de l'emploi pour les diplômés de l'université", a expliqué Zohair Modhaffer, ministre délégué auprès du Premier ministre en charge de la Fonction publique et du Développement administratif.

M. Modhaffer souligne que cette loi s'appliquera aux fonctionnaires, aux collectivités locales, aux administrations publiques et aux salariés des institutions publiques de santé qui atteindront 60 ans entre le 1er janvier 2010 et le 31 décembre 2012. Cette possibilité de retraite anticipée se fera sur la base du volontariat, "afin que l'administration tunisienne ne se retrouve pas à court de compétences."

Selon les chiffres officiels, le chômage se situe entre 13 et 14 pour cent de la population. Le gouvernement a lancé plusieurs initiatives pour résoudre ce problème, notamment en direction des jeunes diplômés de l'université. Il propose des prêts bancaires pour aider les demandeurs d'emplois à créer leur propre PME, organise des rencontres hebdomadaires avec les représentants du patronat pour discuter de propositions et d'initiatives, qui viennent s'ajouter aux centaines de bureaux de recrutement répartis dans l'ensemble du pays.

Le gouvernement escompte que cette législation permettra de libérer quelque sept mille postes.

Une telle initiative en faveur du départ à la retraite anticipée n'est pas nouvelle en Tunisie, explique Naima Kadri, journaliste spécialisée dans les questions d'emploi. Elle est déjà en place dans des secteurs commerciaux et industriels comme les télécommunications, les postes, les chemins de fer, les compagnies aériennes et le fret.

"Ces organismes ont adopté les plans de retraite anticipée pour attirer les jeunes diplômés et disposer des nouvelles compétences professionnelles rendues nécessaires par les progrès technologiques et les nouvelles exigences du marché du travail", explique-t-elle.

A l'instar de Sami Haddad, titulaire d'une maîtrise en économie depuis 2006 et toujours au chômage, les gens ont accueilli favorablement cette nouvelle loi. "Elle apporte un nouvel espoir dans la lutte contre le chômage", explique-t-il.

"Je crois que c'est une mesure importante qui permettra de résoudre en partie le problème du chômage des jeunes diplômés, bien que je pense pas qu'elle permettra de solutionner l'ensemble du problème", a déclaré Fethi Ayari, responsable du Centre de recherches et d'études, affilié à l'Union générale du Travail.

Pour apporter une solution plus globale au problème, poursuit M. Ayari, l'union insiste sur sa précédente proposition de créer un fonds d'assurance chômage qui permettra de verser les prestations chômage aux personnes qui en ont besoin. La Tunisie ne serait pas le premier pays à le faire, poursuit-il ; l'Algérie a déjà mis en place un tel fonds.

Les autorités tunisiennes ont déjà rejeté cette proposition dans le passé, explique Ayari, par peur de voir "le fonds encourager la dépendance."

Il est difficile de savoir avec exactitude combien de salariés sont intéressés par un départ à la retraite anticipée. Mais Tahar Ayadi, 58 ans, explique être prêt à accepter cette offre "dès lors qu'il s'agit d'une mesure destinée à favoriser l'emploi des jeunes."

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comments

BMF En ligne 2009-07-07

cela ne fait qu'AGGRAVER LE PPROBLEME...car ces "retraités" se retrouveront plus tard dans le marché de l'emploi, en train de concurrencer les jeunes. et souvent le secteur privé les prefere car ils coutent moins chers..(pas de depense sociales...)ont plus d'experiences et sont surtout "mieux introduits" dans certaines administrations(leurs anciennes administrations par ex..)..pour "regler"quelques problemes...entre collegues,anciens et nouveaux,on se rend qq petits services...c'est "normal"..

BEN En ligne 2009-07-07

Dommage qu'on nous communique pas de chiffres,le coût de cette réforme par exemple? Embaucher de jeunes diplômés qui seront performants que dans cinq ans,et mettre de jeunes retraités au chômage économique,la fonction publique tunisienne perdra huit années,3 années de cotisations sociales,et cinq années en formation de ces jeunes recrues...Il y en a qui continue à suivre à la lettre les remédes du FMI,standartisés pour l'Afrique.

benhella En ligne 2009-07-08

l'opinion de BMF est logique, seulement il ya une solution si le gouvernement prend une décision d'interdire le travail pour les retraités dans les secteurs publiques et privés.

slimane En ligne 6 il y a plusieurs jours

Salut. Très bonne proposition. Que Dieu te récompense. Si Dieu le veut, ils t'appelleront. Salutations.

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