Les Marocains débattent du niveau d'instruction des candidats
2009-06-03
A quelques jours des élections communales au Maroc, les électeurs et les autorités s'interrogent sur le point de savoir si les futurs élus devraient satisfaire à certaines normes d'instruction avant d'être autorisés à se présenter.
Par Siham Ali pour Magharebia à Rabat – 03/06/09
![]() [Getty Images] Les parlementaires marocains, comme leurs électeurs, ne parviennent pas à se mettre d'accord sur les exigences en matière d'instruction pour se présenter aux élections communales. |
Alors que le Maroc se prépare pour les élections communales du 12 juin, les citoyens débattent du niveau d'instruction de leurs candidats. Certains critiquent le faible niveau d'instruction des élus, tandis que d'autres affirment qu'un diplôme ne garantit en rien l'efficacité de la gouvernance au niveau local.
Le gouverneur-directeur des élections au ministère de l'Intérieur, Hassan Aghmari, a souligné, lors d’un point de presse organisé le lundi 1er juin, une évolution palpable du niveau d'instruction des candidats. "Cinquante-huit pour cent ont le niveau secondaire ou supérieur contre 50 pour cent en 2008, soit une augmentation de 8 pour cent", a-t-il expliqué.
Ces chiffres prouvent que les nouvelles élites sont désormais capables de répondre aux défis de la gestion communale, a-t-il poursuivi.
Lors des réunions de sensibilisation, le ministre de l'Intérieur Chakib Benmoussa avait indiqué à plusieurs reprises que ces élections seraient une occasion de "révéler des compétences locales à même d’accompagner le processus de développement local".
Mais de nombreuses personnes se disent peu satisfaites de voir que la charte communale n'exige des candidats qu'un niveau d'enseignement primaire.
D'autres candidats n'ont même pas à satisfaire à cette exigence.
La charte communale amendée en 2008 n'a rien changé sur ce point, malgré les demandes répétées de plusieurs députés. Le ministère de l'Intérieur a rejeté un amendement exigeant des candidats qu'ils aient un diplôme de l'enseignement supérieur.
"On confie la gestion des affaires locales à des personnes dont le niveau d’instruction est très bas, au moment où les pouvoirs publics débattent de la nécessité de mettre en place les compétences adéquates afin de bien mener les réformes", explique Mohamed Kanzidi, professeur de sciences politiques.
"Il fut une époque où l'on assistait à des candidatures massives des personnes à faible niveau scolaire. Les choses commencent certes à s’améliorer, mais il faut mettre en place une juridiction sévère coupant la route aux incompétents, à l’instar de ce qui se fait dans plusieurs pays."
Les partis politiques ont également une part de responsabilité pour présenter des candidats disposant des compétences et des capacités suffisantes pour pouvoir assurer la bonne gestion des affaires locales, ajoute M. Kanzidi.
Des appels sont lancés de part et d'autre pour resserrer l'étau autour des auteurs de fraudes. En 2003, la Cour Suprême avait publié plusieurs décrets entraînant l'annulation de nominations aux conseils municipaux après avoir constaté des falsifications de diplômes scolaires.
Mais d'autres estiment peu utile de passer trop de temps à examiner le niveau d'instruction des élus, au vu du taux d'analphabétisme au Maroc.
Le député Mohamed Moubdii estime que c'est aux électeurs de juger les candidats. Pour lui, il n'est pas possible d'exclure une large partie de la population à un moment où le Maroc souffre d'un taux d'illétrisme élevé.
Pour sa part, l'opinion publique, notamment les jeunes, n'accorde pas grand intérêt aux candidats ne disposant pas d'un niveau d'instruction élevé, estimant qu'ils seront incapables de gérer les affaires communales.
"Afin de bien réussir sa mission, un élu doit avoir un diplôme qui lui permette d’analyser les situations et de présenter les solutions adéquates", explique Manar Hammidouche, une étudiante. "Celui qui a un niveau d’instruction bas est incapable de répondre aux besoins locaux."
