Un nouveau film tunisien attire l'attention sur la loi sur l'héritage

2008-10-08

Un nouveau film tunisien assez controversé attire l'attention sur la manière dont la loi islamique détermine la répartition de l'héritage en fonction du sexe des héritiers. A la veille de la sortie de son film, la réalisatrice est sous le feu des critiques pour avoir soulevé la question des droits d'une fille.

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis - 08/10/08

[Jamel Arfaoui] La réalisatrice Kalthoum Bornaz (à gauche) et la scénariste Mohamed Raja Farhat expliquent que leur film controversé, Shtar Mahaba, aborde le problème de l'héritage selon une perspective sociale.

Un nouveau film de la réalisatrice tunisienne Kalthoum Bornaz suscite le débat pour avoir soulevé la question très délicate de la loi sur l'héritage et mis en lumière l'inégalité entre les hommes et les femmes.

La réalisatrice a été accusée de ne pas respecter la charia. Bornaz a rétorqué qu'elle n'avait pas tourné Shtar Mahaba (la moitié de l'amour) pour faire sédition ou jeter un doute sur le verset coranique qui traite de l'héritage et de sa répartition entre héritiers de sexes opposés.

"Je ne place ni d'un point de vue politique, ni d'un point de vue de jurisprudence islamique", a-t-elle expliqué. "Je suis une réalisatrice et une artiste. Ce que je veux simplement, c'est parler de l'héritage selon une perspective humaine et sociale."

Avant de commencer à tourner, explique Bornaz, elle avait consulté plusieurs avocats et intellectuels musulmans, y compris certains connus pour leurs positions extrémistes.

"La question est l'objet de controverses en Tunisie et personne n'avait osé l'aborder au cinéma", a-t-elle expliqué à Magharebia. "Or, je sais qu'il existe un projet de loi qui vise à établir l'égalité entre les sexes au moment d'un héritage."

Son film raconte l'histoire de Selim et Selima, des jumeaux dont la mère est morte à leur naissance. En grandissant, Selima apprend que selon la loi, une fille ne peut revendiquer que la moitié de la part de l'héritage de son frère.

Troublée par cette loi, Selima demande à son père si la raison d'une telle disparité est que les parents n'aiment leurs filles que moitié moins que leurs fils. Son père, éduqué en France et influencé par le marxisme, lui explique que le sujet est clairement stipulé dans le Coran et dans la loi. A la mort de son père, le frère distribue l'héritage conformément à la charia. Le destin de Selima reste inconnu à la fin du film.

"Il est contraire à la sagesse, à la charia et à l'humanisme de priver une fille de l'héritage auquel elle a droit juste parce qu'elle est une femme", a déclaré à Magharebia l'actrice Sihem Mseddek, qui joue dans ce film. Elle ajoute qu'elle connaît beaucoup d'hommes qui ont accepté de répartir leur héritage de manière égale avec leurs soeurs.

Selon le scénariste Mohamed Raja Farhat, les femmes dans les sociétés islamiques sont encore aux avant-postes de tragédies sociales, économiques, intellectuelles et de développement. Ce film ne fait qu'attirer l'attention sur un problème qui existe.

"Quel mal avons-nous fait pour avoir présenté avec courage les problèmes des femmes et révélé leurs problèmes cachés ?", se demande Farhat.

Et d'ajouter : "Le fait que cette question ne puisse être débattue d'un point de vue religieux ne doit pas nous interdire de l'aborder d'un point de vue social et humain". "La réflexion devrait-elle être bannie si les fondamentalistes étaient enragés ?"

Le film participe à la sélection officielle du Festival du Film de Carthage, qui sera présentée prochainement. Dans les milieux du cinéma, on s'attend à de fortes critiques de la part des courants de pensée fondamentalistes.

Khadija Sherif, présidente de l'Association Tunisienne des Femmes Démocratiques (ATFM), explique qu'il y a deux ans, son association avait pu récolter des milliers de signatures sur une pétition appelant à l'égalité entre les sexes en matière d'héritage. Son association poursuit son travail.

Bien qu'elle ait obtenu le soutien de partis de gauche, elle a dû faire face à une forte opposition de la part de groupes religieux conservateurs. Ses détracteurs ont qualifié l'égalité d'héritage de "violation du verset coranique et de la charia".

Les Tunisiens eux-mêmes sont divisés sur la question.

