Le gouvernement marocain élabore une stratégie pour lutter contre la hausse des prix
2008-06-03
Face à la flambée des prix des produits de première nécessité et des matières premières, le gouvernement marocain a annoncé un nouveau plan pour aider les consommateurs et stabiliser le budget.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 03/06/08
![]() [Sarah Touahri] Le Ministre marocain des Affaires Economiques et Générales Nizar Baraka a déclaré que son ministère travaille à restructurer les subventions gouvernementales pour tenter de résoudre la question de l'augmentation des prix des biens de première nécessité. |
Confronté à une très forte augmentation des prix des produits de base et des matières premières, le gouvernement marocain a élaboré une stratégie globale et structurelle visant à maîtriser l'enveloppe budgétaire de la Caisse de compensation et à réaliser l'efficience économique et l'équité dans la distribution des subventions.
"Le Maroc maintient la compensation alors que beaucoup d’autres pays ont procédé à des hausses des prix de l’ordre de 40 pour cent. Ainsi, l’enveloppe de la caisse atteindra 30 milliards de dirhams au lieu de 20 prévus par la loi de finances", a déclaré Nizar Baraka, le Ministre des Affaires Economiques et Générales, devant le parlement, mercredi 28 mai.
M. Baraka a expliqué que son ministère avait relevé des dysfonctionnements au niveau de la caisse relatifs à la non-maîtrise du budget, à la dépendance croissante vis-à-vis des marchés mondiaux et à la multiplication des intervenants.
"Le nombre élevé des intermédiaires est un véritable problème", a-t-il expliqué. "A titre d’exemple, pour le blé que l’Etat subventionne à hauteur de 1,43 dirham/kg pour arriver au consommateur à 2 dirhams/kg, on le trouve sur le marché à plus de 2,50 dirhams/kg."
Pour aggraver encore la situation, 20 pour cent des couches aisées de la société bénéficient de 75 pour cent des subventions, alors que les 20 pour cent des plus démunis bénéficient de 1 pour cent.
Une autre question importante est le coût du gaz butane. Ce produit était à l'origine subventionné pour les ménages, mais il est également utilisé dans le secteur de la production. La croissance de la consommation est passée de 5 pour cent par an en 1995 à 9 pour cent ces dernières années.
Le gouvernement envisage une série de mesures pour pallier les dysfonctionnements, notamment le développement des énergies alternatives et la rationalisation de la consommation de l’énergie (ampoules à économie d'énergie, énergie solaire, audits énergétiques au sein des unités de production industrielles et agricoles).
Dans le cadre de cette nouvelle stratégie énergétique, une structure de tarification révisée s'appliquera aux clients des tranches de consommation élevées durant les heures de grande consommation.
De plus, des programmes sont en place pour réviser la composition des matières subventionnées. Des comités ministériels sont en train d’examiner ce sujet afin de maîtriser les coûts, surtout en ce qui concerne les marges de gain et le transport pour bien fixer le prix final.
Des études sont en cours pour élaborer un nouveau système de tarification des produits pétroliers en prenant en considération la marge destinée au raffinage du pétrole qui sera adoptée par la SAMIR dès l’année prochaine. Ce nouveau système mettra l’accent sur la diminution de la marge bénéficiaire au niveau local.
Selon le gouvernement, le contrôle des prix sera également renforcé en garantissant l’affichage des prix nationaux, surtout en ce qui concerne le sucre et la farine, pour éviter la spéculation. Selon M. Baraka, cette mesure entrera en vigueur au cours des prochains mois, en accord avec les professionnels.
M. Baraka a également indiqué que le gouvernement souhaite réduire la dépendance économique aux marchés internationaux par la promotion des secteurs vitaux locaux. Cela concerne notamment l’amélioration de la production nationale de blé afin de couvrir une plus grande part de la consommation nationale et le renforcement de la capacité de négociation des organisations professionnelles du secteur agricole.
En ce qui concerne le sucre, un programme contractuel a été élaboré avec les professionnels afin de couvrir 58 pour cent des besoins nationaux au lieu des 38 pour cent actuels, en augmentant les superficies consacrées à la production de cannes à sucre et en améliorant les moyens de production.







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