Un film éthiopien primé pour la première fois au Festival de Carthage

2008-11-03

L'Ethipie a reçu son premier Tanit d'Or au festival de cinéma de Carthage. La Palestine remporte l'Argent, et la Tunisie le Bronze.

Par Mona Yahia pour Magharebia à Tunis – 03/11/08

[Mona Yahia] Le réalisateur Haile Gerima (à gauche) accepte le Prix du Meilleur film lors du Festival des Journées du Cinéma de Carthage.

La 22ème édition du Festival annuel des Journées du Cinéma de Carthage s'est achevée en Tunisie samedi 1er novembre, avec la remise du Tanit d'Or au film éthiopien "Teza", réalisé par le metteur en scène Haile Gerima.

Le film a été désigné comme meilleur oeuvre par un vote unanime du jury.

"Teza" dépeint la vie d'un jeune docteur éthiopien, revenu dans son pays dans les années 1970 après avoir vécu en Allemagne pendant des années. Il découvre son pays sous le régime marxiste de Mengistu Haile Mariam et doit s'adapter au mayhem politique et social de l'époque.

""Je suis heureux pour un film, humble et imparfait!", a dit Gerima en recevant son Tanit. "Je suis également reconnaissant aux générations qui nous ont précédées, au réalisateur Othmane Sambane et au fondateur des Journées du Cinéma de Carthage, le tunisien Tahir Sharia."

C'est le premier Tanit d'Or qui est décerné à l'Ethiopie. Mais "Teza" a aussi remporté les prix de la meilleure musique, de la meilleure photographie, du meilleur scénario, et du meilleur second rôle masculin. L'oeuvre s'était déjà distinguée auparavant à la Mostra de Venise, où elle avait raflé cette année le Prix Spécial du Jury.

Ce sont plus de 250 films qui ont été projetés au Festival cette année, dont 18 long-métrages et 8 court-métrages qui concourraient dans la sélection officielle. Le Festival présentait également une compétition en catégorie "vidéos" et des ateliers de projets.

Le Tanit d'Argent est revenu à "Eid Milad Laila" [l'anniversaire de Laila], réalisé par le metteur en scène palestinien Rachid Micharaoui. Ce film s'intéresse à des questionnements concernant les territoires palestiniens et les humains qui y gravitent, d'une manière étonnament optimiste.

L'acteur palestinien Mohammed Bakri a remporté le Prix du Meilleur acteur pour son premier rôle dans "Eid Milad Laila."

Bakri souligne que la sympathie du Jury à l'égard du film n'était pas injustifiée. "Nous méritions ce prix, alors on nous l'a donné", dit-il.

"Malh Hadha Al Bahr" [Le Sel de cette Mer], film réalisé par la palestinienne Anne-Marie Jasser, a remporté le Prix Randa El Chahal, créé cette année.

"Il y avait une atmosphère de démocratie, et nous avons pu entendre l'opinion de tous les membres du Comité", dit Yasmina Khadra, auteure algérienne et présidente du Jury.

C'est l'oeuvre tunisienne "Khamesa," mise en scène par Karime Dridi, qui a reçu le Tanit de Bronze.

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Les critiques ont avancé que "Khamesa" n'aurait pas dû faire partie à l'origine de la compétition officielle, qui est limitée aux pays arabes et africains, car l'oeuvre avait été tournée en France et qu'elle ne comportait pas d'acteurs tunisiens. Néanmoins, le film a également remporté le Prix du Meilleur Montage.

Dans la catégorie vidéo, le film "Samt" [Silence] réalisé par le tunisien Karim Souakia a gagné le premier prix, tandis que "Zakaret Emraa" [Un Souvenir de femme] du tunisien Lassad Wisleti se classe second, et que "Ibtasem Anta fi Janoub Lebanon" [Souriez, vous êtes au sud Liban], mis en scène par la jordanienne Dalia Kouri, est troisième.

Les Journées du Cinéma de Carthage, lancées en 1966, sont considérées comme l'un des événements festivaliers les plus importants du monde arabe et africain.

Le festival s'est achevé avec la projection du film tunisien "Thalathoun" [les années 30], réalisé par Fadhel Jaziri. Le film traite des événements historiques qui ont coïncidé avec la naissance du mouvement national politique, social et culturel dans les années 1930 en Tunisie.

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