Malgré son interdiction, l'esclavage pèse encore lourd sur la société mauritanienne

2009-02-03

Certains mauritaniens sont encore victimes de l'esclavage, en dépit du fait que le Gouvernement ait édité des lois afin de criminaliser cette pratique.

Par Mohamed Yahya Ould Abdel Wedoud à Nouakchott et Jamel Arfaoui à Tunis – 03/02/09

[Jamel Arfaoui] Sarah Al Sadeq, activiste mauritanienne, dit que le Gouvernement manque encore d'effectifs pour évaluer l'envergure du problème de l'esclavage dans le pays.

Au cours d'un séminaire intitulé "La Discrimination en Héritage", et qui s'est tenu à Tunis le 24 janvier, des organisations mauritaniennes des Droits de l'Homme et des activistes se sont insurgés contre l'esclavage, dont ils affirment qu'il ronge encore la société mauritanienne.

"L'esclavage est une réalité douloureuse en Mauritanie", a déclaré Bairam Ould Messaoud, président de l'organisation mauritanienne SOS Esclaves. "Certaines familles possèdent encore des esclaves et les font circuler entre les maisons et les fermes, sans aucune intervention du Gouvernement".

Les activistes ont également appelés les femmes qui participaient au séminaire à aider par tous les moyens possibles à débarrasser la Mauritanie de ce qu'ils ont qualifié de "fardeau et de problème" au coeur de la société mauritanienne, en particulier dans les banlieues est et sud.

En dépit du fait que l'esclavage ait été mis hors-la-loi par le Gouvernement en 1984, Ould Messaoud a déclaré que cette interdiction légale avait échoué à outrepasser les pouvoirs traditionnels, et qu'elle n'avait jamais fonctionné. "les esclaves sont liés à leurs maîtres par des menottes intellectuelles, religieuses et financières. A moins que les esclaves ne soient financièrement affranchis, l'esclavage continuera à avoir la main haute", a-t-il conclu.

En 2006, le Gouvernement avait fait passer une nouvelle loi imposant une amende s'élevant de 200 000 à un million d'Ouguiyas à tout individu reconnu coupable d'implication dans le trafic d'êtres humains.

Mais même cette loi n'a pas été respectée sur le terrain, dit la mauritanienne Aminatou Bent Mokhtar, Présidente de l'Association des Femmes Soutiens de Famille. Les autorités, ajoute-t-elle, font peu de choses pour mettre un terme aux souffrances de nombreuses filles qui endurent des formes d'abus divers, dont l'abus sexuel.

Les autres participants au séminaire ont été sidérés d'entendre de tels compte-rendus sur l'esclavage en Mauritanie.

"J'appelle les citoyennes en Mauritanie à agir à l'échelle la plus grande pour que de telles pratiques puissent se défaire", a dit Nabiah Hadoush, une des responsables de l'Association des Femmes marocaines.

"Nous, au Maroc, sommes prêtes à les soutenir à travers nos relations régionales et internationales. Pourquoi ne pas créer un partenariat au niveau du Maghreb pour faire cesser de telles pratiques qui violent les Droits de l'Homme ?", a-t-elle demandé. "C'est insulter tous les citoyens d'Afrique du Nord. Nous ne l'accepterons jamais au XXIème siècle".

Nfesia Iben, membre du Comité directeur de l'Association marocaine de Défense des Droits de la Femme, a suggéré la formation d'une alliance féminine visant à défendre les victimes du trafic d'êtres humains en Mauritanie.

"Nous devons écrire au Gouvernement mauritanien et aux associations des Droits de l'Homme...Pour les informer que ce qu'il se passe est honteux et que nous ne devrions jamais garder le silence à ce sujet", ajoute-t-elle.

Selon l'activiste mauritanienne Sarah Al Sadeq, les vendeurs de femmes esclaves trouvent habituellement leurs victimes dans les zones pauvres ou parmi les paysans qui ont rejoint la capitale, dans le but de fuir des années continues de sécheresse.

Al Sadeq raconte que l'un des problèmes auxquels les activistes et les organisations se heurtent face à l'esclavage est le manque d'un effectif gouvernemental suffisant pour évaluer son envergure.

"Les institutions de la société civile n'ont pas les ressources financières pour établir des statistiques précises, et les autorités ne prêtent attention à ce problème que difficilement", explique-t-elle.

Les chiffres de l'ONU avancent qu'il y a presque 1.2 million d'enfants victimes du trafic d'êtres humains dans le monde ; ils sont approximativement 246 millions à travailler dès leur jeune âge. Les trafiquants collectent annuellement environ 31 milliards de dollars du commerce d'esclaves.

Même lorsque les esclaves sont affranchis, leur manque d'éducation et de connaissance de leur environnement limite souvent leur nouvelle liberté.

"Des esclaves affranchis ne peuvent pas être socialement indépendants", dit la journaliste Maryam Bent Mohamed Laghzaf, "parce qu'ils ont échoué à l'être financièrement. En fait, l'esclavage réel est l'esclavage financier, il n'est pas racial, comme certains le présument. De nombreux maîtres ont affranchi leurs esclaves il y a déjà longtemps, mais ces derniers se sont trouvés dans des situations économiques très dures qui les ont mené à souhaiter revenir vivre sous l'autorité de leurs maîtres".

