La faible participation déclenche une crise de confiance au sein des partis marocains
2007-11-01
Les partis politiques marocains ont été secoués par une série de crises internes après le record de faible participation enregistré lors des élections législatives du 7 septembre dans le pays.
Par Naoufel Cherkaoui pour Magharebia à Rabat – 01/11/07
![]() [File] La direction de Mohamed El Yazghi est critiquée au sein de son propre parti |
Ces dernières semaines, un certain nombre de responsables politiques marocains ont fait part de leur déception au vu des résultats de leurs partis respectifs lors des élections du 7 septembre, et ont critiqué leurs directions, les accusant tantôt de faiblesse, tantôt de mauvaise orientation.
L'Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) traverse une crise interne depuis que certains de ses membres ont accusé le secrétaire général du parti, Mohamed El Yazghi, d'avoir exclu le bureau politique, la plus haute institution du parti, du processus de consultation en vue de la formation du nouveau gouvernement. Ils affirment que M. El Yazghi a eu des entretiens privés avec le Premier Ministre Abbas El Fassi et l'accusent d'agir de manière unilatérale, qualifiant sa direction de "staliniste".
Mohamed Lahbabi, membre du conseil national du parti, a déclaré lors d'une réunion tenue le 27 septembre que "la direction actuelle ne croit pas en la diversité des opinions". M. Lahbabi a ajouté que M. El Yazghi "ne reconnaît ni le droit d'avoir une opinion différente, ni la liberté d'expression, et ne permet pas aux membres de son parti de participer aux débats, à moins qu'il ne les y ait au préalable autorisés".
Mohamed El Gahs, ancien membre du bureau politique de l'USFP, ajoute : "Nous avons perdu les élections…c'est une défaite de la direction et de la gestion."
Le 8 octobre, dix-neuf membres de l'USFP ont publié un appel au renouveau et à la reconstruction du parti. Citant "une faible capacité politique et d'organisation", ils accusent M. El Yazghi de "fonctionner loin de la pensée collective" et appelle à changer "l'orientation confuse et l'incapacité à gérer efficacement la ligne politque du parti" de la direction.
Le quotidien de l'USFP al-Ittihad al-Ichtiraki citait M. El Yazghi, qui affirmait le 25 octobre que cet appel "est un signe encourageant, qui montre que ces membres ne sont pas désespérés ; bien au contraire, ils estiment que le parti est capable de revivre et de se renouveler, d'où l'importance de cet appel qui déclare que la défaite n'est pas une question de personnes".
Tajj al-Din al-Huseini, professeur de droit public à l'Université Mohamed V de Rabat, a indiqué à Magharebia que les agitations post-électorales au sein des partis étaient dûes à deux facteurs : "Le premier est une lutte d'influence entre la vieille garde et la nouvelle, le second est l'absence de démocratie au sein de ces partis."
D'autres grands partis ont en effet également connu des schismes après les élections. Le 24 octobre, plusieurs membres du Parti de l'Indépendance ont annoncé leur intention de s'opposer à la réélection du dirigeant du parti et actuel Premier Ministre, Abbas El Fassi. Ils fondent leur décision sur la faiblesse dont il a fait montre, selon eux, lors de la formation du nouveau gouvernement. Ils parlent également de sa santé, laissant entendre qu'il serait incapable d'occuper simultanément les deux fonctions.
Le Parti pour la Justice et le Développement s'est quant à lui scindé en deux factions à l'issue des élections. Le premier groupe, dirigé par Lahcen al-Daoudi, membre du secrétariat général du parti, s'était déclaré favorable à la participation de son parti au nouveau gouvernement, tandis que le second, sous la houlette de Mustafa al-Ramid, appelait le parti à poursuivre son travail dans l'opposition.
Nombre de partis politiques ont considéré le taux de participation de 37 pour cent lors des élections du mois de septembre comme le verdict à leur manque d'efficacité par le passé. Les faibles scores obtenus ont affaibli quelques-uns des grands partis et ont eu un impact négatif sur les négociations en vue de la formation du nouveau gouvernement.







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