Le Maroc bientôt doté d’une loi interdisant le tabagisme public
2008-07-29
Le Sénat marocain est en train de revoir une loi interdisant le tabac dans les lieux publics ainsi que la vente des cigarettes aux mineurs de moins de 18 ans.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 28/07/08
![]() [Sarah Touahri] Un projet de loi interdisant de fumer dans un certain nombre de lieux publics a été adopté par la première chambre du Parlement la semaine dernière. Ce projet pourrait devenir une nouvelle législation au mois d'octobre. |
Le Maroc semble établir un renforcement de sa législation anti-tabac, alors que la première Chambre du Parlement a adopté à l'unanimité, mercredi 23 juillet, un projet de loi interdisant le tabac dans les lieux publics ainsi que la vente des cigarettes aux mineurs de moins de 18 ans. Les conseillers du Parlement devraient passer rapidement cette mesure au cours de la session prochaine d’octobre.
Selon un communiqué publié jeudi dernier par l'organisme législatif, ce texte vise à renforcer les dispositions légales pour la prévention du tabagisme, à combler le vide juridique qu'est l'absence de sanctions, à limiter les effets néfastes du tabagisme sur la santé, en particulier chez les jeunes et les mineurs. Le renforcement des amendes génèrera aussi des ressources financières supplémentaires pour le Gouvernement.
"La loi a un intérêt national. Elle sera adoptée sans problèmes par les conseillers pour être aussitôt appliquée", dit Latifa Bennani Smires, Présidente du groupe parlementaire du parti de l’Istiqlal, à Magharebia.
Elle explique que la loi limite de manière effective les effets nocifs du tabac, en introduisant des amendes pour son utilisation dans les lieux publics et en réduisant la publicité pour ce produit.
Les lieux concernés par le texte sont les établissements publics, les administrations et bureaux, les cours intérieures des établissements scolaires, les cafés et restaurants dont la superficie ne dépasse pas 50 m2.
La proposition de loi prévoit des sanctions pécuniaires. Ainsi, fumer une cigarette dans un lieu public est passible d’une amende de 100 dirhams et le double en cas de récidive. Cette sanction est portée à 500 dirhams à l’encontre du responsable du lieu public s’il enfreint lui-même la loi.
En matière de publicité, si le paquet ne contient pas le message de prévention des cigarettes, les amendes peuvent atteindre 10.000 dirhams.
Quant à la vente des cigarettes à des mineurs, elle est passible d’une amende de 2000 dirhams et en cas de récidive de 5000 dirhams avec possibilité de retrait de licence pour le bureau de tabac.
La moitié des amendes collectées sera versée aux associations pour sensibiliser les citoyens aux méfaits du tabagisme.
Ils sont nombreux à saluer une telle initiative qui pourrait amener, si elle est suffisamment sévère, de nombreuses personnes personnes à cesser de fumer. Elle a été largement louée par les professionnels de la santé, qui soulignent des études montrant que le phénomène du tabagisme est assez préoccupant au Maroc .
Selon une enquête du Ministère de la Santé, près de 35% de la population masculine âgée de plus de 20 ans fume. Une autre enquête a montré que plus de 15% des élèves entre 13 et 15 ans consomment du tabac. L’âge de la première cigarette diffère selon les individus. Près de 13% commencent à fumer avant l’âge de 15 ans.
" Il était temps d’élaborer une telle loi", explique le Docteur Sellam Mbarki à Magharebia. "Le nombre des patients touchés par le cancer augmente à cause du tabac. Certains sont fumeurs passifs et subissent les méfaits de leur entourage pollué par les cigarettes. La médecine moderne a dressé une liste bien garnie de maladies graves liées au tabac."
Par ailleurs, quelques mécontents signalent haut et fort leur désapprobation à la future loi. Les propriétaires de cafés et restaurants s’inquiètent quant à la prochaine sortie de cette loi qui pourra limiter le nombre de leur clientèle.
