20/04/2007
L'Agence Nationale marocaine pour la Promotion de l'Emploi travaille avec des demandeurs d'emploi, des employeurs et des chefs d'entreprise pour faciliter l'intégration sur le marché national de l'emploi. Bien que récent, cet organisme a permis à plus de 31 000 Marocains de trouver un emploi et envisage de se développer et d'améliorer ses services.
Texte et photos par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 20/04/2007
![]() Nombreux sont les jeunes à recourir aux services de l’ANAPEC |
Au siège de la délégation de l’Agence Nationale de la Promotion de l’Emploi et des Compétences (ANAPEC) du quartier de l’Agdal à Rabat, quelques jeunes scrutent attentivement les annonces accrochées au mur. Certains prennent le soin de noter les informations nécessaires et se dirigent ensuite vers les employés de l’agence pour demander des renseignements.
Amale Bahraoui, jeune diplômée en gestion des entreprises, déclare y venir au moins une fois par semaine. Cela fait presque neuf mois qu’elle a décroché son diplôme et n’arrive toujours pas à trouver un travail stable, à la hauteur de ses ambitions. Elle avait déjà obtenu un emploi il y a six mois par le biais de l’ANAPEC, mais le salaire de 1600 dirhams (200 dollars) proposé ne lui paraissait pas suffisant. Elle a donc préféré recourir une autre fois au service de l’agence pour trouver un poste mieux rémunéré.
A côté d’elle, Salaheddine Kamali, licencié en économie, essaie lui aussi de trouver une annonce qui corresponde à son profil. C’est la première fois qu’il se rend à l’agence et il espère trouver un emploi le plus tôt possible. "Je ne faisais pas confiance aux services de l’ANAPEC, mais mes amis sont nombreux à avoir trouvé un boulot à travers cette institution", affirme-t-il confiant.
Au premier étage, quatre employés procèdent à la prospection, à la collecte des offres d'emploi auprès des employeurs et à la mise en relation de l'offre et de la demande. Ils assurent l'accueil, l'information et l'orientation des demandeurs d'emploi. Ils sont également chargés d’informer et d’orienter les jeunes entrepreneurs pour la réalisation de leurs projets économiques.
Le directeur général de l’ANAPEC, Hafid Kamal, explique que cet établissement public offre une multitude de services aussi bien aux chercheurs d'emploi qu'aux employeurs et aux créateurs d'entreprises. Il aide les demandeurs d'emploi en les intégrant dans sa base de candidats et les employeurs en les orientant vers les candidats potentiels présents dans sa base de données nationale et en leur offrant un affichage gratuit de leur offre d'emploi. L'ANAPEC va jusqu'à effectuer une première présélection sur dossier selon des critères définis avec les employeurs. Enfin, pour les créateurs d'entreprises, l'agence les aide à définir leur projet économique et aide les entreprises étrangères à trouver de la main-d’œuvre marocaine.
Des milliers de Marocains sont déjà partis en Espagne pour y travailller dans divers secteurs, comme l'agriculture. Fin 2006, l'ANAPEC avait réussi à trouver un emploi à quelque 31 000 personnes. Elle dispose aujourd’hui de 400 conseillers expérimentés et compte 10 000 entreprises parmi ses clients. En 2006, l’agence a également identifié plus de 6 000 opportunités de formation en vue d'un emploi dans le cadre d’un programme spécifique. Le programme Moukawalati a permis l'ouverture de 70 guichets, la manifestation d'intérêt de 11 000 porteurs de projet, la présélection de 2 600 projets et le dépôt de 800 projets auprès des banques.
![]() De nombreuses femmes sont parties en Espagne pour travailler dans l’agriculture par le biais de l’ANAPEC |
Cette année, l'ANAPEC compte trouver un emploi à 38 000 demandeurs. "L'année 2007 se présente sous de bons auspices", a déclaré Kamal à Magharebia. Le plan d'action de l’agence pour cette année se centre notamment sur l'accompagnement des objectifs du programme de promotion de l'emploi, qui vise l'insertion de 200 000 jeunes diplômés à l'horizon 2008. Le plan de développement de l’ANAPEC pour l'année en cours se décline en cinq axes : l'extension et la modernisation du réseau, le développement d'un pilotage et d'un management de qualité, la professionnalisation des prestations, l'ouverture de l’agence sur ses partenaires, la mobilisation des ressources humaines autour de la performance. Cent nouveaux emplois devraient être créés au sein de l'organisme.
Au total, ce sont 189 millions de dirhams qui seront nécessaires pour atteindre ces objectifs (112 millions pour les opérations et 77 millions pour l'investissement), soit une augmentation de 85,7 pour cent par rapport aux dépenses de l'année précédente. En 2007, le réseau de l'ANAPEC sera porté à une cinquantaine d'agences.
Hamdane Bencherif, directeur d’une entreprise à Rabat, affirme qu’il recherche actuellement des stagiaires de l’ANAPEC. Il estime que cela lui permet de tester les candidats avant de les embaucher. Toutefois, l'agence a mis en place des mesures pour protéger ses stagiaires. Actuellement, la durée maximale d'un stage est de dix-huit mois. Au-delà, l'entreprise doit offrir un emploi permanent. En cas de rupture de la convention, l’employeur est tenu d’en aviser l’ANAPEC dans les 48 heures. Le salaire en cours de formation est variable, entre 1600 et 4500 dirhams.
Quelques stagiaires reprochent aux entreprises de leur offrir souvent le salaire minimum. Salim Kartouchi, titulaire d’un diplôme en informatique, est passé par trois entreprises. "L’offre a toujours été la même : 1600 dirhams. Je n’acceptais pas car cette somme ne paie même pas les frais de transport", explique-t-il.
Hakima Souiri, licenciée en droit, ne partage pas son point de vue. Pour elle, le plus important est de permettre aux jeunes de s’intégrer au marché de l’emploi. "Au début, le salaire n’importe pas. C’est l’expérience qui compte pour trouver après un meilleur travail par la suite", affirme-t-elle.