Un colloque en Tunisie discute des limites à l'interprétation des textes religieux
2008-12-17
La Tunisie a organisé vendredi dernier un colloque sur les dangers de l'interprétation des textes religieux dans la société moderne.
Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 17/12/08
![]() [Jamel Arfaoui] L'érudit islamique Olfa Youssef explique que les interprétations du Coran sont toujours soumises à la perception de ceux qui s'y livrent. |
Des experts en études islamiques ont débattu des limites de l'interprétation coranique, lors d'un colloque organisé par le Forum du Progrès du Parti de l'Unité Populaire, vendredi 12 décembre à Tunis.
Olfa Youssef, une spécialiste des affaires islamiques, a demandé aux intellectuels musulmans et à ceux qui édictent des fatwas s'ils disposaient de réponses précises sur la signification du Saint Coran. "Personne ne peut prétendre posséder la vérité en matière d'interprétation du Coran", a-t-elle affirmé.
Le texte du Coran, a expliqué Mme Youssef, est sujet à des interprétations qui reflètent l'inclinaison et les idées du lecteur, soulignant que les versets sont interprétés par les érudits chiites d'une manière totalement différentes de celle des érudits sunnites.
"Il existe de nombreux points de désaccord sur l'application des punitions", a-t-elle indiqué, comme par exemple en cas d'adultère et de nushuz (violation des devoirs matrimoniaux) par les femmes.
Il en va de même pour le châtiment pour vol ; de nombreux pays choisissent d'envoyer les auteurs en prison plutôt que de les amputer de la main.
"Cela signifie-t-il que ces pays n'appliquent pas la charia ? Tous les pays musulmans revendiquent l'application de la loi islamique, mais si nous observons attentivement, nous ne trouvons pas deux pays qui l'appliquent de la même manière."
Mme Youssef a souligné également que l'esclavage est interdit dans la législation des pays qui affirment appliquer la charia, bien que ni le Coran ni la Souna ne l'interdise.
"Pourquoi alors", s'est-elle interrogée, "cette sorte d'ijtihad n'est-elle pas appliquée à d'autres domaines, comme l'exécution et l'héritage ?"
Dieu et la religion devraient être exclus des conflits, a ajouté Mme Youssef, appelant les intellectuels à lutter contre les tentatives de propagation de fausses idées.
"Nous affirmons qu'il existe une signification ultime des textes religieux, [mais] rien n'est appelé 'vérité', et il n'existe pas une seule loi islamique", a conclu Mme Youssef.
Les différences dans l'interprétation du Coran ne sont pas nouvelles, a expliqué Belgacem Hacen, inspecteur général au ministère tunisien de l'Education. "Cela remonte à la fondation de l'Etat musulman. A cette époque, les jurisprudents et les Compagnons divergeaient déjà sur l'interprétation du texte religieux."
Sami Brahem, chercheur en études islamiques, a repris les conclusion d'Olfa Youssef, pour affirmer : "Le refus de reconnaître des significations multiples aux textes coraniques crée une véritable dictature."
"Il n'existe aucune 'interprétation correcte' ni aucune 'mauvaise interprétation'", a-t-il expliqué. "Nous devons laïciser notre savoir religieux ; c'est une demande qui émane de la plupart des élites. Cette sécularisation est perçue comme signifiant la séparation de la religion et de l'Etat, alors que le but principal est d'établir une distinction entre savoir et sacralisation."
L'universitaire Adel Haj Salem réfute toutefois de telles questions au XXIème siècle. "Est-il besoin de revenir au texte religieux, alors que le monde d'aujourd'hui est gouverné par des lois et des législations qui sont la crème de la réflexion humaine ?", a-t-il demandé. "N'est-il pas ridicule aujourd'hui de parler de couper la main d'un voleur ?"
Précisant que le budget du ministère des Affaires Religieuses en Tunisie est égal aux budgets cumulés de neuf autres ministères, il a appelé les autorités à "ne pas interférer dans les affaires de la religion et de la laisser aux religieux".
