La Mauritanie s'attaque à la tradition des mutilations génitales sur les femmes
2008-03-02
Dans le cadre d'une campagne lancée par les Nations Unies visant à lutter contre la pratique des mutilations génitales sur les femmes dans le monde, la Mauritanie, où l'on estime que 71 pour cent des femmes sont victimes de cette pratique, doit relever des défis importants pour sensibiliser sa population aux dangers et aux implications sur les Droits de l'Homme liés à cette tradition.
Par Mohamed Yahya Ould Abdel Wedoud pour Magharebia à Nouakchott – 02/03/08
![]() [Getty Images] La vice Secrétaire Générale des Nations Unies Asha-Rose Migiro a annoncé mercredi 27 février le lancement d'une nouvelle campagne visant à lutter contre la pratique des mutilations génitales sur les femmes dans le monde à l'horizon 2015. |
Dix agences des Nations Unies ont lancé une campagne conjointe, mercredi 27 février, pour faire baisser la pratique consistant à mutiler l'appareil génital des femmes d'ici 2015, et la supprimer totalement "d'ici une génération".
La vice Secrétaire Générale des Nations Unies Asha-Rose Migiro, qui a dévoilé ce programme, a déclaré que bien que "les communautés pratiquant les mutilations génitales sur les femmes fassent valoir un grand nombre de raisons sociales et religieuses en faveur de la poursuite de telles pratiques, vue du point de vue des Droits de l'Homme, cette pratique reflète une inégalité fortement enracinée entre les sexes, et constitue une forme extrême de discrimination envers les femmes."
Le plan d'action des Nations Unies dévoilé la semaine dernière indique qu'en Mauritanie, environ 71,3 pour cent des filles et des femmes entre 15 et 49 ans subissent des mutilations de l'appareil génital, appelées également circoncision ou "coupe".
Dans le pays, la plupart des personnes pratiquant ces opérations sont des membres des communautés traditionnelles, sans aucune expérience médicale ni connaissances sanitaires. Cette réalité constitue une menace pour la vie de très nombreuses jeunes filles. Les saignements et les chocs psychiques comptent parmi les conséquences immédiates, mais des effets à long terme sur la santé peuvent également impliquer des douleurs chroniques, des infections et des traumatismes.
"Je me rappelle parfaitement le jour où j'ai été circoncise. J'avais sept ans à l'époque", explique Fatema à Magharebia. "C'est l'une de nos voisines qui a fait l'opération. J'ai eu horriblement mal. J'avais les mains attachées. Je saignais, et ai été traitée par les méthodes traditionnelles. Par la suite, j'ai remarqué une baisse de mon activité sexuelle, une chose avec laquelle j'ai dû vivre longtemps."
Et Fatema d'ajouter: "Ce qu'il y a d'étrange, c'est que ma famille était très convaincue de cette tradition honteuse. Toutes mes soeurs ont donc connu le même sort. Après cette expérience, j'espère que mes filles pourront l'éviter, qu'une saine nature humaine ne peut que rejeter."
La société civile mauritanienne n'a pas encore lancé de campagnes de sensibilisation pour lutter contre ce phénomène d'un point de vue social ou religieux, et le gouvernement n'a pas encore adopté une loi interdisant les mutilations génitales des femmes.
Toutefois, Mohamed El Salek Ould Mohamed Lamine, un travailleur social, souligne: "Nous avons récemment vu d'importants symposiums médicaux et religieux dans les médias officiels. Nous espérons qu'ils constituent le point de départ d'une remise en cause sérieuse de ce phénomène de mutilation génitale des femmes, qui entraîne de nombreux problèmes sociaux et de santé. Les chiffres et les statistiques dans ce domaine sont effrayants et des efforts urgents sont nécessaires pour faire évoluer les mentalités."
Certaines familles mauritaniennes qui utilisent cette pratique utilisent la religion comme un prétexte, pour justifier ce qu'elles considèrent comme une partie de leur héritage culturel, en dépit du fait que les autorités religieuses du pays aient clairement affirmé que les mutilations génitales ne reposaient sur aucune tradition religieuse.
Une femme d'âge moyen a déclaré à Magharebia avec colère: "C'est à la fois une nécessité et un devoir religieux: une nécessité, parce que cela préserve la dignité des femmes et celle de leur famille, un devoir religieux parce que l'Islam l'enseigne. Pour ces deux raisons, nos ancêtres ont décidé de couper leurs filles. Nous sommes persuadés que nos ancêtes ne faisaient pas les choses en vain."
Mais selon l'imam et juriste Saaden Ould Bouh, "le phénomène des mutilations génitales sur les femmes n'a aucune racine dans le Coran ou la Sunnah. C'est plutôt une tradition sociale, perpétrée par certaines sociétés depuis un certain temps."
Il ajoute: "La sharia islamique, dont le principe est basé sur le principe 'ni excès, ni négligence' ne peut que conforter des choses qui servent l'humanité dans ce monde et dans l'au-delà. A ce titre, cette pratique, qui porte préjudice tout aussi bien aux femmes qu'à la société dans son ensemble, doit disparaître. Les responsables, gens des médias et autres, doivent éclairer l'opinion publique sur le sujet."
Les femmes mauritaniennes pourraient bientôt voir des changements. Selon une source proche du gouvernement, un groupe de parlementaires travaille actuellement à la rédaction d'un projet de loi visant à interdire cette pratique.







