Les universités marocaines paralysées par un mouvement de grève
2008-05-08
Le Syndicat National de l'Enseignement Supérieur a mis un terme ce jeudi à une grève de trois jours qui paralysait les universités marocaines. Il s'agissait de la troisième grève de ce type organisée en 2008, pour tenter de ramener le gouvernement à la table des négociations sur la réforme de l'enseignement.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 08/05/08
![]() [File] Pour tenter de forcer les discussions avec le gouvernement marocain, les enseignants du supérieur ont organisé cette semaine leur troisième grève de l'année. |
Les universités marocaines ont été paralysées pendant trois jours par une grève qui a commencé mardi 6 mai en réponse à un appel du Syndicat National de l'Enseignement Supérieur (SNESUP). Ce mouvement est le troisième de ce type en 2008 ; il fait suite à une grève de vingt-quatre heures organisée en janvier et à une grève de deux jours, en mars.
La secrétaire générale du SNESUP Fouzia Guedira a déclaré à Magharebia que cette décision fait suite à une stratégie ascendante de "lutte" pour amener le gouvernement à rouvrir le dialogue avec le syndicat.
"Le dialogue a été interrompu sans raison valable", explique-t-elle. "Nous avions rencontré le Ministre [de l'Education] le 22 novembre 2007, suite à l’accord conclu avec l’ex-Premier Ministre Driss Jettou en août 2007, et il nous avait promis de régler les questions en suspens et de poursuivre le dialogue. Mais depuis cette date, rien n’a été fait."
En premier lieu, le syndicat demande depuis plusieurs années le rattachement des établissements de l’enseignement supérieur aux universités. "Il faut que les universités et les établissements aient le même système pour bénéficier de plusieurs activités communes, dont la formation des enseignants", explique Mme Guedira.
Il s’agit aussi de la révision du statut des professeurs chercheurs et des titulaires de doctorat de troisième cycle, intégrant les chercheurs dans la fonction publique et prenant en compte leurs missions au sein de ces organismes.
Le SNESUP demande également la mise à disposition de moyens financiers et stratégiques en faveur des professeurs, afin d'atteindre les objectifs de la réforme de l’enseignement supérieur.
L'accord signé avec M. Driss Jettou portait également sur la situation des enseignants titulaires de doctorats français recrutés avant le 20 février 1997, date à laquelle le nouveau statut des enseignants chercheurs était entré en vigueur. Il avait été convenu que ces postes seraient mis en conformité avec ceux des personnels de l'université.
L'accord réglait également la question des professeurs assistants au sein des établissements de formation des cadres recrutés entre 1997 et 2001. Cette catégorie d’enseignants n’avait pas réussi à obtenir le doctorat en vue de passer le concours d’accès au statut de maître-assistant de l’enseignement supérieur.
Il avait été décidé de dispenser les personnes titulaires du doctorat dudit concours et de permettre à celles n’ayant pas pu obtenir le doctorat d’être promues dans le grade de maître-assistant et de leur accorder les indemnités correspondant à leur nouvelle situation.
Cette grève de trois jours ne devrait pas être le dernier épisode de cette série de débrayages. Le bureau du SNESUP menace de durcir le ton et d'organiser d'autres grèves successives si le gouvernement ne répond pas aux demandes de ces catégories de personnels.
Selon le professeur Mohamed Mrani, "le pouvoir exécutif doit faire un gros effort pour réformer l’enseignement supérieur qui souffre de plusieurs problèmes, dont le manque des ressources humaines et de moyens financiers."
De son côté, le gouvernement signale qu’un grand effort a été fait dans ce domaine. Selon Latifa Abida, Secrétaire d'Etat à l'Education, "beaucoup de réformes ont été lancées au niveau de l’enseignement supérieur, qui se porte très bien."
Elle rappelle qu’en janvier dernier, le conseil des ministres avait adopté plusieurs textes relatifs à l’enseignement supérieur répondant aux revendications du syndicat. Il s'agissait en premier lieu d'un projet portant modification aux deux décrets relatifs aux statuts des enseignants chercheurs dans l’enseignement supérieur et de ceux exerçant dans les établissements de formation des cadres supérieurs.
Ce texte permettra aux professionnels et aux experts marocains et étrangers ayant des compétences scientifiques et une expérience professionnelle d'assurer des fonctions d’enseignement, en vertu de contrats de durée fixe, et donnera aux candidats qui désirent préparer un doctorat d'Etat ou universitaire un nouveau délai allant jusqu'au 1er septembre 2012. Les titulaires d'un doctorat d'Etat ou d'un diplôme dont l'équivalence est reconnue pourront également participer aux concours d'embauche dans le cadre des maîtres assistants.
Pour leur part, les étudiants affichent leur mécontentement après cette série de grèves. Noureddine Moughiti, étudiant en droit, a déclaré qu'en fin de compte, ce sont les étudiants qui sont les victimes de ces grèves.
"C’est dommage de perdre des journées d’étude, surtout en fin d’année. Certes quelques professeurs font des séances de rattrapage, mais ce n’est pas toujours le cas", explique-t-il.






محمد En ligne 2008-05-10
Merci pour cela.
acharif moulay abdellah bouskraoui En ligne 2008-05-17
Nous controlant la situation et nous avons les choses en mains ,les cours sont repris et tout est rentré dans l'ordre...les etudiants ont tous les droits mais certains ont des arrieres pensées pour semer le desordre ...malgré ça les elèves sont bien traité et ecouter par les responsables
تامر الرباعي En ligne 2008-05-21
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