Zied Krichen, spécialiste en questions islamiques et rédacteur en chef de l'hebdomadaire al-Haqaiq, a parlé d'un conflit sur ce point des institutions religieuses d'Etat. "Il n'est pas raisonnable de confier les affaires religieuses à une seule personne", a-t-il déclaré. "Aucun Etat ne peut se débarrasser ainsi des affaires religieuses."
"Les intellectuels ne sont pas tenus d'accepter ce que les gens du passé avaient accepté, leur véritable rôle est de réfléchir et de discuter", a-t-il poursuivi.
Par ailleurs, M. Krichen s'est dit partisan de la mise en place d'une politique religieuse d'Etat "rationnelle", pour "forcer l'institution religieuse à renoncer aux vieilles interprétations".
Il a souligné qu'aucune modernisation religieuse ne peut se produire dans un seul pays, et que la Tunisie, avec ses dix millions d'habitants, ne pourra imposer ses réformes à 1,5 milliard de Musulmans.







مسلم من المغرب En ligne 2008-12-17
La paix et la miséricorde de Dieu soient sur vous. Que les prières de Dieu soient sur le dernier prophète et notre maître Mahomet, la meilleure de toutes les créatures. Ceux qui sont guidés par Dieu, personne ne peut les tromper. Ceux qui ont été mal avisés par Dieu, personne ne peut les guider. La prière aille à Dieu pour la grâce de l'Islam. Depuis quand les gens vulgaires et honteux commencent-ils à débattre ? Depuis quand avez-vous commencé à les écouter et à rediffuser leurs inanités ? Il n'y a de pouvoir et de volonté que par Dieu.
SERGHOUN En ligne 2008-12-18
Olfa Youssef est présentée par M.Arfaoui comme érudit islamique. A mon avis ,il aurait du la présenter comme une intellectuelle s'intéressant aux questions relatives à l'Islam. Je me permets de donner, avec modestie,des argument concernant l'interprétation du Coran et qui sont: 1-J'abonde dans le même sens qu'elle pour confirmer que"personne ne peut prétendre posséder la vérité en matière d'interprétation du Coran", mais je dois compléter par"l'interprétation du Coran ne doit pas être faite par n'importe quelle personne, elle relève des érudits connaissant parfaitement la langue arabe, les fondements fondamentaux du fikh, les contextes historiques durant lequel telle ou telle sourate ou verset ont été révèles, la sunna etc... Ceci pour ne pas tomber dans des situations où les interprétations se feraient en fonctions des désidérata du lecteur. 2- Aucun pays n'applique la charria, ni en matière de vol, ni en matière d'adultère ni dans aucun domaine c'est pour cette simple raison qu'on trouve des différences énormes entre deux pays musulmans dans le traitement d'un même problème. Ce n'est pas la charia qui est appliquée de 2 manières différentes. 3- Elle demande que l'idjthad appliqué à esclavagisme soit étendu à l'héritage car dit elle ce dernier est interdit par les législations des pays appliquant la charia alors que celui-ci n'est pas interdit par le Coran et la sounna.C'est faux. elle n'a qu'à se référer à la sourate 90 "el balad" au verset 12. L'héritage tel que décrit par le Coran est tellement détaillé et précis qu'il ne nécessite pas d'interprétations tendancieuses ou contradictoires. enfin , je suis heureux d'avoir connu une personne qui à du courage pour soulever une thème pour laquelle elle serait considérée comme incroyante. Merci et A bientôt.
Ahmed En ligne 2008-12-18
Oui il n'y a qu'une seule manière d'interpréter le Coran, et les gens doivent réaliser que l'interprétation de notre Prophète Mahomet (QPSSL) a été la seule vraie interprétation et qu'il a suivi son exemple dans les situations de la vie ; la pitié et la modération sont les deux principales choses qu'un Musulman doit présenter ... Par exemple, il y en a un qui dit que le ayah indique qu'il faut porter le hijab et l'autre dit que le hijab ne figure même pas dans le Coran ? Vous dites quoi ? C'est un désaccord portant sur le texte alors que le Prophète (QPSSL) dit que les différences sont une miséricorde, que les désaccords sur les textes actuels sont une déviance. Alors oui, examinez le Coran et Allah a dit tenez-vous fermement à la corde tendue par Lui et ne prenez pas de chemin de traverse. La hawla wala kuwata illa billah en nos jours nous ne nous sommes pas unis, quand les Musulmans commenceront-ils à construire des ponts et à combler les fossés ? Nous prenons la religion dans sa complétude, mais ne cessez pas d'essayer si elle n'est pas complète dans votre vie, vous n'en êtes pas moins un Musulman. Nous avons tous des défauts et personne n'est parfait mais ensemble nous pouvons nous perfectionner.
