Le débat fait rage en Algérie sur la proposition de l'abolition de la peine de mort
2009-01-29
Des responsables religieux et des associations des droits de l'Homme ont lancé un débat très vif sur la proposition de l'abolition de la peine de mort déposée au parlement. Bien que la loi l'y autorise, l'Algérie n'a exécuté aucun prisonnier depuis 1993.
Par Said Jameh pour Magharebia à Alger – 29/01/09
![]() [Said Jameh] Cheikh Abderehmane Chibane, de l'Association Algérienne des Erudits Musulmans, a expliqué que l'abolition de la peine de mort serait "une grave erreur." |
Le débat fait rage en Algérie entre les responsables religieux et les militants des droits de l'Homme sur une proposition d'abolition de la peine capitale dans le pays. Les premiers accusent le législateur de refuser à la société une mesure punitive prescrite par le Coran, tandis que les seconds estiment que la peine de mort est une question des droits de l'Homme qui ne doit pas être appréhendée d'un point de vue religieux ou philosophique.
La controverse a vu le jour lorsque le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), dans l'opposition, a proposé cette mesure, et elle a enflé lorsque le Conseil National Consultatif pour la Promotion et la Protection des Droits de l'Homme (CNCPPDH) a organisé une réunion de deux jours, les 12 et 13 janvier, entre responsables religieux et militants des droits de l'Homme.
Les discussions entre les deux parties ont été relayées largement par la presse algérienne. Le militant des droits de l'Homme Kamel Rezak Bara a demandé l'abolition de la peine de mort, citant un moratoire en vigueur de facto depuis plusieurs années dans le pays. Bien que les tribunaux continuent de prononcer des peines capitales – en particulier dans les affaires liées au terrorisme –, l'Algérie n'a exécuté aucun prisonnier depuis 1993.
M. Bara a demandé aux juges de suspendre les condamnations à la peine capitale, et de prononcer à leur place des peines de réclusion à perpétuité pour les crimes de sang.
L'Algérie a été le seul pays arabe à voter en faveur de la résolution 62/149 de l'assemblée générale des Nations Unies en 2007, qui appelle à un moratoire sur les exécutions. Au Maghreb, la Libye et la Mauritanie s'étaient opposées à cette initiative, et le Maroc s'était abstenu de voter, tandis que la Tunisie était absente.
Pour Farouk Ksentini, le président du CNCPPDH, la peine capitale n'a plus lieu d'être. "L'abolition de la peine de mort ne signifie pas la remise en liberté des criminels", a-t-il expliqué. "Cette peine sera remplacée par une autre qui leur fera payer les crimes commis."
M. Ksentini a expliqué que la loi algérienne sur la peine de mort porte atteinte à la réputation de la nation sur la scène internationale, et empêche l'extradition de criminels recherchés depuis certains pays occidentaux.
Une opinion partagée par Boujemaa Ghechir, le président de la Ligue Nationale pour la Défense des Droits de l'Homme, une association non gouvernementale. "Nous ne devrions pas traiter les criminels comme s'il s'agissait de démons ou d'anges", a-t-il expliqué. "Nous devrions plutôt les traiter comme des êtres humains."
M. Ghechir affirme que les criminels restent des êtres humains, qui peuvent avoir commis leur crime sous l'influence de facteurs externes. Recourir à la peine de mort lui apparaît donc injuste.
Ces arguments ont provoqué la colère de Cheikh Abderehmane Chibane, le président de l'Association Algérienne des Erudits Musulmans. Pour lui, la peine de mort est inscrite dans le texte du Coran et dans la sounna, et "quiconque pense qu'un jugement des hommes est meilleur et mieux adapté que le jugement de Dieu est un infidèle qui ne pourra être enterré selon les principes musulmans."
Et d'ajouter : "Dieu a créé l'homme et Il sait ce qui est bon pour l'homme. Ceux qui affirment que la peine de mort est dépassée commettent une grave erreur."
Le Conseil Islamique Suprême a émis un avis équilibrant les arguments des deux parties. Il confirme que le Coran prévoit cinq cas dans lesquels la peine de mort doit être appliquée.
"Cependant, tout doit être fait pour éviter de prononcer la peine capitale, parce que l'âme humaine est donnée par Dieu, et Lui seul a le droit de la reprendre", explique Mahfoud Smati, un membre de ce Conseil.
Pour lui, la peine de mort doit être l'ultime recours, et cet espace doit être laissé à l'ijtihad, dans la mesure où Dieu Tout-Puissant recommande la réconciliation par le paiement de compensations avant de recourir à la violence.
Reconnaissant la complexité de ce débat sur la peine capitale, Farouk Ksentini suggère de soumettre la question à un référendum populaire. Il reste au gouvernement à préciser sa position officielle ; le ministre de la Justice Taib Belaiz s'est contenté d'expliquer que cette question n'était pas à l'heure actuelle une priorité pour le gouvernement.







