Le journaliste Slim Boukhdhir a été libéré en Tunisie

2008-07-23

Le journaliste tunisien Slim Boukhdhir a été libéré lundi, après avoir purgé sept mois d'une peine d'un an. Nombre d'observateurs pensent que l'arrestation et la condamnation de Boukhdhir faisaient suite à ses critiques envers le gouvernement tunisien.

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 23/07/08

[File] Le journaliste tunisien a été libéré lundi après avoir purgé sept mois d'emprisonnement pour des accusations dont beaucoup estiment qu'elles résultent de ses critiques envers le gouvernement.

Prenant une initiative qui a surpris la presse tunisienne, les autorités ont décidé de relâcher le journaliste Slim Boukhdhir lundi 21 juillet, après sept mois passés dans une prison de Sfax.

Journaliste indépendant et correspondant régulier pour le quotidien al-Quds al-Arabi basé à Londres, Boukhdhir avait été condamné à un an de prison pour un an pour "insulte à un fonctionnaire" et "atteinte à l'ordre public", des accusations que ses avocats et plusieurs organisations de défense des Droits de l'Homme jugent fabriquées de toutes pièces en réponse aux sévères critiques de ce journaliste envers les autorités.

Cette libération intervient à quelques jours seulement de la célébration de la Journée de la République, le 25 juillet, une occasion que le Président met traditionnellement à profit pour gracier des prisonniers ou réduire leurs peines.

Boukhdhir a déclaré à Magharebia que sa libération n'est "pas une victoire personnelle, mais la victoire de tous les partisans de la liberté".

"J'espère avoir été le dernier journaliste emprisonné en Tunisie", a-t-il déclaré.

Boukhdhir est bien décidé à ne pas modifier son style journalistique, "parce que je me respecte et respecte ma profession, qui exige professionnalisme, précision... et courage".

Le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) avait apporté son soutien à Boukhdhir dans cette affaire, et demandé sa libération vendredi dernier.

Lors de la réunion des instances dirigeantes de ce syndicat, la semaine dernière, son président, Lotfi Hajji, avait déclaré qu'après avoir purgé sept mois de sa peine, Boukhdhir "mérite une libération conditionnelle et les autorités doivent tenir compte de son état de santé et de la situation délicate de sa famille, dans la mesure où il est le seul à subvenir aux besoins."

Neji Bghouri, secrétaire général du SNJT, a déclaré que cette libération est due en partie aux nombreux appels lancés par son syndicat au gouvernement. Dans un communiqué publié mardi, le SNJT affirmait que la libération de Boukhdhir était l'une de ses exigences centrales dans un rapport publié le 3 mai sur la liberté de la presse dans le pays.

"Le bureau exécutif espère que cette mesure sera suivie d'autres répondant aux revendications légitimes du SNJT", conclut ce rapport.

Depuis New York, le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) a publié un communiqué dans lequel il exprime sa joie à l'annonce de la libération de Boukhdhir.

Une délégation du CPJ s'était rendue en visite en Tunisie le mois dernier pour y évaluer la situation actuelle de la presse et de la liberté dans ce pays du Maghreb.

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"Nous nous félicitons de cette libération et sommes soulagés que notre collègue ait enfin retrouvé la liberté", a déclaré le coordinateur du programme pour le Moyen Orient du CPJ, Joel Campagna. "Mais la triste réalité est que Slim Boukhdhir n'aurait jamais dû être emprisonné. Sa mise en détention injuste souligne l'état assez troublé de la liberté des médias en Tunisie. Nous espérons qu'avec la libération de Boukhdhir, les autorités tunisiennes mettront un terme à la pratique consistant à placer les journalistes derrière les barreaux et se débarrasseront de la fâcheuse distinction du plus grand emprisonneur de journalistes dans le monde arabe durant ces sept dernières années."

Affirmant que la place de Boukhdhir "n'est pas en prison", Reporters Sans Frontières (RSF) avait publié un communiqué depuis Paris dans lequel l'ONG appellent les autorités tunisiennes à "arrêter de harceler les journalistes indépendants et leurs familles, à ouvrir les médias et à lever les restrictions frappant les sites web".

Mohamed Ennouri, président de l'association Liberté et Equité, a exprimé la joie de son groupe "après la libération d'une plume libre et de l'un des membres fondateurs de l'association Liberté et Equité, le journaliste Slim Boukhdhir".

"Nous souhaiterions féliciter sa famille pour cette excellente nouvelle, a déclaré M. Ennouri, "et nous lui souhaitons un prompt rétablissement après les difficiles conditions de sa détention."

