Un tribunal tunisien réinstalle une enseignante voilée
2007-10-10
Un tribunal tunisien a annulé la décision du Ministère de l'Education de suspendre une enseignante d'une école publique pour avoir porté le voile durant ses cours. Certains considèrent cette décision de justice comme un signe de l'indépendance de la justice du pays.
Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 10/10/07
![]() [Getty Images] Le tribunal a relativisé la loi, affirmant qu'elle donne à l'Etat trop de pouvoirs pour interférer dans les choix personnels. |
L'ONG tunisienne Liberté et Equité a annoncé lundi 8 octobre que le juge du tribunal administratif Samia El Bekri avait rendu la semaine dernière un arrêté mettant fin à la suspension d'une enseignante dans une école secondaire pour son insistance à porter le voile au travail.
Le juge El Bekri a jugé que la circulaire N° 102, publiée en 1986, qui interdit aux femmes de porter le voile, n'était pas conforme à la constitution et a demandé au Ministère de l'Education de réinstaller l'enseignante dans ses fonctions et de lui assurer un dédommagement tant financier que personnel. Cette enseignante, Saiida Adali, avait été suspendue par le ministère aux termes d'une résolution conforme à la circulaire, publiée sous la présidence de Habib Bourguiba. La loi était au départ destinée à minimiser la propagation du radicalisme islamique de la révolution iranienne. Les Tunisiens avaient établi un lien entre l'idéologie révolutionnaire et le voile – et de nombreux Tunisiens considèrent toujours le voile comme un symbole de division totalement étranger à leurs traditions nationales.
Commentant cette décision, Samir Abdallah, membre de la Chambre des Conseillers, a déclaré à Magharebia que "cette décision souligne l'indépendance du pouvoir judiciaire tunisien, contrairement à ce que l'on entend dire par certains qui mettent en cause son impartialité". M. Abdallah faisait référence au refus exprimé la semaine dernière par le Parti Démocratique Progressiste (PDP) de traiter avec les autorités judiciaires tunisiennes dans un litige foncier à la suite duquel la secrétaire générale et le rédacteur en chef du quotidien du parti ont entamé une grève de la faim le 20 septembre.
"Cette décision du tribunal administratif ne m'a pas surpris par sa gravité et son courage moral. Nous sommes habitués à voir s'exprimer des positions aussi courageuses [qui] ont précédemment permis d'annuler plusieurs décisions ministérielles", a précisé M. Abdallah. "Du fait de mon expérience en tant qu'avocat, j'ai pu voir un juste traitement de personnes victimes de décisions arbitraires. Cette récente décision confirme qu'il n'y a pas de pouvoir au-dessus de la justice autre que le pouvoir de la loi et la conscience des magistrats."
Khadija Cherif, présidente de l'Association Démocratique des Femmes, a déclaré: "Cette décision ne changera en rien notre attitude concernant la campagne contre le port du voile." Et de poursuivre : "Mais nous soulignons également que notre combat est un combat sociétal et que nous avons toujours refusé et refusons encore de traiter de la question du voile par le biais de circulaires, de règlementations et de la violence. Nous préférons une approche par la persuasion et le dialogue."
Les décisions du tribunal administratif ont un caractère obligatoire pour l'autorité exécutive, et les plaignants peuvent utiliser les jugements rendus en leur faveur pour intenter une action contre les agences gouvernementales.
Pour expliquer sa décision face au Ministère de l'Education, le tribunal a expliqué que la circulaire 102 "interfère dans la sphère des libertés personnelles, dans la mesure où cette façon de se vêtir exprime distinctement une appartenance culturelle, religieuse et intellectuelle et reflète une inclinaison personnelle."
Le tribunal a également indiqué que la circulaire 102 confère à l'administration une autorité sans limite, qui menace les libertés de base, dont la liberté de croyance religieuse, garantie par la constitution, et offre un vecteur de contrainte des droits et libertés de chaque individu.