Pour Seham Al Majri, une étudiante de vingt ans, l'héritage "est une question qui doit être codifiée au-delà des différends religieux, ce qui n'est possible que par l'ijtihad d'intellectuels musulmans".

"L'héritage est une affaire de famille, et personne ne devrait pouvoir s'en mêler", explique Amal bin Brahim, une commerçante d'une quarantaine d'années.

"Ce sont les familles qui connaissent le mieux les intérêts de leurs enfants. Il n'est donc pas nécessaire débattre de la question d'un point de vue religieux ou légal", ajoute-t-elle.

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comments

رياض.ن En ligne 2008-10-09

Au nom de Dieu le plus gracieux le plus miséricordieux. Cette créature ignore la religion. Si elle avait lu le chapitre “Al Nisa” dans le Coran, elle aurait compris ses droits et ses obligations sur l'héritage, que nous avons appris à nos fils dans l'enseignement secondaire (pas celle d'un réalisateur de cinéma). Dans de telles conditions, l'Etat doit émettre des ordres du tribunal à l'encontre de ceux qui osent violer la religion dans l'un de ses principes, qui sont définis par la seule religion. Ce sujet n'exige aucune discussion parce qu'il cause des conflits chez les ignorants comme elle, dont le nombre au Maghreb n'a cessé de croître récemment. Je donne la citation de la soeur Amal Ben Brahim, négociante et la quarantaine : "L'héritage est une affaire de famille et personne ne devrait rien avoir à faire avec cela". Elle ajoute : "Les familles connaissent au mieux l'intérêt de leurs enfants. En conséquence, pas besoin de débattre de la question, religieusement ou légalement". J'ajoute à sa déclaration "Seulement si une partie accepte de renoncer et que tout le monde est d'accord." Que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous.

Sofiene de tunis En ligne 2008-10-09

Je suis totalement d'accord avec l'esprit et les revendications faites a travers ce film. En effet, il est tellement injuste et inhumain de considèrè la femme comme incapable et qu'elle profite seulement de la moitiè de l'homme en hèritage. Si on doit respecter les règles islamiques alors en devrait probablement vivre sous une tente en plein dèsert !!!!!!!! En fait nous devrions changer ces règles pour moderniser notre vie et rapports sociaux et donner droit et libertè a tout le monde sans discrimination aucune entre femme et homme .. En Tunisie, on a abolit la polygamie , et remplacè plusieurs règles religieuses, et il est temps de changer l'hèritage qui reste un problème de sociètè et qui pose de graves problèmes fondamentaux dans le rapport entre les hommes et les femmes.

Radja En ligne 2008-10-09

Pourquoi personne n'a pensé que, peut-être, les versets du Quran sur l'héritage ne donnent que le minimum qui doit être versé aux femmes car il n'est pas dit que cette part ne puisse être augmentée? Je me réjouis à l'avance de lire les commentaires des frères plus savants que moi.

جمعي En ligne 2008-10-11

Au nom de Dieu le plus gracieux le plus miséricordieux. Je remercie celui qui a eu cette idée, pour son courage qui l'a mené à traiter le sujet de l'égalité entre hommes et femmes devant l'héritage dans les pays islamiques. Même si je n'ai pas pu voir le film pour le commenter, je souscris à cette idée d'égalité. J'en appelle aussi à cela, honnêtement et sincèrement. Je crois que ce serait une bonne chose. L'entendement ancien de nos érudits aurait besoin d'être révisé, aux yeux du XXIème siècle et selon les connaissances de notre époque. Ce serait à la fois justice, miséricorde et égalité d'accorder à la femme la même chose qu'aux hommes, en fonction du texte dans le livre de Dieu Tout-Puissant. Si nous voulons respecter les enseignements de l'Islam, nous devons changer les règles de l'héritage en fonction du savoir de notre époque. Oui, il est grand temps de changer les règles de l'héritage, parce que les versets le concernant parlent de la part minimum qui devrait être accordée à la femme. Ainsi, l'homme reçoit deux fois ce que reçoit la femme, si le nombre d'hommes dans la fratrie est égal, c'est une fois, au groupe de filles, c'est deux. Cela signifie que la part de l'homme suit la part de la fille. (Si elle est seule, elle reçoit la moitié). C'est l'égalité. Si les filles sont supérieures à 2, c'est-à-dire trois et plus, elles reçoivent deux tiers, et c'est le maximum. Pour conclure ce commentaire, je veux dire que la religion est la religion de Dieu, la garde de la religion n'est pas réservée aux érudits de la charia. L'entendement des gens s'est développé. Seul le texte sacré ne change jamais. Dieu dit ce qui est juste et nous guide vers le bon chemin. Que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous. Votre frère Jamii de Batna, Algérie.

