Les Algériens condamnent fermement la tactique des derniers attentats terroristes
2007-09-12
Les Algériens sont pris dans un combat entre les forces de sécurité et les terroristes, qui sont tombés à un niveau encore plus bas en recrutant des adolescents et en les envoyant pour des missions suicides contre leur volonté.
Par Said Jameh pour Magharebia à Alger — 12/09/07
![]() [Getty Images] Une Algérienne agite le drapeau national lors d'une manifestation de protestation contre le terrorisme, le 9 septembre à Alger. |
Les Algériens considèrent les récents attentats de Batna et Dellys comme une attaque contre la stabilité et la politique de réconciliation nationale mise en place par le gouvernement. Nombre d'entre eux estiment que le pays est engagé dans une lutte d'influence entre les autorités et l'Organisation al-Qaïda au Maghreb Islamique, qui a recruté des adolescents lors de ses attentats les plus récents.
A la suite de ces attentats, qui ont tué soixante personnes et en ont blessé plus de cent cinquante autres, les responsables de la sécurité ont annoncé un nouveau plan de sécurité pour le pays, en particulier pour la capitale. Le directeur général de la sécurité nationale, Ali Tounsi, a annoncé le déploiement de forces de police supplémentaires pour sécuriser Alger pendant le mois du Ramadan.
De nombreux Algériens pensent que ces attentats visent la politique de réconciliation nationale du Président Abdelaziz Bouteflika et sont une tentative de ramener le pays à la situation d'avant 1999.
Le politologue Nasreddine Gacem indique que bien que l'attentat de Batna ait été une tentative d'assassinat manquée, il ne visait pas le Président. Bien plus, il constituait une sorte de spectacle médiatique, destiné à envoyer un message politique et à faire pression sur M. Bouteflika. Dans une déclaration à Magharebia, M. Gacem a indiqué que cet attentat visait à faire perdre espoir au Président quant à l'efficacité de sa politique de réconciliation nationale.
"Toutefois, Bouteflika a compris l'intention et n'a pas dévié", affirme M. Gacem. "Il a fait preuve d'une grande rigueur. Il a donc totalement réduit à néant le but de cette opération, à l'image de cet attentat raté contre sa personne."
Ces attentats marquent une nouvelle dégradation de la stratégie de l'Organisation al-Qaïda au Maghreb Islamique en Algérie. Après la reddition et la mort de nombre de ses membres, et la désillusion dans ses rangs un an après le changement d'appellation du GSPC, l'organisation djihadiste a désormais recours à des adolescents.
Ceux-ci sont trompés par des promesses d'argent et de participation à la lutte en Irak. Lorsqu'ils découvrent qu'ils ont été trompés, ils se voient contraints de participer à des missions suicides en Algérie, après avoir reçu des menaces visant leurs familles.
Selon le père de Nabil Belkacem, le jeune kamikaze de quinze ans auteur de l'attentat contre la caserne de Dellys, qui a tué trente personnes et en a blessé quarante-sept autres, son fils était amer et avait été recruté par l'imam d'une mosquée dans ce quartier populaire d'Alger, La Provalle. La mère de Nabil affirme que son fils avait été forcé de rejoindre le groupe terroriste et qu'il était un "adolescent" qui n'avait rien à voir avec le terrorisme ou les groupes terroristes. Elle a déclaré aux médias algériens que son fils était resté en contact avec elle lorsqu'il était avec ces groupes armés, et qu'il avait l'intention de revenir dans sa famille dès que la chance se présenterait, mais que des éléments de son groupe avaient menacé de tuer tous les membres de sa famille s'il se rendait aux autorités. "Mon fils ne savait rien des actes terroristes. Ces gens ont profité de son jeune âge et l'ont obligé à participer à des actes criminels", déclare-t-elle. "Mon fils est mort, mais ce qui me rend encore plus triste, ce sont toutes ces personnes innocentes tuées dans cet attentat terroriste."
Les responsables de la sécurité avaient arrêté l'imam de la mosquée du quartier, Amine, un mois avant cet attentat. Cette arrestation faisait suite à des enquêtes sur le recrutement de jeunes pour al-Qaïda.
Selon des enquêtes citées par le quotidien Ech Chourouk, ce mercredi 12 septembre, al-Qaïda aurait recruté au moins quarante jeunes âgés de moins de dix-sept ans, le plus jeune ayant même quatorze ans. Selon le quotidien, l'organisation terroriste avait commencé à recruter des adolescents après les lourdes pertes subies lors des opérations antiterroristes lancées ces derniers mois, en particulier dans les anciens repaires de Kabylie. Il cite les enquêteurs, affirmant que la plupart de ces adolescents sont entraînés dans la région de Ouled Salah, dans la province de Thenia, à l'est d'Alger, où Belkacem, dont le nom avait été changé en Abou Moussab az-Zarqawi al-Assimi, avait été entraîné. Ech Chourouk indique que ces adolescents sont issus de familles déshéritées et sont attirés par des promesses d'argent et de lutte en Irak.
M. Gacem affirme que le recours aux attentats-suicides vise essentiellement à faire échouer le processus de réconciliation nationale, en créant un climat de panique et de crainte.
Mais les Algériens ne se laissent pas impressionner. Un jour après la seconde attaque, des milliers d'entre eux se sont rassemblés dans tout le pays pour condamner ces deux attentats, brandissant des bannières appelant à la paix, à la réconciliation et à la fin de cette crise sécuritaire.
Abdelaziz, que Magharebia a rencontré dans le district de Remdani, un quartier proche de la caserne des gardes-côtes visée à Dellys, a affirmé que ceux qui avaient mené cette opération "n'étaient pas humains". Mohammad, un jeune homme du même quartier, a fait part de sa peine pour les victimes, affirmant: "Ceux qui sont morts dans cette caserne sont des citoyens de ce pays."
Hocine ait Ahmed, figure de l'opposition et leader du Front des Forces Socialistes, a appelé les autorités algériennes à adopter une nouvelle approche pour gérer cette situation. Il a fait part de son indignation après ces attentats et a demandé aux autorités de mieux utiliser "les capacités et les talents qui abondent en Algérie, et qui peuvent être utilisées dans les relations de ce pays avec les pays du monde entier".







العيد En ligne 2007-09-14
Nous condamnons fermement le terrorisme, nous voulons l'extraire du monde et l'éradiquer complètement.
Anonymous En ligne 2007-12-13
Je suis un ami du frère Daoudi Ali, fonctionnaire qui est tombé sur la place d'honneur en martyr et laissé aux mains de la trahison et de la criminalité aux côtés des enfants de son pays, l'Algérie. Vous et moi mes frères ne pouvons que demander à Dieu d'avoir pitié de ces âmes dans sa grande miséricorde, qu'Il les accueille dans son Paradis, ouvre au devant d'eux les portes du Paradis et raffermisse la foi des familles pour qu'elles puissent dépasser cette crise. Pour Dieu nous sommes, à Dieu nous retournerons.
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