Elle conclut en affirmant que c'est de la responsabilité du Gouvernement d'offrir une aide financière et éducative afin que ces victimes puissent se trouver en mesure de prendre un nouveau départ.

D'un autre côté, le Gouvernement mauritanien insiste sur le fait que l'esclavage appartient au passé, et que le peu restant est en train de disparaître.

"L'Etat est actuellement engagé dans la lutte contre les vestiges de l'esclavage, et il offre des opportunités d'égalité à toutes les catégories sociales", dit Mohamad Lamain Ould Idad, Commissaire aux Droits de l'Homme. "Le budget alloué par mon secteur à ce projet s'élève à 1.4 milliard d' Ouguiyas."

Ould Idad dit qu'il a rencontré des groupes d'esclaves pour entendre leurs expériences. "Certaines victimes racontent les histoires tragiques de la réalité douloureuse dont ils ont souffert, sans aucune baguette magique pour les aider à y mettre un terme", dit-il.

Bilal, 50 ans, est l'une de ces victimes. Il est né dans un milieu, dit-il, où la société ne pratiquait ni l'égalité, ni la justice.

"Mon père emmenait les chameaux brouter toute la journée", raconte-t-il. "Ma mère s'occupait des chevaux. J'ai été dévoré par l'humiliation et la mortification tout au long de mon enfance entière, durant ma vie adulte si restreinte, avec mes rêve avortés. Et tout cela à cause de mon teint noir, avec lequel je suis arrivé dans un monde d'oppression".

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comments

محمد الحسن En ligne 2009-02-04

Laissez-moi vous dire sincèrement que le problème de l'esclavage n'a dorénavant plus cours en Mauritanie. Il y a juste quelques sans-abri, dénués de ressources, qui vivent avec d'autres familles, en l'échange de certains services. L'esclavage n'a jamais été présent en Mauritanie au niveau soulevé par des gens comme le mercenaire et hypocrite Braim Ould Messaoud. Avec ces déclarations, il ne fait que remettre au goût du jour un problème qui n'existe pas. Je confirme que l'esclavage n'existe pas en Mauritanie. Il y a seulement une disparité entre les tribus, comme c'est le cas dans toutes les sociétés. Un commentateur mauritanien.

صارة En ligne 2009-02-04

Au nom de Dieu le plus gracieux le plus miséricordieux.

Johweyeh Lowenthal En ligne 2009-02-04

L'esclavage est absolument déplorable. Je veux savoir comment je peux m'impliquer pour l'abolition universelle de l'esclavage. En tant qu'étudiant aux Etats-Unis, comment est ce que je peux apporter mon aide ?? Paix et bénédictions, Johweyeh

Djibril BA En ligne 2009-02-06

Ce que l'on oublie c'est que ces gens ont de tout temps travaillé pour enrichir d'autre, sans jamais avoir eu la possibilité de se constituer ce que l'on appelle un patrimoine. Imaginez que votre enfant soit aujourd'hui volé, ou simplement enlevé parce que vous êtes vaincu lors d’une « jihad » . Que toute sa descendance ait continué de travailler pour leur maîtres et les descendants de ces mêmes maîtres et que donc votre fils n’ait jamais pu travailler pour lui-même ni pour ses descendants. Pire, que le jour où l’un de ses descendants se décide de partir qu’il soit lui obligé d’indemniser les descendants de ses maître pour lequel il a toujours travaillé, qu’il a toujours a toujours servi sans la moindre rémunération. Et Pire encore je ne sais au nom de quel mensonge à travers l’histoire on l’ait façonné et façonné sa descendance pour qu’il soient convaincu que leur salut dépendait de ce travail exécuté pour ce même maître et au bénéfice de sa descendance. Quelle sentiment aujourd’hui auriez vous eu ? Honnêtement,j’aurais souhaité que votre fils et sa descendance soient l’objet d’un un dédommagement de la part de ses maître. Qu'on ait utilisé la sainte vérité pour laisser non seulement votre fils dans l’ignorance mais aussi ses descendants, utilisé la sainte vérité pour exploiter votre fils et ses descendants sans pour autant leur permettre de se constituer le moindre patrimoine voila ce qui est inaceptable. A qui incombait la prise en charge de la descendance de cet aïeul ? Comment se fait il que cette descendance soit encore si ignorante, si marginalisée réduite et vue dans le subconscient collectif comme des moins que rien ? Ceci s'est produit dans un pays d'islam nous dit-on. En Mauritanie le ridicule ne tue pas

Thats me En ligne 2009-02-06

L'esclavage existe encore, et plus que certainement, en Mauritanie et les pratiques relatives à l'esclavage sont encore très en place. Je suis américain et je vis en Mauritanie depuis deux ans et j'ai vu directement un esclavage au travail. Ne vous méprenez pas, je ne suis pas en train de dire qu'il y a des marchés et des enchères d'êtres humains, mais que le phénomène de l'esclavage est bien là dans la société mauritanienne. Par exemple, dans le village dans lequel je vis, les esclaves sont utilisés pour abattre les animaux et pour préparer les repas pour des occasions particulières, comme les baptêmes et les mariages. Il est facile de dire qui est esclave en demandant simplement le nom de famille. Le système des castes est profondément ancré dans la culture mauritanienne.

