La crise au sein du syndicat des journalistes tunisiens menace la presse nationale

2009-05-15

La direction du Syndicat National des Journalistes Tunisiens accuse le gouvernement d'être à l'origine des tentatives visant à la renverser. Certains membres rétorquent que la direction agit contre leurs intérêts.

Jamel Arfaoui à Tunis a contribué à cet article – 15/05/09

[Jamel Arfaoui] Une conférence de presse organisée par le Syndicat National des Journalistes Tunisiens a dégénéré en confrontation physique et verbale entre ses membres.

La discorde entre la direction du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) et certains de ses membres concernant des allégations de mauvaise représentation est entrée dans sa deuxième semaine, et laisse craindre que ce conflit ne porte préjudice à l'industrie de la presse nationale si aucune solution n'est trouvée.

La crise a éclaté lors d'une conférence de presse du SNJT à l'occasion de la Journée mondiale de la presse, le 4 mai, lorsque le comité directeur du syndicat a présenté le rapport annuel sur l'état de la liberté de la presse en Tunisie. Ce rapport critiquait les autorités pour le harcèlement dont sont victimes certains journalistes et les atteintes à leur liberté de travail en limitant leur accès à l'information. Ce rapport demandait par ailleurs une amélioration des conditions financières et sociales des journalistes.

Lors de cette conférence, le président du SNJT Neji Bghouri avait accusé le ministère de l'Information de restreindre et de ne pas traiter les conditions "misérables" des journalistes tunisiens, malgré le fait que le Président tunisien s'était engagé à y répondre en mars dernier.

Certains membres du syndicat ont considéré ce rapport comme brûlant et "équivalent à une confrontation avec les autorités tunisiennes". Ces accusations ont dégénéré en confrontations verbales et physiques lors de la conférence.

"La direction actuelle du syndicat est décevante", a déclaré Kamel ben Younes, président du comité d'éthique du syndicat, à Aljazeera.net. "[I]l empêche les négociations avec le ministère de l'Information pour tenter de résoudre les problèmes des journalistes, au lieu d'ouvrir le dialogue."

Dans un communiqué daté du 12 mai, Younes accuse Bghouri de "bloquer la résolution du dossier de plus de deux cents pigistes, malgré l'existence d'une décision politique sur cette question." Younes accuse le président du SNJT d'obstruer les négociations avec les autorités par suite de "positions politiques relatives à l'élection présidentielle et envers certains membres du gouvernement".

Le président du comité des libertés Jamel Kermaoui accuse également la direction de la centrale de s'aligner sur l'opposition et de manquer à défendre les droits des journalistes.

En signe de protestation contre le syndicat et ce rapport, trois membres du comité directeur ont donné leur démission, Alors que la quatrième démission rapportée par les journaux n'a pas encore été confirmée. Selon le règlement interne du syndicat, pourrait entraîner la dissolution de l'actuelle direction et nécessiter la tenue de nouvelles élections dans un délai de soixante jours.

M. Bghouri a défendu le rapport et le syndicat, accusant les autorités et le ministère de l'Information de soutenir une pétition visant à discréditer le comité directeur. "Les autorités tunisiennes ont incité certains journalistes pro-governmentaux à fomenter un coup d'Etat contre la légitimité", a-t-il déclaré.

Samira Ghannouchi, l'une des membres à avoir démissionné, affirme ne pas avoir été mise sous la pression des autorités pour démissionner. "La raison de ma démission est claire", a-t-elle déclaré à Magharebia. "Il était devenu impossible de tromper les journalistes en leur faisant croire que nous faisions quoi que ce soit pour la défense de leurs intérêts."

Mme Ghannouchi a accusé le comité directeur de "mentir aux journalistes en prétextant qu'il existe d'autres entités qui nous empêchent d'aller de l'avant. "

"Je me demande pourquoi nous avons été élus. N'était-ce pas pour servir les intérêts des journalistes ? Je n'ai eu à aucun moment l'impression que nous le faisions, ni que nous avancions dans la bonne direction."

Pour leur part, les journalistes s'inquiètent de voir ce problème affecter les médias dans le pays.

"Je pense que le problème est allé au-delà de l'évaluation du travail du comité exécutif", a éclaré Nejla Bensalah, une journaliste qui craint que cette crise n'entraîne des restrictions à la liberté de la presse et marginalise encore un peu plus les journalistes, en particulier les jeunes.

"Les victimes sont les journalistes marginalisés. Cette nouvelle crise affectera certainement nos conditions de travail, parce que l'attention sera détournée des problèmes de base concernant la liberté d'expression et d'opinion", a-t-elle déclaré.

