Des femmes médecins refusent de regagner leur lieu de travail
2008-09-11
Une centaine de femmes mariées formées dans les hôpitaux universitaires de Rabat et de Casablanca refusent de regagner leurs lieux d'affectations parfois éloignés, à la suite d'une décision gouvernementale visant à assurer la fourniture de soins dans ces régions.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 11/09/08
![]() [Sarah Touahri] Un groupe de médecins spécialistes mariées protestent contre des affectations lointaines. Le Ministère marocain de la Santé expliquent qu'elles sont indispensables pour assurer des soins médicaux dans ces régions. |
Un groupe d'une centaine de femmes médecins a organisé un sit-in devant le Ministère de la Santé, mardi 9 septembre, pour protester contre leur affectation dans des régions éloignées. Leur refus d'honorer leur contrat a suscité un important débat au Maroc.
Formées comme médecins spécialistes dans les hôpitaux universitaires de Rabat et de Casablanca, elles sont mariées et la plupart d'entre elles ont des enfants.
La règle permettant aux jeunes diplômés d'être affectés dans un rayon de cent kilomètres de leur lieu de résidence a été remplacée cette année par celle du tirage au sort, afin de combler les déficits, notamment au sud et à l'est du pays.
Elles réclament toutefois que l'ancienne règle s'applique, en accordant la priorité aux personnes mariées au lieu de les placer sur un pied d’égalité avec les personnes célibataires. Leur ministère de tutelle maintient que les nominations doivent se faire en fonction des besoins régionaux, sans aucune autre considération.
Le docteur Abou El Ouafa Manal a expliqué à Magharebia que le tirage au sort avait été effectué en l'absence des personnes concernées.
"Alors qu’on attendait l’ouverture du dialogue avec le ministère, on nous surprend par des mutations dans des régions très lointaines, sans prendre en considération notre situation familiale", explique-t-elle. "Nous avons des enfants et certaines sont sur le point d’accoucher."
Le Ministère de la Santé ne partage pas cette opinion.
"Etre une femme mariée n’est pas une raison pour faire exception à la nouvelle règle", a indiqué le service de communication du ministère. "Ces femmes font partie d’une promotion de 327 médecins, dont 210 ont déjà regagné leur lieu de travail."
Sans ce nouveau système d'affectation, explique le ministère, il serait impossible d'aspirer à l'égalité des soins dans tout le pays. Les médecins concernés se sont vus accorder un bonus de deux ans d’ancienneté pour leur permettre d’avoir de meilleures chances lors des prochaines mutations.
Le ministère ajoute que les femmes qui protestent contre ce nouveau système devront attendre leur tour, parce que d'autres femmes mariées ont été en poste dans des régions éloignées comme Laâyoune pendant deux ou trois ans, et que leur réaffectation passera avant que les demandes des nouvelles diplômées ne soient prises en compte.
"Elles ont signé un contrat de huit ans avec le ministère, et pas forcément à côté de leur lieu de leur résidence", explique le directeur des affaires du personnel au ministère, Mohamed Kably.
"Elles peuvent demander leur mutation au bout d'un an", ajoute-t-il, expliquant qu'il n'est pas possible de continuer à affecter les femmes uniquement dans la région comprise entre Casablanca et Rabat alors que les besoins sont immenses dans d'autres régions.
Mohammed Ben Youssef, membre de la fédération nationale des professions de santé et de l'Union Générale des Travailleurs du Maroc (UGTM) a déclaré à Magharebia que les syndicats ne pouvaient soutenir la position adoptée par ces médecins, parce que d'autres femmes médecins travaillent depuis des années dans des régions éloignées, loin de leur lieu de résidence familiale.
Pour défendre leur cause, ces femmes médecins se sont organisées en collectif. Dans ce qu'elles affirment être la seule solution définitive à cette crise, elles envisagent de faire pression pour la création de facultés de médecine et d'hôpitaux universitaires dans les différentes régions du pays.







