Une quatrième démission creuse encore le fossé au sein du syndicat des journalistes tunisiens

2009-06-29

Les problèmes n'en finissent pas au sein du syndicat des journalistes tunisiens ; la récente démission d'Habib Chebbi pourrait bien le contraindre à élire un nouveau bureau exécutif.

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 29/06/09

[Jamel Arfaoui] Le président du SNJT Neji Bghouri (au centre) a accusé le gouvernement tunisien d'orchestrer les démissions pour affaiblir la structure du mouvement.

Les membres du Syndicat national des Journalistes tunisiens (SNJT) ne sont pas parvenus, vendredi 26 juin, à résoudre la crise que traverse actuellement leur mouvement, quelques jours après qu'un autre membre du bureau exécutif, Habib Chebbi, eut démissionné, portant le total des départs à quatre.

Selon les statuts du syndicat, à moins que Chebbi ne revienne sur sa décision dans les quinze jours, le bureau sera dissous et le syndicat devra convoquer un congrès dans les deux mois qui suivent pour élire un nouveau bureau exécutif.

"La partie est terminée, nous devons maintenant nous en tenir au texte de la loi", a déclaré Sofien ben Rejab, autre membre démissionnaire.

La crise avait éclaté en mai, lorsque le SNJT avait publié un rapport sur l'état de la liberté de la presse en Tunisie. Ce rapport, publié à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, critiquait les autorités pour leur harcèlement contre des journalistes et la restriction de leur travail en limitant leur accès à l'information. Il demandait également une amélioration des conditions de travail des journalistes.

Parallèlement, certains membres du bureau exécutif accusaient le président du SNJT Neji Bghouri d'agir unilatéralement et de politiser le travail de leur syndicat en créant des problèmes avec le gouvernement lors d'une année électorale. De même, le président de la commission des libertés Jamel Karmaoui accusait le bureau exécutif de soutenir l'opposition et de ne pas assez défendre les droits des journalistes.

Cette discorde avait entraîné la démission de trois membres du bureau exécutif, pour protester contre l'attitude du président du syndicat.

M. Bghouri avait réfuté toutes les allégations, accusant le gouvernement d'orchestrer ces démissions pour porter atteinte à la structure du syndicat. Pour lui, il s'agissait d'une réaction à sa neutralité et au fait qu'il ne soutenait aucun des candidats à la présidence.

Dans les semaines qui ont suivi, selon ce qu'ont expliqué à Magharebia certaines sources, qui ont préféré conserver l'anonymat, Bghouri a tenté de parvenir à un compromis avec le gouvernement pour mettre un terme à la crise et surmonter les différends. Ces sources ont expliqué que Bghouri avait rencontré "un haut responsable du gouvernement", mais que ses efforts n'avaient pas été couronnés de succès.

Dans sa lettre de démission, Chebbi explique que sa décision est sans appel, "quel qu'en soit le prix". Il a demandé au bureau exécutif élargi, composé des présidents des commissions et de membres du bureau, d'"accélérer l'examen des vacances et de fixer une date pour la tenue de la conférence."

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Younes Moujehed, membre de la Fédération internationale des Journalistes (FIJ), participait à la réunion de vendredi. Il a expliqué que la FIJ ne prenait absolument pas parti dans cette crise. "La FIJ tient à conserver l'indépendance du SNJT et à résoudre ses problèmes internes sans aucune intervention de quelque entité extérieure que ce soit", a-t-il ajouté.

"Quelle que soit la gravité des litiges professionnels et syndicaux qui peuvent parfois diviser les journalistes, comme les événements de ces dernières semaines", a déclaré Kamel ben Younes, président de la commission d'éthique et membre du bureau exécutif élargi, "donnons la priorité à la future structure et tournons la page des erreurs du passé pour mieux servir les intérêts de tous les journalistes, en particulier des jeunes et des indépendants."

Pour sa part, le journaliste Taoufik Ayachi déclare : "Félicitations à ceux qui ont réussi à renverser le bureau légitime."

Ayachi, comme de nombreux autres jeunes journalistes, estime que cette crise se terminera sur une note positive. "Je fais pleinement confiance aux journalistes pour qu'ils reprennent l'initiative et élisent un nouveau bureau indépendant qui exprime réellement les souhaits des journalistes lors de la prochaine assemblée extraordinaire."

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comments

Anonymous En ligne 2009-06-29

La Tunisie qui tout comme Gaza a été transformée en prison à ciel ouvert ne peut pas, par contre, se permettre comme elle d'avoir une presse libre qui critique l'occupation. Les forces Israéliennes, contrairement à celles de Ben Ali, ne sont pas arrivées à anéantir l'esprit de résistance des Palestiniens qui ont conservé leur fierté et leur combativité malgré le déséquilibre des forces en présence. Leurs ennemis et leurs adversaires, tout en essayant de ternir leur réputation par des accusations de terrorisme, sont obligés de leur témoigner du respect et les craignent. La sympathie de la communauté internationale à leur égard est en progression. Le monde respecte les gens dignes de respect, ceux qui osent prendre des risques pour affirmer leur humanité et ne se considèrent pas comme un article de la bio-industrie, tout juste bon à transformer le fourrage qu'il ingurgite en déchet. Le régime Tunisien veut convaincre les gens que leur passivité et leur veulerie sont du patriotisme. Cela ne trompe pas les gens qui pensent. La propagande Tunisienne est en train de s'essoufler. Ses mensonges sont usés jusqu'à la corde. Depuis que le monde est monde, on le sait: on peut tromper un petit nombre de gens pendant longtemps ou un grand nombre de gens pendant un temps court; mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps. Malgré les apparences la dictature Tunisienne est au bout de son rouleau. Son visage hideux se découvre chaque jour davantage. C'est pour cela que ses médias sortent des mensonges de plus en plus grossiers. Pour les faire passer, elle a besoin de robots à la place de journalistes. Mais le monde change. Il n'y a que les imbéciles qui ne le remarquent pas. C'est ce qui a mené Saddam à sa chute. Sa victoire aux élections avec 100% des voix ne l'a pas sauvé.

Curieux En ligne 2009-07-05

C'est étrange que le syndicat des journalistes Tunisiens ne réagit pas jusqu'à présent à cet article pour faire un peu de lumière. Sont-ils tous arrêtés, déportés au Sahara? (N'ayant pas de Sibérie, la Tunisie a choisi le Sahara pour ses goulags). Ce n'est pas normal que dans un pays si démocratique on n'entend pas la voix des journalistes surtout dans une affaire de ce genre les concernant.

ZEKIM En ligne 2009-09-25

monsieur qui parle de pays "si" democratique??? permettez moi de vous demander si vous vivez en tunisie ou ailleur ou bien vous essayez de nous convaincre de qlq chose qu'on ne connait pas.pour vous le fait qu'il n'a pas de goulag veut dire que c'est la democratie .à mon avis ce n'est pas un discours responsable mais nous seront amenés à un jeu d'intelligence dont ce regime sait trés bien jouer.

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