La Tunisie veut accroître les possibilités d'emplois pour les jeunes diplômés

2008-10-12

Alors que le nombre de jeunes diplômés de l'université sans emploi a presque doublé en l'espace de dix ans en Tunisie, une conférence nationale de haut niveau consacrée aux mesures visant à résoudre cette crise du chômage a été organisée cette semaine.

Par Mona Yahia pour Magharebia à Tunis – 12/10/08

[www.ccitunis.org.tn] Les responsables de la Conférence Nationale sur l'Emploi 2008 ont réitéré leur objectif d'un million de nouveaux emplois en Tunisie à l'horizon 2016.

Des législateurs, des responsables politiques, des personnalités du monde des affaires et d'autres experts se sont réunis cette semaine à Gammarth pour un colloque sur l'emploi destiné à étudier la création d'emplois pour les jeunes diplômés qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Les recommandations émises par la Conférence Nationale sur l'Emploi, qui s'est achevée mercredi 8 octobre, ont repris les politiques de développement économique à long terme du pays et étudié l'objectif de création d'un million d'emplois d'ici 2016.

"L'emploi reste un défi", a reconnu le Premier Ministre tunisien Mohamed Ghannouchi dans son discours d'introduction, du fait du "pourcentage en hausse des diplômés de l'université".

"Cela ne nous a toutefois pas empêchés de réduire le taux de chômage de 15,6 à 14,1 pour cent, ce qui constitue en soi un succès", a-t-il ajouté.

Il y a plus d'un an, la Banque Mondiale publiait un rapport sur le nombre élevé de jeunes diplômés de l'université se retrouvant au chômage en Tunisie. Lors de la publication de ce rapport, en mars 2007, le nombre de demandeurs d'emplois était de 336 000 – près du double de ce qu'il était dix ans plus tôt.

La création d'emplois doit suivre le rythme de la croissance économique, ont souligné les législateurs. La politique en la matière doit assurer un équilibre entre les besoins d'éducation et de formation et les exigences du marché de l'emploi et de l'activité économique, a souligné M. Ghannouchi, en vue de promouvoir l'investissement et d'accélérer le rythme de la croissance.

"Il n'y a aucune raison pour que [la Tunisie] ne parvienne pas aux mêmes résultats que l'Irlande, qui a fait passer son taux de chômage de 16 à 5 pour cent en vingt ans", a-t-il ajouté.

Pour stimuler la création d'emplois, les participants à cette conférence de Gammarth ont souligné la nécessité de diversifier la base économique de la Tunisie et d'améliorer les possibilités d'emploi dans le secteur privé dans les différentes provinces, ainsi que de combler le fossé numérique existant dans les zones rurales, pour faciliter le travail et les services à distance.

Le gouvernement tunisien a indiqué que 600 000 emplois avaient été créés entre 2000 et 2007. Au cours de la seule dernière année, 160 000 nouveaux emplois ont été créés.

Pour de nombreux jeunes Tunisiens diplômés – et sans emploi –, cela n'est toutefois pas suffisant.

Des centaines de diplômés de l'université se rendent chaque jour dans les bureaux des agences de l'emploi, mais seuls quelques-uns d'entre eux en ressortent avec un emploi. Parfois, ils réussissent à décrocher des contrats de travail temporaire ou des postes en-dehors de leur domaine de qualification. Certains jeunes pensent même à émigrer pour l'Europe.

Cette conférence de haut niveau sur l'emploi pourrait ne pas proposer de solutions aussi rapidement que le souhaitent les jeunes Tunisiens, en dépit de son vaste programme de mise en place de nombreuses sous-commissions consacrées à différentes stratégies de création d'emplois.

"Cela fait maintenant quatre ans que je suis au chômage. C'est du travail que nous voulons, pas des recommandations", affirme Wahid Behedi, jeune professeur d'histoire de 30 ans.

"Je suis diplômée d'un institut de presse", a expliqué Ines, 27 ans, à Magharebia. "Je travaille aujourd'hui dans un centre d'appels, car je n'ai rien trouvé dans mon domaine de spécialisation."

Les représentants du gouvernement et des partis de l'opposition qui participaient à cette Conférence Nationale pour l'Emploi ont également fait part de leurs vues sur la question.