العين الناقدة En ligne 2008-12-19
L'assertion de Mme Olfa Youssef par sa déclaration absolue "Personne ne peut affirmer qu'il détient la vérité de l'interprétation du contenu du Coran", sans exclure le messager, la paix soit sur lui, devient une allégation. Le Coran a été envoyé par morceaux accompagnant des événements afin de modifier, d'ajuster et d'établir des réponses définitives à sa signification. L'allégation de cette dame n'est pas éloignée du voeu de ceux qui ne croyaient pas au messager, la paix soit sur lui, et qui voulaient que le Coran ait été envoyé en une seule fois (Al Furqan, verset 3) afin qu'ils puissent le transformer comme une matière première à partir de laquelle serait créée une religion retaillée permettant de l'interpréter selon les voeux et les intérêts individuels. Si c'était là l'objectif de Dieu, Il l'aurait envoyé parmi les populations et aurait laissé chacun libre de l'interpréter selon son désir et son caprice. Mais Il l'a fait parvenir à travers Son messager pour montrer aux individus comment le mettre en oeuvre, en tirer un avantage, mettre un terme aux voies tracées par les personnes vulgaires, les fantasques et les dissidents. Si vous étudiez la biographie du messager, la paix soit sur lui, de ses compagnons et de ses califes sages, vous verrez dans cette étude le Coran avancer dans la terre. Nous pouvons comparer ce phénomène au créateur d'un dispositif quelconque. Il envoie un agent aux acheteurs, qui va leur montrer comment l'utiliser et le conserver en bon état. Il donne un catalogue, en tant que référence dans laquelle l'acheteur ou ses fils pourront effectuer des vérifications ou proposer une utilisation moderne permettant d'intervenir à chaque fois que ce dispositif tombera en panne, se cassera ou quand il ne sera plus possible de s'en servir. Les générations héritent de son livret d'utilisation de grand-père en père. Ils s'en tiennent au document parce que s'il est perdu ou abîmé, il sera impossible de se servir du dispositif. Et si on l'utilise sans le document, alors la réponse est bien connue : c'est la corruption totale. Néanmoins, ce document reste écrit dans la langue de son créateur. Au fur et à mesure que le temps passe, sa langue est affectée par la création de nouveaux mots, ou par l'introduction de mots étrangers qui cachent les mots originaux. Donc, les dernières générations réclament une explication. Et qui expliquera ? Ce n'est pas un membre de la dernière génération ? Avec quel langage ? Ce n'est pas la langue moderne utilisée le plus récemment ? Est-ce qu'il s'agira d'une explication ou d'une interprétation ? Est-ce que c'est mieux d'avoir une accumulation d'interprétations avec la langue limitée actuelle, ou de maîtriser la langue originale, en ôtant les mots étrangers, fabriqués, étranges, qui entravent la compréhension du document et empêchent d'en tirer profit comme le faisaient nos aïeux ? J'espère que les commentateurs n'écriront pas d'insultes, de descriptions humiliantes ou sarcastiques qui gêneront le dialogue, parce que nous sommes en train de construire une société démocratique qui met en pratique le contenu de l'Al Hujorat (versets 10-13).
