Les autorités marocaines refusent d'enregistrer des noms amazighs
2008-06-10
En dépit de l'implication sur ce sujet des ONGs de défense des Droits de l'Homme et des organisations amazighs, les autorités marocaines continuent à refuser l'utilisation de noms amazighs sur les documents officiels.
Par Hassan Benmehdi pour Magharebia à Casablanca – 10/06/2008
![]() [Getty Images] Des activistes amazighs marocains manifestent le jour de la Fête du Travail. Les amazighs du Maroc ont critiqué le refus des autorités marocaines d'enregistrer des noms amazighs sur les documents officiels. |
De nombreux cas révèlent que les citoyens marocains doivent faire face au refus des autorités d'enregistrer leurs noms amazighs sur les documents officiels. Des noms, tels Bahac, Damya, Diyia, Mayssa, Guraya, Yuba, Ijja, Aderfy, Amzin, Idir, Massinissa, Tihia, Tinass, Taynust, Sifaw, Massin et autres semblent être catégoriquement interdits d'entrée sur les registres de naissances, de mariage et de décès.
Chakib Benmoussa, Ministre de l'Intérieur, a réfuté toute allégation de discrimination, disant que dans la Haute-Commission pour le Statut Civil, l'organe en charge d'approuver ou de rejeter les choix potentiels de noms, "il n'y a aucune restriction sur le choix des noms, et il n'existe pas de liste restreignant la liberté publique à ce sujet".
Et au contraire, Benmoussa, désireux d'expliquer comment la commission procède dans la reconnaissance ou le rejet des noms, s'appuie sur la loi No. 37-99, qui stipule que "le nom choisi par la personne qui déclare la naissance...doit être marocain par nature et ne doit être ni un nom de famille, ni un nom constitué de plus de deux prénoms ; ce ne doit pas être le nom d'une ville, d'un village ou d'une tribu ; et il ne doit pas être tel qu'il soit susceptible de troubler la moralité et l'ordre public".
Les activistes amazighs répondent que la liste des noms rejetés devient chaque année plus longue. Sur les 88 cas examinés par la commission en 2007, . Benmoussa dit que 75 ont été acceptés. Thirteen, malgré tout, a été rejeté parce que considéré comme un nom amazigh "non-marocain". Les exemples les plus récents de noms rejetés comprennent les prénoms Illy, Tilili, Chaden, Dihia. Ces noms, définis comme non-conformes à la loi, sont transmis à tous les bureaux d'enregistrement du Maroc, à ses ambassades et à ses Consulats à l'étranger.
Les citoyens marocains Farid El Mouchni et sa femme ont découvert, en mars, qu'ils ne pouvaient inscrire le nom de leur fille, Chaden.
Farid raconte aux journalistes que trois mois après sa naissance, sa fille n'a toujours pas de nom en raison de l'opposition de l'ambassade marocaine à Madrid, où vit la famille, qui dit que Chaden est un prénom interdit par la Haute-Commission du Statut Civil.
"Je ne comprends pas pourquoi on ne m'a pas autorisé à appeller ma fille Chaden, étant donné qu'il ne s'agit pas d'un prénom moralement offensif, et qu'il ne va pas à l'encontre de toutes les règles", dit-il, ajoutant qu'il a fait appel auprès des officiels de l'Etat marocain et de l'ambassadeur du pays à Madrid, mais en vain. I
La famille El Mouchni n'est pas la seule.
Dans la ville d' Al Hociema, au nord-est, la famille Nouizia s'est battue en vain pendant cinq ans pour enregistrer le nom de son enfant – Sifaw. A Errachidia, c'est le prénom Tihia qui a été terrassé.
En juin 2007, les autorités d'Agadir ont refusé d'enregistrer le prénom "Illy". Après plusieurs tentatives, les parents d'Illy ont décidé de faire appel à la Justice, et ce cas est actuellement entendu.
Les activistes amazighs disent que ce refus des prénoms amazighs est une forme de discrimination.
Rachid Rakha, membre du Congrès Mondial Amazigh, dit à Magharebia que le rejet des prénoms amazigh est une "injustice" faite à l'encontre de l'avenir de l'identité amazigh.
"Ces noms amazighs n'excitent aucune notion de haine, ne défient pas la moralité ou l'ordre public. C'est presque le contraire ; puisque ces noms rappellent la culture, l'indentité, l'histoire amazighs, et de grands personnages historiques," ajoute-t-il.
Les mouvements amazighs au Maroc se sont unis solidairement contre les actions gouvernementales et ils ont contacté un certain nombre d'ONGs nationales et internationales, afin d'attirer l'attention sur cette question.
Au Parlement, trois députés du Parti du Renouveau et de l'Equité ont proposé un amendement à la loi 37-99, visant à mieux protéger les droits du nouveau-né marocain à avoir un prénom légitimement reconnu, choisi selon le désir de ses parents ou de son tuteur légal.
El Taeïbi, infirmière à Casablanca, dit à Magharebia que la réaction des amazighs face à l'interdiction des prénoms qu'ils ont pu choisir est naturelle. "C'est malheureux et cela me paraît injuste, et le problème doit être reconsidéré".







abdarasse En ligne 2008-06-10
Salam mes frères et soeurs. Merci pour cet article mais sincèrement, c'est une honte, par Dieu. Si Dieu le veut, mes enfants porteront un nom berbère à 100% quoi qu'il arrive et même si je dois pour cela aller voir les autorités ; chacun est libre de choisir le nom de son enfant, pour autant que je sache, nous sommes libres et le resterons, Hmd, c'est cela, merci.