Un avis partagé par son collègue Sofiene Chourabi, pour qui cette dernière crise en date est le reflet d'un problème qui gangrène depuis longtemps les syndicats. "Tous les efforts et toutes les énergies doivent être rassemblés pour améliorer les conditions de travail des journalistes. Or, les craintes de mise sous tutelle et de monopole ressenties par un certain nombre d'entre nous entravent la réalisation de cet objectif. J'en appelle à toutes les parties pour qu'elles surmontent leurs différences marginales et rapprochent leurs points de vue au bénéfice de la profession."

Noureddine Mbarki, journaliste au quotidien d'opposition Al Watan, défend pour sa part le rapport du SNJT.

"Je pense que ce rapport traite positivement des principales préoccupations sociales et financières des journalistes tunisiens", a-t-il expliqué. "Cela apparaît clairement dans le signalement des conditions fragiles et du manque de respect des lois du travail dans plusieurs organes de presse. Cela est important, en particulier lorsque nous savons que l'indépendance des journalistes et leur capacité à mener à bien leurs missions sont liées à la stabilité de leurs conditions financières et sociales."

Un communiqué publié le 11 mai par la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) dénonce ce qu'elle considère comme une campagne organisée par les autorités pour saper le SNJT, "autre preuve de l'absence de toute tolérance politique et de l'inimitié envers les défenseurs de la liberté d'expression et des droits de l'Homme."

La fédération, basée à Bruxelles, soutient la position du SNJT et son "droit à publier des rapports indépendants."

"Nous devrions nous élever contre cette dernière attaque contre le courage et l'intégrité de nos collègues qui défendent la liberté de la presse", a déclaré Aidan White, le secrétaire général de la FIJ.

Le 11 mai, International Freedom of Expression Exchange, Tunisia Monitoring Group (IFEX-TMG), une alliance composée de dix-huit organisations régionales et internationales, avait envoyé un message au Président Zine El Abidine Ben Ali, dans lequel elle faisait part de sa "sérieuse préoccupation concernant les mesures prises par votre gouvernement pour miner l'indépendance du SNJT et interférer dans ses affaires internes".

Le 3 mai, le Président Ben Ali avait envoyé un message à la presse tunisienne à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, dans lequel il exprimait son respect pour "tous les hommes et toutes les femmes qui travaillent dans ce secteur".

Dans son message, M. Ben Ali affirmait que le gouvernement tunisien reconnaît les efforts faits par les journalistes pour "accomplir leur noble mission et respecter les valeurs et les principes nationaux, ainsi que l'éthique de la profession".

"Nous leur renouvelons notre appel en faveur de plus de recherche, de création et de diversification des initiatives et des efforts dans tout ce qui aidera à porter la presse tunisienne aux plus hauts niveaux", avait déclaré le Président.

Ce contenu a été réalisé sous requête de Magharebia.com.
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comments

Anonymous En ligne 2009-05-15

..."Nejla Ben Salah, une journaliste qui craint que cette crise n'entraîne des restrictions à la liberté de la presse et marginalise encore un peu plus les journalites". Ce language exprime le drame que vivent les 'journalistes' tunisiens. Excusez les guillemets, mais ils sont de rigueur. La première partie du plaidoyer de madame est un scoop journalistique de premier ordre: Elle nous révèle qu'il y a une liberté de la presse en Tunisie! Cela va faire les grands titres de la presse internationale et la une des journaux télévisés. Et puisque liberté il y a, madame craint de la voir restreindre. C'est la même chose partout. Partout dans les pays démocratiques où il y a la liberté il y a des peureux. C'est par peur de perdre leur liberté que les journalistes anglais et autres se taisent (la liste est longue, même sans la Tunisie). Car la liberté c'est quelque chose qu'il ne faut pas utiliser. Donc on la boucle pour sauvegarder la presse tunisienne, si libre et si vibrante. Maintenant la deuxième moitié du plaidoyer de madame: elle a peur de voir marginaliser un peu plus les journalistes. Comment? Marginaliser un peu plus? Cela veut donc dire qu'ils étaient déjà marginalisés. Comment est-ce possible dans le pays de la liberté? Je ne suis pas psychiatre. Non, je vous assure. Même pas journaliste. Mais je sais reconnaître la folie quand je la rencontre. Hélas tout porte à croire que les Tunisiens, du moins les journalistes parmi eux, souffrent de schizophrénie (d'après le dictionnaire: désagrégation psychique, ambivalence des pensées, perte du contact avec la réalité). Cela est certainement dû à l'excès de liberté qu'on leur a donné depuis qu'ils sont devenus des hommes et des femmes 'libres', voici plus d'un demi-siècle maintenant. Encore une fois excusez les guillemets.

Alexander Hamilton En ligne 2009-05-15

"Une nation qui préfère la disgrâce aux dangers est prête pour avoir un dictateur et en mérite un". Alexander Hamilton.

