Le gouvernement libyen nationalise les médias de la réforme
2009-06-03
Une récente mesure prise par le gouvernement libyen pour mettre la main sur plusieurs médias privés laisse les spécialistes perplexes quant aux motifs des autorités.
Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 03/06/09
![]() [File] Al Libiya fait partie des médias libyens qui seront nationalisés aux termes d'une récente décision des autorités du pays. |
La décision prise il y a quelques semaines par le gouvernement libyen de nationaliser plusieurs médias privés continue de susciter des réactions en Libye et à l'étranger. Cette décision, expliquent certains observateurs, porte un coup sévère aux efforts de réforme dans le pays.
Le décret de nationalisation vise la chaîne de télévision satellitaire Al Libiya et les stations de radio Al Libiya et Eman, ainsi que les journaux Quryna et Oea, qui appartiennent tous à la fondation Al Ghad, dirigée par Seif al-Islam Kadhafi, le fils du leader libyen Moammar Kadhafi.
Elles appartiennent désormais toutes au Centre national des médias (NMSC), une agence gouvernementale dirigée par Ramadan Briki, très critique à l'égard des réformes initiées par Seif al-Islam.
Les raisons de cette décision ne sont pas encore claires, expliquent les analystes et les spécialistes des médias. Nombre d'entre eux l'attribue à la nature de certains contenus diffusés par ces médias, y compris des émissions présentant des cas de corruption au sein du gouvernement.
Ces chaînes avaient été lancées durant l'été 2007, et étaient les premiers médias privés de Libye. A l'époque, le jeune Kadhafi pensait que ces chaînes seraient réformatrices et ouvertes, et se déclarait partisan de l'indépendance de tous les médias du pays.
Dans un discours prononcé en avril 2008, il expliquait que la société doit disposer de "plusieurs entreprises de médias qui exposent la corruption, la fraude et les violations. Ces entreprises doivent être indépendantes et ne pas être redevables envers le Ministre de l'Information, le parlement, le gouvernement ou même Seif al-Islam."
Cette décision devrait concerner non seulement ces chaînes, mais aussi plusieurs sites web parrainés par la fondation Al Ghad, comme Silvioum, Al-Saiyad et Al-Ijdabi. Le site Shabab Libya Alghad, très populaire, n'a pas été actualisé depuis plusieurs semaines maintenant.
Le journaliste libyen Ibrahim Naaji estime que ces sites web sont "parfaitement transparents" et sont capables de traiter de n'importe quel problème, petit ou grand, et de le présenter au public.
"Ils signalent avec une totale transparence les violations… commises par certaines autorités", explique-t-il. "Ils devaient donc être réduits au silence. Ils ont été les victimes d'une guerre lancée par les ennemis des réformes."
Rachid Khechana, éditorialiste au journal tunisien Al Mawkif, explique dans un article à swissinfo.ch : "Cela ne faisait que quelques semaines que le marché de la presse en Libye avait été ouvert aux publications arabes et étrangères, ce qui constituait une remarquable mesure d'ouverture. Puis cette décision soudaine a été prise, qui renvoie le pays des années en arrière."
L'opinion publique libyenne est divisée entre ceux qui se félicitent et ceux qui condamnent cette décision.
Ramzi Bedaoui y est favorable, parce que le pays a besoin du gouvernement pour protéger sa société contre les "tabous" comme la propagation de rumeurs et les sites web pornographiques. Mais ce contrôle doit être limité, explique-t-il.
"Je suis favorable au contrôle de l'Etat et à sa domination de l'Internet, mais pas jusqu'à la suppression totale des libertés", ajoute-t-il.
Pour sa part, Chaker Trabelsi estime que cette mesure ne bénéficiera qu'à quelques personnes, "les chats bien gras troublés par les faits exposés par une nouvelle génération de journalistes et de journaux qui ne sont pas soumis au contrôle des autorités de l'Etat."
Mais il se dit optimiste quant à la capacité de la jeune génération de trouver d'autres voies vers la liberté d'expression.
"La jeunesse libyenne peut surmonter ces obstacles", affirme-t-il. "Il existe d'autres sites web et d'autres forums de discussion en-dehors du pays par lesquels nous pouvons échanger des nouvelles et des informations."