Un avis que ne partage pas Abdejelbbar Fahimi. "Il suffit qu’il s’entoure de bons conseillers et qu'il adopte une approche de proximité pour résoudre les problèmes. Beaucoup d’élus instruits ne reviennent à la commune qu’à la veille des élections et on ne les revoit plus après. A quoi servent-ils alors ?"







BEN En ligne 2009-06-03
Au lieu et place de l'instruction,une formation professionnelle sur la gestion communale ou préfectorale pour qu'ils sachent ce qui est permis de ce qui ne l'est pas,précédé d'une enquête de moralité. Nos Députés ou ailleurs, quand ils discutent d'un projet de loi compréhensible,ils passent des heures et des heures à débattre,et parfois âprement,une fois que c'est technique,pas de discussion,vote à l'unanimité,puisqu'ils n'y comprennent rien.Cependant,le patriotisme l'emporte sur tout le reste,bien entendu.
اقريش رشيد En ligne 2009-06-04
Je pense que la question est controversée académiquement et politiquement, étant donné que le point principal du problème n'est pas seulement le niveau éducatif - ou quelque chose d'autre qui serait non éducatif - c'est la capacité de l'individu à comprendre et à se saisir de l'autorité locale. Les affaires locales devraient faire partie des préoccupations quotidiennes et non apparaître comme un problème saisonnier. Cette personne devrait également comprendre les responsabilités de la commune. Certaines personnes ont de grandes connaissances dans différents domaines, comme la médecine, le génie, le conseil juridique, etc. Mais quand vous leur parlez malgré tout des affaires locales, ils n'en savent rien, sauf s'ils appartiennent à un parti. Mais même dans ce dernier cas, ils sont partisans sous le drapeau d'un mouvement politique. Ils se passionnent uniquement pour une idéologie. Ils n'adhèrent pas à l'idée de la réforme, à une méthode de changement ou à quelque chose de similaire. Ils tentent seulement de refléter une croyance politique. De plus, les affaires locales exigent que l'individu soit cultivé, qu'il comprenne les affaires locales, qu'il soit un spécialiste dans ce domaine. Et ici nous posons la question la plus importante : Quelle est l'utilité des responsables universitaires s'ils ne profitent pas aux communes locales ? Nous nous demandons également pourquoi les jeunes qui sont instruits, experts dans les affaires locales, ne participent pas aux élections ? Pourquoi restent-ils à l'écart de la politique ? Pourquoi expriment-ils des regrets sur ce qu'ils appellent des "farces" tandis que c'est leur devoir de faire des changements et des réformes ? C'est ce que nous exigeons maintenant. Les jeunes, nous sommes vraiment désolés pour cette farce. Si nous restons toutefois dans l'ombre, nos communes ne pourront pas progresser. Elles reculeront. C'est nous qui sommes le maillon faible, pas les communes en tant qu'organe de vie et installation. Le plus important est de couper la route aux opportunistes, hommes et femmes, sans égard accordé au sexe et à l'appartenance politique. Le plus important est de donner à l'infrastructure publique sa réalité de base. Nous ne nous sommes pas présentés aux élections en tant que candidats parce que l'environnement général n'est pas sain. Ce n'est pas en raison d'une faiblesse qui serait la nôtre, mais parce que nous avons pensé que les jeunes se seraient présentés en notre nom et pour nous. Toutefois, ils ont saisi le parti de l'argent. Vous les jeunes Marocains, la nation est entre vos mains, et ce qui est bon pour elle. Si vous voulez la réforme totale, commencez à nettoyer votre pays avec toute votre énergie, et pour le meilleur. Vous devriez savoir que si vous restez derrière, vous ne résoudrez pas vos problèmes qui sont intraitables pour l'élite politique. Vous devriez savoir que le temps passe vite pour une réforme détaillée. Si vous restez derrière la caravane, vous serez la cause de ce retard. Avancez avec confiance.