سلمى الجلاصي En ligne 2009-05-15

Au collègue Jamel, il y a trois démissions pas trois, tu devrais d'abord confirmer.

Nous vérifions l'information et nous corrigerons toute erreur involontaire.

سلمى الجلاصي En ligne 2009-05-17

A M. le rédacteur en chef du site de Magharebia. Le code de la presse et sa charte stipulent la nécessité de confirmer l'exactitude des nouvelles et des informations que nous fournissons aux lecteurs. Ce que vous avez écrit dans l'article ci-dessus n'est pas exact. Il n'y a eu que trois démissions. Les déclarations de l'union nationale des journalistes et son site démentent toute quatrième démission. En conséquence, nous vous demandons, collègue, de corriger cette erreur qui pourrait avoir un impact négatif entraînant des perturbations dans le milieu tunisien des médias. L'union des journalistes est susceptible de vous poursuivre pour la publication de fausses informations qui pourraient entraîner des effets négatifs, en particulier parce que votre site n'est pas un parti. En tant que site à vocation d'information, vous devriez rester impartial, sans parti-pris pour aucun des côtés en présence.

Merci pour votre commentaire et pour l'intérêt que vous portez à Magharebia, qui s'efforce de publier une information exacte et précise. Il apparaît que la quatrième démission, qui avait été rapportée par les médias alors que nous imprimions, n'a pas encore été confirmée. Magharebia corrigera le texte.

BEN En ligne 2009-05-18

On dira ce que l'on voudra,tant que les journalistes tunisiens sont mis sous tutelle(sans guillemets)par un Ministére de l'Information,héritage d'un passé colonial, il y a anguille sous roches(sans guillemets),quelque soit la bonne volonté de son titulaire.Pourtant,les journalistes tunisiens ne tarient pas d'éloger pour leur Président quand il choisit avant l'heure de défendre des thémes vraiment modernistes.C'est dire qu'il faut les laisser mûrir à leur guise en leur donnant plus d'autonomie et surtout des moyens,conforme à leur noble ambition.

سمــــــراي En ligne 2009-05-18

Pour l'observateur de la situation des frères en Tunisie, il y a quelque chose de fâcheux sous les organismes répressifs mis en pratique par le gouvernement contre les acteurs civils de la société tunisienne, dont les associations, les associations des droits de l'Homme... Même les soeurs qui portent le hijab n'ont pas été épargnées par cette campagne féroce mise en place par l'organe répressif. Mais l'histoire enregistre et la vie met sur papier. Le jour viendra où le Président et le groupe qui l'entoure paieront. Je demande à partir de cette plateforme et des associations basées à l'étranger, aux avocats des droits de l'Homme et à tous les frères qui se préoccupent des principes de l'Homme, de résister jusqu'au dernier souffle.

Thomas Jefferson En ligne 2009-05-19

La seule sécurité de tous, c'est une presse libre. Notre liberté ne peut être conservée autrement que par la liberté de la presse. Si je devais choisir, avoir un gouvernement sans journaux ou des journaux et pas de gouvernement, je n'hésiterai pas une seconde à choisir la seconde option. Thomas Jefferson, Président américain.

سلمى الجلاصي En ligne 2009-05-19

Quand vous dites que la nouvelle de la quatrième démission du Syndicat des Journalistes tunisiens "n'a pas été confirmée", cela montre que vous êtes partisan dans le problème, alors que vous ne l'êtes pas. Vous devriez juste dire que la nouvelle n'est pas vraie et qu'elle n'a pas été confirmée, alors que vous faites comme si elle pouvait l'être à tout moment. Et vous n'avez pas encore corrigé l'information ???

Anonymous En ligne 2009-05-20

Jusqu'à présent je ne connaissais que les régimes répressifs qui prenaient des mesures contre les journalistes. Mais c'est un vrai scoop : les journalistes tunisiens libres menacent aussi de prendre des mesures contre les médias. Le virus de la répression est plus largement répandu que ce que je pensais dans le pays de la liberté de la presse, qui occupe un rang très bas au classement mondial de la presse de Freedom House. Il arrive derrière l'Arabie Saoudite mais juste avant la Corée du Nord. Un tout petit peu plus d'efforts dans la bonne direction et Kim Yong-Il sera libéré de son collègue tunisien.

Anonymous En ligne 2009-05-23

Correction: Suite à une faute d'impression il faut bien sûr lire: "Un tout petit peu plus d'efforts dans la bonne direction, et Kim Yong-Il sera dépassé par son collègue tunisien" à la place de "...Kim Yong-Il sera libéré de son collègue tunisien". Car cette dernière expression n'a aucun sens et n'est pas conforme à l'original.

