Deux figures de l'opposition tunisienne entament une grève de la faim

2007-09-25

La secrétaire générale du Parti Démocratique Progressiste, Maya Jribi, et Ahmed Néjib Chebbi, directeur de la rédaction du journal de ce parti, Al Mawkif, ont entamé une grève de la faim pour protester contre ce qu'ils considèrent comme des attaques répétées du gouvernement contre l'opposition.

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 25/09/2007

[Getty Images] Chebbi (à gauche) et Jribi accusent le gouvernement de harcèlement contre leur parti.

La secrétaire générale du Parti Démocratique Progressiste (PDP) Maya Jribi a annoncé jeudi 20 septembre qu'elle entamait une grève illimitée de la faim pour protester contre une assignation en justice émanant du propriétaire des bureaux du parti. Mme Jribi estime que le gouvernement a chargé le propriétaire de cette mission parce qu'elle dirige un parti d'opposition. Ahmed Néjib Chebbi, le fondateur du parti et directeur de la rédaction du quotidien du PDP Al Mawkif, s'est joint à elle dans cette grève de la faim.

Un certain nombre de secrétaires généraux de partis d'opposition, le président de la Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l'Homme, et la secrétaire générale du Mouvement Démocratique des Femmes ont apporté leur soutien au PDP en participant à la conférence de presse au cours de laquelle cette grève de la faim a été annoncée. Mme Jribi a déclaré que du fait de la "destruction du dernier carré de liberté d'expression et d'activité politique en [Tunisie]", elle poursuivrait sa grève de la faim "jusqu'à ce que les autorités mettent un terme au harcèlement constant contre le parti et à l'obstruction à ses activités".

Le PDP avait reçu une citation à comparaître d'un tribunal tunisien après que le propriétaire des locaux du parti eut déposé plainte, arguant qu'il était surpris de voir ces locaux utilisés comme bureaux d'un parti politique, alors que le contrat de location stipule qu'ils devaient être utilisés comme bureaux d'un organe de presse.

Mme Jribi a insisté sur le fait que cette action en justice lui avait été dictée par les autorités. "Le recours à de telles méthodes tordues de la part du gouvernement pour entraver les opinions divergentes, les activités des partis de l'opposition et les organisations indépendantes de la société civile n'est pas nouveau", a-t-elle déclaré. "La Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l'Homme a été confrontée plus d'une fois à des actions en justice dans le passé, intentées par des personnes ayant prêté allégeance au gouvernement. De plus, les bureaux du quotidien Al Mawkif sont utilisés depuis vingt-trois ans comme siège des activités du PDP, avant même que le parti ne soit officiellement reconnu en 1988."

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M. Chebbi a déclaré que, confronté à la situation actuelle, "nous ne voyons aucune autre solution. Nous avons décidé de protester politiquement par une grève de la faim, parce que cette décision est politique, et non juridique, comme ils l'affirment."

"Contrairement à ces allégations mensongères, le litige lié au siège du journal est un litige civil et foncier entre un propriétaire et son locataire. Seuls les tribunaux ont compétence pour examiner de tels litiges", indique l'agence Reuters, citant une source officielle proche du gouvernement. Cette source poursuit, affirmant: "Cette tentative visant à qualifier ce litige de politique relève d'un comportement irresponsable."

"Je pense qu'il y a d'autres facteurs derrière cette annonce de grève de la faim", a déclaré le journaliste tunisien Borhane Bsaies à Magharebia, ajoutant que cette grève "pourrait être une tentative de contourner les conflits internes au sein du parti, provoqués par la croissance d'un courant au sein de celui-ci rejetant l'hégémonie… de Chebbi". Rachid Khechana, membre du bureau politique du PDP, réfute ces allégations. Lors d'un entretien avec Magharebia, M. Khechana a affirmé qu'il s'agissait "de purs mensonges, qu'aucun fait ne vient étayer".

Lors de la dernière assemblée générale du parti, M. Chebbi avait renoncé au poste de secrétaire général en faveur de Mme Jribi.

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comments

abou fahd En ligne 2007-09-29

Un esprit hardi est plus proche de Dieu. C'est un proverbe tunisien. Alors si tout n'est pas correct autour de vous, vous pouvez ouvrir l'agenda politique et peut-être que quelqu'un vous écoutera, on peut toujours continuer à rêver. Si l'on vous demande de renoncer aux principes édictés par ceux qui les ont établis pour quelque raison que ce soit, trouvez-en d'autres et continuez quoi que vous fassiez si vous ne voulez pas fermer la boutique et être perdu.

Mlle ... En ligne 2007-12-14

pendant ces dernieres années l'opposition tunisienne a fait beaucoup d'effort pour sauver les droits de l'homme et faire sevir la justice en Tunisie; beaucoup de personne comme Mr Najib chebbi et Mlle Jribi se sont sacrifiés et battus pour la justice en tunisie! mais malheuresemen nous remarquons que rien ne pourra plus changer désormais vue que notre pays manque de liberté et de démocratie! Mr Abbou endure une peine d emprisonnemen de trois ans rien que pour avoir protester dans un journal! plus que 500prisonnier politik subissent des tortures rien que pour avoir essayer de fair regner la paix et la justice dans notre pays!

François Sendre En ligne 2008-04-23

La démocratie commence par la liberté de chacun, le droit à l'expression et donc à la critique, la démocratie accepte une opposition et interdit toute violence, torture et répression..... La démocratie respecte le peuple et des vraies élections, la démocratie veille sur le bon déroulement de la justice en agissant en toute indépendance. La démocratie n'autorise pas la détention arbitraire de toutes les Sameh Harakati. Hélas la Tunisie est très loin de cette démocratie qu'elle revendique dans le mensonge.

URL supprimé par la rédaction.

brahim En ligne 2008-05-26

Je pense qu'il faut aller au delà des grèves de la faim pour pousser le gouvernement tunisien à revoir sa copie sur la démocratie et les droits de l'homme. Madame Sameh Harakati est devenue malgré son innocence, l'icône de l'injustice en Tunisie. Il faut poursuivre ces méthodes en dénonçant tous ces faits de société en faisant un maximum de publicité pour chaque cas.

URL supprimée par la rédaction.

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