سفيان الشورابي En ligne 2007-10-10
Je crois que la bonne attitude serait de mener une campagne de prise de conscience parmi les jeunes filles, afin de voir si elles portent le voile par conviction personnelle ou parce qu'il leur est imposé, ainsi que sur les interprétations religieuses récentes concernant son port.
BASRAOUI En ligne 2007-10-11
dans ce cas la justice devient complice de la mediocrite et du fanatisme...alors que dans certains pays comme la tunisie...elle doit participer a l'education du peuple et a sa "mise à niveau"... PAUVRE TUNISIE..PAUVRE ISLAM
HAMZA En ligne 2007-10-11
Mme la juge vient de montrer que c'est un triomphe de la justice contre les abus d'une administration humiliante. ce que j'ai pu retenir que c'est encore un triomphe d'un discours politique figé qui s'appuie sur des déclarations " fabriquées" et sur des scènes théatrals. Nous remercions Mme la juge si elle veut donner un coup de main à la mouvement démocratique tunisienne qui militent contre la dictature de ben Ali et ses mafias par un soutien inconditionné pour les militants de PDB en grève de fain depuis le 20 septembre.
nora En ligne 2007-10-11
Nous sommes très contents que vous ayez parlé de cette affaire, parce que le hijab est une obligation pour toutes les Musulmanes. Que Dieu vous vienne en aide.
sima En ligne 2007-10-12
Au nom de Dieu, je suis très content de ce site. Le voile est obligatoire pour toutes les Musulmanes, alors pourquoi tout ce bruit ? Dans l'Islam, nous sommes tous frères et nous devons à cause de cela traiter les problèmes avec délicatesse, car nos croyances sont dans nos coeurs et nous devons nous y conformer. Que Dieu vous vienne en aide. Salam.
sammy En ligne 2007-10-15
Tout ce contre quoi nous avons lutté au cours des 50 dernières années a disparu, l'islamiste et son juge ont triomphé, mon pays est tombé entre les mains de ces magistrats arriérés; attendons et nous verrons alors que la Tunisie est tombée sous l'emprise des Arabes islamistes, et la charia sera imposée à tous.
mouttaleb En ligne 2007-10-16
réponse à Hamza: Votre jugement est le plus mediocre par-ce-que vous faites vous -même partie de ces fanatiques qui essaient d'asphyxier la Tunisie! La Tunisie n'a pas besoin de votre sorte y compris de ce ou cette juge ! Regardez un peu autour de vous pour voir le dégât causé par votre sorte > Vous parlez de démocratie alors que vous faites partie de ces fanatiques ? Allez tout d'abord soigner votre orthographe ....
Aisha En ligne 2007-10-17
Je crois que c'est une honte que dans un pays comme la Tunisie, les femmes ne soient pas autorisées à porter le hijab sur leur lieu de travail. Si des pays non musulmans comme le Royaume-Uni autorisent les femmes à porter le hijab en totalité et le foulard, pourquoi le gouvernement tunisien trouve-t-il cela tellement difficile ? On dénie aux femmes leurs droits fondamentaux et leur liberté religieuse, le port d'un foulard ne créera pas de fondamentalistes. Il vaut mieux pour cela empêcher les gens d'exprimer cette liberté religieuse, ce qui les amène à créer des groupes souterrains ! Quand on regarde un pays comme le Royaume-Uni, il semblerait que les pays non-musulmans accordent aux Musulmans plus de liberté religieuse que les pays de l'Islam, comme l'a fait la Tunisie. La libération, c'est donner le choix au peuple !!!!
