Les autorités marocaines et les chefs d'entreprises inquiets de l'augmentation du coût de la vie

2008-04-17

Dans le cadre du dialogue social en cours, les responsables marocains ont rencontré les employeurs cette semaine pour tenter de trouver des solutions aux inquiétudes financières des salariés.

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 17/04/08

[Sarah Touahri] Le président de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc, Moulay Hafid Alami, a déclaré à Magharebia que bien que son organisation tente d'améliorer les salaires dans le secteur privé, la concurrence mondiale "nous incite à être extrêmement vigilants".

Une semaine après avoir rencontré les responsables des centrales syndicales pour voir comment améliorer les salaires des salariés marocains, les responsables du gouvernement ont rencontré les chefs d'entreprises, lundi 14 avril, pour discuter du même sujet.

Bien que les deux parties n'aient avancé aucun chiffre spécifique, leurs représentants se sont entendus sur une ligne d'action pour aider les salariés, a déclaré le vice président de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), Mohamed Chaïbi. Le Ministre de l'Emploi et de la Formation Jamal Ghmani a également fait part de sa satisfaction sur cette tentative de coopération visant à protéger le pouvoir d'achat des salariés marocains.

"La confédération est totalement en phase avec le gouvernement et les syndicats" pour améliorer les revenus des salariés du secteur privé par tous les moyens possibles, a déclaré le président de la CGEM Moulay Hafid Alami. Mais, a-t-il néanmoins mis en garde, la concurrence mondiale "nous incite à être extrêmement vigilants".

"Il y a des bornes à ne pas dépasser, car au-delà d’un certain seuil, les démarches deviennent contreproductives et créent la perte des emplois."

M. Alami a reconnu qu'une augmentation des salaires était très importante, mais a souligné que des salaires plus élevés à eux seuls ne permettent pas de réduire l'impact de l'inflation nationale et mondiale. La CGEM souhaite que le gouvernement réduise l'impôt sur le revenu et la taxe sur la valeur ajoutée.

"Il faut donner du pouvoir d'achat, mais les solutions sur le revenu doivent être trouvées dans un projet global et équilibré. Ce qui suppose une politique fiscale claire et des engagements de la part du gouvernement", a expliqué à Magharebia Abdelmjid Tazlaoui, qui préside la commission Emploi au sein de la CGEM.

Pour leur part, les responsables syndicaux ne sont pas satisfaits des propositions avancées par le gouvernement et les employeurs. "Une augmentation du SMIG de l’ordre de 2 ou 2,5 pour cent par an sur cinq ans ne peut en aucun cas juguler les méfaits de la hausse du coût de la vie", a affirmé Abderrahmane Azzouzi, le secrétaire général de la Fédération Démocratique du Travail.

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De nombreux salariés marocains font part des mêmes préoccupations que les responsables syndicaux.

Salwa Taqui, employée dans une société privée, a déclaré à Magharebia que ceux qui souffrent le plus de la tendance à la hausse des prix sur les marchés internationaux sont les personnes à faible revenu. "Même si on augmente le SMIG de 20 ou 30 pour cent, cela ne réglera pas le problème du coût de la vie qui ne cesse d’augmenter. Le gouvernement et le patronat parlent seulement d’une augmentation de 10 pour cent sur cinq ans. Ce n’est pas une solution. Les salariés ne doivent pas s’attendre à des résultats concrets du dialogue social", a-t-elle affirmé.

Bien que les chefs d'entreprises soutiennent que toute discussion sur des augmentations de salaires doit tenir compte de la situation économique mondiale, leurs arguments ne trouvent que peu d'échos favorables chez les salariés.

"On parle de compétitivité des entreprises marocaines qu’il faut sauvegarder. Mais cela ne doit pas être aux dépens des salariés", affirme Ahmed Ghadouani, employé dans une banque. "Il faut savoir que le coût de la vie au Maroc est trop élevé et n’a rien à avoir avec celui de la Chine."

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MUSTAPHA En ligne 2008-04-20

LE GOUVERNEMENT A DEBOURSE DES SUBVENTIONS AUX SYNDICATS LA VEILLE DU DIALOGUE SOCIAL. COMMENTAIRE?

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