Face au vieillissement de sa population le Maroc tourne à nouveau son attention vers les caisses de retraite

2008-03-30

Au vu des changements démographiques qui surviennent au Maroc, la solvabilité à long terme des caisses de retraite présente un risque. Le rapport entre actifs et retraités chute. Les salariés ne souhaitent accroître ni leurs contributions ni l'âge de la retraite, et ils espèrent que le gouvernement trouvera une solution équitable.

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 30/03/08

[Getty Images] Les caisses de retraite marocaines présentent à terme un risque d'insolvabilité. Le Ministre de l'Economie et des Finances Salaheddine Mezouar a déclaré que le gouvernement envisage une réforme générale incluant la mise en oeuvre de plans à la fois obligatoires et optionnels.

Le débat sur les retraites reprend de l'ampleur au Maroc. Alors que les principales caisses de retraite affichent des déficits financiers et que leur solvabilité est remise en question, responsables et technocrates redoublent d'efforts pour mettre en place des réformes en profondeur pour éviter la faillite du système.

Les caisses de retraite du Maroc commencent à ressentir durement les pressions démographiques, a déclaré le directeur général du Caisse Interprofessionelle Marocaine de Retraite (CIMR) Khalid Cheddadi. Alors que la population vieillit et que les services publics emploient moins de salariés que par le passé, a-t-il souligné, le nombre des cotisants continuera de diminuer chaque année. Si rien n'est fait, les finances des caisses de retraite risquent de passer sérieusement dans le rouge.

Mais le vieillissement de la population marocaine n'est pas le seul souci des gestionnaires de ces caisses. Au vu du grand nombre de travailleurs indépendants, d'ouvriers agricoles et de travailleurs "informels" qui ne bénéficient pas des dispositions sur la législation du travail et des conventions collectives, le Maroc compte actuellement sur seulement trente pour cent de la population en âge de travailler pour payer le système des retraites.

En l'état actuel des choses, la Caisse Marocaine de Retraite (CMR) ne devrait pas survivre au-delà de 2019. La Caisse Nationale de la Sécurité Sociale (CNSS) ne pourra honorer ses engagements que jusqu'en 2016.

Selon le Ministre de l'Economie et des Finances, Salaheddine Mezouar, le Maroc envisage une réforme globale, destinée non seulement à consolider les comptes à long terme des caisses, mais aussi à poser les fondations d'un système harmonieux et cohérent. "Les régimes obligatoires fondés sur la solidarité collective peuvent coexister avec des produits complémentaires et facultatifs offrant une palette de choix aux initiatives individuelles", a-t-il déclaré à Magharebia.

Les appels à l'action lancés par les syndicalistes ont incité l'Etat à envisager différents scénarios pour sauver les caisses de retraite. Parmi eux, un fond national unique pour tous, la normalisation des méthodes de calcul dans les caisses de retraite publiques et privées, l'augmentation de l'âge de la retraite à 65 ans, ou encore l'utilisation d'un modèle de cotisation (35 ou 40 ans de travail avant la retraite, quel que soit l'âge). A ce jour, rien n'a encore été décidé.

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Les salariés espèrent que le gouvernement trouvera une solution équitable, sans avoir à augmenter les contributions ni l'âge de la retraite.

Moha Bakkali, employé dans le secteur public, a expliqué à Magharebia: "Je ne peux imaginer prendre ma retraite à 65 ans, alors que la durée d'espérance de vie est de 70 ans. Ce ne serait pas juste."

"L'Etat doit faire face à ses responsabilités”, affirme-t-il.

Le système des retraites au Maroc comporte actuellement un certain nombre de caisses et de fonds. Il existe une caisse pour les salariés du public dans les secteurs civils et militaires (la Caisse Mutuel de Retraite, ou CMR); un fond pour les salariés du secteur privé (CNSS) complétée par un régime complémentaire géré par la CIMR (Caisse Interprofessionnelle Marocaine des Retraites); et une régime pour les détenteurs d'un contrat d'Etat (RCAR). S'y ajoutent différentes caisses internes gérées par quelques entreprises publiques comme l'ODEP, l'ONCF, l'OCP et d'autres encore.

