Un colloque traite de la violence des jeunes en Tunisie

2008-07-08

Des universitaires et responsables tunisiens ont participé à un colloque organisé la semaine dernière et consacré au phénomène grandissant de la violence chez les jeunes. Les jeunes qui participaient à cette rencontre ont affirmé que les mesures proposées ne répondent pas de manière adéquate au problème.

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 08/07/08

[Jamel Arfaoui] Les jeunes qui participaient à un colloque sur la violence au sein de la jeunesse tunisienne ont déclaré que les mesures proposées par les universitaires et les responsables ne répondaient pas de manière adéquate au problème.

Lors du dernier séminaire en date organisé dans le cadre de "l'Année du Dialogue avec la Jeunesse" de Tunisie, des travailleurs sociaux, des universitaires et des étudiants se sont retrouvés dans la capitale, le 2 juillet, pour discuter de la violence et des jeunes. Les participants ont recommandé de renforcer les liens familiaux pour faciliter une saine éducation des enfants, ainsi que le renforcement de la coopération entre groupements de jeunes et associations. Les spécialistes ont également souligné la nécessité de lutter contre la violence, l'intolérance et le terrorisme sous toutes leurs formes.

A l'ouverture de ce colloque, le Ministre de la Communication Rafaa Dekhil a souligné la capacité des jeunes à accepter les réformes et à résister par eux-mêmes à la violence. Il a demandé un examen approfondi des statistiques liant les jeunes à la violence.

L'universitaire Abdelwahab Mahjub a indiqué que plus la violence se répand dans les écoles, moins les gens sont sensibles à ses dangers. Il a mis en garde contre ce qu'il a appelé "la normalisation et la coexistence" avec la violence et insisté sur le besoin d'une dissuasion orale par des punitions sévères infligées aux auteurs de violences.

Mohammed Hamden, directeur de l'Institut de la Presse et des Sciences de l'Information, a parlé du rôle des médias de masse dans la lutte contre la propagation de la violence chez les jeunes, appelant à une formation aux médias dans les écoles et les différentes institutions scolaires, "pour permettre aux enfants de procéder à une lecture attentive des informations qu'ils reçoivent."

Au travers de leur engagement, de nombreux jeunes ont fait part de leur mécontentement quant à la manière dont l'Etat a mené le dialogue avec les jeunes. Citant l'âge des responsables, y compris des organisateurs de ce colloque, certains ont affirmé que les sujets présentés pour le dialogue étaient très éloignés de leurs ambitions et de leurs aspirations.

Tarek Echchaib, un jeune diplômé, a déclaré que ce colloque n'avait pas abordé les problèmes réels qui poussent de nombreux jeunes à avoir recours à la violence comme moyen d'expression.

"Où sont les questions de l'emploi, du chômage, du népotisme, de la violence administrative, et de la violence de certains vêtements que portent nos filles, qui provoquent violence interne et répression ?" Echchaib a demandé la création de nouveaux médias dédiés aux jeunes, pour les aider à soulager leurs frustrations.

L'étudiante Soumia Ben Rejeb a indiqué que les jeunes ne sont pas les seuls responsables de cette propagation de la violence.

"La responsabilité doit en être entièrement assumée par les organismes de formation sociale, et, par conséquent, par les personnes plus âgées", a-t-elle déclaré.

Elle a également souligné que les garçons ne devaient pas être les seuls sujets lors des débats sur la violence, "parce qu'il existe aussi un type de violence pratiquée par les filles."

Meryem el Hajji, également étudiante, a demandé aux institutions de l'enseignement d'appliquer plus strictement les règlements du Ministère de l'Education concernant les uniformes scolaires.

"De nombreuses écoles ferment les yeux sur un habillement indécent, alors qu'elles s'empressent de refuser des vêtements qu'elles jugent sectaires", explique-t-elle. "Ce type d'injustice encourage l'extrémisme."

Cenim Ben Abdallah, chercheur en sciences sociales, a donné pendant trois semaines des conférences sur ce qu'il estime être une propagation longtemps ignorée de la violence chez les jeunes.

"C'est un point positif", a-t-il déclaré. "Aujourd'hui, la société a décidé de rompre la barrière du silence."

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M. Abdallah a mis en garde les participants contre le fait d'imputer toute la violence aux jeunes.

"A la base, le problème est d'ordre social... Nous devons le traiter avec relativisme et prudence."

Une étude menée par l'Observatoire National de la Jeunesse en 2004 consacrée à la violence verbale chez les jeunes Tunisiens avait montré que ce phénomène prend une ampleur alarmante. Plus de 88 pour cent des garçons concernés par cette étude avaient déclaré avoir recours à la violence verbale à l'école et dans d'autres lieux publics.

Aux termes de la loi tunisienne, la violence verbale est un délit passible de prison, de seize jours à un maximum de cinq ans.

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comments

Mr. Abdullahi Nur En ligne 2009-05-01

Chère page internet du site de Magharebia, je m'appelle M. Abdullahi Nur, militant de la société civile et RP du Conflit Non-Violent ; directeur général pour la Paix et le Développement Intégré, Somalie. La violence des jeunes en Tunisie est le même que elle des jeunes en Somalie. Ne pourriez-vous soulever ce point dans Magharebia ? Somalie, Somalie, Somalie ; Nous sommes pareils dans le monde musulman, sommes nous seuls ? Pourriez-vous mobilier avec nous la jeunesse somalienne pour qu'elle METTE UN TERME à la violence par une culture de la non-violence ? Merci. Abdullahi Nur, Somalie

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