Pénurie de maisons de jeunes au Maroc
2006-11-15
Le Maroc est préoccupé par la pénurie de maisons de jeunes, inégalement réparties à travers le territoire national et qui se distinguent par leurs infrastructures inadécquates. Certains chercheurs se penchent sur les conséquences subies par une jeunesse en manque de lieux de divertissement et de détente.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 15/11/06
![]() [File] Les maisons de jeunes semblent avoir été placées de manière hasardeuse à travers le Maroc. |
Le chercheur-démographe, Berrouyne Mustapha, pense que les 303 maisons de jeunesse présentes sur le territoire marocain se suffisent pas à combler les besoins de la population. C'est, statistiquement, une seule maison de jeunesse qui a été construite pour 20 888 habitants dans la tranche des 15-24 ans. "Certaines manquent des infrastructures les plus basiques et sont donc incapables de répondre à la demande des jeunes gens", ajoute-t-il.
Le chercheur en Education, Mohamed El Aouad, note que la fréquentation des maisons de jeunesse est entravée par les distances qui existent entre elles, il dénonce aussi la pénurie de ces structures, d'une information claire à leur sujet, et de l'absence de projets et d'activités à destination des jeunes publics.
Il pense également que la répartition des ces maisons est un problème. Elle ne semble suivre aucun schéma particulier, avec, par exemple, dans la seule ville d'El Khémissat, 16 maisons de jeunessen lorsque Tanger, ville bien plus grande, n'en compte que trois.
El Aouad évoque aussi la pénurie de structures sportives : seuls 638 terrains à cette intention ont été construits au Maroc.
"Nous n'avons aucun endroit où nous défouler et où nous amuser. Nous ne pouvons seulement qu'aller dans la rue. Ce n'est pas de notre faute," affirme Hafid Boukerracha, âgé de 17 ans.
Le sociologue Ali Chaâbani reconnaît qu'aucune structure n'a été prévue pour que les jeunes puissent se détendre et passer leurs moments de loisirs.
"Les jeunes marocains ne peuvent vivre leur jeunesse comme ils le devraient en raison de ce triste constat, alourdi d'autres contraintes. Ils sont confrontés à d'autres défis lorsqu'ils doivent se faire une place dans la société. Ils s'appuient sur leurs familles, ou sur d'autres institutions."
Mustapha constate que la pénurie d'infrastructures de loisirs amène les jeunes à passer davantage de temps dans les cafés ou dans les mosquées.
Chaâbani s'inquiète que le manque d'aires de divertissement ne pousse la jeunesse à se tourner vers la télévision et les jeux vidéos. Il est conscient du fait que "les chaînes télévisuelles peuvent avoir une mauvaise influence dans la formation des goûts et dans celle de l'esprit".
El Mounabih Alami, jeune directeur de l'une de ces maisons, affirme que de telles structures sont indispensables aux jeunes parce qu'elles forment la personnalité, qu'elles aident à s'adapter à la vie moderne en donnant aux jeunes les moyens de s'exprimer, de développer leurs connaissances et leurs talents. Il ajoute que l'objectif de ces maisons est d'ouvrir aux échanges de dialogue, dans une atmosphère de coopération et de compréhension.




mustam En ligne 2006-11-17
grace aux différentes interventions du souverain plusieures actions ont etes entreprises dans le domaine du développement humain,malheureusement,les résultats se font attendre,et savez-vous pourquoi,tout simplement parce qu'on place des incompétents la ou il ne faut pas.
nour En ligne 2008-03-26
La situation des centres de jeunesse en Tunisie est la même. Le système entier doit être revu. Moins de 300 centres, pour une population de 10 millions de personnes… sans parler des écarts entre les régions, leurs nombres et leurs états dans chacune. Ce résultat ne peut être pris au sérieux qu’au niveau du nombre, sans regarder la réalité des faits. Les agents du secteur ne sont que des fabricants de chandelles à qui l’on attribue toutes les erreurs et les insuffisances commises dans ce domaine. Je dis cela de par mon expérience dans ces instituts, en tant que bénéficiaire de longue durée tout d’abord, puis en tant que travailleur associatif après. Cela varie de problèmes structurels à des problèmes périodiques. Je vais m’intéresser de manière succinte à certains de ces problèmes, sans classement préférentiel. L’absence de loi interne fixant l’obligation avec précision et préservant les droits a eu pour conséquence que ce secteur doit assumer ou est appelé à assumer (par les organes administratifs, politiques et sociaux) des devoirs et des rôles intrinsèques et parfois contradictoires. Ils sont parfois connus en tant qu’instituts de loisirs, et d’autre fois comme des centres de formation et d’emploi…Nous ne devrions pas oublier bien sûr les rôles politiques qui leur sont dévolus, et qui est représenté par la célébration d’événements politiques majeurs, c’est-à-dire la propagande, qui représente la plus grande des ressources de ces instituts au service des objectifs de certaines catégories opportunistes… On se plaint, comme dans d’autres instituts culturels, des programmes stéréotypés qui s’expliquent par de nombreux facteurs, notamment le manque et la limitation des ressources financières nécessaires et les formes obsolètes de gestion financière, si l’on considère que ces instituts n’ont pas d’indépendance à ce niveau-là. Ajoutons des ressources humaines inadéquates, et voici que celui qui assure leur gestion assume également le rôle et les devoirs du directeur, de l’animateur et du travailleur, sans en garantir le moindre avantage ; au contraire, l’administration se charge de transformer un avantage ou un profit, s’il est possible de le décrire ici où l’on évoque le social, en obstacle ou en fardeau sans aucun des bénéfices requis par les nécessités de la mission et celle de la volonté de certains, qu'elle soit consciente ou non, d’obtenir une image sociale positive, étant donné que l’administration peut être une source de prééminence ou une méthode de flambée politique et sociale dans d’autres cas… Parmi les problèmes de timing, il y a que ces instituts pédagogiques informels sont gérés de manière formelle, plus clairement, ces instituts travaillent dans un temps parallèle pour eux-mêmes.
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