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comments

ahmed En ligne 2008-03-30

il ne faut pas sortir des écoles préparatoires des grandes écoles pour comprendre que le systèmes ou les systèmes de retraites ou maladie au maroc ou dans les pys de tière monde sont voués à disparaitre pour une raison simple pas assez de cotisants tout simplement et que tous le monde triche le salarié est tricheur les patronats aussi et les caisses pire, et tout le monde abuse des ces caisses personne n'a le sousis de la responsabilité que la retrait est un bien à nous tous, et que nous devrons faire attention à nos soit disant dipences, une seule solution UNE SEULE SOLUTION C'EST LIMITER LA NATALITE limiter la natalité et laisser ne plus croire les gens qui dfisent faites beaucoups d'enfants c'est ALLAH qui les fera mangé, CERTE ALLAH NOUS AIDE mais le bien être ne tombera pas du ciel

Ali AHMED En ligne 2008-03-31

Un article plein de fautes... 1) CMR: Caisse marocaine des restraite et non ce que vous avez cité "la Caisse Mutuel de Retraite" !!!! CIMR: Caisse interprofessionnelle marocaine des retraites et non ce que vous avez cité "Comité Interprofessionel Marocain des Retraites" !!!!! CNSS: Caisse nationale de sécurité sociale et non ce que vous avez cité "Commission Nationale de la Sécurité Sociale" !!!!! 2)"un fond pour les salariés du secteur privé (CNSS) géré par la CIMR"...faux!!! la CNSS gère ses fonds et la CIMR gère le système de retraites complémentaires pour le privé !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! 3)"Il n'existe aucune coordination entre ces différents organismes"... faux!!!! une loi est spécialement dédiée à la coordination... Attention! ça engage la crédibilité de MAGHAREBIA.COM

Nous vous remercions de votre intérêt pour Magharebia. Nous avons passé en revue les points que vous avez mis en place et nous avons fait les modifications nécessaires à l'article.

SEMMAR En ligne 2008-03-31

J'espère que nous nous allons pas jusque là cad l'abîme. Je veux tout simplement savoir (en tant que retraité) qu'est ce que tous ces commentaires voudraient nous faire savoir? SI J'AI BIEN COMPRIS , avec une perplexité inimaginable, est ce que l'Etat nous abandonnerait sans pension aucune ou quoi? C'est au gouvernement actuel de trouver une solution valable sur ce délicat et sérieux sujet. En fin de compte, notre ROI QUE DIEU LE GLORIIFIE n'acceptera jamais de voir ses sujets (anciens fonctionnaires civils et militaires) dans le grand besoin qui mènera qu'à Dieu ne plaisen à la mendicité.

ABDELWADI En ligne 2008-04-03

Une lettre méchante écrite par les premières générations à celles qui viennent. Les grand-pères ont vécus sous la colonisation. Les pères ont passé leur vie à travailler dur et à construire leur pays au prix de sacrifices énormes, pour leurs terres et pour leurs familles, pendant que les plus chanceux, ceux qui travaillaient dans l’ombre, accumulaient les richesses sous différents noms, au moment même où les profits générés par les projets au nom du Fonds National de Pension étaient attribués à ceux qui ne le méritaient pas, les mêmes problèmes qui ont été causés à la banque CIH. Les employés n’ont aucune responsabilité dans les capacités ou les incapacités du Fonds, car nous sommes dans un Etat et l’Etat devrait supporter les conséquences des actions des officiels de ses institutions, il devrait demander à ces dernières de rendre des comptes. Il est impossible d’être convaincu par cela, cela signifie l’écroulement de l’Etat et il est impossible que notre cher Maroc puisse chuter. Jusqu’à une période récente, le pauvre employé ne recevait qu’un salaire honteux, alors où est passé la différence ? On demande à l’Etat de planifier cela en anticipant. C’est une honte, une honte que le Maroc abandonne des gens qui ont travaillé très dur pendant 40 ans et qui ont attendu depuis des années, sentant bien qu’ils avaient donné quelque chose à leur pays. Alors n’en faites pas un mauvais exemple pour nous les jeunes.

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