Thomas Jefferson En ligne 2009-05-24

Ceux qui abandonnent la liberté pour la sécurité n'auront pas, ni ne méritent, aucune des deux.

عبد القادر بنعثمان En ligne 2009-05-26

Si certains journalistes avaient atteint le niveau de sagesse et de maturité avec lequel le Gouvernement traite ses dossiers, nous n'aurions pas du tout eu besoin de présenter le problème de la liberté des médias. Je pense que la partie la plus entousiaste, qui suit avec le plus de sérieux et de gravité tout ce qui est publié dans les médias, ce sont les instituts d'Etat. J'ai été fasciné ces derniers jours par une attitude distincte du gouvernement. J'ai lu dans le magazine “L’observateur, ” dans son numéro 836 un article écrit par le collègue Faouzi Azzedine intitulé "La liberté de museler". Il concerne une lettre écrite par l'entreprise Tunisia Transport dans laqelle la compagnie les informe qu'elle a annulé son abonnement à “L’observateur” dans ses éditions française et arabe. Ceci en réaction contre un article écrit par le collègue, dans lequel il expose les secrets des accidents continus des bus jaunes. Mais au lieu de blâmer les responsables de l'entreprise, à l'origine de l'accident, l'entreprise punit le magazine. Toutefois, quelques jours plus tard, le mardi 26 mai, je lis dans le quotidien “Assarih” l'histoire de la démission du directeur-général de l'entreprise Tunisia Transport et la nomination d'un nouveau directeur. Bien sûr je ne pense pas que ce changement soit survenu d'aucune manière sous la pression des syndicats de journalistes parce que de tels événements passent, malgré leur importance, inaperçus pour beaucoup... Le nouvelle m'a réchauffé le coeur. Je considère cela comme un des résultats symboliques les plus importants, j'en avais remarqué certains au niveau régional avec certains officiels qui traitaient de manière inflexible et tendus le travail de critique assuré par les médias. Donc, je me suis retrouvé à défendre très objectivement la réalisation du travail fait par le gouvernement par rapport à la presse, même si j'ai été, et que je suis encore, une des personnes qui ont subi le plus de préjudices résultant de la situation anarchique de ce secteur à tous les niveaux de la presse, en résultat du fait que les intérêts et les aspects personnels, aux yeux de certains journalistes, prennent le dessus sur le caractère sacré de la profession, sur les exigences du professionnalisme et l'objectivité médiatique. En conséquence, le syndicat des journalistes qui est une réalisation nationale importante doit engager des compétences respectables et honnêtes dans ce secteur, afin qu'il puisse diagnostiquer correctement ses problèmes et élaborer une vision globale afin de sortir graduellement de ses problèmes sans polémiquer, sans visions floues, sans tunnel de spéculations, en respectant la mentalité sociale qui souffre encore, même pour l'élite, d'une difficulté à accepter la critique. Les événements ont prouvé à travers l'attitude de certaines associations, notamment celle des avocats que la vérité médiatique est une demande secondaire face aux intérêts. Certains sont prêts à pratiquer l'exclusion et l'expulsion, si la vérité touche leurs intérêts...

عبد الستار العياري En ligne 2009-08-15

La situation des médias arabes est encore titubante, chancelante. Elle n'a ni été rendue plus forte ni renforcée en raison de la résistance des journalistes qui y travaillent, leur insistance commune à imposer leurs droits, la liberté d'expression, en s'y cramponnant, et elle n'a jamais totalement chuté non plus en résultat des points enregistrés par les autorités arabes - dans leurs parcours mené contre ce secteur important qui reflète l'image vraie et le progrès des peuples et des gouvernements ou l'arriérisme de leur situation générale. C'est le souhait de ceux qui n'ont aucune aspiration à voir des médias libres, qui devraient être une épée utilisée contre les corrupteurs et contre ceux qui abusent des droits du peuple. A travers des bouches réduites au silence, des stylos brisés et des esprits glacés, ils vivent et subsistent sans que personne ne les contrôle dans cette noirceur obscure dans laquelle ils veulent que nous existions sans agir...

أبو إيهاب En ligne 2009-08-20

Ceux qui disent qu'il existe une liberté de la presse en Tunisie ont tort et veulent désinformer l'opinion publique. Tout le monde sait que dans notre pays il n'y a pas de liberté d'opinion, pas de liberté des médias et pas de liberté des partis. Les autorités ont accéléré leur processus de contrôle sur toutes les composantes de la société civile tunisienne : le Syndicat Général du travail, les associations, les partis, les syndicats étudiants, le système judiciaire et ainsi de suite. Quand il échoue, il recourt à d'autres méthodes, le sièges, les coups et un exemple dans le système judiciaire : l'Association des Juges, le Syndicat des Journalistes et autres.

عبوالغني En ligne 2009-10-06

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