Les élections au Maroc donnent la victoire aux conservateurs

2007-09-10

Malgré une faible participation, les élections au Maroc, caractérisées par la transparence, ont donné un net avantage aux partis de droite. La question est maintenant de savoir quelles alliances vont se mettre en place et comment sera choisi le Premier Ministre.

Par Mawassi Lahcen pour Magharebia à Casablanca – 10/09/2007

[Getty Images] Les partisans du parti Istiqlal félicitent le secrétaire général Abbas El Fassi au siège du parti à Rabat le 9 septembre.

Les élections législatives du 7 septembre au Maroc ont entraîné un net recul des partis de gauche et donné une confortable marge de manoeuvre aux partis de droite et aux conservateurs, qui pourrait leur permettre de former le prochain gouvernement au sein d'une alliance de quatre ou cinq partis.

Sept grands partis ont remporté 80 pour cent des 325 sièges à la Chambre des Représentants, aux termes d'un scrutin à la proportionnelle par listes, susceptible de créer des résultats disparates. Dix-sept petits partis revendiquent 20 pour cent des sièges, tandis que neuf des trente-trois partis qui participaient à ces élections n'ont remporté aucun siège. Malgré les premières estimations assez élevées, le taux de participation n'a été que d'environ 37 pour cent

Malgré le grand nombre de partis en lice – trente-trois, contre vingt-six en 2002 -- seuls quelques-uns des principaux partis ont pu conforter leurs positions, voyant leur résultat passer de 72 pour cent en 2002 à 80 pour cent dans la prochaine assemblée.

Dans ce groupe des sept vainqueurs, on retrouve cinq partis de droite, qui ont obtenu 63 pour cent des sièges, et deux partis de gauche, qui recueillent 17 pour cent des sièges.

Le parti Istiqlal (Indépendance) a obtenu plus de voix que les autres, avec 16 pour cent des sièges. En deuxième place arrive le Parti pour la Justice et le Développement (PJD), avec 14 pour cent des sièges, suivi du Mouvement Populaire (13 pour cent), du Rassemblement National des Indépendants (12 pour cent), de l'Union Socialiste des Forces Populaires (12 pour cent) et du Parti d'Union Constitutionnelle (8 pour cent).

Ces résultats constituent une défaite importante pour l'USFP, passée de la première place en 2002 avec 15 pour cent des sièges, à la cinquième, avec 12 pour cent.

Les observateurs s'attendent à ce que ces résultats entraînent un remaniement de la coalition de partis constituant la majorité, qui comprend actuellement l'USFP, Istiqlal, le Rassemblement National des Indépendants, le Mouvement Populaire et le Parti pour le Progrès et le Socialisme. Bien que la part des sièges de cette alliance ait légèrement augmenté, passant de 54 pour cent en 2002 à 57 pour cent cette année, les analystes prédisent que l'USFP devrait se retirer de cette alliance au vu de ses maigres résultats et devrait être absente du prochain gouvernement.

[Mawassi Lahcen] Le bloc islamiste n'a pas réussi la percée escomptée par beaucoup.

Mohamed Tozi, directeur du Centre Marocain d'Etudes Sociologiques à Casablanca a déclaré à Magharebia qu'il excluait la possibilité que l'USFP participe au prochain gouvernement. "Je pense que l'USFP sera soumise à de fortes pressions internes au vu des résultats enregistrés", a expliqué M. Tozi. "L'Union éprouvera de grandes difficultés à convaincre ses adhérents de la possibilité d'une participation après le revers essuyé."

Nombre des responsables actuels de l'USFP n'ont pu conserver leurs sièges lors de ces élections. Parmi eux, Mohamed Al-Ashaari, actuel Ministre de la Culture ; Nouzha Chekrouni, Ministre Délégué en charge de la communauté marocaine de l'étranger ; et Driss Lachgar, chef du groupe parlementaire du parti ; parmi les vaincus, on retrouve également Omar El-Yazghi, le fils de l'actuel secrétaire général du parti.

Après quarante ans dans l'opposition, l'USFP avait pris part pour la première fois au gouvernement en 1997, lorsque feu le Roi Hassan II avait demandé au secrétaire général de l'époque, Abderrahman al-Youssoufi, de former un gouvernement de compromis. Le parti était ensuite resté au pouvoir dans chacun des gouvernements suivants. Le passage de l'opposition au gouvernement avait entamé la cohésion du parti, entraînant de nombreuses crises internes et affaiblissant le groupe. Nombre d'analystes s'attendent à ce que l'USFP retourne dans l'opposition, pour resserrer les rangs et soigner ses blessures.

Trois des partis participant à l'actuel gouvernement -- Istiqlal, le Mouvement Populaire et le Rassemblement National des Indépendants – ont remporté 41 pour cent des sièges, et devraient former le noyau du futur gouvernement, garantissant une certaine continuité avec la direction générale prise par le gouvernement précédent.

Selon Miloud Belkadi, chercheur et politologue, le PJD devrait participer à cette alliance. "Il existe des facteurs communs entre ces trois partis et le PJD", a-t-il expliqué à Magharebia. Et avant tout, "le fait que ce sont tous des partis conservateurs, partisans du libéralisme et de l'économie de marché. Je pense par conséquent que leur alliance sera une alliance naturelle et cohérente."