Djibril BA En ligne 2009-02-12

Pour notre dernier commentateur qui semble encore nier les fait je lui demande de se référer l'ordonance et à la loi suivante : Ordonnance n° 81-234 / portant Abolition de l’esclavage Voici ce que dit "Article 2 : Conformément à la charia, cette abolition donnera lieu à une compensation au profit des ayant droits. Lequel est abrogé dans la "Loi n° 2007 – 048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes" Par Article 16: "Les dispositions antérieures contraires avec la présente loi sont abrogées et notamment les dispositions de l’article 2 de l’ordonnance n° 81-234 du 9 novembre 1981." Nous savons aujourd'hui que c'est quelque chose qui est devenu insupportable dans un monde moderne et que ce qui fut honteux hier pour la victime l'est devenu aujourd'hui pour le maître ou les anciens maîtres. Cela ne justifie par contre pas la négation d'une injustice dont les séquelles sont devenu ennemi des peuples car dans ces couches de la société nous trouvons le pourcentage les plus élevés de déshérités, de marginaux qui souvent peuplent nos organismes pénitenciers Que Dieu lui pardonne son ignorance Djibril BA qui est aussi un enfant de Mauritanie

أبومحمد En ligne 2009-02-14

En réalité, la pratique de l'esclavage n'existe plus sous sa forme traditionnelle. Ceux qui disent qu'il existe encore sont des gens sceptiques et cyniques qui ont pour objectif de parvenir à quelque but caché qu'ils ne peuvent pas dévoiler. Oui, il y a de la souffrance, de la pauvreté et de la misère endurée par la plupart des citoyens des différentes classes sociales, l'injustice et l'oppression ne se limitent pas à une seule catégorie sociale. La catégorie des Noirs comprend des riches, des cadres, des anciens ministres qui contribuent aujourd'hui au pillage de l'argent public. Ils ont accumulé d'immenses richesses au détriment des citoyens qui sont pauvres. Cette forme de richesse illégale est en réalité le coeur de l'exploitation dont souffre le citoyen mauritanien et qui devrait être combattue par tout le monde. Si on l'éradique, chacun vivra dans la prospérité parce que le pays a de nombreuses ressources si on les compare au nombre d'habitants. En ce qui concerne l'instigation du sectarisme et des sentiments ethniques, elle n'est pas et ne sera jamais un outil de bien-être et de progrès. Elle ne fait que servir l'impérialisme mondial qui encourage et parraine de tels slogans destructeurs. Alors gardez-vous de la suivre comme le font certains individus faibles et idiots.

كوريرا En ligne 2009-04-06

La paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous. L'information est nécessaire. Le sophisme et Semounia seuls nient cela. Je pense que l'information sur l'esclavage en Mauritanie ne peut être niée, même par ces deux groupes et plus de ceux qui croient aux éclaircissements nécessaires, ce qui est fréquent. Mes frères avez-vous déjà entendu parler de l'esclavage sans que soit évoqué l'esclavage en Mauritanie ??? La réponse est non. Le sage comme l'imprudent le reconnaissent, je dis reconnaître pour ne pas parler du fait qu'ils sont unanimes dans leur manière de parler. Mais l'affaire est parvenue au niveau d'unanimité qui entraîne la condamnation de celui qui le pratique par les érudits religieux. Savez-vous comment l'esclavage est pratiqué dans ce pays ? On vole et ce de manière injuste les fils de la nation. Par Dieu, si répéter la promesse par Dieu peut confirmer mes dires, j'aurai répété cette promesse un million de fois. Si c'est un mensonge, que Dieu le fasse éclater au grand jour avant que je ne meure. Il y a des familles qui souffrent de cette maladie qui s'est propagée même chez les membres du gouvernement et chez les gens ordinaires. Vous devez savoir, vous le monde, que le gouvernement hausse le drapeau de l'éradication de l'esclavage mais qu'au même moment il brandit celui de l'appel à l'esclavage. Quelle est cette contradiction mes frères ? Pour expliquer ce que j'ai dit, le gouvernement mène des campagnes contre l'esclavage en se concentrant sur certaines faibles tribus qui n'ont personne pour les défendre. Par Dieu, par Dieu, cela vise même un ministre. Je suis sûr qu'il a des esclaves chez lui. Ils font la cuisine pour lui, ils lavent ses vêtement. Quand nous évoquons ces sujets, nous devons être honnêtes. Il est honnête de dire que ce fléau est répandu dans toutes les catégories de sectes et de tribus y compris Sonkia, Hassania, Fellania et Olfia. Nous pouvons dire que les principales victimes de ce problème, ce sont les noirs. C'est ce que je sais. Si vous voulez en savoir plus, entrez en communication avec moi.

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