أبوعمران En ligne 2009-06-06
En réalité les affaires locales font partie des sujets qui exigent un niveau d'éducation. Le candidat local devrait connaître les exigences de sa commune et, de plus, avoir de l'expérience en gestion, expérience que le candidat aura gagné en tant qu'acteur associatif, par une formation ou un coaching délivrés par un parti dans ce secteur, et qui l'aidera à assumer ses responsabilités en tant que représentant en mesure d'assumer les inquiétudes de sa circonscription électorale, il faut qu'il soit aussi capable d'argumenter pour communiquer les besoins de sa communes aux canaux officiels, locaux, nationaux ou internationaux. Mais le plus important, c'est la capacité de faire avancer tout ce qui concerne le citoyen dans la circonscription, dont les associations de développement qui l'aideront dans le développement humain. Dans de telles conditions, le défi, c'est d'investir dans les ressources humaines de toutes les régions du Maroc pour faire face au progrès de la mondialisation, pour se concentrer sur l'éducation, la formation scientifique pour nos fils en ouvrant des partenariats avec les institutions d'éducation dans toutes les branches dans le but d'améliorer leurs qualités, de profiter de l'expérience d'organisations nationales ou internationales envers lesquelles nous nous serons engagés et envers nos électeurs aussi, avec un suivi et un sens de la responsabilité. Nous ne pourrons atteindre nos objectifs dans l'intérêt de notre commune locale et de notre nation avec une représentation assurée par un candidat ignorant ou doté d'un niveau médiocre d'éducation, car il ne pourra ouvrir un dialogue grave et responsable avec un interlocuteur et qu'il ne comprendra pas le concept de gestion des différences.
moroccan patriot En ligne 2009-06-07
Toutes ces élections locales sont vraiment pathétiques. Ce sont TOUS des criminels du premier ordre. Voter pour un criminel plutôt qu'un autre est une perte de temps. Soyons clairs, ces gens qui se présentent à ces élections locales cherchent seulement à étoffer leurs portefeuilles, pas à aider, et certainement pas parce qu'ils seraient des patriotes.
محمد العالي En ligne 2009-09-25
Vous débattez du faible niveau d la plupart des présidents de communes. Mais vous n'avez pas mentionné que certains parmi eux ont falsifié des certificats de scolarité avec l'aide des dirtecteurs d'école ou par leur propre initiative, en utilisant des scanners. Cette conspiration est réalisée avec le soutien des agents de l'autorité et des membres de l'administration des affaires générales qui savent tout du niveau éducatif des candidats grâce à leurs propres moyens ? Toutefois, même si les agents des autorités sont conscients de la question des certificats falsifiés ils les acceptent lors des élections des présidents de communes. Ils ne font aucune observation à ce sujet. Dans l'une des communes rurales et éloignées de la province de Guelmim, quand l'un des conseillers a demandé au Caïd (chef des autorités locales) de montrer à ces mêmes conseillers le certificat scolaire du président pour les rassurer, le Caïd a répondu "Vous n'avez pas le droit de le demander". Parce que ce Caïd savait que ce certificat avait été falsifié par un directeur d'école de Safi en 2003. Pour votre information, le président responsable de cette falsification est toujours à son poste parce que la falsification est autorisée chez les autorités. Même si le directeur actuel de l'école disait que ce certificat a été falsifié et même si tous ceux qui sont concernés par cela dans la province de Guelmim connaissent ce scandale, ils ne réagissent pas.
Nous nous réjouissons de vos commentaires sur les articles publiés par Magharebia.
Nous espérons que vous utiliserez ce forum pour discuter avec d'autres lecteurs du Maghreb. Pour conserver tout leur intérêt à ces discussions, nous vous demandons de respecter les règles précisées dans la politique relative aux commentaires. L'envoi de vos commentaires implique le respect de ces règles. Bien que Magharebia.com encourage la discussion sur tous les sujets, y compris des sujets sensibles, les commentaires publiés ne reflètent que les seules opinions de leurs auteurs. Les idées, vues et opinions exprimées dans ces commentaires ne reflètent pas nécessairement la position de Magharebia.com. Ce forum est géré par un modérateur. Les commentaires a caractère injurieux, offensifs, ou contenant des propos diffamatoires ne sont pas publiés.
Politique des commentaires de Magharebia