Le Maroc reçoit une aide des Nations Unies pour lutter contre une maladie du cheptel

2008-09-11

Le gouvernement marocain travaille en concertation avec l'Organisation des Nations Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (FAO) pour lutter contre le déclenchement de l'épidémie de PPR, qui affecte le cheptel. La maladie aurait déjà affecté près de quatre mille bêtes dans tout le pays.

Par Imane Belhaj pour Magharebia à Casablanca – 11/09/08

[Getty Images] Le Maroc travaille avec les Nations Unies pour lutter contre la propagation d'une maladie affectant le cheptel ovin et caprin du royaume.

Alors que le commerce de bétail devrait augmenter dans toute l'Afrique du Nord durant le mois du Ramadan, l'Organisation des Nations Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (FAO) a mis en garde contre la propagation dans la région de la peste des petits ruminants (PPR), une maladie virale contagieuse qui menace de tuer des millions de moutons et de chèvres.

Sur son site web, la FAO a indiqué que cette maladie avait déjà largement affecté les ovins, avec cent trente-cas cas signalés dans vingt-neuf provinces marocaines.

Entre le Ramadan et les célébrations de l'Aïd al-Adha en décembre, le commerce des bêtes augmente traditionnellement dans la région. La FAO a indiqué que sans mécanismes de contrôle adéquats, les déplacements et les ventes d'animaux pourraient faciliter la propagation du virus.

Répondant à une demande d'assistance adressée par les autorités marocaines, le Centre de Gestion des Crises – Santé Animalière (CMC-AH) de la FAO a rapidement lancé une mission sur place du 12 au 21 août. L'équipe a aidé à la mise en place de mesures d'urgence visant à contrôler et limiter la propagation de la maladie.

Le Ministère marocain de l'Agriculture a confirmé avoir demandé l'aide de la FAO et surveiller de manière étroite la propagation de la PPR au plan national.

Dans un récent communiqué, le ministère a indiqué qu'en plus des mesures de mise en quarantaine et d'isolement des moutons et des chèvres atteints par l'épidémie, il avait lancé une campagne de vaccination des animaux bien portants et mis l'accent sur la détection précoce de la PPR pour empêcher sa propagation à d'autres régions.

Malgré ces précautions, les éleveurs ont expliqué à Magharebia qu'ils restent très inquiets. Hasan B, un éleveur de moutons, a expliqué qu'il ne savait pas comment bénéficier de cette campagne de vaccination pour protéger son troupeau. Il a reproché aux responsables de ne pas avoir pris les mesures nécessaires à temps et de de ne pas avoir fourni les vaccins nécessaires suffisamment tôt.

Moustapha G, fermier et éleveur de bétail, a déclaré avoir perdu sa seule source de revenu, parce que le gouvernement ne s'est pas préoccupé de ce qui lui arrivait. Il a ajouté que les responsables restaient muets sur les mesures préventives disponibles et ne conseillaient pas ceux qui souhaitaient l'être.

C'est la première fois que cette épidémie fait son apparition dans le pays, ce qui indique que la PPR a franchi la barrière naturelle que constitue le Sahara et fait désormais peser une menace sur l'Afrique du Nord.

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La population ovine du Maroc est estimée à environ dix-sept millions de bêtes, celle des caprins à cinq millions. Ces animaux constituent un moyen de subsistance pour des millions de familles.

Selon le Ministère de l'Agriculture, 3 926 moutons et chèvres ont été infectés par cette maladie, entraînant la mort de 1 836 d'entre eux.

La PPR est une infection virale extrêmement contagieuse qui touche les moutons et les chèvres domestiques, ainsi que certains petits ruminants sauvages. Elle se transmet par un contact étroit entre les animaux. Sous sa forme la plus grave, elle se caractérise par une forte fièvre, des écoulements des yeux et du nez, des lésions dans la bouche, des lésions des muqueuses, une faible respiration et des diarrhées.

Dans les cas graves, la mortalité peut atteindre 80 pour cent. Dans les cas "extrêmement graves", le taux de mortalité est de 100 pour cent, les animaux infectés mourrant durant la première semaine de leur infection.

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