Le secteur marocain du microcrédit révise sa stratégie

2009-02-24

L'industrie marocaine du microcrédit cherche à étendre da gamme de produits et à stimuler les opportunités de prêts dans les zones défavorisées.

Par Hassan Benmehdi pour Magharebia à Casablanca – 24/02/09

[File] Tariq Sijilmassi, Président de la FNAM, dit que le secteur marocain de la microfinance veut élargir ses publics.

La Fédération Nationale des Associations de Microcrédit (FNAM) souhaite donner une nouvelle impulsion à son action de lutte contre la pauvreté au Maroc. Le microcrédit a d'ores et déjà servi à 1 250 000 bénéficiaires, pour un encours global de 5,69 milliards de dirhams. Les professionnels du microcrédit pensent maintenant qu’il faut ajuster la stratégie existante et faire évoluer le modèle économique actuel pour toucher davantage de personnes.

Le Président dela FNAM, M. Tariq Sijilmassi, a souligné lors d’une conférence de presse tenue 19 février à Casablanca que "le microcrédit, activité socialement responsable visant à sortir une population qui est dans la précarité par le financement des projets générateurs de revenus, a fortement contribué à la réduction de la pauvreté au Maroc".

La FNAM prévoit de créer " une commission d’implantation des associations de microcrédit dans les régions où la pauvreté est la plus importante" a lajouté M. Sijilmassi. "La FNAM va encourager des décroisements pour soutenir les associations qui souhaitent quitter les régions fortement couvertes pour s’implanter vers les régions très faiblement couvertes".

Au Maroc, où le microcrédit est mieux développé comparativement aux autres pays de la région, le crédit moyen accordé à un bénéficiaire ne dépasse pas les 5 000 dirhams. Certains microentrepreneurs qui souhaitent accélérer leur activité pensent que les associations de microcrédit doivent accroître de manière sensible ce montant et la durée des remboursements.

Abdelkrim Elfiqh, vendeur ambulant de vêtements usés souhaite trouver un local fixe pour poursuivre son commerce. "Seulement", dit-il à Magharebia, "il faut que mon association m'accorde un crédit individuel plus important avec une durée de remboursement plus longue".

"Le taux d'intérêt accordé par le secteur de la [microfinance] reste élevé", dit Aïcha, une couturière qui a usé du microcrédit pendant de nombreuses années.

La FNAM veut également mettre en place une commission marketing, avec pour objectif l’élargissement du nombre de bénéficiaires du microcrédit. Les statistiques établissent qu'environ 4 millions de Marocains seraient à même d'en bénéficier.

"Cet élargissement passera par le renforcement de la palette de produits et services offerts aux populations ciblées", explique M. Sijilmassi.

Il ajoute que les associations de microcrédit, à l’instar des associations de microfinance asiatiques ou latino-américaines, "doivent faire évoluer leur offre et inclure des produits d’assurance vie, des formules souples de crédits à moyen terme au profit des microentrepreneurs qui ont fait leurs preuves tout en adaptant les remboursement à la saisonnalité des activités des bénéficiaires".

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Toutefois, d'autres professionnels de la banque ne se réjouissent pas à l'idée de la diversification des produits que le secteur de la microfinance doit offrir.

"A chacun sa tâche. Les associations de microcrédits devraient s'en tenir à leur rôle de fournisseur de microfinancement, et ne pas entrer en compétition avec les banques", déclare un banquier qui a demandé l'anonymat.

Les autorités de tutelle - Ministère des Finances et la Bank Al-Maghrib - souhaitent renforcer les règles prudentielles encadrant le secteur du microcrédit, pour éviter des éventuelles crises financières au sein du secteur.

" Il ne faut pas que les autorités soient trop rigoureuses pour ne pas démotiver les dirigeants des associations de microcrédit qui sont des volontaires et militants dont le seul objectif est d’atténuer la souffrance des populations les plus vulnérables en luttant contre les déséquilibres sociaux encore importants au Maroc", ont déclaré les Présidents des associations de microcrédit Al Amana et Zakoura, qui se réunissaient à Rabat le 19 février.

