Le cas de Nichane est jugé préoccupant pour la liberté de la presse au Maroc
2007-01-10
Deux journalistes marocains sont actuellement jugés pour avoir publié un article que les autorités marocaines ont estimé offensant pour l'Islam. Les groupes nationaux et internationaux qualifient ce procès et la décision d'interdire cette publication de violation à la liberté de la presse.
Imrane Binoual à Casablanca a contribué à la rédaction de cet article -- 10/01/07
![]() [Getty Images] Le rédacteur en chef de Nichane, Driss Ksikes (à droite), s'entretient avec son avocat Chaouki Benyoub, lundi 8 janvier lors du procès. |
Le procès de deux journalistes marocains, accusés d'avoir offensé l'Islam, a déclenché une vague d'inquiétudes dans le monde entier quant aux limites de la liberté de la presse au Maroc. Le 20 décembre, les autorités marocaines ont accusé le rédacteur en chef du magazine Nichane Driss Ksikes et la journaliste Sanaa Al-Aji "d'atteinte à la religion islamique" et "de publication et d'édition d'articles contraires à la morale" aux termes de la Loi sur les Publications de Presse de 2002. La publication a été interdite.
Lors de la première séance du procès des deux journalistes, qui a eu lieu le 8 janvier à Casablanca, le procureur du roi a requis une peine de trois à cinq ans de prison, ainsi que l’interdiction d’exercer et une amende.
La Fédération Marocaine des Editeurs de Journaux (FMEJ) a publié une déclaration critiquant "les mesures administratives prises à l'encontre de cet hebdomadaire". La fédération a également appelé au respect de son code d'éthique. "La FMEJ … prend acte des excuses présentées par la publication et réitère son attachement aux valeurs déontologiques prônées par la charte d’éthique."
Dans un communiqué lu à la télévision publique, les journalistes ont déclaré qu'ils n'avaient "pas cherché à offenser nos lecteurs musulmans … Nous nous excusons, en particulier parce que nous entretenons une relation de grand respect envers nos lecteurs".
Le propriétaire de Nichane, Ahmed Reda Benchemsi, a indiqué au Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) basé à New York que les journalistes du magazine avaient reçu des menaces de mort par téléphone et e-mail depuis que le gouvernement avait fait connaître les chefs accusations. L'article en question, publié le 15 décembre, dressait un tableau des blagues sur la religion et la politique, intitulé "Blagues: Comment les Marocains Rient de la Religion, du Sexe et de la Politique". M. Benchemsi a indiqué que certaines de ces blagues parlaient de Dieu, des anges et des prophètes comme des personnes, mais ne se moquaient pas d'eux.
"Nous avons fait preuve de sagesse en rappelant que nous n’avons fait que refléter ce qui existe dans la société, que ces blagues ne sont pas de notre création, qu’il se peut que certains lecteurs ayant une appréciation différente de la nôtre se soient sentis offensés et que si c’était le cas, on s’en excuse auprès d’eux", a déclaré Ksikes lors des auditions.
"Je n'ai fait que rapporter aux lecteurs un phénomène que connaît le Maroc au niveau du rire et de l'anecdote. Nous n'avons pas porté de jugement sur la religion, la politique ou la monarchie" a déclaré Al Aji.
"Nous sommes consternés par ce réquisitoire insensé. Nous ne voulons pas envisager que le tribunal reprenne à son compte les positions archaïques et ultra répressives du procureur. La justice marocaine avait déjà pris une décision moyen-âgeuse en interdisant au journaliste Ali Lamrabet d’écrire pendant dix ans. Nous n’osons pas imaginer que ce scénario puisse se répéter avec Nichane", a déclaré l'organisation Reporters Sans frontières, basée à Paris.
L'Institut International de la Presse de Vienne a qualifié les mesures prises à l'encontre de Nichane et des journalistes de "grave atteinte à la liberté de la presse" et a fait remarquer que la liberté d'expression est protégée par l'Article 9 de la constitution marocaine. "Au plan de la jurisprudence internationale, la liberté d'expression est applicable non seulement à l'information ou aux idées favorablement perçues ou considérées comme non offensantes ou comme un sujet d'indifférence, mais aussi à celles qui offensent, choquent ou perturbent l'Etat ou une couche quelconque de la population."
S'ils sont reconnus coupables, les deux journalistes pourraient être condamnés à des amendes pouvant atteindre 100 000 dirhams et à des peines de prison pouvant aller de 3 à 5 ans. Le verdict est attendu la semaine prochaine.







