Un nouveau film tunisien sur la vie du réformateur Tahar Haddad
2007-09-27
Lors d'une récente conférence de presse, le réalisateur tunisien Fadhel Jaziri a indiqué qu'il allait commencer à tourner un film consacré à la vie de Tunisiens influents dans les années 1930, avec un accent spécial sur le réformateur Tahar Haddad.
Par Nidal Abrouk pour Magharebia à Tunis – 27/09/2007
![]() [Nidal Abrouk] Fadhel Jaziri est connu pour ses nombreuses oeuvres théâtrales et cinématographiques |
Le réalisateur et metteur en scène tunisien Fadhel Jaziri a annoncé qu'il comptait tourner un film intitulé "Les Années Trente", lors d'une conférence de presse organisée le 10 septembre. Ce film tracera le portrait de plusieurs personnalités politiques et culturelles tunisiennes ayant vécu à cette époque, en particulier le réformateur Tahar Haddad.
Haddad est connu pour avoir publié un livre considéré comme révolutionnaire en 1930, intitulé "Nos Femmes dans la Charia et la Société". C'est l'un des livres les plus importants de cette époque, qui appelle aux droits des femmes et à des réformes sociales. La plupart des idées bien connues de Haddad liaient le progrès de la société aux progrès des femmes et à leur libération.
Jaziri explique qu'au vu de la profusion d'événements politiques, sociaux et culturels que la Tunisie a connus dans les années 1930, il lui avait fallu trois ans de recherche sur les événements tumultueux de cette période et pour sélectionner les personnages et les histoires qu'il souhaitait dépeindre et raconter.
Bien que Jaziri affirme que le sujet principal de ce film soit "le voyage du réformateur Tahar Haddad, qui s'est opposé à la pensée salafiste et au colonialisme", son film se penche également sur des personnages tels que Abi El-Qasim Al-Shabi et Mohammed Ali Hammi, entre autres. "Je veux apprendre à connaître des personnalités tunisiennes dont l'histoire ne retiendra pas les noms", affirme Jaziri, ajoutant qu'il s'était intéressé à la vie privée de ces personnages historiques.
La romancière tunisienne Arousia Nalouti, qui a participé au script, a noté la difficulté qu'il y a à travailler sur des histoires relatant la vie publique et privée de personnalités aussi éminentes du mouvement réformiste tunisien.
Ali Jaziri, le fils du réalisateur, qui joue le rôle de Haddad dans ce film, explique que son père a choisi ce réformateur pour être le personnage central du film "parce qu'il a beaucoup de choses en commun avec Haddad."
"On y retrouve également une réaction à la vague de terrorisme qui endeuille le monde, mais ce n'est pas la principale raison, parce que mon père a commencé à travailler sur le scénario il y a plus de dix ans."
Avec un budget dépassant deux millions de dinars, "Les Années Trente" sera l'un des films les plus chers de l'histoire du cinéma tunisien. Ali a indiqué à Magharebia qu'au départ, son père avait rencontré des difficultés à assurer le soutien matériel. Mais avec le temps, le Ministère de la Culture, la Compagnie Tunisienne de Gaz et d'Electricité et le producteur international Tariq Ben Amar lui ont apporté leur soutien. Ben Amar s'est engagé à assurer la post-production dans ses studios privés, et les télévision tunisienne et algérienne se sont engagées à diffuser ce film.
Fadhel Jaziri est connu pour ses nombreuses oeuvres théâtrales et cinématographiques, dont "Ghasalat El-Nawader", "Arab" et "El-Hadra". "Les Années Trente" sera filmé en arabe et en français et sera le premier film tunisien à utiliser une lentille de 35 mm durant toute la production.
Jaziri espère terminer "Les Années Trente" à temps pour pouvoir participer au Festival de Cannes 2008.







صالح حمودة En ligne 2007-10-06
“Talatoune” (trente) réalisé par El Fadil El Jaziri est un film dont l’histoire raconte la répression endurée par les personnages, un film qui évoque en arrière-plan la répression et la marginalisation de l’artiste créatif. Les acteurs professionnels en Tunisie souffrent d'exclusion et se voient dénier le droit à travailler dans leur espace naturel (la scène, le cinéma ou la télévision). A la place, ce droit est accordé à des opportunistes qui abusent rapidement et comme par accident de cet art de jouer, une voie qu'ils n'avaient jamais envisagée au vu de la nature négligée et chaotique de ce secteur. Ils sont voient confier cette plate-forme par certains de nos icônes artistiques comme une occasion au détriment des artistes professionnels pour des raisons uniquement dévoilées dans les coulisses de Talatoune, du réalisateur et producteur El Fadil El Jaziri. Il nous fait nous poser des questions importantes qui exigent des solutions urgentes. La production du film a duré trois mois, jour après jour, et sans rémunération, simplement pour offrir aux acteurs la chance d’avoir un rôle. Le réalisateur le confirme en disant qu’ils ont pu ainsi "sortir la tête [de l’eau]", selon son expression, et que le tournage du film n’avait pas duré plus de 17 jours. Il a répété sans cesse ces mêmes promesses, en dépit du fait que son équipe diminuait à cause des conditions inadéquates (les répétitions ont duré trois mois de plus que prévu, divisées par équipes ou partagées par un seul artiste). El Fadil El Jaziri connaissait d’avance la répartition des rôles, il a utilisé son groupe pour obtenir des idées, des suggestions et des répétitions sur ces scènes qui réclamaient un grand nombre d’artistes comme pour la scène “le processus de Jellaz” ou la réunion comme “Al Haririya Hotel”, “Birth Gathering” ou “Tahor, les festivités des oiseaux. Pendant tout ce temps, nous avons vu deux caractères, essentiellement le rôle joué par Al Jaziri, Jr “Tahar Haddad”. Cette personne n'a aucun lien, même distant, avec le monde de la scène, mais est simplement le don de Al Jaziri à la scène culturelle, comme il l'a dit dans les médias. Al Jaziri a évité de parler de la distribution des rôles ou du script, craignant des interventions de tiers avec le lancement d'un projet national d'art. Je pense qu'après avoir informé le réalisateur pendant 6 mois sur ce problème, ce n'est rien de plus que [Unintelligible]
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