L'Algérie va revoir sa politique d'investissement
2008-07-30
Le Président Bouteflika a critiqué avec vigueur la privatisation et les investisseurs étrangers le week-end dernier, les accusant d'avoir échoué dans leur contribution au développement du pays. Les économistes, eux, mettent en cause la bureaucratie et la corruption.
Par Said Jameh pour Magharebia à Alger – 30/07/08
![]() [Getty Images] Le week-end dernier, le Président Bouteflika a accusé les investisseurs étrangers d'avoir échoué dans leur contribution au développement de l'économie de l'Algérie. |
Le Gouvernement algérien a dit qu'il organiserait trois ateliers de travail pour esquisser de nouvelles politiques d'investissement vers le mois de septembre. Cette annonce suit un discours prononcé samedi 26 juillet par le Président Abdelaziz Bouteflika, dans lequel il a vivement critiqué les investisseurs étrangers et le processus de privatisation.
Dans une interview donnée mardi à la presse algérienne, Abderachid Boukrezaza, Ministre de la Communication et porte-parole officiel du Gouvernement, a déclaré que pour esquisser les propositions visant à mettre en place une nouvelle politique, le Gouvernement organisera des ateliers de travail sur le transfert des capitaux à l'étranger tels qu'ils sont pratiqués par les investisseurs et sur la promotion des investissements arabes et internationaux. .
Prenant la parole lors d'une réunion qui réunissait plus de 1500 maires algériens, le Président Bouteflika a invectivé les investisseurs étrangers et les managers du processus de privatisation. Il a qualifié les politiques passées comme une route qui n'a pu mener au "Paradis", exprimant le souhait de revoir radicalement les règles de privatisation et d'investissement.
Ce discours a été le premier de ce genre pour Bouteflika, qui a déclaré que la politique d'investissement n'avait pas permis la croissance économique telle qu'il l'attendait.
Le Président a accusé certains investisseurs de faire des profits aux dépens du peuple algérien, engageant de faibles sommes sur des projets en Algérie, puis transférant des montants financiers très importants à l'étranger.
Le diagnostic réalisé par Bouteflika est arrivé trop tard, dit à Magharebia Abdelmalek Serrai, expert algérien en économie. Le conseiller particulier auprès de l'ancien Président Elyamine Zeroual dit que les spécialistes de l'économie algérienne ont averti, il y a déjà quatre ans, que de tels problèmes pourraient arriver et que la stratégie industrielle tout comme le dossier des privatisations devaient en conséquence être reconsidérés.
Serrai désigne les facteurs majeurs qui ont empêché les projets d'être mis en oeuvre et qui ont causé le départ du marché algérien de nombreux investisseurs : la bureaucratie, la corruption et un manque général de transparence.
Serrai dit que d'autres facteurs intérieurs ont contribué à l'échec de la construction de l'économie algérienne par les investissements étrangers. Seule une petite partie du plan de privatisation de 1200 entreprises publiques a été réalisé, en dépit de ce qui avait été annoncé il y a plus de quatre ans. De plus, dit l'expert, les banques algériennes ont joué un rôle négatif parce qu'elles n'ont pas fourni de prêts suffisants aux algériens et aux investisseurs étrangers, qui ont voulu prendre part dans le processus de privatisation.
"Les investisseurs cherchent à faire du profit en retour de certains services", dit Serrai. "En conséquence, ce sont les algériens qu'il faut blâmer. Si la loi applicable à cet égard ne s'adapte pas à la politique nationale, alors la faute est du côté des personnes qui ont décrété cette loi, ce n'est pas celle des investisseurs".
Serai ajoute que la critique formulée par le Président Bouteflika envers les responsables gérant les investissements étrangers pourrait "avoir une certaine odeur politique", liée aux élections présidentielles prévues l'année prochaine. Se référant au secteur international de l'investissement, l'expert économique déclare : "Le Président Bouteflika doit choisir des hommes efficaces qui peuvent gérer cet énorme dossier".
De nombreux citoyens ont l'impression que les investissements dans le pays n'ont pas apporté de bénéfices économiques à la population.
Yekhlef, employé dans une banque publique, souscrit à la critique formulée par le Président, disant que les investisseurs ont tiré avantage du marché local naissant et de la fragilité des lois algériennes. Les investisseurs étrangers ne regardent qu'à court et peut-être à moyen terme, dit-il, afin de ne réaliser qu'un seul objectif : Des bénéfices rapides.
"Ils n'avaient rien à faire de l'idée de participer à la construction d'une économie forte en Algérie,", conclue-t-il.




