Beyrouth accueille le premier forum des bloggeurs arabes
2008-09-04
La capitale libanaise a récemment accueilli le premier forum des bloggeurs arabes, qui a rassemblé plus de trente "journalistes citoyens" du monde arabe qui utilisent les blogs comme un vecteur d'expression politique et de défense des libertés.
Par Adam Mahdi pour Magharebia à Beyrouth – 04/09/08
Malgré les restrictions politique et la censure en ligne, les blogs sont devenus partie intégrante du paysage médiatique et politique arabe. Sous l'égide de la fondation allemande Heinrich Böll, plus de trente bloggeurs originaires du Liban, d'Egypte, du Maroc, de Tunisie, d'Arabie Saoudite, de Syrie, de Bahreïn et d'Irak se sont retrouvés du 22 au 24 août à Beyrouth pour dresser un état de la blogosphère arabe et échanger des informations.
"Cette messe a permis aux participants d'échanger leurs expériences dans le domaine du blogging comme moyen d'expression privilégié des jeunes, des acteurs politiques et de la société civile", a expliqué Dina Fakhoussa, de la fondation Böll.
"En prélude à ce rassemblement, nous avions envoyé des questionnaires à notre groupe habituel de bloggeurs, leur demandant leur avis sur les sujets de discussion qui devraient être abordés lors de ce forum", explique Mme Fakhoussa. "Nous voulions connaître leurs besoins."
Certains gouvernements arabes prennent des mesures de représailles contre les blogs et leurs auteurs, et les participants souhaitaient partager leurs expériences dans ce domaine.
"L'un des points particulièrement importants a été consacré aux échanges mutuels pour savoir que faire en cas d'ennuis", ajoute Mme Fakhoussa. Coutourner la censure et comprendre le statut légal des blogs et des bloggeurs ont également été des sujets abordés lors de ce forum.
Compte tenu des contraintes liées à l'utilisation de l'internet dans le monde arabe, "bloguer est un acte qui peut parfois être répréhensible et source de poursuites juridiques", rappelle Bengharbia, un Tunisien représentant Global Voices.
"La liberté d'utilisation de l'internet dans les pays du Maghreb fluctue entre restriction alétoire au Maroc et censure systématique en Tunisie", ajoute-t-il.
Néanmoins, le blogging n'est pas synonyme de non respect de la règle de droit, ont souligné les participants. Cette rencontre a permis aux participants d'en savoir plus sur le débat relatif au respect de la déontologie et à la fiabilité de l'information pour éviter les dérapages de la diffamation et des injures.
Bien que la pratique des blogs varie d'un pays à l'autre, il ne fait aucun doute que l'influence de la blogosphère arabe s'étend dans le monde arabe, et les bloggeurs y parlent de sujets délicats et apportent au public des informations qui, sinon, passeraient inaperçues.
En Egypte, par exemple, les blogs et des sites de rencontre tels que Facebook permettent de rassembler des manifestants et de signaler les atteintes aux droits de l'Homme.
A Bahreïn, les blogs et l'utilisation de Google Earth ont permis de mettre en lumière les inégalités sociales et la résurgence des rivalités ethniques.
Les blogs du Liban ont permis aux internautes de suivre de près l'évolution de la situation depuis la guerre de 2006 entre le Hezbollah et Israël.
Cette première conférence des bloggeurs était organisée à la Maison Zicco, un centre artistique et culturel de Beyrouth. Plusieurs participants se sont félicités de ce choix, qui contrastait fortement avec les "grosses conférences internationales qui ne débouchent sur rien."
A l'issue de ce forum, les bloggeurs ont décidé de créer un manuel des Militants sur Internet dans le Monde Arabe.

![[Getty Images] Un rassemblement de près de trente bloggeurs arabes à Beyrouth a porté sur l'expression des opinions politiques et les moyens de contourner la censure dans le monde arabe.](/cocoon/awi/images/2008/09/04/080904feature2photo.jpg)




maaroufi mouldi En ligne 2008-09-08
Il est temps que les bloggeurs connaissent leurs droits et leurs devoirs lorsqu'ils mettent des idées et des faits dans la sphère écrite, peu importe où ils sont ou qui ils sont, ou peu importe qui se cache derrière la mauvaise action ou la bonne en question, c'est facile de trouver l'offenseur ou le diffuseur d'une mauvaise propagande ou d'une diffamation illégale. Et je suis sûr que si les utilisateurs obéissaient à la loi et craignaient Dieu dans l'utilisation des médias et qu'ils respectaient leurs dirigeants ou leurs pays, il n'y aurait pas de censure ou d'autres mesures prises pour mettre fin à ce type de crimes condamnable et punissable dans chaque constitution et dans la législation internationale. Tandis que nous accueillons favorablement toute pensée qui unit les Arabes et tous les médias qui les éduquent, je salue les efforts de Magharebia et de tous ses penseurs et producteurs qui ont rendu possible les blogs en Afrique du Nord, il y a peut être des jours heureux qui viendront.
abou fahd En ligne 2008-09-12
Et le GRID arabe ? Que fait pour lui la Ligue Arabe ? Hormis la TUNISIE, que font les autres Etats arabes à son sujet ? Il y a plus de 300 millions d'arabes avec des produits complémentaires dans 23 pays, quand commenceront-ils à créer l'histoire ? Et à donner la priorité à leur famille immédiate ? Quand comprendront-ils que la puissance est, dans leur union et dans le fait de se préoccuper les uns des autres ? Quand comprendront-ils que nous devons faire d'avantage et nous unir >.....
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