Selmane Bhiri, gérant d’un café, s’attend à une baisse des recettes quand le texte sera appliqué : "80 % de mes clients sont fumeurs. Lorsque la loi entrera en vigueur, je prévois une baisse de 90 % de mon chiffre d’affaires."
Certains mineurs sont moins pessimistes. Mourad, élève de 15 ans, affirme que la loi ne constituera pas un problème pour lui puisqu’il s’approvisionne chez les détaillants : " L’interdiction du tabac dans les lieux publics ne me gêne pas puisque je me cache pour fumer".
"En ce qui concerne mon approvisionnement," ajoute-t-il, "il est garanti par les jeunes qui combattent le chômage en vendant des cigarettes aux coins des rues".
Avec plus de 15 milliards de cigarettes fumées par jour, le Maroc est l'un des pays qui consomme le plus de tabac à travers tout le bassin méditerranéen.




Jalal En ligne 2008-07-29
Il est temps... Le commerce n'a pas à s'en faire, il suffit de voir ce qui est arrivé aux Etats-Unis et en Europe après que de telles règles aient été mises en place, le commerce n'a fait que croître car les gens ont maintenant plaisir à fréquenter ces endroits.
Moroccan En ligne 2008-07-29
Bonjour nos politiciens, il est temps de se réveiller et d'interdire de fumer dans les lieux publics et de vendre du tabac aux mineurs. Où dormiez-vous donc ?
moe En ligne 2008-07-30
il ne manquait plus que ça ,c'est inapplicable et puis la police et les inspecteurs sont trop corrompus pour faire respecter ces lois ,je vois dejà de l'abus ... moralité : nettoyons nos rues ,hopitaux ,et mentalités avant de nous mettre au diapason des occidentaux . analphabétisme en masse ,vente de détail permise , et il veulent appliquer cette loi, vraiment nos dirigeants sont déphasés de la réalité des masses.
Chahed En ligne 2008-07-31
Bonjour Moe. Je vous suis lorsque vous demandez de nettoyer nos rues, hopitaux, etc. mais cela ne nous empêche pas d'avancer là où nous pouvons le faire. Là où je ne suis pas d'accord c'est le fait de calquer des lois des autres pays dont le pouvoir d'achat est incomparable au notre et d'appliquer des amendes qui n'ont rien à avoir avec notre réalité. D'un autre coté on feint de penser à notre bien-être sans jamais nous demander notre avis. L'on vous considère adulte quand cela les arrange et l'on vous prend pour illetré et abruti quand cela leur chante. Penser à des amendes qui dépassent notre maigre smig est inadmissible. Autre point sur lequel il faut se pencher sérieusement est l'application de ces lois. Enfin, je demanderai à nos chers députés pourquoi ils ne s'attaquent pas encore à la question des horodateurs à Casablanca. A Rabat où l'heure était payé 1 dh avec possibilité de la fractionner en deux, la justice a dit son mot. A Casablanca l'heure est compté 2 dhs et on a pas la possibilité de payer pour 1h 30 mn par exemple. M. le ministre Chakib Benmoussa a expliqué il y a plus d'un an que c'est hors la loi de vous bloquer votre voiture par le sabot.