Jamal, Riffian Amazigh Hollanda En ligne 2008-06-11
Salaam koulchi Maghariba, les noms amazighs que les parents veulent donner à leurs enfants et qui symbolisent un grand nom historique devraient être autorisés. Ces noms amazighs sont parfois pré-islamiques et pour le marocain normal (amazigh ou arabe), ces noms peuvent ne pas paraître familiers, mais cela ne veut pas dire que l'histoire du Maghreb et du Maroc a spécifiquement commencé avec la conquête islamique ! Il y avait une civilisation amazigh riche avant, et qui existe encore ! Il est arrogant et il est injuste de prétendre le contraire. Je crois que les autorités marocaines et les ONG ont fait un bon travail en faveur de l'émancipation amazigh et d'une vraie prise de conscience, mais il reste encore beaucoup à faire, comme nous pouvons le constater au niveau de ces noms. En tant que président de la Fondation Metalsa aux Pays-Bas, je soutiens la cause d'une liberté totale dans l'octroi de noms marocains endémiques à nos enfants, et quoi qu'on puisse en penser, car c'est le droit de la population, et il y a un impact psychologique énorme lorsqu'un nom est rejeté. Le refus de tel ou tel nom est indirectement le refus de l'histoire du Maghreb. A l'époque d'internet, de la mondialisation, avec 10% de Marocains vivant à l'étranger, les choses changent rapidement et le gouvernement doit rester aussi à ce rythme, dans tous les secteurs.
e.m En ligne 2008-06-12
notre pays est multi culturel et multi racial alors qu aucain control n est effectue sur ces noms d origine juive catholique ou encore ces noms bizars qui nous viennent d orient a travers almoussalsalats....pendant qu on s acharne sur les noms amazighs.
MAHMOUD En ligne 2008-06-14
il y a que maintenant que ces noms amazgh revienent en surface. vos responsables sont manipulés de l exterieur et vous manipulent sans que vous vous rendiez compte de ce jeu pour diviser les peuples inconscients deje tres fragile au nom d'une democratie truquée parce que la vraie democratie personne ne nous la souhaite surtout l'occident parc qu'elle desserve leurs interets ... et la vraie democratie exige qu'un peuple soit instruit ... et pas instinctif.meme certains journalistes qui se disent independants agissent contre les interets supremes de leurs pays ...PS je suis d origine amazigh ...
lemarocain En ligne 2008-06-15
Mon commentaire peut être interprété comme un parti-pris d'un côté ou de l'autre, mais pour moi - en tant que partie non concernée - je connais le problème des prénoms dans mon travail, car je suis agent dans l'un des bureaux de l'état civil. Je pose la question à chaque fois qu'un prénom amazigh est déclaré, parce que ma fonction dans ma ville rurale est de vérifier avec le père du nouveau-né la signification du nom choisi. Dans la plupart des cas, il n'y a aucune réponse. On sait que des prénoms ont une signification, c'est le cas de noms comme Ayour (lune), Tafoukt (soleil) ou Tizri, Tifaout, tous ces prénoms veulent dire quelque chose en tamazight ou dans la vie courante. Mais la plupart du temps, les noms suggérés ont une référence historique et ont pour objectif d'être distinctifs pour les enfants qui les portent, pas seulement de préserver l'identité amazighe. Si les intentions de ces personnes sont d'officialiser les noms amazighs, il en existe des milliers. Massine, par exemple, n'est pas autorisé mais est très populaire, Massinssa également, et c'est un nom archéologique, Ayour, ou Thlaytmas. Mais le nom Illy, qui signifie ma fille, s'il se trouvait suggéré à Nador, Housseima, à Ouarzazate ou Khenifra, je ne crois pas qu'il serait rejeté. Mais il a été demandé à Tétouan, pour une fillette adoptée. Cela donne au nom plus de renvoi à l'adoption, et c'est là que réside le problème. Comme conseil que je peux donner à tous ceux qui veulent officialiser des noms historiques, les significations de ces noms doivent être simplifiées dans les médias locaux, tout d'abord afin que les oreilles aient le temps de s'habituer à leur sonorité, il ne faut pas les donner du jour au lendemain. Si les noms appartiennent à des personnalités amazighs célèbres, ils doivent être historiquement et géographiquement identifiés, et ne pas être en-dehors du Maroc afin qu'ils soient en adéquation avec la loi sur l'état civil. Les associations concernées par la question amazighe devraient être en communication constante avec les agents de l'état civil, car ce sont eux qui sont concernés en premier lieu par les noms qui peuvent être enregistrés ou non. Cela se passe couramment en soumettant des noms à la Haute-Commission, mais cette présentation incluera l'opinion que l'on peut avoir sur le nom proposé, qui est un facteur important d'acceptation ou de rejet des noms. En ce qui concerne le nombre de noms rejetés par tous les bureaux de l'état civil, il est décidé conformément à la loi.
Argaza En ligne 2008-06-21
Je crois que ce n'est pas la seule fois que le régime marocain s'en prend aux libertés civiles. Le front militaire amazigh est encore en chemin ; et si la junte continue à agir comme elle le fait, elle le regrettera amèrement. Ensemble, condamnons cette violation des libertés civiles ou... laissez la junte au Palais faire ses choix et en subir les conséquences.
exemple En ligne 2008-08-14
Des noms amazigh ou autres, je crois qu'on a dépasser l'époque où une telle liberté est dépassé. Il faut respecter les gens de ce qu'ils veulent avoir comme nom. c'est vraiment de liberté de base.
faty En ligne 2009-01-25
Je soutiens tous ceux qui soutiennent le tamazight. Je soutiens tous ceux qui aiment leurs origines.
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