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Dans les mariages mauritaniens, le noir évoque le ciel du désert

29/08/2008

Le mariage en Mauritanie est encore régi par des traditions uniques. Mais le prix élevé des dots poussent les jeunes du pays à se libérer des conventions.

Par Mohamed Yahya Ould Abdel Wedoud pour Magharebia à Nouakchott – 29/08/08

[Mohamed Yahya Ould Abdel Wedoud] Une femme mauritanienne danse sous une tente lors d’un mariage.

Le mariage en Mauritanie commence par les fiançailles, connues sous le nom d'Eslam, où le jeune homme offre de l'argent à la famille de la jeune fille lorsqu'il demande la main de celle-ci. Ils fixent ensuite la date du mariage, ou "la nuit la plus joyeuse", comme certains aiment à l'appeler.

La jeune fille porte une robe noire, une tiare et des bijoux, et ses mains sont teintes au henné. Le jeune marié porte également une écharpe noire autour du cou. Il est intéressant de souligner que le noir, symbole de tristesse dans la plupart des sociétés arabes, a une signification totalement contraire dans l'imaginaire mauritanien. Le sociologue Ahmad Salem pense que les nuits du désert, très sombres, qui ont toujours été un refuge pour les Mauritaniens, ont donné à cette couleur sa signification particulière.

Les célébrations du mariage durent au moins trois jours, une période appelée Sobou. Ces célébrations peuvent être très coûteuses pour le jeune homme.

Certains couples aisés paient des millions d'ouguiyas pour leur mariage et dépensent des sommes astronomiques pour la location d'artistes chantant des poèmes louant la jeune mariée et son époux, une tradition très fortement enracinée dans la culture arabe.

Cependant, certains jeunes issus de l'université et des grandes écoles commencent de plus en plus à rompre avec les traditions.

"Ma fiancée et moi sommes convenus de briser certaines de ces vieilles coutumes, comme le fait de gaspiller de l'argent pour des artistes, les costumes noirs, etc., pour pouvoir économiser de l'argent pour l'après-mariage. Certains n'ont pas trop apprécié, mais mes amis d'enfance ont compris et m'ont aidé", explique Lemrabet, âgé de 29 ans.

Les traditions d'un mariage coûteux peuvent aussi parfois entraver le véritable amour. Aisha, une étudiante de 23 ans, a expliqué à Magharebia : "De nombreux jeunes hommes ne sont plus intéressés par le mariage du fait des coûts de la dot, ce qui n'est pas dans l'intérêt de la société à long terme."

Ces dépenses de dot conduisent certains jeunes hommes d'une vingtaine d'années à épouser des femmes de trente ou quarante ans. C'est le cas d'Ahmad, 27 ans. Il a épousé Fatma, 43 ans, il y a six mois.

"Je suis tout à fait heureux avec ma femme… elle m'a aidé à trouver un travail et répond à tous mes rêves et à toutes mes aspirations", a-t-il déclaré à Magharebia.