Les délégations musulmanes adoptent le "Pacte de Tunis" pour promouvoir l'éducation
2008-12-01
Le "Pacte de Tunis", qui vise à assurer un meilleur enseignement et un avenir prometteur aux jeunes Musulmans, a été adopté la semaine dernière lors de la Conférence Internationale sur les Questions de la Jeunesse dans le Monde Islamique.
Par Mona Yahia pour Magharebia à Tunis – 01/12/08
![]() [Mona Yahia] Le ministre tunisien de la Jeunesse Samir Abidi (à gauche) et le directeur général de l'ISESCO Abdelaziz Outman Touijri participent à la Conférence Internationale sur les Questions de la Jeunesse dans le Monde Islamique. |
Les dirigeants de plusieurs pays musulmans et des responsables d'organisations de la société civile ont adopté mercredi 26 novembre à Tunis un nouveau pacte visant à promouvoir les droits des jeunes et à leur assurer un rôle plus important dans la société.
Le "Pacte de Tunis" a été proposé dans le cadre de la Conférence Internationale sur les Questions de la Jeunesse dans le Monde Islamique : Défis Actuels et Futurs, qui s'est tenue du 24 au 26 novembre à Tunis.
"Le Pacte de Tunis visant à encourager la jeunesse et à renforcer son statut dans le monde islamique", a déclaré le Premier ministre tunisien Mohammed Ghannouchi dans son discours de clôture, "souligne la détermination sans faille en faveur de l'amélioration du statut des jeunes et du renforcement de leurs capacités et de leurs aptitudes, ainsi que pour l'encouragement à leur contribution active au renforcement de la participation des Etats musulmans dans le développement de la civilisation humaine, basée sur des valeurs qui reposent sur le dialogue entre les cultures et les religions, la coexistence et le respect de la diversité culturelle."
Des délégations de plus de trente pays musulmans et vingt-cinq organisations régionales et internationales actives dans le secteur de la jeunesse participaient à cette conférence, organisée par l'Organisation Islamique pour l'Education, la Science et la Culture (ISESCO). Près de deux cents jeunes Musulmans y participaient également.
Cette conférence a demandé aux Etats musulmans de promouvoir les valeurs humaines et le caractère de la jeunesse dans les sociétés islamiques. Les participants ont affirmé que les jeunes devaient être incités à adopter les valeurs de tolérance, de modération et de respect des autres.
Dans son allocution, le Président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a suggéré que l'année 2010 soit l'Année internationale de la jeunesse. Il a proposé une nouvelle rencontre en 2010 et invité les Nations Unies et d'autres organisations internationales à organiser une autre conférence internationale sur la jeunesse à Tunis.
Le "Pacte de Tunis" appelle aussi à la promotion du statut des jeunes dans le monde islamique par le biais de l'éducation et de l'emploi, pour faciliter leur intégration das la société.
Monji Bou Snina, l'une des participantes à cette conférence, a souligné "l'importance d'une réforme complète de l'enseignement qui qualifie les jeunes pour leur entrée sur le marché du travail et les intègre dans la société."
"Tout aussi important", a-t-elle poursuivi, "est le rôle des institutions politiques et de la société civile, ainsi que des écoles pour donner aux jeunes une chance de se former à la participation politique et communautaire."
Chedli Klibi, l'ancien secrétaire général de la Ligue Arabe, a appelé de ses voeux une plus grande implication des jeunes dans le développement social, en leur confiant des responsabilités locales et en les aidant à comprendre les principes de l'Islam.
"Ces appels ne sont pas très éloignés des recommandantions du Pacte pour la Jeunesse de Tunis qui a été récemment adopté", a commenté Sihem Ajimi, 30 ans, "dans la mesure où il se centre plus sur des aspects qui intéressent la société d'aujourd'hui, comme le dialogue entre les civilisations et les religions et le renoncement à la violence. Je ne pense pas que cela serait possible sans les médias ni sans présenter une image différente de l'Islam."
"J'espère que ces appels ne resteront pas que des voeux pieux", affirme May Zaidi. "Nous voulons qu'ils se transforment en actions, pour garantir aux jeunes de meilleures chances d'engager le dialogue et de participer à la vie politique et culturelle, de créer des opportunités d'emploi et de maintenir une juste répartition de la richesse, afin que les jeunes ne se sentent pas exclus."







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