Une meilleure récolte de blé au Maroc sera insuffisante pour compenser l’augmentation des prix
2008-05-12
Grâce des initiatives gouvernementales et à une meilleure conservation de l'eau, le Maroc prévoit de doubler la récolte de blé, par rapport à l'année dernière. Certains vendeurs s'inquiètent cependant du fait que la spéculation sur le marché du blé continuera à faire augmenter le prix sur le marché national.
Par Imane Belhaj pour Magharebia à Casablanca – 12/05/08
![]() [Getty Images] Un fermier répand du fertilisant sur un champ de blé à l’extérieur de Rabat. Même si le Maroc prévoit une meilleure récolte que l’année dernière, nombreux sont ceux qui s’inquiètent de l’augmentation continue des prix. |
Le Maroc prévoit de produire 5 millions de tonnes de blé cette année, mais ceci pourrait ne pas être suffisant pour éviter une augmentation des prix.
Les chiffres publiés le mois dernier par le ministère marocain de l'Agriculture indiquent que même si la récolte de blé prévue cette année est le double de celle de l'année 2007, elle reste inférieure aux 5,15 millions de tonnes de moyenne sur les dix dernières années. Le secteur avait prévu une récolte de 5 à 6 millions de tonnes.
Le rapport du ministère indique que les conditions climatiques de la saison agricole actuelle, conjuguées aux efforts des agriculteurs et du gouvernement, ont permis d’obtenir des résultats globaux satisfaisants, tant pour la récolte que pour l’élevage. La sécheresse dans certaines régions a cependant réduit à la fois les récoltes de blé et a entraîné de mauvaises conditions de pâture du bétail.
Ibrahim Hasnaoui, qui dirige le Syndicat Général de l'Agriculture, s'attendait à une récolte relativement médiocre de 42 à 43 millions de quintaux, à cause des conditions climatiques sur une terre éprouvée par les précipitations, au lieu d'une terre irriguée.
"Si l'auto-suffisance requiert 60 millions de quintaux, ceci signifie que le Maroc doit importer 40 pour cent de ses besoins en blé, c'est-à-dire 22 millions de quintaux", a indiqué Hasnaoui à Magharebia.
Les prévisions de productivité varient d’une région à l’autre, explique-t-il. Dans les zones touchées par la pluie, le taux de production est de 5 à 6 quintaux par hectare. Dans les régions irriguées, le taux passe à 60 quintaux par hectare.
En tant que principal acheteur national, le gouvernement fixe le prix de base du blé tendre. Pour aider les fermiers, le ministère de l’Agriculture a annoncé le 17 avril qu’il allait augmenter le prix de 20% pour la saison des moissons de juin à août 2008.
Mais le nouveau prix de référence de 300 dirhams reste insuffisant, a déclaré Hasnaoui, car la spéculation des courtiers va faire augmenter les prix jusqu'à 600 dirhams pour le blé entier.
Les marchands de blé au détail s'inquiètent également de ce que les spéculateurs pourraient faire du marché. Abdullah, comme de nombreux vendeurs, s'inquiète du fait qu'ils achèteront à un prix légèrement supérieur aux 300 dirhams fixés par le gouvernement afin, par la suite, de monopoliser le marché.
"La récolte attendue est de taille moyenne, aussi il existe des inquiétudes croissantes concernant le plafond que les prix atteindront dans les mois à venir." Etant donné les fluctuations du marché mondial du blé, cependant, il estime que la spéculation est inévitable.
Selon un autre marchand de blé, le consommateur finit toujours par en payer le prix. Mustafa est un vendeur de blé sur le marché de Casablanca, où un quintal de blé complet a atteint les 700 dirhams. "Les courtiers spéculent sur les prix, et s'attendent à ce qu'ils montent en flèche", indique-t-il, "mais l'Etat n'a pas les moyens de contrôler les prix, en particulier concernant l'économie de marché".
Pendant ce temps, le Maroc a institué des procédures permettant de s'assurer que la saison agricole actuelle se passe en douceur, en incluant une exonération de la taxe sur les importations de semences.
La 24 avril 2008, le ministère de l'Agriculture a lancé le plan "Maroc vert" pour développer le secteur agricole et améliorer sa contribution au produit intérieur brut (PIB) de 100 milliards de dirhams. Sur dix ans, le gouvernement espère améliorer la fourniture de denrées alimentaires, stimuler les exportations agricoles marocaines, et réduire l'utilisation d'eau. L'activité agricole génère actuellement 16% du PIB, mais consomme 80% des ressources en eau douce du pays.
Dans le cadre de l'initiative "Maroc vert", 1,4 milliards de dollars seront investis chaque année dans 1.500 nouveaux projets agricoles, afin d'améliorer la production d'huile d'olive, de légumes, de fruits et de blé dans la campagne marocaine. Des accords de libre-échange avec les Etats-Unis et l'UE devraient permettre d'accroître les exportations de denrées alimentaires.






LARHZAOUI SAMIR En ligne 2008-07-21
LE SUJET BIEN EXPLICATIF CLAIR ET PRESI SUR LE BLE AU MAROC MERCI
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