أحمدويحي En ligne 2008-03-02
Je n'accepte pas ce phénomène et nous ne pouvons pas en trouver l'origine dans la religion malgré que certains affirment cela. Mais certains parmi ces derniers ont été trompés par les traditions et coutumes prévalentes dans les sociétés, au point qu'ils ont cru que cela venait vraiment de la religion. Nous trouvons dans les sociétés où de telles phénomènes sont pratiqués des justifications qui ne sont pas convaincantes, on dit par exemple que les femmes qui n'ont pas été circoncises n'ont pas un visage épanoui. Que cela réduit aussi énormément leur désir et que cela peut les mener à davantage préserver leur honneur. Nous remercions notre site du Maghreb d'avoir montré de l'intérêt à cette mauvaise pratique appliquée dans nos pays. Nous considérons qu'écrire à ce sujet et que décrire ses dangers sont le seul moyen de lutter contre elle. Le Gouvernement devrait faire une loi pour l'abolir. Les organisations de la société civile devraient contribuer à informer les gens de ses risques. Enfin, je veux encore vous remercier.
Mohamed En ligne 2008-03-02
Je suis tres hereux de voir votre discute cette phenomenon. Toute les femmes en Mauritanie soufferent de cette mouvaise mantalite. Je veus dire que la mutilation genitales est une chose tres mal. On dois changer le pense de la societe traditionalle. le monde change, donc, on dois le suivre. Je remercie votre grand correspondent, Wedoud. J'aime ses articles tres bien. Merci Magharebia
Sidi Ali En ligne 2008-03-04
Merci Magharebia pour etre au coeur de notre societe. Nous les arabes ont les memes coutimes et habitudes. On dois les analyseent profondement. Cette coutime de mutilation est tres mouvaises. Elle dois etre combatu par tous. Merci autrefois Magharebia. Je salue votre correspondet Wedoud.
Vadel En ligne 2008-03-05
je vous remrci profondement. Magharebia, vous ete notre espoir de changement. je vous salue tous.
الصقر الأوراسي من الجزار En ligne 2008-03-09
Au nom de Dieu, le plus gracieux et le plus miséricordieux. Mes frères d'Islam, que la paix et la miséricorde de Dieu soient sur vous. Cette affaire ne réclame aucunement l'intervention d'organisations étrangères qui prétendent sensibiliser aux droits de l'Homme, ces droits qui sont violés dans leurs pays d'origine. La femme a été honorée par l'Islam, qui a protégé sa dignité, sa chasteté et son honneur. Donc, sur de tels sujets nous devrions d'abord nous référer au Livre de Dieu, à la tradition de son messager et aux Imams de la nation islamique. Ils sont si nombreux. Pour moi en tant que musulman, ce problème n'a aucun fondement et notre religion pure n'a pas commandé une telle action. Elle est aussi largement répandue dans l'Algérie des martyrs. Mais le réveil islamique est parvenu à l'anéantir et a éclairé les âmes de nos familles. Enfin je vous prie d'accepter mes salutations les plus chaleureuses et merci pour ce sujet. Votre frère d' Aouras, la République Démocratique Populaire d'Algérie.
أســـــــــــــــراء En ligne 2008-10-03
La circoncision est très importante pour les hommes et non pour les femmes, comme c'est le cas en Mauritanie. Ce n'est que pour les hommes. C'est très important. Je parle de mon expérience personnelle dans ma vie avec mon mari. Il n'était pas circoncis au bout de quatre ans de mariage. Après que j'aie insisté et ma mère aussi, il s'est fait circoncire, la prière aille à Dieu. Il avait refusé la circoncision au début, à cause de la timidité, de la douleur et d'autres raisons. Après avoir été convaincu, il a été circoncis à la maison. J'étais présente avec ma mère à ce moment-là. J'ai même assisté à l'opération avec l'approbation de l'infirmière. Il est vrai que j'avais souffert pendant quatre ans quand il n'était pas circoncis. Mais cette opération a été un grand moment, quand vous voyez votre mari circoncis alors que son état ne lui inspirait que timidité et douleur. Maintenant il va bien, la prière aille à Dieu. Vous pouvez ne pas vous rendre compte, mais son prépuce était très long, cela me dérangeait et son odeur était même mauvaise. Ce n'est que pour les hommes parce que pour eux, c'est une nécessité.
تيدان En ligne 2008-11-30
Salam alaikoum. La mutilation des organes génitaux de la femme n'est pas seulement une violation des droits de la femme, mais également une altération de l'image créée par Dieu. C'est Dieu qui a créé cette femme et qui lui a donné ce qu'il a voulu lui donner. C'est lui qui connaît le mieux Sa créature et la nécessité de tout ce qui la forme. Rien dans la créature de Dieu n'a été laissé au hasard. Chaque partie a son rôle et sa fonction. Changer Sa créature, c'est de la frivolité. En dépit des dégâts physiques qui peuvent être générés par ces instruments non médicaux avec lesquels sont pratiquées ces opérations, il faut compter aussi avec les préjudices psychologiques et sociaux. La femme qui subit une telle mutilation perd son désir sexuel, sa confiance en soi en tant que femme, ce qui nuit à elle comme à son mari. Dans la plupart des cas, la femme ne peut achever la chasteté de son mariage. Elle ne peut pas partager les mêmes sentiments. Cela cause des problèmes dans la relation conjugale, qui mènent à la séparation ou qui poussent l'époux à l'adultère. En ce qui concerne l'intervention de certaines organisations étrangères qui veulent changer la situation, cette intervention sera appréciée tant qu'elle ne vient pas en contradiction avec la religion et qu'elle agit dans l'intérêt public.
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