الامين الشريف En ligne 2009-06-04
Celui qui pense qu'il y a - ou qu'il y a eu - des réformes dans les organes médiatiques dans le vrai sens du mot "réforme" a tort. Y a-t-il un journaliste de Oya ou Corina qui puisse écrire une colonne ou faire une enquête sans être convoqué par les services de sécurité intérieure qui l'examineront et ouvriront une pousuite judiciaire contre lui pour avoir mis en danger la sécurité ? Demandez à Mohamed Boussifi, le rédacteur en chef d'Oya qui appartient à ce soit-disant mouvement de réforme, combien de fois les autorités l'ont interrogé ??? Nous sommes dans un monde qui ne respecte pas l'opinion des autres, qui ne croit ni à la bonne gouvernance ni à la rotation des pouvoirs entre les gens. Rien n'a besoin d'être réformé, parce qu'il n'existe rien qui puisse l'être. C'est le changement qui semble obligatoire, et il faut donner une opportunité à la nouvelle génération, aux patriotes et aux technocrates de diriger le pays. En ce qui concerne ceux qui ont été laissés à l'arrière à la fois par l'époque et les événements, ils n'ont pas tiré de leçons et n'ont pas compris la nature de cette période que nous vivons. Laissons-les tranquillement partir sans difficultés et sans faire trembler les nations. S'il y a des réformistes, ils ne peuvent rien faire sans une organisation forte de la politique et des croyances, en fonction d'un programme de changement établi à tous les niveaux. Il doit être clair et attirer tout le monde. Toutefois, avec un journal ou même dix, une radio éclatante, ils ne résisteront pas face à un vieux courant dont les cordes sont complexes, dont les complots et les liaisons sont actifs. Si l'homme veut la réforme ou le changement, qu'il s'appuie sur une organisation politique qu'il aura lui-même construite pas à pas. J'ai dit une organisation politique, pas un parti. Jamel Arfaoui et Rachid Khechana ne connaissent pas bien le sujet qu'ils évoquent. Il y a de nombreux contextes qu'ils ignorent. Salam.
linda En ligne 2009-06-04
cela n'étonne personne vu que ça viens du libye ... on est voisin malgré cela on n'a aucune idée sur ce pays qui es tellement renfermé et ,,,,, enfin, le plus choquant c'est ce malade mental qui dirige tt un peuple et les force a écouté ses discours tant sur les relation entre les indiens d'amérique et leurs origines musulmanes! tant sur cheakspear qui es arabes en réalité et qui s'appelait (cheikh zoubir) donc si un squisofréne comme celui la dirige un états,; c claire que les média privés seront nationalisé afin d'obligé tt les libyens a entendre ces discours de 4 heures et de faire taire la démocratie qui n'existe même pas dans ce pays frère
Anonymous En ligne 2009-06-07
S´il était seulement schizophrène, cela ne serait pas si grave. Mais c´est un criminel dangereux qui a déjà liquidé un grand nombre de gens à l´intérieur et à l´extérieur. Ik pratique une torture barbare. Mais il n´est pas le seul à le faire. Ses voisins font la meme chose et il y a meme une cooperation technique entre eux dans ce domaine et des échanges d´expertise. C´est pour cela qu´ils s´entendent si bien. En plus il est un voleur. Ses enfants voyagent partout dans le monde et jettent l´argent du peuple par les fenetres. On ne sait pas combien de comptes en banque sa famille possède à l´étranger. Encore une fois, il n´est pas le seul de la région. S´il était aussi fou qu´il fait semblant de l´etre, il ne serait pas resté 40 ans au pouvoir. Ce qui est sur, c´est qu´il est un des plus grands criminels de l´histoire arabe contemporaine. Mais il a des pétrodollars et arrive à corrompre meme des pays riches et civilisés. Les sociétés qui font des affaires avec la Lybie savent ce qu´il faut faire pour trouver une place sur son marché. Sa vraie place devrait etre devant un tribunal pour rendre compte de ses crimes. Hélas, les Lybiens comme le reste des Arabes sont devenus des esclaves après leur indépendance. Ils rampent devant Kadaffi en se mettront après lui à plat ventre devant ses enfants qui hériteront de la Lybie comme dans d´autres pays on hérite du bétail.
Nous nous réjouissons de vos commentaires sur les articles publiés par Magharebia.
Nous espérons que vous utiliserez ce forum pour discuter avec d'autres lecteurs du Maghreb. Pour conserver tout leur intérêt à ces discussions, nous vous demandons de respecter les règles précisées dans la politique relative aux commentaires. L'envoi de vos commentaires implique le respect de ces règles. Bien que Magharebia.com encourage la discussion sur tous les sujets, y compris des sujets sensibles, les commentaires publiés ne reflètent que les seules opinions de leurs auteurs. Les idées, vues et opinions exprimées dans ces commentaires ne reflètent pas nécessairement la position de Magharebia.com. Ce forum est géré par un modérateur. Les commentaires a caractère injurieux, offensifs, ou contenant des propos diffamatoires ne sont pas publiés.
Politique des commentaires de Magharebia