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comments

abdo En ligne 2009-02-25

Est-ce que les micro-crédits peuvent être financièrement soutenus par un taux d'intérêt ou un partenariat avec la jeunesse ambitieuse qui vit hors du Maroc dans les pays voisins comme la Tunisie, l'Algérie, le Sénégal ou n'importe quelle nation africaine et d'autres nationalités non-marocaines mais qui aiment le Maroc ? Que faire alors si c'est possible ? Merci.

acharif moulay abdellah bouskraoui En ligne 2009-02-25

Le Maroc vise à encourager les petites entreprises ,à surmon,ter toutes difficultés ,et à etre pret à toutes les suggestions pour leurs reussites...nous somme un pays en mouvement et tout ce qui nous interesse c'est le bonheur des marocains ...tels sont les directives royales de SM Mohamed 6 que Dieu l'assiste. signé :acharif moulay abdellah bouskraoui

مراد En ligne 2009-02-27

Le micro-crédit est un fléau qui doit être combattu. On devrait le remplacer par des prêts qui font marcher les affaires de manière sérieuse. Le micro-crédit est inutile. Le montant est seulement de 5 000 dirhams ; pourquoi pas 500 000 dirhams sur une période plus longue ? Je suis ancien client de ces prêts et il n'y a pas d'espoir à en tirer, hormis celui de la banqueroute. J'ai juré de ne plus jamais vivre ce type d'expérience. En ce qui concerne les banques, elles n'offrent aucun espoir parce qu'elles demandent des garanties incroyables. L'individu lui-même n'est-il pas une garantie ? J'ai un rêve dont j'espère qu'il sera pris en considération. J'espère qu'il y aura un jour un prêt à vie, par exemple sur 10, 20 ou 30 ans, afin que l'individu puisse le rembourser quand il le veut, si son affaire fonctionne. Toutefois si le projet ne fonctionne pas, la situation financière du bénéficiaire devrait être prise en considération, et on devrait lui offrir l'opportunité de rembourser des mensualités en se sentant à l'aise, ou de contracter une assurance sur le prêt. Dans ce cas il y aura des solutions pour offrir des possibilités d'emplois. Toutefois, ces solutions ne devraient être accordées qu'aux propriétaires d'affaires et à ceux qui ont des projets qui existent depuis plus de cinq ans, et qui donc seraient plus expérimentés et qualifiés dans l'emploi de nouveaux travailleurs afin d'assurer le remboursement, le développement et les offres d'emploi.

BMoh/MAROC En ligne 2009-03-06

MICRO CREDIT ?? MACRO CREDIT ?? TANT QU'ON NE MET PAS EN PLACE DES CONDITIONS SERIEUSES ET TRES CLAIRES ET NETTES POUR FACILITER VERITABLEMENT LES INVESTISSEMENTS AU MAROC ..EX ?? TANT QU'ON N'ARRIVE PAS A METTRE UN TERME AUX ABUS DES FONCTIONNAIRES DU MINISTERE DES FINANCES.PAR EX..TOUTE POLITIQUE D'INVESTISSEMENT EST CONDAMNEE A L'ECHEC...PUR ET DUR...LES JOLIES THEORIES RESTENT DES ..THEORIES..LOIN DE LA REALITE DES AFFAIRES... DEMANDEZ LES AVIS DE GENS QUI ONT COMMIS LA BETISE DE CROIRE LES PROMESSES ETATIQUES ET QUI SE SONT AVENTURES A INVESTIR..VOUS ALLEZ ETRE EDIFIES ET...TRES DECUS..

Sarah En ligne 2009-06-04

Le microcrédit tient une place bien précise et il est important qu'il y reste: il n'a nullement vocation à débloquer des sommes de l'ordre de 500 000 dhs(les banques sotn là pour répondre à des besoins en financement de cet ordre), il n'émane pas non plus (directement) d'une volonté étatique: les structures qui prêtent ces microcrédits sont des associations (encore pour quelques temps du moins...) et leur but n'est pas le seul débloquage d'argent, mais l'accompagnement dans l'entreprenariat et l'accès à un peu plus d'aisance au niveau économique et social pour des personnes à faibles revenus. Il ne représente pas une solution miracle pour qui que ce soit, mais plutôt une aide pour ceux à qui, un coup de pouce financier au niveau professionnel va permettre d'améliorer la vie quotidienne... Cela ne peut malheureusement pas toujours être pris en compte par les agents de crédits qui ont de lourdes contraintes économiques imposées par leur travail, ce qui a tendance à éloigner le microcrédit de sa vocation "sociale".

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