Une association pour la liberté de la presse en visite en Tunisie
2008-07-08
Le Comité pour la Protection des Journalistes s'est récemment rendu en Tunisie pour évaluer l'état actuel de la liberté de la presse dans le pays. Malgré le refus des médias nationaux et des responsables du gouvernement de rencontrer cette délégation, le groupe compte présenter ses conclusions dans un rapport.
Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 08/07/08
![]() [cpj.org] Le Comité pour la Protection des Journalistes s'est récemment rendu en Tunisie. Cette association de défense des libertés de la presse envisage de publier un rapport détaillé sur ses conclusions. |
En réponse aux inquiétudes croissantes sur le déclin de la liberté de la presse en Tunisie, une délégation du Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) a récemment effectué une visite d'une semaine dans le pays pour y juger de l'état de la situation.
Dans une déclaration à Magharebia, Joel Campana, coordinateur du programme au sein du CPJ, a déclaré que le but de cette visite était de mieux connaître les conditions réelles de la presse et des libertés en Tunisie. "Nous étions inquiets sur les rumeurs d'atteintes à la liberté de la presse en Tunisie. Nous avions déjà publié des rapports détaillés sur un certain nombre de violations à l'encontre de certains journaux ou journalistes d'opposition qui avaient osé critiquer les performances du gouvernement", a-t-il expliqué.
M. Campana était accompagné par Cheryl Gould, du comité exécutif du CPJ à New York. Tous deux ont rencontré des membres de la presse tunisienne, ainsi que des responsables de différentes autres institutions.
Cette visite a permis au CPJ "de se faire une idée précise de l'état de la liberté de la presse ; ce qui a une nouvelle fois confirmé nos préoccupations", a déclaré M. Campana aux journalistes lors d'une conférence de presse organisée le 1er juillet.
"Nous espérions également rencontrer des responsables du gouvernement tunisien ou des rédacteurs de journaux nationaux... [mais] ils ont déclaré qu'ils ne disposaient pas de suffisamment de temps", a-t-il ajouté.
M. Campana a indiqué que certains journaux comme Al Mawkif souffrent de nombreuses restrictions, "y compris dans la distribution et la publicité. Dans certains cas, des individus sont utilisés dans ces tentatives, par le dépôt de plaintes contre tel ou tel journal, l'accusant de charges qui lui font perdre sa crédibilité."
En Tunisie, tous les partis d'opposition publient leurs propres journaux. Certains choisissent une ligne éditoriale plutôt favorable au gouvernement, d'autres une approche plus critique et provocatrice.
La délégation du CPJ a rencontré Neji Bghouri, secrétaire général du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT), au dernier jour de sa visite.
"Le SNJT est un nouveau-né dans lequel nous fondons nos espoirs, en particulier dans la mesure où les élections qui ont permis de choisir ses dirigeants ont été démocratiques et transparentes, ce qui laisse penser qu'il pourra défendre les droits des journalistes", a expliqué M. Campana à l'issue de cette rencontre.
Et de poursuivre : "Je partage les préoccupation [de Bghouri] concernant les pressions exercées contre le SNJT, comme la tentative de mettre en place des syndicats parallèles ou de faire appel aux autorités d'assurance sociale pour réclamer au SNJT le remboursement d'anciennes dettes."
Le 19 juin, M. Bghouri avait fait part de ce qu'il considérait comme une tentative contre le SNJT par la création de syndicats parallèles dans certaines institutions des médias privées et publiques. Il avait accusé le gouvernement de conspirer contre son syndicat avec l'aide de l'Union Générale des Travailleurs Tunisiens (UGTT), ce que les deux parties avaient réfuté.
Le Ministère de la Communication avait répondu dans un communiqué publié le 20 juin, affirmant que le gouvernement observait une neutralité parfaite et le principe du dialogue avec toutes les parties, y compris le SNJT. "Les autorités de toutes les institutions publiques des médias, y compris la radio et la télévision tunisiennes, n'interviennent pas en matière de droits des journalistes à pratiquer leur travail syndical en vertu des lois de ce pays."
Selon M. Campana, le CPJ continuera de surveiller la situation en Tunisie et publiera un rapport sur les résultats de sa mission actuelle. Il a déclaré qu'il est inacceptable que les médias tunisiens restent en bas de l'échelle internationale, alors que le pays regorge de journalistes compétents et parfaitement formés.







مختار الدبابي En ligne 2008-07-09
Il est facile pour une organisation indépendante d'accuser le régime de tentative d'entrave à son travail, et d'entrer avec lui dans une bataille d'intimidation. Mais en tant que journalistes tunisiens, nous voulons que le syndicat des journalistes soit efficace et non un rassemblement politique. Tout le monde sait qu'élever le slogan de l'affrontement avec toutes les régions du monde les pousseront à choisir à leur tour l'affrontement. Si nous faisons de la surenchère et accusons l'autre de comploter contre nous, nous brisons les liens avec lui. Le syndicat des journalistes a commencé le jeu en accusant l'administration de la gêner et de créer des organismes parallèles pour l'endiguer et le marginaliser. Le syndicat n'a même pas encore débuté ses travaux ni ses programmes qu'il dit déjà qu'on l'entrave et qu'il y a des complots montés contre lui. Il devrait plutôt ouvrir le dialogue avec les journalistes qui désirent le rejoindre. Il devrait également présenter son programme et sa vision du développement de ce secteur, et convaincre ses interlocuteurs. Il devrait faire l'esquisse d'un code d'éthique comme d'une structure politique et conceptuelle du syndicat. Il existe certaines revendications parce que sur la scène médiatique de Tunisie, nombre de violations et d'erreurs professionnelles empêchent le respect des professionnels du secteur. On peut aussi supposer que le nouveau syndicat pourra présenter à ses membres un document expliquant sa position vis-à-vis des autorités et les relations qu'il entretiendra avec elles. Ce document devrait être présenté pour être débattu et approuvé. Le discours des dirigeants du syndicat est immergé dans l'idéologie, au point que vous pourriez penser que les déclarations faites par certaines de ses personnalités éminentes ont été faites en 1960 ou 1970. La base du syndicat ne veut pas d'affrontements ni de slogans. Elle réclame des solutions pratiques et viables qui permettront de développer sa situation sociale. On peut y arriver par un dialogue calme avec les autorités qui ont accueilli favorablement le syndicat et qui lui ont ouvert les portes de la discussion. Nous ne voulons pas d'un syndicat entre les mains des autorités, de l'opposition ou même entre celles de son président, M. Naji El Baghouri.
Nous nous réjouissons de vos commentaires sur les articles publiés par Magharebia.
Nous espérons que vous utiliserez ce forum pour discuter avec d'autres lecteurs du Maghreb. Pour conserver tout leur intérêt à ces discussions, nous vous demandons de respecter les règles précisées dans la politique relative aux commentaires. L'envoi de vos commentaires implique le respect de ces règles. Bien que Magharebia.com encourage la discussion sur tous les sujets, y compris des sujets sensibles, les commentaires publiés ne reflètent que les seules opinions de leurs auteurs. Les idées, vues et opinions exprimées dans ces commentaires ne reflètent pas nécessairement la position de Magharebia.com. Ce forum est géré par un modérateur. Les commentaires a caractère injurieux, offensifs, ou contenant des propos diffamatoires ne sont pas publiés.
Politique des commentaires de Magharebia