mouldi En ligne 2008-10-14

C'est pour Jamii. Merci de ton commentaire, mais tu as oublié le CORAN SACRE qui vient résoudre le conflit et la discrimination entre les sexes, et c'est la même chose pour les mariages multiples. S'il y a une volonté (wasia) qui est signée et dont il y a des témoins, il n'y a pas de conflit d'intérêts entre femmes et hommes ; la volonté est bien plus respectée que ce soit dans la manière de vivre ou dans la mort. Ce sujet a été faiblement présenté par feu Bourguiba qui en retour l'a rendu illégal, si vous vous souvenez du tumulte et de la condamnation qui en ont suivi mais vous ne pouvez pas dire la même chose avec le sens commun de ZINE AL ABIDEEN BEN ALI car il a laissé ce type de question entre les mains des érudits et des autorités et qu'il n'intervient jamais en religion, mais il ferait ainsi dans tout autre type de conflit d'intérêt qui pourraient affecter la manière de vivre des Tunisiens, des Arabes et des Musulmans.

علي En ligne 2008-10-14

La malédiction de Dieu soit sur eux, sur ceux qui sont comme eux et sur les commentaires inutiles qui veulent violer les ordres de Dieu, de nos savants et de nos érudits. Dieu leur répond dans Son livre sacré " Et parmi les hommes il y a celui qui controverse au sujet d'Allah, sans connaissance et sans conseils et sans un livre qui puisse l'illuminer. Se détournant averc arrogance il pourrait amener (les autres) à l'écart du chemin d'Allah, pour lui ce sera la disgrâce dans ce monde, et au jour de la résurrection. Nous lui ferons goûter au châtiment du feu". Dieu Tout-Puissant dit :"Alors demandez aux disciples du Souvenir si vous l'ignorez". Dieu dit la vérité. Je ne crois pas que le réalisateur et l'écrivain du film sont des gardiens du Souvenir. Nous connaissons ces gens-là. Nous connaissons leurs intentions malicieuses. Ils veulent éteindre de leurs propres mains la lumière divine. Ils sont sous le contrôle d'agents occidentaux. Leurs déclarations ne nous détourneront pas de notre religion. La religion de Dieu est éternelle contre leur volonté. Nous sommes sidérés par les autorités tunisiennes et leur censure qui autorise de telles violations de la religion de Dieu. S'ils s'étaient insurgés contre leur président Ben Ali, cela aurait été un véritable remue-ménage. Mais ce ne sont que les paroles de Dieu, il n'y a donc pas de problème. Nous ne sommes pas étonnés par leurs actes, car le Hijab a été interdit, l'alcool, l'adultère et la Riba ont été permis par les ordres du Gouvernement. En ce qui concerne le cinéma tunisien, rien de bien étrange à de tels vices. Ce n'est pas la première fois. “Terrace bird” et “La Goulette” sont une fierté du cinéma tunisien. Dieu nous est Suffisant et Il est le meilleur Protecteur. Ali de Libye.

وليد En ligne 2008-10-15

Les femmes n'héritent pas moins que les hommes et ce, dans tous les cas. La réalisatrice du film aurait dû prendre des conseils auprès des érudits pour connaître la signification légale de la division de l'héritage de cette manière, et avant de présenter ce sujet dans un film.

Hajer En ligne 2008-10-27

Je suis d'accord avec M. Walid. Je pense que cela ne serait pas une question controversée, si nous en apprenions davantage sur notre religion. Et même c'est clairement mentionné dans le Coran que l'homme a deux fois plus que la femme, 'Al wasia' ou chacun peut faire par sa volonté les modifications nécessaires selon les particularités de chaque famille. Je souligne que nos règles religieuses peuvent s'adapter à tous les lieux et à tous les temps, et tout ce que nous devons faire, c'est simplement les connaître davantage.

majhol En ligne 2008-12-01

Je pense que vous êtes tous des ignorants parce que l'histoire est belle. Et cette fois, lisez encore et encore ce récit pour le comprendre. Et vous pourrez alors juger, bande d'ignares. Avec mes respects à tous.

