Mort de Driss Benzekri, champion des Droits de l'Homme
2007-05-25
Le Maroc a perdu un pionnier des Droits de l'Homme, avec le décès le 20 mai de Driss Benzekri. Le Premier Ministre Driss Jettou était submergé par l'émotion lors de l'annonce de la disparition de M. Benzekri aux médias.
Par Imane Belhaj pour Magharebia à Casablanca – 25/05/2007
![]() [Getty Images] Le Prince Moulay Rachid (au centre) aux côtés du Premier Ministre Driss Jettou (à droite) et de l'épouse de Driss Benzekri, Rabiaa, aux funérailles de Benzekri, le 22 mai. |
Le peuple marocain a souffert une grande perte avec le décès, le 20 mai, de Driss Benzekri, une personnalité importante dans le domaine du combat politique et de la défense des Droits de l'Homme. Il s'est éteint après un long combat contre un cancer de l'estomac. Avec lui, le Maroc perd un militant dont la personnalité unique avait convaincu les forces politiques, juridiques et sociales du pays de poser les fondements d'un Maroc moderne, respectueux des principes internationaux des Droits de l'Homme.
Benzekri était né en 1950 dans le village de Ait Ouahi, à un tournant de l'histoire du Maroc. La société commençait à faire entendre la voix de l'indépendance vis-à-vis de l'empire colonial, et dès son plus jeune âge, Benzekri s'était retrouvé aux avant-postes d'une génération de jeunes appelant au changement. Fils d'une famille de paysans pauvres, Benzekri s'était inscrit à l'école, qui lui offrait son seul espoir de rompre avec la tradition et d'envisager une vie en-dehors du village.
Benzekri étudia la littérature française, et mena une activité politique interdite en secret. Sa participation dans la création de l'organisation Ila al-Amam marqua le début d'un cycle de luttes politiques et d'emprisonnements qui allaient dominer sa vie jusqu'à sa libération en 1991, après dix-sept ans passés derrière les barreaux. Il entama alors une nouvelle carrière, avec des convictions raffermies. Objet de critiques constantes, il sut toujours leur répondre avec un grand charisme et une grande confiance.
Benzekri sera resté emprisonné pendant plus de dix-ans de sa vie, et ses amis et camarades de prison gardent le souvenir de ses prises de position courageuses à de nombreuses reprises, de sa vision très large des choses lors des discussions, et de son analyse très affinée du climat social et politique de son pays.
En 1974-1975, Benzekri fut emprisonné au secret dans la prison Derb Moulay Cherif de Casablanca, puis transféré à la prison centrale de Kenitra. Vers la fin de sa détention, il prit ses distances avec l'organisation Ila al-Amam, réalisant que le changement politique était déjà en marche dans le pays et dans l'ensemble du monde.
En prison, il poursuivit ses études, obtenant des diplômes en linguistique et en littérature de l'Université Mohammed V de Rabat et de l'Université d'Aix-Marseille en France. Une fois diplômé, il tourna son attention vers les études du droit et à sa sortie de prison, il obtint une maîtrise en droit international, avec une spécialisation dans les Droits de l'Homme, de l'Université de l'Essex, en Angleterre, en 1997.
Benzekri et plusieurs autres victimes des atteintes aux Droits de l'Homme fondèrent le Forum pour la Vérité et la Justice. En 2001, il fut nommé président de la Commission Consultative sur les Droits de l'Homme (CCDH), où il étendit la question des Droits de l'Homme au-delà de la simple politique, dans les sphères de l'économie, de la société et de la culture.
Benzekri fut nommé président de la Commission Paix et Réconciliation que le Roi Mohammed VI instaura en 2004. Son travail au sein de cette Commission concerna les graves atteintes aux Droits de l'Homme et la recherche des personnes disparues.
Mohammed Sektaoui, directeur général de la branche marocaine d'Amnesty International, a qualifié la mort de Benzekri de "tragédie pour… ceux qui luttent pour les Droits de l'Homme au Maroc".
Selon Abraham Serfaty, l'un des activistes de gauche dont le nom est associé à l'organisation Ila al-Amam, Benzekri était "courageux et entier, et impossible à manipuler. Il était juste qu'il accepte la présidence de la Commission."
Amina Bouayach, présidente de l'Organisation Marocaine des Droits de l'Homme, a déclaré que le Maroc avait perdu un rempart puissant des forces de la justice, ainsi qu'un homme à l'esprit très ouvert à toutes les opinions, mêmes contraires aux siennes.






LARAICHI En ligne 2007-05-26
je suis très contente d'avoir trouver ce site et je trouve qu'il n'y a rien à dire
فاريا الدويرة En ligne 2007-05-28
Un salut à tous les gens libres, hommes militants et honorables. Tout ceux qui luttent pour quelque chose resteront vivants pour toujours.
محد En ligne 2007-05-30
La mort d'Idros Benzekri a été une grande perte pour le Maroc, et pour les activistes des droits de l'Homme politiques, c'est une perte pour nous tous, il était un modèle de la défense des droits de l'homme, je souhaite patience et tranquilité à sa famille, à Dieu nous appartenons et vers Lui nous retournons, merci
ADEL En ligne 2007-06-27
La perte du militant des Droits de l'Homme et de l'activiste Driss Benzekri est un grand désastre pour tous les militants qui ont foi en leur mission.
sarkozy sam En ligne 2008-05-05
je me presente je suis une citoyenne marocaine mais ma mere a epouser un francais donc je suis francaise mais je prefere dire marocaine. donc parlons de benzekri idriss il est cool je suis d'accord avec ce qu'à dit les autres
mohammed En ligne 2008-06-17
La mort de Driss Benzekri est considérée comme une perte dans le domaine des Droits de l'Homme.
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