Ce contenu a été réalisé sous requête de Magharebia.com.
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عدنان الحسناوى En ligne 2008-07-24

Après cette initiative positive, nous demandons que le sujet suivant soit pris en considération, sà savoir le rôle joué par des journaux proches du gouvernement tunisien dans la propagation et la promotion de l'idéologie de l'extrémisme religieux et du terrorisme, en fournissant un soutien gratuit et la possibilité de faire de la propagande à des mouvements terroristes. Actuellement, certains journaux pro-gouvernementaux en Tunisie font la propagande gratuite des mouvements terroristes. Au lieu de publier les informations concernant les progrès des négociations entre la Syrie et Israël, de promouvoir la compréhension régionale et internationale, on ne parle que du triomphe du “Hezbollah” et de l'actualité du “Hamas”. On ne critique d'aucune manière le performances du gouvernement tunisien. Nous nous souvenons que depuis le début de l'année 2008, on a commencé à faire l'apologie du mouvement salafiste comme cela avait été le cas dans la période 1979/1987. Le résultat de cela a été l'essor en ce moment du mouvement islamique “Annahda”. Maintenant, avec ce pas en arrière, le citoyen consomme un produit médiatique similaire à ceux qui étaient présentés dans les écoles Talibanes. Avec cette attitude, des actions sont commises qui vont à l'encontre de la loi de lutte contre le terrorisme votée en décembre 2003, et contre la Déclaration Universelle sur les principes fondamentaux concernant la contribution médiatique à soutenir la paix mondiale et la compréhension, à renforcer les droits de l'homme et à lutter contre le racisme, la discrimination et l'incitation à la guerre. Oui le Gouvernement a fourni des efforts majeurs et positifs pour lutter contre le terrorisme international. Mais il a également utilisé cette question pour justifier la violation de Droits de l'Homme, et en particulier en politique et avec l'élimination des opposants politiques.

أبو محمد(صحافي تونسي) En ligne 2008-07-24

Tout d'abord, Lotfi Hajji n'est pas le président du Syndicat national des Journalistes tunisiens. Le Président du syndicat est Naji El Baghouri. Lotfi Haji était le président du Syndicat des Journalistes tunisiens qui a été dissous et dont les membres ont rejoint le Syndicat National. En second lieu, concernant Samir Boukhdir, c'est une question qui exige une considération et un suivi particuliers. De nombreux journalistes connaissent bien Slim à travers ses écrits sur Internet seulement. Il n'a pas été possible de publier l'information qui suit, alors que l'homme était emprisonné. Mais aujourd'hui qu'il est libre et qu'il peut lui-même se défendre, ,nous la publierons donc. Salim Boukhdir était l'un des journalistes connus pour recevoir des pots-de-vin de la part de représentants et d'artistes. Tout journaliste peut interroger l'acteur Mohamed Laaouni, le musicien Mohamed Jebbaki, Raouf Coca et Mounir Hamdi, la liste est longue. Salim Boukhdir a défendu la sorcellerie et les sorcières pendant longtemps, pour avoir publié des articles payés par l'astrologue Hassan Cherni. Il a même été le premier à interviewer l'homme qui a prétendu être prophète, à Sfax. Il a reçu pour cela 400 dinars. Le magazine Adoua existe encore. Salim Boukhdir a pratiqué toutes les formes frauduleuses existant dans le travail journalistique. En conséquence, il a été incapable de s'établir dans quelque journal que ce soit. Demandez-lui pourquoi il a été renvoyé de “Sadaa Atoulata”, “Adouaa” et “Assarih” avant qu'il ne devienne un activiste des droits de l'homme. Samir Boukhdir, avant qu'il ne passe par hasard à l'opposition, a publié une longue lettre dans le journal “Akhbar Al Joumhouriya” adressée au président de l'Etat, où il lui demande d'intervenir en sa faveur afin de subir une chirurgie. Il a écrit des mots au sujet du président de la république qui n'ont pas été écrits par le journal “Al Houryia”.

إسماعيل دبارة En ligne 2008-07-24

Au collègue Abou Mohamed. Tout d'abord, je voudrais unir ma voix à celle du premier commentateur. Sincèrement, une grosse erreur a été publiée par Magharebia par le biais du collègue Jamel Arfaoui connu pour son grand professionnalisme. Notre collègue Lotfi Haji n'est pas à la tête du Syndicat des Journalistes tunisiens ; c'est Naji El Baghouri qui préside ce syndicat. Au collègue Abou Mohamed, tout journaliste peut tomber dans un piège ou faire des erreurs. Néanmoins, votre dénonciation du journaliste militant est louche. J'espère que cette volonté sera modifiée. Notre défense du journalisme et de la liberté d'expression en Tunisie et nos appels contre l'emprisonnement des journalistes devraient surpasser les différences personnelles qui sont claires dans vos commentaires. Merci à tous. Vive la presse tunisienne libre et indépendante. Ismail.

أبو محمد(صحافي تونسي) En ligne 2008-07-26

Au collègue Ismail Debara. Sois sûr que je n'ai pas de conflits personnels avec Slim Boukhdir. L'information que j'ai publiée est juste. Il y en a même davantage, mais qui sera publié plus tard. Je te soutiens et je soutiens les efforts de tous les journalistes qui veulent défendre la liberté de la presse et de parole en Tunisie. Peut-être en ai-je personnellement payé le prix et je le paie encore. La question principale est de savoir qui peut défendre la liberté d'expression en Tunisie et en particulier, qui peut s'engager en cela. Je suis contre l'emprisonnement des journaalistes, que ce soit pour leurs opinions ou pour des choses publiées. Mais je suis aussi contre toute action opportuniste et contre ceux qui ne recherchent qu'à être célèbres. Dans les années 1980 et avant, la recherche de la célébrité et de l'opportunisme se faisait à travers la porte du parti dirigeant. Toutefois, aujourd'hui, la société civile et le combat droitiste sont devenus une porte à travers laquelle ces gens s'infiltrent. Cela fera du tort à la lutte de la droite en Tunisie.

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