un tunisien En ligne 2007-10-22
Bonjour La décision de la juge est courageuse, personnellement je pense que chacun en Tunisie est libre de s'habiller comme il l'entend, si certaines veulent mettre des minijupes et des décolletés plongeants et d'autres un foulard sur la tête c'est leur affaire. La démocratie c'est la liberté de croyance a chacun. Les femmes travaillant dans l'administration ou ailleurs peuvent porter un foulard je ne vois pas ou est le pb. L'Etat tunisien reste laique et tant que ces dernières ne font pas du prosélytisme sur leurs lieux de travail, il y a pas de pb chacun est libre. Ce n'est nullement un retour sur les acquis de la femme tunisienne ou une imposition d'une vision retrograde c'est une liberté de culte et de croyance qui est respecté. C'est aussi une application démocratique et un respect de la constitution tunisien qui garantit a chaque citoyen ses droits à la liberté de culte et s'oppose aux discrimination ou aux licenciments abusif. La juge a bien on la soutient. On soutient aussi tout mouvement démocratique qui s'engagerait en Tunisie !!!!
Rachid En ligne 2008-04-01
On tente de nous faire croire que la Tunisie évolue dans la démocratie et lorsque l'on y regarde de plus près, on se rend compte que les femmes n'ont pas plus de droit qu'avant. Les événements vis à vis des femmes tunisiennes sont dramatiques, voir l'affaire en cours de madame Sameh Harakati qui après un verdict injuste de onze années de prison ferme et victime en plus aujourd'hui de mauvais traitement à la prison de Manouba à Tunis en Tunisie.
3ayari En ligne 2008-06-03
premierement nos soeurs en tunisie gardent le hijab j y etait il ya 2 semaines et il ya de plus en plus d hommes qui portent la barbe donc se sont pas nos soeurs qui veulent l enlever mais les politiciens faut faire la difference entre etat et peuple .
صالح بوعصبى En ligne 2008-06-29
Le port du voile, est autant une affaire personnelle qu'une question de liberté. C'est une question de liberté dans la mesure où les femmes peuvent le porter par leur propre volonté et avec leur propre consentement. Les femmes ne devraient être contraintes par aucune influence extérieure, d'aucune sorte, à porter le voile. L'influence extérieure peut venir de la famille ou du mari. Mais là est la question, comment peut-on le savoir ? De plus, les femmes qui portent le voile ne devraient pas appeller les autres à le faire. En général, nous devrions savoir que le voile n'est pas le reflet d'une dévotion ou d'une noblesse, ou quoi que ce soit qui puisse être associé avec le comportement ou les valeurs. L'habit ne fait pas le moine, comme le dit le proverbe français. Débattre de tels sujets / problèmes fait partie de notre nature sous-développée, qui ne se préoccupe que d'écume, en négligeant les sujets importants.
Myriam En ligne 2008-08-07
http://tunisie-harakati.mylivepage.com Le port du voile est une question de mentalité, de religion, de principe, de tradition. En Tunisie, la femme doit avoir le droit de porter le voile pour être au plus près de dieu, l'obliger à le mettre ou à le supprimer, c'est lui enlever la liberté de choix et de pensée mais c'est surtout défier la religion et notre dieu. La liberté de chacun commence par le choix de notre vie en communauté. Le droit de vivre avec ces convictions, ouvre les portes de la démocratie et léve le voile sur la souffrance de toutes les Sameh Harakati de la Tunisie.
مسلم تونسي En ligne 2009-02-25
Vous êtes un pauvre homme, Basraoui, pas l'Islam. Dans l'Islam, Dieu dit dans Son Livre, le Coran "Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s'est séparé de l'égarement". Ce verset a été dit au sujet d'un esclave d'Omar Ben Khattab, il était chrétien à Al Madina. Certains avaient tenté de l'amener de force dans l'Islam et ce verset en a été inspiré. Ce verset signifie que si vous voulez l'Islam, vous devez suivre ses instructions soit en faisant le bien ou en portant le voile pour les femmes. Si vous n'aimez pas ces instructions, quittez-les si vous étiez musulman mais si vous ne l'êtes pas, occupez-vous de votre religion et ne vous occupez pas des affaires des Musulmans. Si vous êtes athée, c'est votre problème.
نور En ligne 9 il y a plusieurs jours
Le tribunal administratif en Tunisie est audacieux dans les positions qu'il prend. Nous espérons qu'il continuera à l'être dans ses décisions futures...
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