Yasmina Lahlou En ligne 2007-01-10
Quelle société paradoxale, je ne peux pas comprendre que les gens soient choqués par des plaisanteries qu’ils ont eux-mêmes inventé. Choqués par des blagues, et pourquoi pas par la prostitution, la misère, les abus, etc… ? Ils devraient soutenir ces journalistes. Quelle honte pour un pays qui se proclame démocratique et ouvert !
zeghidi En ligne 2007-01-10
Des années de prison pour ce qu'il faut bien appeler un délit d'opinion ,si délit il y a § ce serait une honte si les 2 journalistes étaient condamnés..Les pousser à s'excuser en public est déjà un scandale et confirme à quel point la zone arabo -musulmane reste à l'arrière garde du monde et du progrès ..Mais ce qui doit être dit par-dessus tout ,c'est que ce qui arrive à "Nichane" et à ses journalistes survient dans un Maroc qui n'est pas gouverné par les islamistes ! Nos amis marocains ne devraient -ils pas se poser la question suivante :mais alors que sera le Maroc ,que sera la liberté d'expression ,que sera la liberté de presse ,que sera le SMIG démocratique si par malheur demain les islamistes du PJD gagnaient les élections ?
sam En ligne 2007-01-11
Ces journalistes doivent être libérés, c’est fou, où sont la liberté de la presse et la démocratie, celle que le Maroc prétend être
M'hamed En ligne 2007-01-11
c'est ça la democratie a la marocaine: un pas en avant,deux pas en arrière
Wahbi En ligne 2007-01-13
Ayant lu l'article sur les blagues,je pense pour ma part que les journalistes n'ont pas respecté la deontologie de la profession.Le choix des blagues est très douteux.Une revue est exposée à tout public,enfants,jeunes et moins jeunes.Cela ne concerne en rien la liberté d'expression,mais plutôt la manière de s'exprimer.Un minimum de respect et de consideration n'aurait fait de mal à personne.De plusle fait qu'ils aient presenté des excuses prouve qu'il y avait de quoi être choqué.La presse independante fait du bon travail,mais peut etre que dans sa lancée et sa quête de la liberté d'expression a oublié de prendre en consideration la manière de s'exprimer.Bon article mais blagues de très bas niveau.Désolée.
bochaïb En ligne 2007-01-13
L'arrière garde du monde et du progrès??? un pas en avant deux en arriere?? j'ose espèrer que vous vous rappelez que le maroc est un pays musulman, 9/10 des habitants le sont.. les offenser vous parait normal? la liberté d'expression ne veut pas forcément dire ecrire tout ce qu'on a envie d'écrire!!! si c'est ça ce que vous appeler sous developpement, je suis fier alors d'etre marocain!
Simohammed En ligne 2007-01-14
Le problème n’est pas simple. Il est même si compliqué qu’y réagir superficiellement ne fonctionnera jamais. Il est lié à la mentalité qui est profondément ancrée dans la culture marocaine. Les éléments en conflits ici sont très sensibles, ce sont la religion, la monarchie et la presse. Le domaine religieux connaît une lutte de positionnement autour de l’Islam : est-il compatible avec la démocratie et les droits de l’Homme. Or, une large catégorie de gens pense que le Maroc devrait être gouverné selon la Loi Islamique. Une autre frange nombreuse de la population est convaincue que la religion relève de la sphère privée et doit être laissée à l’appréciation de celui qui la pratique. La presse est un élément relativement nouveau dans la société marocaine et la majorité des habitants du pays est illettrée. Parmi ceux qui ne le sont pas, peu lisent la presse. Ainsi, la presse ne permet pas d’influencer clairement l’opinion publique. Ni des partis politiques ! Celui qui contrôle vraiment l’opinion publique est l’Etat, à travers son réseau télévisuel. Et les élections contrôlées.
samah En ligne 2007-01-15
franchement ils ont raison ces journaliste je voit pas pourqoi ils sont arreter pour une fois quelqu un parle d un truc serieu on l arrete c la liberte de l expression c la democratie on a le droite de donner notre opinion c ca un pays democratique il faut les soutenire au lieu de les arreter
z_reda En ligne 2007-01-16
Je ne suis pas un extrémiste et je ne suis affilié à aucune organisation islamique. Mais j’ai, comme tous les marocains, été choqué par ces publications, je les dénonce et demande un jugement plus sévère des publicateurs, de manière à ce que jamais plus quiconque ne soit tenté d’insulter l’Islam. Je considère que si la pluie n’est pas encore arrivée, c’est à cause de choses telles que ce journal a publié. Notre Prophète, que la Paix soit sur lui, a dit « si les gens laissent s’installer la turpitude au sein de leur vie, Dieu leur enverra la maladie et la peste, avec une puissance jamais vue par leurs ancêtres ». Il est connu que l’immoralité sociale s’explique par la publication de telles insanités et ce qui est pire, leur publicité. La liberté a des limites dans chaque pays, même dans les plus développés. Par exemple, personne, aujourd’hui, n’oserait douter de l’Holocauste. C’est ma conviction et je vous demande de l’accepter, dans un esprit totalement Islamique. Ce n’est que mon amour à votre égard qui m’a poussé à écrire ces mots modestes, en espérant que vous les acceptiez dans la Paix !