Farid En ligne 2008-07-30
Il était temps que le gouvernement ouvre les yeux. L'exemple le plus frappant est celui d'Orascom, il rentre en Algérie avec 600 Millions de dollars, et 3 ans aprés il quitte le pays en cédant les usines de ciment à Lafarge en réalisant une plus-value de 02 Milliards de dollars. C'est quoi ça; on n'a jamais vu celà ailleurs. Et d'aprés la rumeur, cette même société voulait faire la même chose avec les " télécom " à France Télécom pour 10 milliards de dollars. Heureusement que cette opération a été démentie par le porte-parole du gouvernement. Ceci dit, logiquement les banques doivent accompagner surtout le Groupe Algérien Cévital pour ses investissements qui sont de plus en plus lourds. C'est un groupe trés sérieux qui a été à l'origine de création de milliers d'emplois et ses investissement ont une grande valeur ajouté. Il exporte plusieurs produits. Du stade d'importateur de sucre et grâce à lui, l'algérie exportera du sucre en 2009. A mon avis, l'Algérie doit renforcer ces relations commerciales et partenariat avec les Allemands qui sont plus sérieux dans le domaine de l'industrie ou autres sans oublier les Canadiens et les Américains.Quant aux Arabes, ils veulent s'enrichir tout de suite. D'ailleurs comme la majorité des Algériens qui refusent des emplois. Le ministre Temmar a prouvé son incompétence, il doit partir. Presque une décennie dans son poste et le résultat est médiocre. Il faut rajeunir l'équipe gouvernementale. Le ministre des moudjahidines pisse dans son froc, il a plus de 70 ans. A part Chakib Khellil qui est trés efficace et d'autres on dirait l'équipe du gouvernement de Brejnev ( Soviétique). Pourtant les compétences ça manque pas, ils sont marginalisés. Les Dollars sont là, il ne manque que les idées et des " femmes et hommes ".
gol En ligne 2008-07-31
quand un investiseur etranger delocalise son entreprise en algerie il ne se dit pas en se levant le matin "je vais creer de l'emploi et ameliorer le quodidien des algeriens ou contribuer au devellopement du pays " mais plutot ,je vais trouver de la main d'oeuvre et des charges aventageuses ...en effet quand une entreprise se delocalise c'est purement a but lucratif .
dalila En ligne 2008-07-31
la bureaucratie, la corruption,l'insécurité sous toutes ces formes et un manque général de transparence. ceci est la pure vérité et elle le restera, vérifiable jusqu'en 2015 au moin (opération la grande magouille). grand merci a Magharebia. you are doing a great job. Long live The KING. dalila from oran, algeria.
luheb En ligne 2008-07-31
Salut à tous, c'est un moment historique dans la vie de notre pays, si nous ne parvenons pas à résoudre nos problèmes aigus et profonds, et si nous ne rattrapons pas notre retard dans tous les domaines (sciences, culture, éducation, santé, politique) avec l'argent du pétrole, il sera impossible de le faire après. Nous devrions nous mettre dans la tête que les 126 milliards de dollars que nous avons ne nous appartiennent pas seulement à nous, mais aussi à toutes les générations futures... Alors comment faire pour partager ces richesses avec elles ? Nous devrions leur laisser une administration forte, des services gouvernementaux forts, une projets sérieux à long terme... Si nous ne procédons pas ainsi, l'Histoire ne nous le pardonnera pas.
mohamed En ligne 2008-08-03
Je crois qu'il est temps de repenser la politique d'investissement en bannissant la corruption et les corrupteurs. Nous devons être réalistes, vous ne pouvez pas investir dans un tel environnement des affaires. Les critiques de notre Président envers les investisseurs sont une première bonne étape qui devrait être suivie d'autres, par exemple pourquoi ne pas créer en Algérie une brigade financière. Bouteflika, vous pouvez le faire.
بلقاسم En ligne 2008-08-05
Le peuple Touareg d'El Hougar: Bouteflika s'impose lui-même, comme s'il était un médiateur entre les rebelles touaregs et du Mali, tandis qu'un tiers du territoire algérien est formé par les terres touaregs occupées riches en pétrole et en gaz naturel. Cette zone s'étend de Ain Kezam dans le sud à Borj Messaouda au nord, et de Ain Amenas à l'est à Adrar à l'ouest. Malgré tout, Bouteflika ne veut rien voir ni rien entendre de ce peuple occupé. Le peuple touareg triomphera, par les efforts de ses fils, les Hougar libres. Avec une coordination d'action de la part de nos frères en Kabilye, nous serons forts pour affronter le tyran, si Dieu le veut. Nous espérons que vous publierez ceci.
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