La reddition de Belmokhtar fragilisera davantage El Qaïda au Maghreb
2008-04-28
Les négociations sont en cours concernant la reddition aux autorités algériennes de Mokhtar Belmokhtar, leader de la région du Sahara pour l'organisation Al Qaïda au Maghreb Islamique.
Par Nazim Fethi pour Magharebia à Alger – 28/04/08
![]() [Getty Images] Un pompier algérien tente d'éteindre l'incendie d'une voiture, consécutif à un attentat-suicide en avril 2007. Le terroriste algérien Mokhtar Belmokhtar serait actuellement en train de négocier sa reddition, en raison de son opposition personnelle à l'utilisation des attaques suicides par Al Qaïda. |
Le leader terroriste algérien Mokhtar Belmokhtar serait actuellement en train de négocier les termes de sa reddition, un acte qui devrait porter un nouveau coup à l'Organisation Al Qaïda au Maghreb Islamique. Cette reddition confirme les suspicions de divisions internes profondes au sein de l'organisation, depuis qu'elle a pris la décision de mener des attentats-suicides contre des civils.
Personnage clé pour la branche d'Al Qaïda au Maghreb, Belmokhtar avait fourni des armes aux combattants de l'ombre dans le nord, et il est responsable de l’installation de cellules terroristes dans tous les pays du Sahel, notamment en Mauritanie et au Mali. Il est considéré comme une mine d'information majeure dans la lutte contre Al Qaïda.
Belmokhtar, connu également sous les noms de Khaled Abou El Abbas et Lâaouar (le borgne), observe une trêve depuis maintenant plus d'un an. Selon des articles de la presse locale, l'ancien leader du Grand Sahara pourrait déjà être sous la protection de l'armée, dans un camp près de Tindouf.
"[Il se trouve] en lieu sûr, en compagnie de 15 de ses partisans ", dit un influent commerçant de Tamanrasset, El hadj Bettou, qui serait le médiateur entre Belmokhtar et le pouvoir. Il a déjà rencontré Belmokhtar à plusieurs reprises et lui a permis de revoir ses parents et son frère.
L'avocat de Belmokhtar, pendant ce temps, interpelle le pouvoir afin d’accélérer les négociations pour la reddition de Belmokhtar. Lahcène Laroui s'inquiète du fait que Belmokhtar puisse être assassiné par d'autres terroristes désireux de ne pas le voir tomber aux mains des services de sécurité - et de s'assurer son silence définitif.
La reddition de Belmokhtar, après celle l’été dernier de Hassan Hattab du Groupe Salafiste pour le Prêche et le Combat (GSPC), confirme les profondes dissensions qui existent au sein du réseau El Qaïda pour le Maghreb islamique. Le leader Abdelmalek Deroukdal se trouve de plus en plus isolé, notamment depuis le changement de la stratégie du groupe terroriste qui s’est mis à copier les attentats kamikazes commis par Al Qaïda en Irak.
Belmokhtar, natif de Ghardaïa ( 500 kilomètres au sud d’Alger), et actuellement âgé de 37 ans, est un ancien combattant d’Afghanistan. Il est rentré en Algérie en 1993 où il a pris directement le chemin du maquis terroriste. Pressenti pour remplacer Hattab à la tête du GSPC, en 2006, il s'est retrouvé en marge lorsque Abdelmalek Deroukdal a annoncé de façon unilatérale son allégeance au réseau El Qaïda. Il a néanmoins continué à peser de tout son poids, en raison de son influence dans le sud et son contrôle de l’acheminement des armes.
Mais l’ex-émir du Sahara ne faisait pas qu’acheminer les armes. Il a à son actif plusieurs actes terroristes, dont la justice a eu à traiter certains, notamment l’assassinat en 1993 de 13 policiers à Ghardaïa, l’attaque contre une usine de tuyauterie dans la région de Ghardaïa en 1996, où cinq étrangers et plusieurs militaires ont trouvé la mort, et surtout sa participation dans la prise d’otages de 32 touristes européens en 2003, notamment dans les négociations et le partage de la rançon (5 millions d’euros) avec l’ancien émir de la région, Amari Saifi, alias Abderrezak El Para, actuellement en prison en Algérie.
Mais, comme pour Hassan Hattab, et avant lui, Amari Saifi, le traitement juridique du cas de Belmokhtar risque de prendre plusieurs années, de l’aveu même de son avocat. En effet, bien après la reddition de Hattab, des affaires le concernant continuaient à se dérouler dans les tribunaux algériens.
La charte pour la paix et la réconciliation nationale, dont les délais ont pris fin en 2006, n’est pas pour autant close. La porte reste ouverte, selon le Ministre de l'Intérieur Yazid Zerhouni.
" on ne peut pas refuser un terroriste qui veut se rendre, juste par ce que les délais de la charte son dépassés", dit Zerhouni.
" Pour nous, chaque terroriste repenti équivaut à des dizaines de vies épargnées ", ajoute-t-il.




kassem En ligne 2008-04-29
je suis heureux pour ca
ego En ligne 2008-05-02
Le veinard! il va pouvoir dépenser '' ses ''milliards.
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