بيداحbaidah agadir inzegane En ligne 2008-07-31
La réalité des jeunes, entre le tabac, les toxicomanies et la politique d'anesthésie. Fumer différents types de cigarettes, fumer du tabac et des drogues sont devenus les moyens les plus efficaces adoptés par nos jeunes qui éprouvent un sentiment de défaite qui leur permet de se débarrasser de l'aigreur de la réalité. Ils considèrent ces substances comme une solution leur permettant d'oublier les problèmes du quotidien. Néanmoins, ce n'est que le début du problème et non une solution. C'est le début d'une vie de débauche qui a des conséquences sérieuses. Les jeunes ignorent volontairement ces dernières, afin de quitter la réalité. Ils feraient mieux de lui faire face par tous les moyens, au lieu de créer des solutions limitées qui les conduisent à choisir l'addiction. Ils pensent de manière erronée que c'est une voie de secours face aux frustrations qu'ils vivent. Ils ignorent volontairement ou involontairement que ces produits augmentent le degré de frustration et approfondissent la crise. La réalité de nos jeunes aujourd'hui est triste. Comment une catégorie qui est le pilier de la société peut-elle choisir la route de l'égarement en chutant dans un dédale, au prétexte d'oublier la réalité ? Cela ne fait que compliquer les choses. Ce n'est pas ce type de jeunesse que nous souhaitons voir. Nous voulons des jeunes fortement déterminés face à la confrontation, et ambitieux pour atteindre leurs objectifs. Nous voulons des jeunes qui luttent pour obtenir des résultats, qui défient les difficultés. Nous voulons des jeunes qui aspirent à un avenir meilleur. Nous ne voulons pas des jeunes qui soient contrôlés, selon une politique préfabriquée qui fabrique la jeunesse selon ce qu'elle veut qu'elle soit. Nous voulons des jeunes qui se fassent eux-mêmes. Pire que cela est la politique d'anesthésie qui les a envahis, mais cette fois-ci par le biais de narcotiques puissants qui ôtent la pensée en lavant totalement le cerveau. Par cette politique, on implique nos jeunes dans des matières secondaires qui ne requièrent pas tant d'importance. D'un autre côté, les intentions des jeunes sont détournées des problèmes majeurs qui sont très importants pour eux comme pour l'avenir du pays. La politique d'anesthésie a porté ses fruits. Elle a utilisé la fragilité de la personnalité de notre jeunesse d'aujourd'hui qui ne s'intéresse qu'aux sports, à la musique et à l'art au gré de ses inclinaisons personnelles - tant encouragées dans le pays. Maintenant, ces domaines représentent le coeur de l'intérêt de nos jeunes. Il est grand temps que notre jeunesse s'éveille du coma du monde virtuel qu'elle ne cesse d'imaginer, et que cesse cette mauvaise accoutumance à laquelle elle est accrochée. Les jeunes devraient prendre conscience de cette politique anesthésiante qui les envahit et les sort de la réalité actuelle. La réforme de la nation dépend de celle de nos jeunes qui ne sont que son reflet.
حسن بوبكر ي En ligne 2008-07-31
Toutes les maladies qui envahissent le corps humain ou le corps de la société en général nécessitent médicaments ou traitements dès leurs débuts. C'est ce que dit la science médicale. Mais si la maladie s'est propagée dans le corps, c'est une autre affaire. C'est une affaire qui doit être traitée, mais de quelle façon ? C'est un traitement complexe. C'est notre Maroc, notre nation aujourd'hui. Aujourd'hui, 89% des Marocains fument et c'est le même taux chez les femmes - plus ou moins. La génération des valeurs a disparu. C'est la génération de la colonisation. Seul un petit nombre de valeurs a subsisté, et elles sont périssables. Le problème lié au tabac est devenu mineur. Son plus grand rival, celui qui a balayé de nombreux jeunes est [inintelligible], ces produits qui jouent des esprits. Les maladies et les addictions qui découlent de la cigarette ou d'autres méthodes ont été transmises à la jeunesse par l'éducation : elle a vu, elle y a goûté, puis en est devenu dépendante - c'est ce qui est grave. On sait que les grands officiels de l'Etat ont fumé, et fument toujours face à leurs citoyens à la télévision. La jeunesse assiste au spectacle de la cigarette. Les officiels sont devenus un exemple à suivre. Ils sont également pris comme exemple dans tous les débats évoquant les dommages du tabac. Vous pouvez apporter mille