M. Belkadi affirme qu'un gouvernement dirigé par Istiqlal et comprenant le PJD, le Rassemblement National des Indépendants et le Mouvement Populaire sera en meilleure position que l'actuel gouvernement, dirigé par un indépendant -- Driss Jettou --, composé d'un mélange dysfonctionnel de partis à tendance socialiste, libérale et conservatrice.

Il estime que le Parti de l'Union Constitutionnelle, arrivé en sixième position lors de ces élections avec 8 pour cent des sièges, pourrait également rejoindre la coalition gouvernementale, garantissant ainsi une majorité parlementaire confortable pour le prochain gouvernement.

M. Belkadi a toutefois fait part de certaines réserves quant à la formation de ce gouvernement. "D'un point de vue politique, le parti Istiqlal est en tête. Il est suivi d'autres partis qui partagent ses principales idées", explique-t-il. "Il serait donc logique que le gouvernement soit formé par des partis dirigés par Istiqlal. Mais, aux termes de la constitution, le Roi est celui qui nomme le Premier Ministre – conformément à l'article 24. Cet article ne précise cependant pas si le Premier Ministre doit être issu ou non des rangs de la majorité parlementaire. Par conséquent, je ne peux exclure la possibilité que le souverain nomme une nouvelle fois Driss Jettou, ou même l'ancien Ministre Délégué auprès du Ministère de l'Intérieur Fouad Ali El Himma, qui l'a emporté dans la circonscription de R'hamna. De plus, la formation du prochain gouvernement dépendra du résultat des négociations entre les partis, et de leur capacité à parvenir à un accord."

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Au total, quatre des douze ministres actuels n'ont pas été réélus le 7 septembre. Sept secrétaires généraux de partis ont également perdu leurs sièges. L'ancien Ministre Délégué au Ministère de l'Intérieur Fouad Ali El Himma s'est posé en fort concurrent, et sa liste indépendante a emporté tous les sièges dans la circonscription de R'hamna, malgré la présence de quinze concurrents d'autres partis.

Contrairement aux prévisions de beaucoup, ces élections n'ont pas entraîné une "victoire écrasante" des Islamistes. Bien au contraire, leur score a généralement été en-deçà des attentes. Malgré sa deuxième place, le PJD n'a pas réussi à renouveler son résultat de 2002. Lors des précédents scrutins, le PJD s'était présenté dans cinquante-et-une circonscriptions et avait emporté quarante-deux sièges, alors que cette année, il présentait des candidats dans quatre-vingt-quatorze circonscriptions, mais n'a réussi à emporter que quarante-six sièges.

Deux nouveaux partis islamistes, le Parti de la Renaissance et de la Vertu et Albadil Alhadari (Alternative Civique), n'ont pas remporté un seul siège pour leur coup d'essai, si l'on excepte celui remporté par Sheikh Abdelbarii Zemzami à Casablanca. Zemzami a largement bénéficié de son influence spirituelle dans les vieux quartiers de la ville, et de son affiliation avec le Parti de la Renaissance et de la Vertu, récemment fondé après sa dissidence avec le PJD.

Les observateurs internationaux ont indiqué lors d'une conférence de presse organisée à Rabat que malgré quelques rapports d'incidents mineurs, ces élections s'étaient déroulées dans de bonnes conditions, et s'étaient caractérisées par leur transparence et leur professionnalisme.

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comments

acharif moulay abdellah bouskraoui En ligne 2007-09-11

Les Marocains sont un peuple conservateur qui veut preserver son patrimoine culturelle ,et religieux surtout sont coté du peuple tolerant ou juifs et musulmans vivent en paix et harmonie sous legide du garant supreme de la nation ,et de nos principes SM Mohamed 6 ,la partie de l'istiqlal est un partie qui garantira la preservation de ce patrimoine...pendant que les parties de gauches dans les soient disant intellectuels ,presses...ne pensent qu"a detruire les principes musulmans et encourager la prostitution et la pédophilé comme s'ils sont pousse par des puissances etrangère pour mener une guerre contre l'islam sous couverture de droits de liberté d'expression et de l'homme...de l'autre face de ces creatures hostiles se trouve les integristes...une seule medailles et deux revers

helene En ligne 2007-09-11

A tous, je suis contente que les élections se soient passées dans une plus grande régularité qu'en 2002. Je suis contente que le POPULAR MOVEMENT ait augmenté de 4,31 cela explique que les personnes ont mené une bonne campagne électorale prés des habitants marocains. Le regret, la population est formée de beaucoup de jeunes qui ont envie d'avoir une vie confortable et voudraient voir un mode de vie meilleur. Quand on voit aux informations françaises un jeune de Cassablanca montrait qu'il ne possède qu'un seul pantalon alors que les jeunes en France mettent des vêtements de marque comme Adidas, Reebok,Airness ou autre ça fait mal. Que les partis leur demandent de voter c'est bien mais si on faisait quelque chose pour eux ils voteraient plus facilement. Maintenant il faut voir qui va être élu par le roi comme 1er ministre et les choses qui vont réellement changer. J'attends la suite des événements ayant des relations avec des Marocains et m'intéressant à votre pays.