Hamza En ligne 2009-01-30
Les criminels devraient mourir... Tuez-les
Omar El Kindaoui En ligne 2009-02-01
Chibane fait une lecture,certes autorisée,mais UNE lecture,somme toutes.D'autres lectures sont possibles,comme il doit le savoir.On ne peut pas disposer du TEXTE,de façon partiale,comme il le fait.Cette assurance que certains se permettent d'investir au nom d'un subjectivisme blâmable ne peut que nous faire ressouvenir de l'immense responsabilité des Foukaha dans le déclin de la pensée et dans l'arriération qui s'en est suivie . Au Maghreb et ailleurs;au Maghreb,surtout! Venir aujourd'hui,c'est à dire au XXI ème siècle ,se gargariser d'un "dixit magister" austère et mal équilibré ,a de quoi étonner,surtout si l'on connaît le personnage,qui n'a pas toujours été ce qu'il a convenu de devoir devenir.On ne s'assoit pas impunément sur le siège ,à présent froid du "SENHADJI ,superbe et inégalé". C'est sans doute par crainte de porter une quelconque responsabilité devant Dieu,au jour du jugement,et d'avoir à en rendre compte qu'il réagit aussi frileusement ! Mais qu'il se rassure! :ayant été désigné par l'autorité publique et non par la communauté des croyants,il n'a rien à craindre .Ce n'est pas lui qui est en cause!Loin de là!
houssem algerien En ligne 2009-02-01
je suis avec la religion
moimeme En ligne 2009-02-02
je pose une seule question aux défenseurs des droits de l'homme. pourquoi vouloir coute qeu coute Je pose une seule question aux défenseurs des droits de l'homme. Pourquoi vouloir coûte que coûte l'abolition de la peine de mort sous prétexte que c'est dépassé Alors que la vie est toujours la vie depuis que dieu a créée ces êtres; Le tueur est toujours un malfaiteur sauf s'il se défend (légitime de défense) garantie par toutes les lois.Les droits de l'humanité passe avant le droit de l'homme ; La société est en droit de vivre en paix les crimes impunis rendent l'acte de tuer banal. Si une personne ne reçoit pas le châtiment de meme genre que son péché il tentera autant de fois de tuer mais s'il saura que cet acte est sévèrement puni il n'oserait pas commettre son forfait.Le seigneur dit "celui qui tu une âme c'est comme si il a tué toute l'humanité et celui qui rend la vie à une âme c'est comme s'il a donné la vie à toute l'humanité". La logique dis que la vie est le don du créateur pour ses êtres, pourquoi épargner un tueur de la mort alors que lui meme c'est permis d'ôter la vie à autrui.Sans donner d'arguments valables les défenseurs des droits de l'homme considèrent la polygamie comme dépassée, la pratique de la peine capitale comme dépassée, le djihad comme dépassé je sais pas quoi dire à ces gens qui n'avancent aucun argument valable pour justifier leur forfait.Je vous dirais que dent pour dent, œil pour œil nez pour nez blessures se récompensent, le premier est coupable. S'il ne sera châtié de la meme que son forfait il tentera encore et la vie devienne une jungle les faits confirment.Ceci est dis sur le plan des individus est aussi valable entre nations et société si l'état hébreu ne se fait pas arrêté par les résistants.
Caudron En ligne 2009-02-05
N'étant ni musulman, ni Algérien, je ne suis certainement pas qualifié pour exprimer un avis, même si je m'interroge sur le sens à donner au premier qualificatif "miséricordieux" donné à Allah. En France, l'un des derniers condamnés à mort n'avait pas commis de meurtre, mais a été retenu complice d'un meurtre. Un autre, parmi les derniers aussi exécutés, est l'objet de doutes sérieux sur sa qualité d'auteur d'un meurtre d'enfant. Toujours en France, un certain nombre d'assassins n'ont jamais été condamnés, parce qu'ayant commis des meurtres non élucidés. Il y a 100 ans, Georges Clémenceau, un de nos très grands hommes, se montraient favorable à la peine de mort en demandant aux "assassins de commencer les premiers". C'est dire combien les arguments datent de la première discussion sur ce sujet. Je suis totalement opposé à toute peine de mort et je n'entends pas me fonder sur une argumentation de qui que ce soit: je suis contre la peine de mort parce que je suis pour l'homme.
طارق (بجاية) En ligne 2009-02-10
Etes-vous en train d'éviter la règle de Dieu, de la nier et de ne pas y obéir ? C'est une grande apostasie et la trahison du Livre et de la religion de Dieu (entrez dans l'Islam et vous serez sauvés).
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