arguments, vous ne convaincrez pas la jeunesse de la sincérité de ce que vous pouvez dire, parce qu'un grand nombre de responsables fument en face d'elle. Ces derniers se moquent des conséquences et de l'impact de ce geste sur nos enfants, qui sont les jeunes d'aujourd'hui et les adultes de demain. Maintenant que c'est trop tard, les Marocains s'efforcent d'interdire le tabac et de légiférer par le haut, ce qui signifie en excluant le même fumeur et en asseyant aussi la conviction de cesser de fumer par la loi. La gloire aille à Dieu. Nous devons nous souvenir que lorsque les Marocains ont eu besoin d'une voix ou d'une arme pour lutter contre les colonisateurs, leurs slogans accompagnaient leurs ambitions - tout comme les discours. On les appelait les hommes de la résistance, les hommes des montagnes, les lions. Lorsque le Maroc a obtenu son indépendance, tout a changé. Les intentions réelles ont émergé, mais elles ne voulaient pas que le citoyen soit au niveau du lion comme par le passé. Seulement une marionnette sans opinion, qui ne fait qu'écouter, obéir et exécuter au gré des ambitions des responsables. Les enseignants de l'éducation et de la dépravation ont été Haja Hamdaoiya et Hamid Zaher, c'est maintenant le tour de Cheb Khaled¦
حسن مناش En ligne 2008-08-02
Les traditions les coutumes, les valeurs, l'addiction et la dépendance font partie de l'éducation. Le Maroc a tellement négligé celle de ses fils... Ce n'est pas occidental, arabe ou musulman. Fumer entre dans le cadre du manque de cette éducation. Au début de l'indépendance, il y avait une éducation qui élevait les valeurs et les comportements. Mais le temps passe ; et les Marocains ont négligé leur passé et leurs valeurs. Cela nous a amené des maux. Nous ne pourrons nous débarrasser de ces conséquences qu'après une longue période. Une de ces conséquences est le tabac, avec un fort pourcentage de jeunes et même de femmes. Dans le passé, fumer était indécent pour un homme. Mais aujourd'hui, c'est à la mode et c'est une image de modernisation pour les deux sexes. Nous ne pensons pas que des mesures législatives porteront leurs fruits pour une génération moralement corrompue. Ils sont très peu à se soucier de la morale. Si vous n'avez pas entendu et que vous n'en avez pas fait vous-même l'expérience, vous pourrriez ne pas le croire. C'est un comportement dépravé que vous trouvez dans les rues, dans les clubs, dans les cafés et même dans les institutions scolaires. Alors quels sont les autres endroits qui devraient être respectés, hormis les mosquées ?
Jamal Morelli En ligne 2008-08-03
Exactement le type de nouvelle qui peut réjouir l'esprit des Marocains soucieux de leur santé... Absolument fantastique.
boras En ligne 2008-08-04
Une nouvelle fantastique ! En faisant cela, le Maroc mène le monde arabe dans l'application de ce que nous savons déjà dans la législation actuelle et que "fumer est mauvais pour votre santé et un gachis total d'argent" !
Aziz Naji En ligne 2008-08-12
15 milliards fumées par jour? Genre 5000/habitants/jours? mort de
gol En ligne 2008-08-14
c'est une exellente initiative que de faire une loi qui penalise les fumeurs et non pas ceux qui veulent preserver leur sante .l'etat ne peut pas vouloir lutter contre le cancer et laisser le tabagisme passif faire des degats en effet il vaut mieux prevenir que guerir.
المهندس/حسن البهكلي En ligne 2008-09-03
Une décision importante qui arrive très tard. Mais mieux vaut tard que jamais.
SAID En ligne 2008-09-08
Je suis d'accord avec vous, cette interdiction et plus au moins logique, sauf que le Maroc le fait juste par ce que la France a franchi le pas et ça c'est dommage car ce qui marche en France ne l'est pas forcément au Maroc, soiyont plus créatifs et surtout indépendants...
gol En ligne 2008-10-26
a said ,c'est aberrant d'ecrire un tel texte en effet vous dites "que ce qui marche en france (c'est a dire la loi interdisant de fumer dans les lieux public)ne marchera pas forcement au maroc ",or le tabac est nocif quel que soit le pays ou on se trouve !mais enfin comment peut on ecrire de telle sotises !!!
فؤاد En ligne 21 il y a plusieurs jours
Ceux qui ne sont pas dissuadés par l'éthique ne peuvent pas l'être par la règle de la loi. De toute façon, je pense que c'est une bonne initiative...
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