Le Maroc transforme ses anciennes prisons secrètes en centres culturels
2008-12-02
Les autorités marocaines ont signé la semaine dernière un accord prévoyant de transformer d'anciennes prisons en centres culturels locaux. Si les instigateurs de ce projet et de nombreux citoyens voient cette reconversion comme un moyen de préserver la mémoire, d'autres préfèreraient voir démolir ces bâtiments de triste renommée.
Par Naoufel Cherkaoui pour Magharebia à Rabat – 02/12/08
![]() [Getty Images] Les plans de restauration envisagent de convertir d'anciennes prisons en centres sociaux et culturels, explique le président du CCDH Ahmed Herzenni. |
Les habitants des régions marocaines ayant eu à souffrir des violations aux droits de l'Homme durant les années 1970 et 1980 seront indemnisés par un nouvel accord de réhabilitation de logements signé la semaine dernière à Rabat. Ce plan prévoit également que les anciennes prisons secrètes seront reconverties en centres sociaux et culturels.
Cet accord, signé le 25 novembre entre le Conseil Consultatif des Droits de l'Homme (CCDH) et le ministère du Logement, prévoit la réhabilitation de logements dans les régions entourant les anciens "centres de disparition", et prévoit que ces sites serviront d'"espaces de conservation de la mémoire".
"Cette initiative, qui s'inscrit dans le cadre du programme [prévoyant] l'indemnisation des dommages collectifs, est particulièrement importante parce que les droits de l'Homme sont des droits globaux, qui ne se limitent pas aux seuls droits politiques et civiques", a expliqué le président du CCDH, Ahmed Herzenni.
Il a ajouté que la restauration de ces anciennes prisons, comme Darb Moulay Ali Charif, Agdz, et Kelaat M'gouna, vise avant tout la conservation de la mémoire, mais qu'il envisage également leur transformation en centres sociaux, économiques et culturels dans leurs communautés respectives.
M. Herzenni a expliqué à Magharebia que la tristement célèbre prison de Tazmamart ne sera pas incluse dans l'actuel projet, bien qu'elle "fasse partie d'un programme global et sera restaurée ultérieurement".
Selon le ministre du Logement Ahmed Taoufiq Hejira, des inspecteurs du gouvernement commenceront à évaluer le niveau de restauration nécessaire pour ces prisons durant les prochains jours.
"La question de la conservation de la mémoire concernant ces anciennes prisons est l'un des points essentiels de ce forum", a déclaré à Magharebia Mohamed Sabbar, le président du Forum Marocain pour la Vérité et l'Equité.
Citant un "devoir moral" envers les victimes de disparitions forcées, il a déclaré : "Nous nous appuyons sur des critères de base qui requièrent la préservation de l'esprit de ces lieux, comme l'inscription sur les murs des noms des anciens prisonniers, qu'ils soient décédés ou encore vivants."
Son groupe a déjà déposé des recours contre de précédentes modifications apportées à ces lieux de détention. "Le premier concerne la construction d'un zone résidentielle à proximité de la prison de Corbis, à l'aéroport Anfa de Casablanca, et nous craignons que le bâtiment de cette prison ne soit démoli ; le second porte sur la démolition des cellules de la prison de Tazmamart, qui a eu lieu en 1993."
La restauration de la prison de Tazmamart sera envisagée lors d'une réunion qui se tiendra en décembre entre le CCDH et l'Association Tazmamart à Rachidia, dans le sud du Maroc.
"Ce sera une rencontre très utile", a ajouté M. Sabbar, "parce qu'elle permettra aux personnes concernées... de mettre en avant des propositions concernant la restauration de cette prison."
"C'est une initiative positive, qui reprend l'une des recommandations formulées dans le rapport de la Commission Justice et Equité, mais nous ne devons pas nous en tenir là", a déclaré le président du Centre Marocain des Droits de l'Homme, Khalid Cherkaoui Semmouni, à Magharebia.
M. Semmouni a expliqué que Tazmamart aurait dû être placée en tête de la liste des prisons à restaurer, au vu de sa triste renommée.
Mais tous les Marocains ne sont pas enthousiastes à l'idée de réutiliser ou de réhabiliter les sites de ces anciennes prisons.
Kerima, employée dans une entreprise, a expliqué à Magharebia que ces anciennes prisons devraient être démolies par respect pour ceux qui y ont souffert, et pour tourner la page des atteintes aux droits de l'Homme dans le passé du Maroc.
Pour sa part, Mohammed, un jeune chômeur, explique que ces prisons devraient être restaurées pour servir de témoignage des crimes du passé, afin qu'ils ne puissent se reproduire à l'avenir.







magdiss En ligne 2008-12-02
Et quand on pourra transformmer les soi-disant anciens prisonniers politiques à l'image de ce Herzenni en citoyens sincères ? Ya Herzenni Tazmammart a été rasée par tes employeurs ! Herzenni tais-toi !
natif de tazmamart En ligne 2008-12-06
cé plutot la démolition de la prison qui signifie mank de respect envers l'histoire , la mémoire et ceux ki ont y souffert..
atlas En ligne 2008-12-24
les voilations des droits de l'homme sont toujours d'actualité au maroc et la page est loin d'être tournée. la seule différence c'est que la corruption généralisées ou complicité avec le makhzen ne permet pas de dénoncer les atteintes aux droits de l'homme. le maroc entier est un bagne à ciel ouvert et bordel à ciel ouvert, sauf que les responsables des droits de l'homme au maroc, les associations, les ONG et les médias sont aveuglés par les profits du makhzen. à titre d'exemple voici quelques bagnes qui fonctionnent toujours au maroc et les journaliste muselés n'en parle même pas: AGDZ,SKOURA,KALAAT M'GOUNA,EL AIOUN,TAZMAMART,ASKOUD,THILLI,BOURACHOCH,ASLOUF,BOUJDOR etc... l'histoire et l'actualité sont toujours sombre au maroc sauf que les marocains s'y plaisent dans les mensonges du makhzen. curieusement on dit plus bagne au maroc mais plutôt base comme AL KAIDA inutile de transformer les bagnes puisque des secrets y en a toujours,sans parler des accords secrets encore envigueur entre la france,l'espagne,usa,israël et le maroc.
Nous nous réjouissons de vos commentaires sur les articles publiés par Magharebia.
Nous espérons que vous utiliserez ce forum pour discuter avec d'autres lecteurs du Maghreb. Pour conserver tout leur intérêt à ces discussions, nous vous demandons de respecter les règles précisées dans la politique relative aux commentaires. L'envoi de vos commentaires implique le respect de ces règles. Bien que Magharebia.com encourage la discussion sur tous les sujets, y compris des sujets sensibles, les commentaires publiés ne reflètent que les seules opinions de leurs auteurs. Les idées, vues et opinions exprimées dans ces commentaires ne reflètent pas nécessairement la position de Magharebia.com. Ce forum est géré par un modérateur. Les commentaires a caractère injurieux, offensifs, ou contenant des propos diffamatoires ne sont pas publiés.
Politique des commentaires de Magharebia