SERGHOUN En ligne 2008-12-19
Intervention de O. Youssef au colloque consacré aux limites d'interprétation du Coran, est pour moi une occasion contribuer en toute modestie au dialogue.1- Certes nul ne détient la vérité en matière d'interprétation des textes religieux, mais pour pouvoir essayer de le faire il faut impérativement maitriser la langue arabe pour mieux comprendre le Coran et la sounna, avoir des connaissances profondes en Fikh et être imprégné des écrits des anciens. Cet impératif éviterait des interprétions reflétant l'inclinaison du lecteur. On observe que les maladies sont traitées par les médecins, la mécanique par les mécaniciens .. sauf la religion est expliquée et interprétée par tout le monde même analphabète. 2-Aucun pays musulman n'applique dans la lettre et l'esprit la charia, c'est pour cette raison que l'on se retrouve devant une multitude de pseudo application de la charia comme le prétendent certains pays. Le Coran est clair pour que le voleur soit amputé de la main mais faudra t-il que la sociéte soit véritablement musulmane.3-L'ijtihad sur l'esclavagisme ne peut être étendu à l'héritage pour la simple raison que l'esclavagisme est interdit en Islam voir la sourate 90 verset 12. L'héritage est tellement détaillé et précisé qu'il ne peut faire l'objet de multiples interprétations. 4-le problème sunnites-chiites est un autre sujet qui mérite de longues discussions pour mieux comprendre le pourquoi des interprétation différentes du Coran car,en un mot, ces derniers disent avoir un Coran autre que celui qui est en possession des sunnites voire des recueils de hadith du prophète(QSL).Enfin je suis heureux d'avoir dialoguer avec une spécialiste qui a du courage de traiter d'un tel sujet à travers duquel elle pourrait être considérée comme mécréante par les simples d'esprit.
ديني هو يقيني En ligne 2008-12-20
La paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous. Qu'est-ce qui ne va pas chez vous, peuples du Grand Maghreb ? Vous étiez la citadelle occidentale de l'Islam et des Musulmans. Vous vous jetez dans le sein de l'Europe et de l'Occident, vous dites sur votre religion des choses qui ne sont pas satisfaisantes pour le Dieu que vous adorez. Je lis que vous appelez à l'abolition de la peine capitale, il ne faut plus couper la main, lapider, ou d'autres sanctions contenues dans la charia islamique. Est-il raisonnable d'utiliser nos esprits pour juger et décider des règles qui ont été ordonnées par Dieu ? Qui sommes-nous pour prétendre que ces règles ne répondent pas aux droits de l'Homme ? Dieu Tout-Puissant a créé l'Homme et Il est plus miséricordieux envers lui que votre organisme qui prétend défendre Sa créature. Les actions perpétrées à Guantanamo ou Abou Ghraib sont-elles humaines de quelques manière que ce soit ? (et ceux qui perpètrent ces actes prétendent défendre les droits de l'Homme). Mes frères, repentez-vous devant Dieu et moi avec vous. Annonçons que nous nous en tiendrons à notre religion, notre Livre et à la tradition du Prophète, même s'il s'accroche aux flammes (comme notre cher Prophète, la paix et la prière soit sur lui, l'a dit). Nous appellons au djihad, mais nous n'approuvons pas que des jeunes exagèrent dans la guerre contre les ennemis de la religion au point de tuer leurs frères en religion. Mes chers frères du Maghreb, n'abandonnez pas et nous prions pour votre triomphe et votre ténacité, si Dieu le veut.
احذرو سخط الله En ligne 2008-12-22
D'après ce que j'ai entendu sur notre pays arabe (la Tunisie), elle est sur une pente continue qui la mène vers l'abysse jusqu'au moment où ses habitants subiront le mécontentement de Dieu envers eux. Alors craignez la colère de Dieu Tout-Puissant, le Seigneur du Paradis et de la Terre.
Nous nous réjouissons de vos commentaires sur les articles publiés par Magharebia.
Nous espérons que vous utiliserez ce forum pour discuter avec d'autres lecteurs du Maghreb. Pour conserver tout leur intérêt à ces discussions, nous vous demandons de respecter les règles précisées dans la politique relative aux commentaires. L'envoi de vos commentaires implique le respect de ces règles. Bien que Magharebia.com encourage la discussion sur tous les sujets, y compris des sujets sensibles, les commentaires publiés ne reflètent que les seules opinions de leurs auteurs. Les idées, vues et opinions exprimées dans ces commentaires ne reflètent pas nécessairement la position de Magharebia.com. Ce forum est géré par un modérateur. Les commentaires a caractère injurieux, offensifs, ou contenant des propos diffamatoires ne sont pas publiés.
Politique des commentaires de Magharebia