Nouvelle grève dans le secteur de la santé en Algérie

2008-12-15

Les médecins et d'autres corporations du secteur de la santé en Algérie ont, comme ils l'avaient annoncé, entamé un mouvement de grève pour protester à nouveau contre les inégalités de traitement et pour les hausses de salaires demandées par les syndicats. La balle est désormais dans le camp du gouvernement.

Par Lyes Aflou pour Magharebia à Alger – 15/12/08

[File] Les médecins et d'autres professions du secteur de la santé en Algérie ont entamé samedi une nouvelle grève, visant à obtenir de meilleures conditions de rémunération pour les professionnels de la santé.

Les professionnels algériens de la santé ont arrêté le travail samedi 13 décembre pour exiger du gouvernement une augmentation de salaire de 300 pour cent et d'autres avantages. Ils avaient promis de lancer une nouvelle action le mois dernier si leurs revendications n'étaient pas satisfaites.

Des représentants des cinq syndicats ont déclaré que cette grève était un succès, affirmant que leur appel avait été suivi aussi bien dans la capitale que dans les autres villes de province.

Au ministère de la Santé, on affirme au contraire que ce mouvement n'a eu que peu d'impact, estimant à moins de 5 pour cent le nombre de grévistes. Le communiqué, publié samedi, ne parle pas des revendications des syndicats.

Un responsable du ministère de la Santé a déclaré sous le couvert de l'anonymat que les demandes des médecins allaient au-delà des prérogatives du ministère et exigeaient une action du gouvernement dans son ensemble.

L'activité est en baisse dans les hôpitaux depuis le premier jour du mouvement, où la plupart des services disponibles ne sont assurés que dans les services d'urgence. A Alger, des responsables syndicaux ont indiqué que le mouvement avait été suivi à 90 pour cent durant les deux premiers jours.

"Toute la communauté hospitalo-universitaire est mobilisée pour faire réussir ce mouvement d'ordre socio-revendicatif", a déclaré le professeur Noureddine Zidouni, président du Syndicat National des Professeurs et Docents des Sciences Médicales (SNPDSM). "Nous assurons un service minimum et en aucun cas les malades n'auront à souffrir de cet arrêt de travail. Les soins nécessaires ne seront pas différés à des dates ultérieures", a-t-il précisé.

"Nous arrêtons le travail parce nous sommes totalement effondrés par l'injustice imposée à notre communauté", a-t-il poursuivi. "Nous avons des diplômes et des compétences reconnus sous d'autres cieux, mais nous avons choisi de rester ici."

Pour illustrer ses propos sur l'injustice salariale, le professeur Zidouni établit une comparaison avec les salaires des députés, qui se sont récemment octroyé une augmentation de 300 pour cent.

Il explique que le salaire d'un professeur, indemnité hospitalière incluse, avec une trentaine d'années d'expérience et un 10ème échelon, soit le plus élevé pour cette profession, ne dépasse guère la moitié du salaire d'un député.

Pour protester contre ce qu'ils considèrent comme une discrimination, les responsables syndicaux ont menacé d'appeler à la grève tous les mois si le gouvernement n'intervient pas.

Boualem, médecin spécialiste à l'hôpital Mustapha Pacha d'Alger, met en garde contre un Etat qui "tourne le dos aux revendications des professionnels de la santé". Des rassemblements ont été organisés depuis le déclenchement de la grève dans cet hôpital, qui connaît une paralysie quasi totale. Selon le docteur Sobaihi Djamel, la grève y est suivie à cent pour cent.

Lyès Merabet, le secrétaire général du Syndicat National des Praticiens de la Santé Publique (SNPSP), est satisfait du niveau de participation à ce mouvement. "Cela signifie que nos revendications sont légitimes", explique-t-il.

Reconnaissant que les revendications de son syndicat vont au-delà des seules capacités du ministère de la Santé, M. Merabet souligne que les portes du dialogue restent ouvertes, et qu'un compromis est possible si les pouvoirs publics font un geste. "Il est temps que le gouvernement nous fasse des propositions concrètes et tangibles susceptibles d'en finir définitivement avec ce bras de fer", a-t-il déclaré. "Tout cela n'a que trop duré."

