Feuille de route africaine sur les migrations
2006-04-05
L'Afrique compte quelque 17 millions d'émigrants, répartis dans le monde entier et en quête d'une vie meilleure. Près de 4 millions de diplômés se sont installés en Europe, et presque autant se sont établis ailleurs dans le monde. Chaque année, 23 000 diplômés de l'université quittent leur pays et partent en Occident. Une conférence sur les migrations et le développement organisée à Alger s'est penchée sur ces chiffres.
Par Lyes Aflou pour Magharebia à Alger -- 05/04/06
![]() [File] Bedjaoui se dit inquiet de voir les diplômés des universités africaines quitter le continent. |
Des experts de près de 50 pays africains ont participé à une rencontre, dimanche 2 avril à Alger, consacrée aux migrations et au développement. Cette rencontre de trois jours visait à définir les raisons qui sous-tendent les migrations actuelles, aux fins de parvenir à une approche commune pour mieux les contrôler, en liaison avec les partenaires occidentaux.
Au début des entretiens, le ministre algérien des Affaires étrangères, Mohammed Bedjaoui, a présenté toute l'étendue du problème.
Les catastrophes naturelles, l'exode vers les centres urbains, le chômage, la pauvreté, l'instabilité politique, la mauvaise gouvernance et les conflits armés - voilà les raisons qui sous-tendent les flux de personnes déracinées. Il a affirmé que l'Afrique compte quelque 17 millions de migrants, soit 2 pour cent de sa population. Un Africain sur dix sera un migrant d'ici 2025, si la tendance actuelle se maintient. En 2050, 9 pour cent des migrants seront africains, faisant de cette population la plus mobile au monde. En 2002, les migrants africains constituaient près de 5 pour cent des populations étrangères vivant dans les pays occidentaux. Près de 4 millions de diplômés de l'université se sont établis en Europe et presque autant dans d'autres régions du monde.
Chaque année, cet exode incite plus de 80 000 personnes à partir, sur lesquelles 23 000 sont titulaires de diplômes universitaires. Ils sont encouragés par des "politiques d'admission sélective des migrants, parfois couverts par les discours sur les migrations choisies adoptées par un nombre toujours plus important de pays dévreloppés", a ajouté M. Bedjaoui.
Selon lui, la recherche d'une solution à ce problème doit comporter un examen global du cadre de son développement. Les experts estiment que la pauvreté et l'exile ne sont pas des fatalités auxquelles les pays africains doivent être confrontés éternellement.
l'Afrique, après avoir été privée de ses bras, est maintenant privée de ses cerveaux
Le président de la Commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré, a souligné: "De manière presque unilatérale, ils décident de piller, de vider l'Afrique de ses cerveaux. Chaque année, plus de 25 000 diplômés, dans toutes les spécialités, quittent l'Afrique". Il compare ce nouveau "commerce des cerveaux" à celui des esclaves africains aux XVIIème et XVIIIème siècles. "Nous ne sommes pas opposés à la libre circulation des personnes, qui est en soi quelque chose d'enrichissant; mais la réalité aujourd'hui est que l'Afrique, après avoir été privée de ses bras, est maintenant privée de ses cerveaux", a-t-il ajouté.
M. Konaré a indiqué que l'Afrique fait actuellement appel à des milliers de travailleurs étrangers dans les secteurs concernés par cet exode des cerveaux, ce qui coûte au continent "plus de 4 milliards de dollars par an".
L'ordre du jour de cette rencontre était centré sur deux thèmes: "Migration et développement" et "Position africaine commune sur les migrations et le développement". Les participants ont travaillé sur la base d'un document établi par la Commission africaine, dans le but de parvenir à une feuille de route africaine sur les migrations, avant une rencontre au niveau ministériel avec l'Union européenne sur ce sujet, qui devrait avoir lieu avant la fin de l'année.






جمال محمد احمد مصرى 51 En ligne 2007-07-26
En fait, l'immigration présente des avantages pour les immigrants, le pays de destination et le pays d'origine. La détérioration des Etats africains et arabes mène à l'immigration des personnes, même avec un morceau de pain pour se débarrasser de leurs pays où ils se sentent étrangers et subissent toutes les formes d'oppression, la corruption, les passe-droits... C'est la perte de la confiance dans la nation et dans la citoyenneté.
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