Eng. Hasan Al-Bahkali En ligne 2008-09-12
La médecine est une profession humanitaire. La société a besoin de docteurs hommes et femmes et notamment dans les zones reculées où les services adéquats manquent. L'opération exige une organisation et de la régulation, en assurant la justice à tous. Les médecins hommes et femmes sont payés pour servir la société. De plus, les zones éloignées sont un terrain "fertile" pour la recherche scientifique et l'étude de cas médicaux intraitables. Hasan Al Bahkali, ingénieur.
Mourad En ligne 2008-09-12
je pense que c'est inadmissible que ces medecins demandent des postes tout près de chez eux, alors qu'ils y a des dizaines de medecins qui attendent leur tour dans les mouvements de mutations pendant des années.
amar En ligne 2008-09-18
Je trouve inconcevable d affecter des femmes medecins mariées loin de leurs maris est ce une arrogance ou un aveuglement de la part de l'administration marocaine c'est un nombre tres important c'est pas 5 ou 10 c'est 101 familles qui va etre disloquées et perturbées pourquoi fermer les yeux savez vous combien vous allez creer de problemes socialement et materialement savez vous que ces femmmes vont jamais etre la dans leurs milieu de travail corps et ames
halioui En ligne 2008-09-30
Bonjour, vous avez entendu déjà parler de l'affaire des médecins spécialistes femmes mariées promotion 2007. MMe la ministre a clairement annoncé que pour elle, femme mariée ou célibataire ou homme; tout le monde est dans le même panier. L'équitabilité! Et que les villes lointaines ont besoin de médecins. je vous invite à aller dans son site: www.sante.gov.ma. au niveau des ressources humaines, fonctionnaires du M.S: 3 spécialistes ont été réaffecté (pas dans un rayon de 100 km que nous demandons, non, à coté de chez elles!!! ) Le motif: elles ont des jumeaux!!!!!!!!!!!!!!!!!! nous ont a 2 enfants de 2 grossesses: ça ne compte pas. ces enfants n'ont pas besoin de leur mère!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! L’EQUITABILITE !!!!!!!!!!!!!!! Commentaire et moralités : 1- Pour bénéficier du regroupement familial avec l'actuelle ministre, il faut être avoir des jumeaux. Il ne suffit pas d'être marié, d'avoir des enfants ou d'être enceinte mais il faut avoir surtout des jumeaux. Tant pis pour ceux qui n'ont pas pensé à les avoir 2- Le regroupement familial est devenu un privilège accordé par bienveillance et non un droit acquis, et dire qu'il y'a des syndicats qui ont soutenu Badou et qui continuent à le faire, vont-ils appuyer Badou dans cette initiative aussi ? 3- Deux d'entres elles ont été nommées à Casablanca. Et dire que dans l'axe casa-Rabat, il n'y a pas de postes vacants. Tout le monde savait pertinemment que dans des préfectures qui comptent pas moins de 800.000 habitants comme Ben Msik sidi Othmane et Hay Mohamadi sidi Bernoussi, il y'a des spécialités qui manquent dans les hôpitaux publics. 4- Félicitations pour les parents des jumeaux et oeuvrons pour que le regroupement familial demeure un droit pour tous.
Nous nous réjouissons de vos commentaires sur les articles publiés par Magharebia.
Nous espérons que vous utiliserez ce forum pour discuter avec d'autres lecteurs du Maghreb. Pour conserver tout leur intérêt à ces discussions, nous vous demandons de respecter les règles précisées dans la politique relative aux commentaires. L'envoi de vos commentaires implique le respect de ces règles. Bien que Magharebia.com encourage la discussion sur tous les sujets, y compris des sujets sensibles, les commentaires publiés ne reflètent que les seules opinions de leurs auteurs. Les idées, vues et opinions exprimées dans ces commentaires ne reflètent pas nécessairement la position de Magharebia.com. Ce forum est géré par un modérateur. Les commentaires a caractère injurieux, offensifs, ou contenant des propos diffamatoires ne sont pas publiés.
Politique des commentaires de Magharebia