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comments

DR BOUDOUKARA En ligne 2008-12-16

je suis totalement d'accord avec les revendications justifiees de mes confreres .ON EN A MARRE de cette injustice flagrande .Comment expliquez-vous qu'un deputé qui a un niveau d'instruction qui n'atteint meme pas le baccaiaureat touche un salaire qui represente le double de celui d'un professeur de medecine qui a fait 30annees d'etude est-ce logique .JE vous laisse le méditer la dessus.

DR BOUDOUKARA En ligne 2008-12-18

bonjour je veux juste rectifier la derniere phrase de mon precedent commentaire en ce qui conserne la greve de mes confrere de la fonction publique.ala place de:(je vous laisse le mediter)inserez svp la phrase suivante:je vous laisse le soin de mediter la dessus.MERCI.

Dr Mohamed En ligne 2008-12-19

je suis moi aussi d'accord, d'autant plus que les données économiques ont complètement changés, dans certains secteurs les salaires ont doublés voir triplés alors que dans le notre où le praticien et même le paramédical veillent h24 sur la santé des gens, un médecin spécialiste touche 48000 da au nord, un ide lui atteint difficilement les 25000 da après 20 ans de carrière, et vous voyez un agent de sécurité de la sonatrach qui frise les 35000 da au sud, et un soudeur de pipe qui fait les 100000 da.

SERGHOUN En ligne 2008-12-21

Les gréves des professionnels algériens de la santé publique sont justifiées car ils sont très lésés en matière de rémunération. Le nouveau régime indemnitaire de 2008 favorise surtout les commis de l'État. Les administratifs ont eux aussi droit à une bonne rémunération mais elle doit être rapportée au nombre d'années d'études. Sinon comment expliquer qu'un énarque qui a fait 5 années d'étude soit classé à la 16 alors qu'un vétérinaire ou un chirurgien dentiste pour le même nombre d'années d'étude soit classé à la 14.L'état Algérien par sa nouvelle politique des salaires punit sévèrement son "élite" qui avait obtenu des mentions bien et assaez bien ont choisi de faire des études e n médecine, chirurgie dentaire, pharmacie, vétérinaire , psychologie.... L'état engraisse les "parle-ment-taire" dont le niveau d'instruction est relativement bas pour faire passer ce que le pouvoir veuille passer alors que celui-ci sait parfaitement que ces députés ne s'opposeraient à aucun projet qui leur soit soumis même sans contre partie. Un député touche 6 X plus qu'un médecin généraliste et 7,5 X fois chirurgien dentiste avec un volume horaire annuel inférieur. Nos élus ne pensent qu'à tirer le maximum de jouissance de leur mandat sachant qu'ils ne seront jamais responsable de leur stérile passage (inscription) à l'APN d'ailleurs désertée même pendant les débats les plus cruciaux et les plus déterminants pour la nation. Il est honteux de voir le Ministre de la Santé parler du faible suivi de cette gréve, alors que toute la presse nationale fait état de forte participation.Tourner le dos aux revendication de cette catégorie de personnel c'est orienter nos futurs diplômés à prendre le large et s'installer là où leurs diplômés sont reconnus. Et dire que le nombre des Harraga augmente.

dr nora En ligne 2009-03-13

on est le 13 mars et on est au 15eme jours de greve illimte je ss medecin generaliste 22ans d'anciennete et je ss ^payee a 43 ooo da et j'ai trois enfants dont deux a l'universite est ce que nos enfants n'ont pas les mm privileges que l'enfant d'un depute ??????

dax En ligne 2009-08-18

bonjour , Je viens de faire mon premier voyage ALMERIA-GHAZAOUET.Le pire a voir en premierle controle de santé au port , personnel ne respecte pas les mesures de prevention , caméra thérmique mal installer ( à la sortie du port ) . Un système de santé bisare et voir même qu'il ne respecte ni les déclarations du ministère de la santé et ni les déclarations des institutions internationale de santé . Franchement , c'est honteux d'etre médecin en Algérie et je ne vois pas ce qui se dit à la TV est vrai , que du bla bla . Le pire c'est la collaboration intersectorielle .aucun respect à la dignité humaine .le Pire des cas , le voyage des poulets au pleine navire avec les voyageur . Je vois que le port de ghazaouet c'est un scandale pour la santé en Algérie et l'OMS . A toi Monsieur le Ministre de la santé ........... que du bla bla ......

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