hasna En ligne 2007-09-14

En réponse à acharif moulay abdellah bouskraoui, qui dit je site :"pendant que les parties de gauches dans les soient disant intellectuels ,presses...ne pensent qu"a detruire les principes musulmans et encourager la prostitution et la pédophilé comme s'ils sont pousse par des puissances etrangère pour mener une guerre contre l'islam " Es- tu juste conscient de ce que tu avances ??? Il serait important pour toi de mieux comprendre la politique de ton pays (et notamment la politique de gauche) avant de donner ton avis !!!. Tu n'as visiblement rien compris MON PAUVRE !!

salma En ligne 2007-09-15

l'usfp n'a pas honte , malgres qu'il a perdu les election; malgres que le peuple ne veux pas de lui, il s'acroche au governement. les chef de USFP doivent rougir avant de dire qu'il sont pret pour participer au prochain gouvernement

أمحمد En ligne 2007-09-19

Je suis d'accord avec vous Salma. L'Union Socialiste a l'occasion de jouer un rôle historique si elle reste dans l'opposition et travaille à l'unification de la gauche et une gauche forte au Maroc, avant de revenir au pouvoir lors des prochaines élections. Les résultats des élections de septembre ont accordé 61% des sièges à des partis de droite, 24% aux formations de gauche menées par l'Union Socialiste, et 15% aux islamistes. Il est naturel, comme il est dit dans l'article, que le gouvernement soit formé avec des partis de droite, sauf si le parti de l'Union devait avoir perdu la boussole et soit devenu sans couleur politique, ou qu'il en soit venu à accepter les restes du repas de la droite et les portefeuilles vides qu'elle pourrait lui offrir.

hassan En ligne 2007-09-22

Je ne crois pas en la démocratie marocaine, car la démocratie se définit par le fait que le peuple choisit les personnes qui s'occuperont de ses affaires et qui mettront en oeuvre une politique qui sera acceptée par les gens de tous les secteurs. Aussi longtemps que persisteront des ministres souverains, comme celui de l'Intérieur, des Affaires Etrangères, des Affaires Islamiques, comme le Premier Ministre aussi, car ces ministres sont la pierre angulaire de la politique publique au Maroc et le Roi a le droit de nommer celui qu'il veut pour ces fonctions quels que soient les résultats électoraux, et le parti gagnant. Alors par Dieu, quelle est l'utilité des élections ?

kamal En ligne 2007-09-22

C'est une honte de nommer un premier ministre comme Abbas El Fassi alors qu'il était à l'origine d'un complot lorsqu'il était Ministre de l'Emploi dans le gouvernement d'alternance dirigé par Youssoufi. Il a fait des déclarations sur les chaînes publiques qui ont mené 30 000 jeunes Marocains, dont je suis, à être victime d'une fraude à l'encontre de la compagnie émirati Najat qui a gagné des milliard grâce à ces déclarations mensongères. Il y a encore de nombreuses plaintes contre lui qui n'ont pas été prises en compte par la justice. La place d'une personne comme Fassi est en prison et non dans un fauteuil ministériel, particulièrement parce que 6 victimes de l'entreprise de destruction illusoire se sont suicidés. Ô Seigneur, c'est énorme.

ععيساوي محمد مواطن محب للدولة العلوية الشريفة En ligne 2007-10-22

C’est la première fois que je me suis senti fier du choix du nouveau gouvernement – et particulièrement celui des bonnes personnes aux bons postes. Beaucoup ont parlé de la Ministre de la Culture, qui est artiste, instruite et fille du peuple; pendant son mandat, la culture va prospérer dans tous les sens du mot. La Mecque ne verra que les siens. Alors félicitations au jeune Roi, que Dieu le protège et protège son fils le cher Mly Al Hassan. Pourquoi pas ? Son grand-père a construit des ponts et un Maroc moderne. Que Dieu protège la dynastie alaouite. J’espère que tous les ministres ont été sélectionnés parmi les fils fidèles du peuple, ceux qui ont levé haut le drapeau du Maroc. Félicitations à Touria Jabrane et à la respectable Naoual El Moutawakil, ainsi qu’à la dame au grand cœur et avec son sourire, Dieu le Miséricordieux guérira tous les malades, elle était auparavant Ministre des familles démunies et siège maintenant à la Santé. Je leur souhaite à toutes du succès. Le choix du Roi, qui est soutenu par Dieu, est un bon choix qu’il a hérité de ses aïeux. En dépit de ce qui a été dit, je crois que le nouveau gouvernement réussira parce qu’il est composé en partie de fils du peuple marocain qui aiment leur Roi et leur Nation. "Travaillez, ainsi Dieu verra votre œuvre, ainsi que Son Messager et les croyants".

عزيز En ligne 2008-01-07

Nous pouvons considérer que le groupe Al Adl Wa Al Ihssane est un des groupes islamiques les plus populaires et particulièrement depuis qu'il a sorti 'All for delivery'.

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