"Il n'existe aucune baguette magique pour résoudre le problème du chômage. Mais les initiatives économiques lancées en Tunisie ont réussi à faire passer le chômage de deux points", a déclaré Mohammed Ghariani, le secrétaire général du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), le parti au pouvoir.

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Monder Thabet, du Parti Social Libéral, a appelé à la création d'un fonds national de l'emploi, tandis que le chef du Parti Vert pour le Progrès (PVP), Mongi Khamassi, suggérait que les projets environnementaux pourraient contribuer à faire baisser le taux de chômage très élevé dans les régions nord-ouest et sud du pays.

Apporter une solution au problème de l'emploi nécessitera des mesures courageuses, "et non le discours plat que nous sommes habitués à entendre de la part des médias officiels", a expliqué le Docteur Mostapha ben Jafaar, du Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL).

Pour Houda Ben Saleh, comme pour de très nombreux jeunes Tunisiens, il est temps devoir les résultats obtenus par les ministères et les responsables politiques.

"J'espère que ces recommandations ne seront pas que de simples idées jetées sur du papier", a-t-elle conclu.

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comments

kamel En ligne 2008-10-14

Les ministres qui parlent du chômage oublient que le vrai problème est la transparence. Par Dieu, comment pouvez-vous envisager le travail tombant immédiatement après le diplôme, tandis que d'autres sont chômeurs depuis huit ans ? Quelles sont les normes ? On nous a parlé du Capas, je dis que le Capas est un grand mensonge et simplement un hameçon permettant d'aider les proches, ces gens influents et ceux qui peuvent donner de l'argent. On pense que les tunisiens ne comprennent pas cela, en particulier le Ministère de l'Education où la corruption est extrêmement courante. Si des enquêtes honnêtes et justes étaient ouvertes, vous verriez alors les richesses énormes accumulées par certaines personnalités influentes. C'est ce dont nous aurions besoin pour qu'un jour ces gens-là soient jugés. Il n'y a rien qui soit gratuit. On nous parle de nationalisme, d'amour de la nation mais on détruit cette dernière. Par Dieu, il y a parmi des influents dont les enfants font leurs études avec les fils des opprimés. A chaque fois on nous fait subir des décisions chaotiques. Et on dit que c'est la loi. Par Dieu, dites-moi pourquoi on ne recrute personne à l'AMSA, hormis les amis et les parents ? On dit que le CAPAS est tout, mais est-ce que ce n'est pas exaspérant ? Je voudrais savoir combien de personnes sont entrées dans le système de l'éducation avec la formule de l'AMSA et le nombre de ceux qui ont été choisis ? C'est une honte que le gardien soit aussi le voleur. Les vrais nationalistes sont des jeunes au chômage dont vous prenez les droits et l'argent. Et que dire de vous les ministres qui envoyez vos fils étudier à l'étranger avec l'argent du peuple, et qui, quand ils reviennent, recoivent facilement un emploi de vous dans les ministères, les institutions ou des projets trouvés pour eux avec l'argent de la corruption ? Lorsque les ministres tunisiens répondent à ce grave problème, nous les jeunes opprimés restons ici, tentant d'immigrer clandestinement du pays et tout pour eux. Vous pouvez mentir aux gens autant que vous le voulez, personne ne vous croira. Les gens dans leur totalité sont conscients de vos complots. Même lorsque nous vous applaudissons, nous le faisons sous le joug de l'oppression et de l'injustice. Que peuvent faire les opprimés ? N'est-ce pas mieux d'applaudir, au moins vous donnerez l'allocation du CFV plutôt que de rester sans rien ? Au fait, nous devrions recevoir une indemnité de chômage. Si quelqu'un est malade, Dieu nous en préserve, que ferait cette personne ? Elle n'a même pas d'argent pour aller à la clinique. Montrez plus de bonté et offrez-nous des abonnements pour les bus jaunes. C'est mieux que d'organiser des meetings sans résultat.

عابر En ligne 2008-10-14

La traduction correcte des "centres d'appel" en arabe est مراكز المهاتفة et non مراكز النداء comme c'était écrit dans l'article. Merci de corriger cette erreur linguistique.

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