Les enseignants marocains expriment leurs revendications
2006-11-10
Les universités marocaines ont été paralysées, le 9 novembre, par une grève de 24 heures initiée par le Syndicat National pour l'Enseignement Supérieur. Les professeurs veulent que les Ecoles Normales - de formation d'enseignants- soient mieux liées aux Universités, ainsi que de plus gros moyens et la reconnaissance des Doctorats français.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 10/11/06
![]() [File] Les étudiants ont été pris par surprise par la grève de leurs professeurs. |
Le Syndicat National pour l'Enseignement Supérieur (SNE-Sup) marocain a entamé, jeudi 9 novembre, une grève de 24 heures.
La secrétaire générale du Syndicat, Fouzia Guédira, a déclaré à Magharebia que de nombreux professeurs avaient participé au mouvement parce que les discussions qui s'étaient tenues avec le Ministère au cours des six derniers mois avaient résolu certains problèmes, mais avaient néanmoins laissé trois revendications en suspens.
La première réside dans le lien à définir entre les universités et les écoles normales, où sont formés les enseignants. " Au moment présent, ces écoles n'ont de comptes à rendre ni aux universités, ni à d'autres établissements de type non-universitaires, comme cela est cependant stipulé dans la loi. Il s'agit d'une situation irrégulière, qui a des répercussions négatives sur leur bon fonctionnement", indique Guédira.
Seconde revendication : le manque de ressources humaines. Selon le Docteur Saïd Saaddine, professeur de sciences et de technologie à l'Université Mohammédia, les conditions logistiques, les ressources en personnel et en équipement nécessaires à la réforme pédagogique manquent cruellement. Il déclare que le système de l'enseignement supérieur n'est pas équipé à l'heure actuelle pour apporter aux étudiants les compétences qui répondont demain aux besoins de développement du pays. Le manque d'équipement scientifique et de professeurs a pour conséquence une majorité écrasante d'étudiants spécialisés dans des disciplines n'offrant que peu de perspectives d'avenir et d'emploi, conséquence contraire aux ambitions réformatrices.
Le Dr Bahaa Rafiki, professeur de géologie, reconnaît l'évidence : une réforme ne peut être menée sans que des outils soient mis à disposition. "Les enseignants s'efforcent d'offrir des cours pratiques en ayant les mains vides. Nous voulons travailler. Mais nous avons besoin d'un minimum de moyens", dit-il.
La troisième doléance exprimée par les professeurs concerne les doctorats passés en France, dont des titulaires mènent une grève de la faim depuis le premier novembre. Depuis plus de vingt ans, les doctorats français ne sont plus reconnus au Maroc, alors que les diplômes passés dans d'autres pays sont reconnus en tant que tels.
Le Ministère a cessé de reconnaître l'équivalence des diplômes français et marocains en 1984, après que la France eût entamé sa réforme de l'Université en créant un doctorat unique.
"Le Doctorat français se situe entre le diplôme d'enseignement supérieur et le doctorat d'Etat," dit Jalil Bouabid, directeur des ressources humaines et du budget au Ministère de l'Enseignement Supérieur. " Sa valeur scientifique est moindre qu'un diplôme d'Etat", ajoute-t-il.
Les titulaires d'un Doctorat français sont professeurs-adjoints, tant que leur diplôme n'a pas de valeur légale. Ils n'ont pas le droit de superviser les étudiants eux-mêmes en Doctorat ou de postuler en tant que Maître de Conférences.
Au cours de la dernière rencontre entre le Bureau National du SNE-Sup et le Ministre de l'Education, Mohamed Mahassine, Président de l'Association Marocaine des marocaine des enseignants chercheurs lauréats des universités françaises, rapporte que les grévistes ont rejeté une proposition visant à déterminer le niveau d'enseignement des professeurs par des examens internes.
"Le Ministre aurait dû immédiatement accorder le droit à enseigner sans conditions préalables, à l'exception de celle qui préconise quatre années d'expérience en tant que professeur-adjoint, ce qui est en accord avec la loi de 1975", dit-il.
L'hospitalisation a été demandée pour quatorze grévistes, dont deux ont été dirigés vers les services d'urgence pour la seconde fois et dans un état très critique.
Soumia Sebbar, Maître de Conférences à l'Université de Kadi Ayyad à Marrakech, affirme continuer sa grève de la faim jusqu'à l'obtention de ses revendications.
Mahassine pense que 24 heures de grève ne seront pas concluantes et appelle à la poursuite de la grève.
Lors d'une conférence de presse du vendredi, Bouabid a affirmé que la grève était injustifiée parce que jamais le Ministère n'avait cessé de coopérer depuis le début des discussions.
"Nous respectons beaucoup ces professeurs. Ils devraient accepter nos dernières propositions, qui leur propose de passer un examen les autorisant à accéder au statut de professeur de l'enseignement supérieur".




marwan En ligne 2006-11-25
tt le monde admet que nous sommes ds un pays democrasique donc c est un droit que les enseigneurs chercheurs combattent pr obtenir leur revondications mais ils ne doivent pas oublier qu ils des grands perdants ds tt cela qui sont bien les etudiants car ils y a des rumeurs qui disent qu il y aura un semestre blanc ce qui injuste envers ces etudiants .
abdou En ligne 2008-09-19
Nous sommes tous d'accord pour dire que nous vivons dans une société démocratique. Les professeurs et les chercheurs doivent avoir le droit en conséquence de défendre leurs revendications. Malgré tout, ils ne doivent pas oublier ceux qu'ils laissent derrière eux, notamment les étudiants. Il y a des rumeurs qui disent que ce trimestre sera annulé et c'est injuste.
Nous nous réjouissons de vos commentaires sur les articles publiés par Magharebia.
Nous espérons que vous utiliserez ce forum pour discuter avec d'autres lecteurs du Maghreb. Pour conserver tout leur intérêt à ces discussions, nous vous demandons de respecter les règles précisées dans la politique relative aux commentaires. L'envoi de vos commentaires implique le respect de ces règles. Bien que Magharebia.com encourage la discussion sur tous les sujets, y compris des sujets sensibles, les commentaires publiés ne reflètent que les seules opinions de leurs auteurs. Les idées, vues et opinions exprimées dans ces commentaires ne reflètent pas nécessairement la position de Magharebia.com. Ce forum est géré par un modérateur. Les commentaires a caractère injurieux, offensifs, ou contenant des propos diffamatoires ne sont pas publiés.
Politique des commentaires de Magharebia