المنتمي En ligne 2009-04-07

Pourquoi l'attaquer ? Pourquoi tout ce bruit ? Elle a parlé et exprimé son opinion d'un point de vue cinématographique. C'est la clé de voûte de ses connaissances acquises avec ses parrains, qui ont été pour elle l'exemple dont elle a tiré son savoir. C'est une des filles de Descartes et de Freud. Pour parler avec objectivité, avec liberté d'expression, je lui dis que je n'appartiens pas à une secte et que je ne suis pas un extrémiste, mais que je vais seulement exprimer mon opinion selon ma compréhension limitée. Les femmes n'ont pas été traitées injustement par l'Islam dans la division de l'héritage. L'Islam leur a accordé plus que ce que vous pensez, ou que pensent ceux qui partagent vos idées. Comment cela ? La femme hérite de la moitié de son frère, hérite individuellement de ses fils si ceux-ci viennent à mourir, elle hérite de son mari avec les enfant s'il décède. Alors faites le total de l'héritage de la femme puis débattez-en cinématograhiquement avec ceux dont vous croyez en la culture. Je vais vous donner un autre exemple pour réduire votre degré d'ignorance de la religion islamique. Est-ce que vous avez entendu parler de l'assassinat de Mohamed El Faid et de la princesse Diana ? C'est sûr, vous appartenez à la même catégorie. Mais quelle est la relation entre l'héritage et le meurtre de Diana ? Si Diana avait donné naissance à un enfant, ce frère aurait été musulman et arabe. Peut-être aurait-il partagé avec ses frères la gouvernance de l'Angleterre. En conséquence, ces infidèles ont tué leur princesse et son amant, afin que les races ne se mélangent pas. Je vous le dis une dernière fois, c'est la clé de voûte de vos connaissances et de la plupart des choses que vous avez lues. Je demande à Dieu de vous montrer la vérité.

السافي En ligne 2009-04-07

Où sont les administrateurs des commentaires du site ? Vous faites l'apologie de la liberté d'expression alors que vous les enterrez. Vous portez la robe de la vertu alors que vous encouragez la malice.

HUNTER En ligne 2009-07-19

Je veux dire à ce réalisateur, respectez les ordres donnés par Dieu. Par Dieu, je ne sais pas pourquoi ces réalisateurs traitent de tels sujets religieux et islamiques. Cela reflète leur vide spirituel. Quel que soit le niveau limité de connaissances qu'ils pourront atteindre, ils n'atteindront pas le savoir de Dieu qui est le plus sage.

Amen ALLAH En ligne 2009-10-01

Au nom de Dieu le Bienfaisant le Miséricordieux. Je ne connais pas grand chose concernant les lois sur l'héritage ou les parts réparties lors de l'héritage. Je sais que les origines de cette science sont le Coran et la tradition du Prophète, et aussi la jurisprudence des compagnons, Dieu les bénisse. Nous savons tous que le Coran est valable quelle que soit l'époque et quel que soit l'endroit. Ce que nous comprenons du verset de Dieu Tout-Puissant, c'est que l'homme a deux parts [et que la femme en a une ]. Ceci parce qu'on exige de l'homme qu'il assure les besoins de sa famille. Mais la femme n'a pas de devoirs financiers. C'est son père puis son mari qui apporteront le subsistance pour elle. Cette interprétation pouvait trouver sa justification au cours des années passées. Mais avec les progrès de la vie sociale, culturelle et économique dans les pays islamiques, la femme a maintenant atteint un rang important, elle a obtenu avec l'homme l'égalité totale dans tous les domaines. Toutefois, dans la question de l'héritage, nous ne pouvons pas changer les règles de Dieu Tout-Puissant. Nous devons suivre la Charia de Dieu, mais ne pas la contredire surtout. Nous ne pouvons pas demander l'égalité entre les femmes et les hommes parce que nous devons nous référer aux textes du Coran. De ce point de départ il peut y avoir des réformes, selon les situations de chaque famille : c'est Dieu qui connaît le mieux la sagesse dans la question de l'inégalité des héritages et son bénéfice. C'est mon opinion. Je les respecte toutes. La paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous.

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