La soudaine démission de Belkhadem soulève des interrogations en Algérie

2008-06-25

Lorsque le Président algérien Bouteflika a remanié son gouvernement en remplaçant le Premier Ministre Abdelaziz Belkhadem par Ahmed Ouyahia, l'opinion publique et la presse ont été promptes à trouver des théories pour expliquer cette rapidité. Les explications possibles vont du repositionnement stratégique en vue des prochaines élections présidentielles au resserrement des liens avec l'Occident.

Par Said Jameh pour Magharebia à Alger – 25/06/08

[Said Jameh] L'ancien Premier Ministre Abdelaziz Belkhadem (à gauche) s'entretient avec son successeur et ancien dirigeant Ahmed Ouyahia (à droite). Ce changement rapide à la primature a soulevé de nombreuses interrogations chez les Algériens.

Lors d'une déclaration qui a surpris de nombreux observateurs, le Président algérien Abdelaziz Bouteflika s'est séparé de son Premier Ministre Abdelaziz Belkhadem lundi 23 juin, et designé Ahmed Ouyahia pour lui succéder. La rapidité de ce changement soulève de nombreuses interrogations quant aux raisons du Président.

Lors de son entrée en fonction, M. Ouyahia a parlé de sa nomination comme d'une "composante du progrès du pays". Il a remercié le Président Bouteflika de la confiance qu'il lui manifestait, la considérant comme "un grand honneur et une occasion de servir son pays".

Il n'en reste pas moins que la décision de M. Bouteflika a surpris bon nombre des militants du Front de Libération Nationale (FLN), dans la mesure où M. Ouyahia, bien qu'il appartienne à la coalition au pouvoir, est membre du Rassemblement National Démocratique (RND), un parti concurrent. Il avait occupé le poste de Premier Ministre de 1995 à 1998, puis à nouveau de 2003 à mai 2006, lorsqu'il avait été contraint de démissionner après avoir été accusé d'avoir entravé des investissements arabes dans le pays.

M. Belkhadem apportera son soutien au nouveau gouvernement et restera le représentant personnel du Président Bouteflika.

La presse locale a abondamment commenté ce rapide changement. Sawt Al-Ahrar, très proche du FLN de M. Belkhadem, a écrit que ce changement n'aura aucune répercussion sur le parti ni sur le poids politique de M. Belkhadem.

Le grand quotidien Al-Khabar a indiqué que ce changement est seulement un échange de postes entre MM. Ouyahia et Belkhadem et qu'il s'inscrit dans le cadre du jeu d'équilibre au sein de la hiérarchie du pouvoir. Le journal ajoute que ce changement fait suite à l'échec de M. Belkhadem dans la mise en oeuvre du programme économique du Président Bouteflika, et, partant, dans la conduite du troisième mandat du Président, conformément au programme de ce dernier. M. Bouteflika a vu en Ouyahia son sauveur, ajoute le journal, ajoutant qu'en choisissant Ouyahia, le Président peut maintenir une surveillance plus étroite sur le RND, le deuxième plus important parti politique en Algérie, à l'approche des élections présidentielles de l'an prochain.

Mais si Bouteflika peut voir en Ouyahia l'homme de la situation pour faire avancer son programme de réformes économiques qui avait calé lors de son précédent mandat, écrit le quotidien Al-Watan, l'avenir politique de Bouteflika lui-même pourrait être compromis si Ouyahia ne réussit pas à obtenir les résultats que l'on attendait de son prédécesseur.

Le journaliste économique Slimane Hamiche comprend la logique de cette décision, mais n'est pas d'accord. "Il n'est pas raisonnable, a-t-il déclaré à Magharebia, de faire revenir Ouyahia qui avait été contraint à la démission, pour revenir deux ans après seulement, alors que rien n'a changé sur le terrain."

Plusieurs sources associent le retour de M. Ouyahia au projet d'Union Méditerranéenne. M. Belkhadem avait clairement rejeté ce projet, le qualifiant de peu clair et exigeant des explications supplémentaires.

M. Ouyahia a quant à lui déclaré à la presse que l'Algérie ne peut tourner le dos à un évènement aussi important pour la région.

"Le rejet par Belkhadem de l'Union Méditerranéenne a eu un profond impact sur sa position au sein du gouvernement", a expliqué le politologue Ali Merdij à Magharebia. "Aux yeux de l'Occident, il apparaît comme un conservateur proche des islamistes, ce qui a un effet néfaste sur les relations que Bouteflika s'efforce de construire avec les alliés de l'Algérie, en particulier la France", ajoute-t-il.

"A l'inverse, Ouyahia est accepté par l'Occident [et] vu comme un champion de la réforme à l'esprit ouvert", conclut M. Merdij.

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comments

REDA En ligne 2008-06-26

on prend les memes et on recommence . ce sont de veritables magouilleurs. aucun respect pour le peuple algerien . encore des annes devant nous de perdues ... on dit que les dictateurs ont la peau dure et que la politique est une drogue ... croyez moi on a besoin d une deuxieme independance on etouffe dans ce bled ...

Momo En ligne 2008-06-26

Que vive l'Algérie qui a tant besoin de tous ces patriotes qui oeuvrent pour la faire sortir du tunnel. on fait confiance à Bouteflika et ses choix souvent bien réflichis.

tayeb belalem En ligne 2008-06-29

toutes les couleurs se ressemblent

abdoudi En ligne 2008-07-09

je suis tres heureuse que monsieur oyahia soit renommer et je souhaite que dieu benisse l'ALGERIE et son peuple.Jai l'espoir que tout va rentrer dans l'ordre INCHALLAH. AICHA

النعمان سالم En ligne 2008-07-18

Pourquoi nous mentons-nous à nous mêmes ? Quelle est la différence entre Belkhadem et Ouyahya? Ce sont les deux faces d'une même pièce. Chacun d'eux se vante de mettre en oeuvre le programme de Son Excellence le Président.Avec le premier, en dépit des prix élevés du pétrole qui ont rapportés des revenus inimaginables dans la Trésorerie, tels que l'on ne les avait jamais vu, et nous sommes encore en train de vivre une folle hausse des prix. A quoi servira l'accumulation de ces fonds ? Il servira pour les ventres affamés du Gouvernement. Et concernant le second, son projet est de vendre le pays et son peuple.

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