الخلفوني En ligne 2007-01-16
Considèreriez-vous que Liberté de la Presse, ou à la Démocratie, justifie le non-respect de Dieu, et l’insulte à Ses anges ? Les accusés font partie de notre peuple, parlent notre langage. Je demande personnellement au Procureur de demander à la Cour de juger avec la plus grande sévérité ces deux journalistes, et d’interdire ce journam de manière définitive !
امينة En ligne 2007-01-17
Dieu est grand dans cette justice et ce sera la punition la plus sévère de toutes !
غيورة على الوطن En ligne 2007-01-18
Il y a des limites à tout et, si ces limites sont dépassées, de mauvaises choses arrivent. C’est exactement ce qu’il vient de se passer dans notre pays bien-aimé, au nom de ce que l’on appelle « liberté de la presse ». De quelle liberté s’agit-il, si elle doit violer nos valeurs morales. Nous soutenons l’idée d’une liberté journalistique constructive, qui nous mènera au progrès mais nous ne voulons pas de celle qui permet de s’attaquer aux fondements de nos convictions et croyances islamiques.
Simohammed En ligne 2007-01-20
En réalité au Maroc il y a des gens qui se permettent de se comporter comme s'ils étaient sous la république Française. Après tout un journaliste n'est rien qu'un journaliste. Un être humain faillible comme tout le monde. Je ne vois pas pourquoi on doit le soutenir et le défendre quand il va trop loin. Il prend des risques et doit assumer sa responsabilité, c'est tout. La recherche de la célébrité a un prix. Je ne comprend pas pourquoi ces jours ci des jeunes journalistes inconnus montent leurs têtes et vont inutilement fouiller dans des dossiers qui ne sont pas à leur taille. Soyons modeste. Notre religion est trop sacrée pour être utilisée pour confirmer ou nier l'existence d'une soit disant liberté d'expression. La monarchie fait partie de notre histoire et de notre identité et c'est aussi le symbole de notre unité. N'est t-il pas sage de la laisser en dehors de nos surenchères ? La presse est un outil de développement et de progrès, oui mais il y a des limites à tout.
sami ahmed En ligne 2007-01-22
Une honte !
amnay En ligne 2007-01-25
Ce qui était publié dans Nichane n’était pas, à mon avis, insultant vis-à-vis de la religion ou envers qui que ce soit, ces choses étaient presque naturelles au cœur de la société marocaine. Je ne suis pas d’accord avec ces condamnations sévères qui arrivent dans un pays se réclamant de la démocratie et d’une ère nouvelle.
ried amrnas En ligne 2007-01-31
Ce qu’a écrit Nichane insulte notre religion et nos croyances. La liberté d’expression est un droit, mais devrait s’exercer dans d’autres domaines !
TABET72 En ligne 2007-02-06
Nichane a fait une grosse erreur et mérite la sanction prise à son encontre. Les journalistes auraient dû écrire sur les blagues marocaines qui tournent la paix en dérision. A la place, ils ont choisi de s’intéresser aux sujets qui offensent le monde islamique.
ادريس المهاجر En ligne 2007-02-16
En premier lieu je dis que demander pardon est une vertu...Et ces gens ont demandé pardon en fait. Ce qui est dangereux c’est de ne pas vouloir s’excuser…Vous connaissez l’histoire !
بن يمين En ligne 2007-11-26
Shalom, salam alaikom à vous, mes chers frères d'origine marocaine ! Pourquoi Benchemsi n'a-t-il pas osé s'exprimer pendant le règne d'Hassan II, une période d'intense activité de reportage ? Qui que ce soit qui ait osé parler au sujet de... Youssef Cohen pense que les Juifs marocains vivent dans la pauvreté en Israël, mais le lobby sioniste reste derrière eux. Je dis à Bemchesi, tu ferais mieux de vivre parmi les nazis en Europe et partir du Maroc, parce que même être musulman semble être trop dur pour toi. Tu me dégoûtes !
سلوى En ligne 2008-05-04
Les journalistes devraient être relâchés car c'est contraire à la démocratie. Comment peut-on dire que le Maroc est un pays démocratique lorsque en peu de temps, nous entendons parler de l'arrêté prononcé contre Al Massaa et que nous entendons maintenant parler du magazine Nichane ? Je me demande pourquoi de tels mandats sont prononcés contre les magazines et les journaux les meilleurs du Maroc ?
خا111رج السرب En ligne 2009-04-07
La paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous. Mes frères, je pense que le problème ne se limite pas au cher Maroc, il concerne l'Islam dans sa globalité. Je suis un Musulman koweitien, je me suis senti plein de ressentiment à ces blagues. Dieu est l'assistant. Je vous rappelle le verset honorable : "Si tu les interroges, ils te répondront certainement : "Nous ne faisions que badiner et plaisanter !" Dis-leur : "Ainsi, vous vous moquiez de Dieu, de Ses versets et de Son Prophète? "
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